samedi, avril 10, 2010

"Noli me tangere"Jn 20,17



Résurrection

Quand on est au chevet de quelqu’un qui est en train de mourir et si cette personne a été le compagnon ou la compagne de toute une vie ou s’il s’agit d’être très cher, il peut arriver, que au plus profond de soi, on se sente capable de dire à cette personne, même si elle est dans le coma, qu’on lui donne la permission de s’absenter de son corps, de partir, d’aller là où elle doit aller, bref qu’on lui permet de mourir.

Je crois que c’est peut être la plus belle preuve d’amour que l’on puisse donner, je ne te retiens pas, même si pour moi ce sera terrible, mais je t’aime alors quitte ce lieu où tu n’as plus rien à faire.Vas là où tu dois naître.

Quand Jésus au petit matin de Pâques dit à Marie Madeleine « noli me tangere » je crois qu’Il lui demande quelque chose de cet ordre : laisse moi aller vers mon Père, car c’est ce qu’il y a de mieux pour moi. Si tu m’aimes, laisse moi partir. Si tu m’aimes laisse moi aller là où je dois être, vers mon Père et dans son amour. Et réjouis toi de ce départ, de cette absence, car je retourne là d'où je suis venu.

Ton amour si intense soit-il, est un amour qui lie, qui d'une certaine manière me retient, qui pèse. Délies moi de cet amour qui a été bon mais qui doit se transformer, laisse moi partir. Et ainsi tu seras reliée à moi autrement car je pourrais te faire don de l’Esprit Saint, de cet amour transformant qui doit être donné à tous.

Si tu me retiens, (ou si je me laisse retenir) ma mort ne donnera pas les fruits qu’elle doit apporter.

Lier, délier, relier, c’est cela la résurrection pour chacun d’entre nous. Avoir certes de l'amour, mais accepter de ne pas s'y cramponner, apprendre à le laisser mourir pour que quelque chose de neuf de radicalement nouveau puisse advenir. Ce peut être le passage du "philein" à "l'agape" cet amour qui laisse l'autre totalement libre. Sortir d'un amour essaye malgré tout de s'approprier l'autre pour accéder à une autre relation d'amour. Le Christ ressuscité n'est plus le Christ terrestre.

3 commentaires:

TOURNESOL a dit…

LIER, DELIER, RELIER...
Ne me touche pas...
J'ai aimé votre méditation. C'est aussi ainsi que je le ressens: nous avons délié notre proche pour le relier au "maître de justice".
Une phrase de la liturgie après la consécration me frappe chaque fois...
"nous te confions..... ET TOUS LES HOMMES DONT TU CONNAIS LA DROITURE.

Marie a dit…
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Jean a dit…

Un tout grand merci pour cette méditation que je me suis permis d'utiliser lors du départ de ma sœur après 20 ans de cancer... J'ai pu l'accompagner dans ses derniers jours... j'ai été très touché par ce que disait sa fille une demie heure avant sa mort... Maman ça va aller tu sais... Merci !