dimanche, octobre 04, 2020

Mt 21,33-43 La parabole des vignerons homicides

Dans l'évangile de Matthieu, au chapitre 21, on est à Jérusalem; Jérusalem où Jésus est entré peu de temps avant, avec un accueil somme toute assez triomphal. Pour les grand-prêtres et les anciens, qui vivent à Jérusalem, c'est la découverte de cet homme, qui enseigne dans le Temple, qui parle beaucoup, et qui en fustigeant les pharisiens, les fustige eux aussi. Par ailleurs, quand on veut le mettre en échec, ce qui permettrait à la foule, ou à des gens payés pour cela, de le lapider, ça ne marche pas. Il a toujours le dernier mot, et surtout il s'appuie sur l'écriture. On peut juste noter que, durant cette période qui va conduire Jésus à la mort, il n'y a pas de miracles, sauf peut-être celui du figuier desséché. 

 

On voit comment le conflit entre Jésus et le pouvoir se noue de plus en plus, et comment Jésus ne se fait pas des amis chez ces notables, même si certains d'entre eux (Nicodème) lui sont favorables. 


Il est assez facile d'imaginer la rage des prêtres et des anciens, à la suite des paraboles sur les deux fils, sur les vignerons homicides, et sur les invités à la noce, qui sera proclamée dimanche prochain. 

 

Alors j'ai laissé parler l'un d'entre eux, mais je me suis un peu servie des récits venant des autres évangiles.



Un prêtre ou un ancien parle

 

Mais pour qui se prend-il, celui là qui nous fait la morale? On sait qu'il vient de ce village de Nazareth, qui n'est pas le lieu d'où le Messie doit venir! Pourtant certains racontent qu'il est né à Bethléem, au temps du recensement; mais les racontars, on connaît, et nous sommes les premiers à en faire naitre. C'est sûr que s'il venait de Bethléem, la ville du roi David, il aurait l'avantage de réaliser les prophéties, mais Nazareth, ce village de Galilée, ce n'est pas de là que le Messie doit ou devrait venir. 

 

Et puis, il faut voir aussi qui sont ses adeptes. Des pêcheurs, qui ne savent même pas lire, un ancien collecteur d'impôts, des femmes - comme si les femmes ne devaient pas rester chez elles s'occuper des enfants, un zélote, et j'en passe. 

 

L'ennui, c'est que des miracles il en a fait énormément, et que beaucoup le prennent pour un prophète; ils disent même qu'il est le nouvel Elie, le prophète annoncé par notre Père Moïse; d'autres le prennent carrément pour le Messie, et il se permet de faire des guérisons le jour consacré à Dieu, le jour du repos. Il dit des choses étonnantes, que le Sabbat a été fait pour l'homme, que les péchés sont pardonnés...

 

Il en veut aux pharisiens, il leur reproche de se réfugier sans cesse derrière la loi, mais de ne pas ouvrir les yeux sur leurs frères. Et il connaît bien les écritures, même s'il n'a pas fait d'études.

 

A nous, il nous reproche de ne pas avoir entendu l'appel de Jean, de ne pas nous être convertis... Mais se convertir, ce sont ces mots que nous répétons à longueur d'années dans les psaumes; et qui sont devenus vides de sens pour nous. Et voilà qu'aujourd'hui, il s'affirme comme étant le Fils de Dieu. Il ne se prend pas pour rien, cet homme qui parle avec cet affreux accent de Galilée. 

 

Mais le mettre à mort, pour qu'il se taise, qu'il cesse ses critiques, qu'il cesse ses miracles, qu'il cesse de s'affirmer être l'envoyé du très haut, le fils du très haut, ce ne sera guère facile; à moins de trouver quelqu'un parmi les siens qui pourrait nous dire où il se cache; parce qu'il disparait facilement, et que comme il a beaucoup d'adeptes qui peuvent le cacher, on ne sait jamais où il est. 


L'arrêter dans le Temple n'est pas possible, il y a trop de gens qui viennent écouter son enseignement où il dit que les petits, les pauvres, les publicains seront les premiers dans le royaume de celui qu'il appelle son père. 

 

Alors oui, on va trouver un moyen pour le faire disparaître, quitte à utiliser la force romaine pour cela; car il est un agitateur, il a chassé les vendeurs qui étaient dans le temple, il a refusé de faire lapider une femme adultère, il parle avec les samaritains et il nous critique sans arrêt. Et qu'il ne s'imagine pas être la pierre angulaire: nous allons la casser en petits morceaux cette pierre, et même Dieu, Béni soit-il, ne pourra pas la restaurer. 

 

Alors, pour le moment, faisons semblant de l'écouter, mais au moment voulu, nous aurons sa peau, ses adeptes se disperseront, et nous serons tranquilles. Puisque nous avons le pouvoir, c'est que nous le méritons et que Dieu est avec nous. Lui, il n'a rien et il n'aura rien, c'est un pauvre qui veut nous faire la morale. A nous la gloire, à lui la mort. 

 

La seule chose, c'est qu'il a dit qu'il serait mis à mort, mais qu'il reviendrait à la vie. Alors ça, à d'autres... Et nous ferons tout pour étouffer cela dans l'œuf.

 

Oui, la vigne nous appartient, nous en faisons ce que nous voulons, nous gardons son fruit; et notre nation vivra éternellement, quoi que que raconte ce Galiléen.

 

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