jeudi, août 13, 2026

Matthieu 14, 26-30. Pierre sauvé des eaux.

 

Matthieu 14, 26-30 Pierre sauvé des eaux.. 

 

"Sachez que moi, pêcheur de Galilée, j'ai marché sur les eaux

 

 

J'ai déjà écrit sur ce texte en 2018 https://giboulee.blogspot.com/2018/08/la-nuit-le-vent-mt-14-24-36.html  et en relisant ce billet, j'avais dit pas mal de choses. J'avais laissé raconter Jésus, puis Pierre. 

 

Mais cette année, en relisant ce texte, une phrase un peu absurde est venue "me prendre la tête". Quelque chose du style : "Nananère, moi Pierre, j'ai marché sur les eaux, et pas vous."

 

Une belle fanfaronnade, puisque Pierre a quand même failli de noyer.

Sauf que moi quand j'étais une petite fille, ne connaissant rien , mais vraiment rien à Jésus, j'étais persuadée que je pouvais marcher sur l'eau (la Seine en l'occurrence) pour récupérer mon ballon qui m'avait échappé et s'était méchamment sauvé trop loin pour que je puisse l'attraper. Heureusement quelqu'un s'est rendu compte de ce qui se passait et m'a ramenée sur le bord et est allé chercher mon ballon. 

 

Il y a un autre souvenir, sauf qu'il s'agit de ce que Freud appelle un souvenir-écran. Je le raconte tel quel. 

 

J'avais 7 ans, j'habitais à Monaco, au bord de la mer. Nous faisions avec ma mère un tour, en longeant la mer.  Elle s'est arrêtée pour parler avec une dame amie. Moi je me suis retrouvée seule. Il y avait une petite digue toute en pierre. La mer était assez forte, même forte, c'était loin d'être une mer d'huile. En arrivant tout au bout de la digue, ça s'effondre sous mes pieds et je me vois à genoux enfoncée dans l'eau et les vagues qui battent qui me battent. J'en prends plein la figure. Je ne pense pas. J'essaye juste de sortir la tête de l'eau, mais les vagues reviennent et je perds le souffle à chaque fois. Arrive alors un homme vêtu de blanc. Mais surement pas avec une robe, ça je m'en souviendrais. Il me sort de là et me pose sur le sol ferme, où je retrouve ma mère (mer) quelques instants plus tard. Je suis parfaitement sèche, mes nattes sont bien tressées. C'est quelque chose que j'ai complètement gommé. Je dois dire aussi que je savais très bien que je n'aurais jamais dû m'engager sur cette digue. Il valait mieux ne rien dire ! 


 

Quelque part par deux fois j'ai été sauvée des eaux, sans avoir rien demandé, gratuitement, gracieusement. 

 

Alors peut-être que je suis très concernée par ce récit.

 

 

 

Pierre raconte.

 

" Vous qui me regardez, sachez que moi Pierre, j'ai marché sur les vagues, j'ai marché sur une mer démontée. J'ai senti sous mes pieds ce tumulte des vagues, que j'ai senti sur mon corps le vent qui me fouettait le visage, et qui faisait voler mes vêtements. Oui j'ai marché sur les eaux., j'ai foulé les eaux en furie., je suis resté debout. 

 

Seulement si j'ai marché sur les eaux, si durant quelques instants j'étais un peu comme un dieu, si je me sentais presque comme Moïse quand avec son bâton il a ouvert la mer en deux, ma vie, j'ai bien failli la perdre.

 

Car voyez-vous, si j'avais enjambé le bord de ma barque, c'était parce que la silhouette qui nous était apparue au lever du jour, et qui nous avait fait tellement peur, cette silhouette qui avait la voix de mon maître, m'avait ordonné de venir à Lui. 

 

Enfin, ce n'est pas Lui qui m'a dit ça d'emblée. C'est moi qui lui avais dit : "si c'est bien toi, ordonne-moi de venir à toi" et il m'a dit "viens". Quand il dit "viens" c'est difficile de résister !  

 

Le bord je l'ai enjambé, Lui je l'ai regardé, et je suis allé vers lui. 

 

Comme je l'ai dit, il me semblait que le marchais sur quelque chose de dur, de solide, un peu comme le fond de ma barque. En moi, il y avait comme un sentiment d'être le maître du monde. Seulement ça n'a pas duré. Ça n'a pas duré parce que j'ai regardé autour de moi, et j'ai vu la force du vent, les vagues toutes blanches qui se dirigeaient vers moi, et j'ai commencé à m'enfoncer. J'avais l'impression que le vent voulait avoir ma peau, qu'il faisait tout pour que je perde l'équilibre, pour me faire vaciller. La peur s'est emparée de moi, la peur pour ma peau, la peur de la mort. C'était affreux de se sentir s'enfoncer sans rien pouvoir faire. . 

 

Alors j'ai hurlé : Seigneur sauve-moi". Quand nos Pères ont traversé la mer rouge àç pieds secs, une fois arrivés de l'autre côté, la mer s'est refermée sur les égyptiens. C'est cela que je sentais, la mer qui se refermait sur moi.

 

Jésus alors a étendu la main comme pour calmer la mer et m'a saisi; il 'a sauvé des grandes eaux, il m'a pris par la main droite et il m'a ramené à la barque en me disant "homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté,". Parce que oui j'avais douté, parce que je n'avais pas cru que tout était possible avec Lui, comme un jour, je refuserai de croire à sa résurrection le troisième jour., quand des femmes viendraient nous annoncer qu'elles l'avaient vu bien vivant et qu'il nous attendait en Galilée. 

 

Alors oui, j'ai marché sur les eaux, mais pas tout seul! 

 

J'étais avec Lui, moi j'ai lâché sa main et lui a repris la mienne et m'a sauvé. 

 

Dès que nous avons posé la plante des pieds dans la barque, cette barque est devenue comme "sacrée" parce que le Seigneur était là et le vent s'est calmé .

 

Et la vie a repris, avec comme toujours des foules qui venaient pour se faire guéri. Et moi j'ai mis cela dans un petit coin de ma tête, parce que le reproche de Jésus je n'étais pas capable de l'encaisser et de reconnaître que oui ma foi n'était pas enracinée en moi et qu'il fallait peu de chose pour qu'elle s'évanouisse..


Le texte.


22 Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, il obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. 

23 Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. 


Il gravit la montagne pour prier. Il était seul. Pas comme pendant la tentation après le baptême. Mais c'est quand même assez solennel et cela peut évoquer Moïse qui monte aussi sur la montagne mais seulement quand Dieu le lui demande.

 

24 La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. 

25 Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. 

26 En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier.

 

 27 Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » 


Importance ce la voix. Mais comment être sûr que c'est bien la sienne, surtout que la tempête ne s'arrête pas pour autant.


 


28 Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » 

29 Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.

 

Souvent Jésus dit va ou allez… Là c'est autre chose. C'est viens, fais comme tu le désires. je t''ai entendu, je te réponds. Tu peux me faire confiance.

 

30 Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » 

31 Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » 


Cela me fait penser aux guérisons, celle du paralytique, celle de la femme qui perd du sang. Là il s'agit bien de les guérir d'une peur qui peut vous rendre malade; la peur qui bloque tout, qui paralyse; Quand Jésus étend la main pour empêcher Pïerre de s'enfoncer, de sombrer, il le tire (psaume) des eaux qui passent sur lui. Jésus guérit et délivre, mais il laisse la liberté. 

 

 

32 Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.

 

33 Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » 


C'est très proche de ce que dira Pierre, peu de temps après. j'aime bien les commentaires qui voient dans cette périscope comme une annonce de ce qui se passe entre la passion et la résurrection. Abandon, tempête, doute, et la prosternation qui dans l'évangile de Matthieu se fait tout à la fin.

 

34 Après la traversée, ils abordèrent à Génésareth. 

35 Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ; ils firent avertir toute la région, et on lui amena tous les malades. 

36 Ils le suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui le faisaient furent sauvés. 


Importance de la foi, juste touchez la frange de son manteau. Ste plus si cela se passe en pays païen, c'es ttrès respectueux. 

 

 

2

 

Matthieu 17, 1-9 transfiguration.

 En relisant cet évangile choisi pour le 6 Août, fête de la Transfiguration, je voulais seulement laisser Pierre raconter uniquement ce qui s'est passé à ce moment -là, mais presque malgré moi, je me suis retrouvée à raconter ce qui s'est passé au moment où les disciples et Jésus arrivent près de Césarée de Philippe. Un commentaire parle des nombreux temples qui se trouvaient à l'abord de cette ville.  Peut-être que cela a pu jouer sur ce questionnement. 

 

Pourquoi raconter encore et encore? Je n'ai pas de réponses. Je sais juste que lorsque l'envie est là, il ne faut pas la contrarie. Même si c'est proche de récits plus anciens, il y aura des différences qui de fait réfléchissent la personne que je suis au moment où j'écris ce texte; 

 

Le besoin qui j'ai et qui me semble fréquent de remonter souvent loin en arrière, est-il lié à la vieillesse avec ce besoin de lire et de relier des évènements passés pour trouver leur incidence dans le présent, je ne sais pas. Pour le moment, je n'éprouve pas le besoin de raconter ce qui s'est passé après et qui dans le cas présent n'est pas neutre, car il s'agit de la guérison de l'enfant épileptique, qui est centrée uniquement sur le manque de foi des disciples. QU'en est-il de ces trois qui ont vu en quelque sorte la Gloire prendre corps dans celui qui sera un jour "leur Seigneur et leur Dieu"? Ce que je sais, c'est que le dernier soir, ils dormiront, et n'auront pas la force de veiller une heure avec Lui. 

 

Ce qui me frappe une fois de plus, c'est la pauvreté relative du récit. Ce qui me frappe, c'est l'aspect solennel de cet évènement, Jésus gravit la montagne, non pas seul comme il le fait habituellement, mais avec ces disciples qui ont une place particulière : dans l'évangile de Luc, ils ont assisté eux seuls à la reprise de la vie de la fille de Jaïre. 

 

Ce qui me frappe aussi, ce sont les termes employés par Matthieu pour décrire ce qui est peut-être indescriptible. Le visage comme un soleil, or le soleil ne peut, je crois se regarder en face, et il en va de même de Dieu si je me réfère au récit de la rencontre de moïse avec le Très Haut, Ex 33. "mon visage tu ne peux le voir". Et les vêtements blancs comme la lumière, ce qui me ramène à un psaume (ou à un chant) tu te drapes dans la lumière ou la lumière est le manteau dans lequel tu te drapes. Mais quelque part, il est impossible de voir avec les yeux de chair ce qui est décrit là. Il s'agit bien d'une vision, qui sollicite d'autres sens.

 

 

Pierre raconte. 

 

Je vais essayer de suivre uniquement le texte matthéen, qui montre la primauté de Pierre, puisqu'il est le seul à prendre la parole, même si cela peut sembler un peu maladroit. 

 

 

Nous étions près de la ville de Césarée de Philippe quand il nous avait demandé ce que les gens disaient de lui. Nous lui avions plus ou moins répondu, parce que ce n'est pas facile. Je crois que pour beaucoup, il est une sorte de magicien qui fait des miracles en veux-tu en voilà, qui est même capable de donner à manger à des gens qui ont le ventre vide et qui le suivent soit pour eux, soit pour qu'un proche soit guéri. Mais ça nous ne l'avons pas dit, parce que certains voient en lui un nouveau Jean Baptiste, d'autres le prophète Elie,  d'autres le prophète Jérémie, bref qu'ils voient en lui un prophète. 

 

Puis il nous a posé la même question à nous ses disciples de la première heure. Et là, ma réponse est partie toute seule, je n'ai pas réfléchi une seconde et j'ai affirmé qu'il était le Christ, (celui qui a reçu l'onction, le Messie), le Fils du Dieu Vivant.

 

 

Il a eu l'air très heureux de ce que je venais de dire, sauf que comme je l'ai dit, la phrase est venue sans que je réfléchisse.  Réagir comme cela au quart de tour, certains diront que c'est un charisme, mais la suite montre que ce n'est pas toujours les cas.

 

Il a confirmé cela en me disant que moi Simon, le fils de Yonas, j'étais bien heureux, car c'était son Père qui es aux Cieux qui m'avait révélé cela. 

 

Il m'a ensuite affirmé (mais là j'ai eu du mal à encaisser) qu'il me donnerait à moi (moi qui ne suis qu'un pêcheur de Galilée) les clés du Royaume des cieux (comme si je devais en être l'intendant et posséder la clé de la porte de la cité céleste) et que tout ce que je lierai sur la terre serait lié dans les cieux, et tout ce que je délierai sur la terre serait délié dans les cieux. Là je ne sais pas trop ce que ça signifie, mais cela montre que terre et ciel sont en lien, et je pense que le lien c'est lui, qui ouvre un passage entre les deux. C'est comme s'il me disait que je pourrais un jour décider qui pourrait entrer ou qui en serait exclu, garder le poisson que je venais de pêcher ou le rejeter… 

 

Il nous a dit de ne dire à personne qu'il était celui que le peuple attendait, le Messie. 

 

Nous avons repris notre marche et là, il a dit quelque chose de terrible, qui était l'inverse de ce que j'imaginais; Il a qu'il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup à cause des anciens, des grands-prêtres et des scribes, être mis à mort et ressusciter le troisième jour. Alors ça, ça ne passait pas du tout, du tout. S'il est le messie, le roi d'Israël, comment peut-être se voir en butte de ceux qui doivent le reconnaître comme le Messie, parce qu'ils connaissent les écritures, ce n'est pas possible. Pourquoi doit-il être tué? Ce n'est pas pensable. Quant à revenir à la vie trois jours après, cela me semble inimaginable. 

 

Et cela a tourné dans ma tête, et j'ai fini par marcher jusqu'à être à côté de lui, et lui dire que ça c'était peut-être dans sa tête, mais que ce n'était pas possible que Dieu ne pouvait pas accepter ça. Il l'a très très mal pris et il m'a traité de suppôt de Satan, m'a dit de lâcher, de se mettre à distance de lui comme si j'étais un pestiféré. Bref je me suis senti humilié, parce que moi je l'aime et que je ne veux pas qu'il lui arrive du mal. 

 

Petit à petit nous sommes arrivés dans la région de l'Hermon, cette montagne où le Jourdain prend sa source. Un matin il m'a appelé avec Jean et Jacques et nous sommes partis avec lui. Pour moi, c'était un peu comme s'il avait oublié ce qui s'était passé. Je me sentais très heureux.

 

Nous avons marché longtemps. Au cours d'une halte, il s'est mis à prier, nous nous étions un peu plus loin. Là quelque chose est arrivé, dont j'ai encore du mal à parler aujourd'hui; Son visage est devenu comme un soleil, son vêtement est devenu lumière. Moi, Simon, de mes aux d'homme je contemplais ce que personne n'a jamais vu, celui qui est le créateur, celui qui est notre Soleil, celui qui se drape dans la lumière. J'aurais voulu que cette vision dure indéfiniment.

 

Avec lui se trouvaient notre père Moïse et le prophète Elie, ce prophète qui sur la montagne de l'Horeb a senti la Présence du très Haut comme une brise légère. 

 

Et moi, et nous, parce que cette vision elle était pour nous trois, je voyais cela de mes yeux de chair. Je ne les avais bien sûr jamais vu, mais là, je savais que c'étaient eux., Moïse qui nous a donné la Loi et Elie qui insiste à temps et à contre temps pour que la Loi soit dans le cœur des hommes et qui tonne dès que le peuple et son roi se tournent vers les faux dieux et se mettent à les adorer.

 

Là, je n'avais qu'un désir, c'est que le temps se fige, que le temps s'arrête, que cela dure indéfiniment. J'ai alors proposé de dresser trois tentes, à nous trois cela serait rapide, mais ce n'était pas malin du tout, mais je suis comme ça. Un énorme nuage est alors monté de l'horizon, nous a enveloppé et nous avons entendu une voix qui nous disait que Jésus était son fils bien aimé, et que nous devions l'écouter. Là nous avons été envahis par une crainte énorme, nous sommes tombés face contre terre. Je dirai même que j'ai eu l'impression d'être poussé…Ce qui est étonnant c'est que Jésus rayonnant de la Présence nous avons pu le regarder, alors que là, la peur nous avait saisis, nous ne pouvions que nous prosterner, ne pas regarder.

 

Je ne sais pas combien de temps cela pu durer. Nous avons entendu la voix de notre maître qui nous disait de nous relever et de ne plus avoir peur. Enfin cela c'est plus facile à dire qu'à faire, parce que moi, en tous les cas, je tremblais de la tête aux pieds. Je pensais au prophète isaïe qui avait été saisi par son indignité quand Dieu s'était révélé à lui et moi, je me sentais tellement petit, tellement indigne d'avoir entendu la voix du tout puissant, d'avoir été enveloppé de cette nuée qui avait été présente durant toute la traversée du désert. 

 

Une partie de moi avait été comme ravie, une autre était dans la terreur; 

 

Il nous a dit de ne parler à personne de ce que nous avions vu et cela m'arrangeait bien car les autres auraient pensé que nous étions fous, que personne ne peut voir Dieu sans mourir. Et nous, nous avons vu et nous avons entendu. 

 

J'espérai que cette vision m'avait changé, mais quand jésus a été arrêté, quand j'étais dans la cour du grand-prêtre, tout cela je l'ai oublié et j'ai renié celui qui était en train de donner sa vie pour moi, pour nous, pour que nous puissions contempler un jour sa Gloire. J'ai oublié, je n'ai pensé qu'à sauver ma peau, lui qui m'avait sauvé des eaux, lui qui m'avait aimé, lui qui de pasteur était devenu la brebis que l'on mène à l'abattoir, lui le serviteur qui apportait le salut à toute l'humanité, lui qui m'aimait et que moi j'aimais tellement maladroitement. 

 

 

Le texte. 

 

Je ne reprends que le texte de la transfiguration.

 

1 En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.

 

Peut-on dire qu'il gravit la montagne avec eux, pour les conduire prier son Père avec Lui? Et que ce qui va arriver, montrer ce que d'ordinaire les yeux ne peuvent pas voir, comme plus tard ce sera difficile de reconnaitre le Ressuscité? Et cela est pour nous difficile de reconnaitre Le Xt dans sa gloire, même de l'imaginer? 

 

2 Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.

 

Nul ne peut regarder le soleil en face sans mourir. Les expressions de Matthieu me semblent plus fortes que celles de Luc. Eux ont vu celui qui est l'Astre d'en Haut. Ils ont vu ses vêtements (peut-être pas blancs comme on les représente toujours devenir blancs comme la lumière.

 

Essayer de retenir cette image.

 

3 Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.

 

Ici c'est juste une apparition, on ne sait rien de l'entretien.

 

4 Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »

 

Si Pierre n'avait pas parlé que ce serait-il passé? Il veut que cet instant dure, mais c'est l'inverse qui se produit. Parfois savoir se taire, surtout quand on est dépassé.

 

5 Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » 6 Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte.

 

Cela renvoie à l'exode; à cette nuée qui est présence; à cette nuée habitée et qui peut parler. La crainte est plus que normale. Où trouve t on face contre terre? Certainement dans des  visions. 

 

7 Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! »

 

8Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.

 

9 En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

 

Attendre pour raconter. Importance de laisser murir en soi.

 

 

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jeudi, juillet 23, 2026

Jean 20, 1, 11-18 : " dis moi où tu l'as mis et moi je le prendrai "

Deux textes la même année ! 


Le moteur a été la demande de Marie à celui qu'elle prend pour le jardinier : dis moi où tu l'as mis et moi je le prendrai. 

A nouveau le texte.

1 Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.

 

11 Elle se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau.

12 Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.

13 Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »

 

Finalement tout se passe dehors. Contrairement aux deux hommes, elle n'est pas entrée dans le tombeau. On peut presque die que tout se passe à distance. Pourtant il s'en passe des choses à l'intérieur. 2 anges. Une question. Une réponse qui dit l'inquiétude  : je ne sais pas où on l'a déposé. Vu qu'ils ne répondent pas, ils ne sont pas intéressants, alors elle regarde vers la vie, vers le jardin.

 

 

14 Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.

 

 

15 Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »

 

Là, elle a enfin un interlocuteur qu'elle pense valable. Celui-là, il doit bien savoir ce qui est advenu du corps. Mais elle ne lui demande pas de l'aide. Ce qui est sidérant. Une femme porter le corps d'un homme qui mesure près de 1m80.

 

16 Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.

 

Puisque le voir ne fonctionne pas, Jésus passe à un autre sens, l'audition. Et là, ça fonctionne.

 

17 Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

 

Alors un envoi et des ordres si. L'on peut dire.

 

18 Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! »,

et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

 

 

Marie de Magdala raconte.

 

Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais quand j'ai vu dans le jardin cet homme qui me regardait gentiment, mes larmes ont cessé, alors qu'elles n'avaient pas cesser de couler depuis que j'étais allée réveiller Simon-Pierre et Jean, pour leur dire que le corps de mon Jésus avait disparu. 

 

J'ai bien vu deux hommes dans la grotte où son corps a été déposé, qui m'ont demandé pourquoi je pleurais. C'est normal qu'une femme pleure quand celui qu'elle aime lui a été enlevé par le mort. C'est normal qu'une femme pleure quand elle a vu son aimé mis à mort sur une croix comme un malfaiteur. C'est normal qu'une femme pleure quand elle voit un soldat donner un coup de lance dans le côté de celui qui est là, mort, et qu'elle voit du sang et de l'eau couler, tellement le coup a été violent et a atteint le cœur, ce cœur qui a tant aimé. Oui c'est normal. Qu'est-ce qu'ils croyaient ces deux- là?  

 

Comment aurai-je pu voir en eux des anges qui célébraient la nouvelle alliance, qui étaient comme les Kérubins de l'arche que Moïse avait fait faire sur les ordres du Très Haut, alors que je voyais un peu trouble à cause de mes larmes et qu'ils ne répondaient pas à ma demande: retrouver son corps.

 

Avec l'autre, c'était différent. Il semblait attentif , présent à moi, à ma douleur. J'ai pensé que cet inconnu était le jardinier chargé de l'entretien du jardin et donc des tombes. J'ai supposé qu'il avait enlevé le corps, parce qu'après tout, c'était un tombeau neuf qui appartenait peut-être à quelqu'un qui l'avait retenu pour lui.

 

Je lui ai demandé qu'il me dise où était le corps et que je le prendrai. Quand j'y repense, je me dis que j'étais un peu folle, comme moi aurai-je pu porter le corps d'un homme aussi grand ? Mais j'étais sûre de pouvoir le faire. C'était impensable qu'il demeure sans sépulture. 

 

J'ai levé les yeux vers lui pour lui faire ma demande, puis à nouveau j'ai regardé vers le tombeau vide. Et là j'ai entendu sa voix, qui disait mon prénom. Comment avais-je pu ne pas le reconnaître? C'est une question que je me poserai toute ma vie, mais je sais que deux disciples ont marché avec lui sur la route de Jérusalem à Emmaüs ne l'ont reconnu, jusqu'au moment où Lui a voulu qu'ils le reconnaissent. 

 

Pour moi, ça a été pareil, d'un coup il était là, avec moi, le même et pas le même. 


Je dois dire que quand j'ai entendu sa voix, au fond de moi, j'avais envie de lui dire mon amour, tu es vivant comme tu l'avais dit, tu es là, tu es entier, tu es si beau. Mais le seul mot qui est sorti de ma bouche, ce fut "mon maître à moi", rabonni, mon maître certes, mais mon maître chéri.

 

Il m'a demandé de ne pas le retenir, et il a bien fait, parce que je n'avais qu'une envie, me jeter sur lui, le toucher, le sentir, le regarder. Enfin quand je dis cela, ce n'est pas tout à fait vrai. Une partie de moi avait ce besoin de le toucher, une autre sentait bien qu'il y avait désormais une distance à ne pas franchir, sauf si lui décidait qu'elle pouvait être franchie. 

 

J'avais aussi l'impression qu'il venait de revenir à la vie depuis peu, que lui-même était comme étonné de ce corps neuf. Plus de traces des coups, plus de traces de sang, plus rien, du moins pour moi. Plus tard, Thomas verra les trous laissés par les clous et par le coup de lance. Mais ce jour-là, ce matin béni entre tous, c'est sa voix, le son de mon prénom qui m'a permis de le reconnaître lui le Vivant.

 

Il m'a donc demandé deux choses, la première était de ne pas le retenir parce qu'il n'était pas encore monté vers le Père. Il n'a pas dit vers mon Père. Juste vers Le Père. La seconde était de trouver ses frères pour leur dire qu'il montait vers celui qui est son père et leur Père, vers celui qui est son Dieu et leur Dieu. Cela m'a paru un peu compliqué à comprendre, mais il a disparu et je suis allée comme il me l'a ordonnée d'aller vers les frères. Il n'a pas dit vers mes disciples, mais mes frères, comme si quelque chose de nouveau était advenu. Je leur ai dit que j'avais vu le Seigneur, mais je ne suis pas sûre qu'ils m'aient crue. En tous les cas moi, j'ai fait ce que Lui m'avait demandé et moi je sais qu'il est le Vivant, le Fils du Père, débordant de ce qu'Il appelait La vie éternelle ! 

 

 

 

Matthieu 12, 46-50 : la démarche de la famille. Marie raconte.

 

Matthieu 12, 46-50 : la démarche de la famille

 

Le Texte.

 

46 En ce temps-là, comme Jésus parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler.

 

Cela parait toujours curieux, cette sorte d'intrusion de la famille. Là, ils ne veulent que lui parler. Enfin ils cherchent à lui parler. Que veulent-ils lui dire, cela on ne le sait pas. Si on se réfère à Marc, c'est l'idée qu'il est devenu fou, qu'il est grand temps qu'il arrête, et qu'il revienne sans faire de vagues à la maison. Bref qu'il leur soit soumis et avoir Marie avec eux, c'est plus simple. Là c'est Marie et les frères 

 

47 Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là, dehors, qui cherchent à te parler. »

 

Quelqu'un transmet le message donc interrompt Jésus, puisque Jésus est "en train de parler aux foules". Et curieusement c'est à cette personne là que Jésus répond. 

 

48 Jésus lui répondit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? »

 

C'est presque:  pourquoi me parles tu de ma famille. Ma famille qui est-elle? C'est presque comme s'il disait, ma famille, ma maison tout ça j'ai abandonné pour la mission donnée par mon Père. (En fait on ne sait pas du tout au bout de combien de temps ils se manifestent? Pour ma part, je pense quand les menaces de mort sont trop fortes, et peut-être que les pharisiens sont allés les voir pour faire pression sur eux. 

 

49 Puis, étendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères.

 

Ce verne me touche; c'est le verbe utilisé me semble t il pour la multiplication des pains et pour la Pâque. C'est un peu comme si par ce geste, qui est banalement montrer, il va plus loin, il en fait un corps, De ces hommes et de ces femmes, il fait des proches, il fait une famille, quelque part il les consacre.

 

50 Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

 

Questionnement sur la volonté, car il est certain que même si Marie est là (peut-être à son corps défendant), elle fait depuis toujours la volonté de celui que son fils appelle son Père. Le commentaire de RCf était basé sur comment faire (pas connaître, mais faire, la vivre ou en vivre). C'est ce que fait Jésus, depuis qu'il a quitté sa famille. Et si nous faisons comme lui, alors nous entrons dans cette autre famille (familiarité) avec lui, avec parfois plus que la fraternité, parce que certains peuvent avoir avec lui une relation de type mère fils. Je pense que ça met bien en évidence la proximité. Il peut y avoir des rivalités avec les frères avec la mère, c'est autre chose.

 

 

 

 

Marie raconte.

 

Cela fait des mois que Jésus est parti. Depuis tout le monde me regarde un peu de travers. Il est même venu chez nous avant de commencer vraiment ce pourquoi il est dans ce monde. En fait tout a commencé après l'arrestation de Jean. Il a alors quitté la Judée, il est revenu ici, dans cette petite ville qui l'a vu grandir, apprendre le métier de Joseph, et partir un jour. Si les gens me regardent de travers, c'est qu'il commence à être très connu et qu'il s'est mis à dos les pharisiens et les hérodiens. Alors les gens d'ici, ont commencé à avoir peur. Les soldats romains, surtout depuis que Pilate est procurateur de notre région, tuent très facilement tous ceux qui semblent s'opposer à eux. Il vaut mieux faire profil bas, or mon fils ne fait pas profil bas. Je sais quand même que lorsque ça chauffe trop, il ne s'obstine pas, il part dans une autre contrée. 

 

Tout cela pour dire que la famille a fait pression sur moi pour qu'on aille le chercher, le ramener à la raison, avant qu'il ne soit trop tard. Ils pensaient que mon fils ne pourrait refuser d'obéir; lui qui connait si bien la parole et qui l'explique, mais qui l'explique autrement.

 

Donc ce jour-là, il enseignait quand nous sommes arrivés. D'après ce qu'on nous a dit, il venait d'être traité de suppôt de Satan par les pharisiens. Il avait dit à ceux qui lui réclamait un signe du ciel pour prouver qu'il était bien celui qu'il disait être le Fils de l'homme, qu'il n'y aurait qu'un seul signe, celui du prophète Jonas qui était resté trois jours dans les entrailles du poisson. Cela a été pour moi comme un coup de poignard. Je sais bien au fond de moi que tout ce qu'il fait ne le conduit pas à la gloire sur cette terre, mais à la mort, mais j'essaye de ne pas y penser.

 

Notre petit groupe est donc arrivé et nous avons dit que nous le demandions parce que nous voulions lui parler. Quand je dis : " nous", il s'agit de la famille, pas moi. Quelqu'un lui a transmis notre demande. Nous étions dehors, Lui et ses disciples à l'intérieur. C'est dur pour moi cette distance. Mais nous l'entendions quand même. 

 

Je l'ai alors entendu répondre à celui qui lui avait parlé de nous, qui lui avait dit que ur moi sa mère et ses frères cherchaient à lui parler, enfin je ne devrai pas dire répondre parce qu'il n'a pas répondu, mais qu'il a posé une question étonnante pour ses auditeurs. Il a demandé, il leur a demandé qui était sa mère, qui étaient ses frères? Il y a eu un silence. Un grand silence. 

 

Mon fils a alors étendu la main vers ceux qui étaient à ses côtés, qui l'entouraient, et a dit à tous : voici ma mère, voici mes frères, car celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux est pour moi, un frère, une sœur, une mère. 

 

C'est une phrase qui peut faire mal, et je pense que cela a été le cas de ceux de la famille qui étaient avec moi, qui m'avaient entraînée avec eux, et ma foi tant pis. Oui mon Jésus il a une nouvelle famille, il se crée une nouvelle famille avec une relation centrée sur l'amour, sur le respect, sue l'ouverture. Faire la volonté de son Père, c'est sortir du jugement, c'est regarder au-delà de ce que l'on voit, c'est aimer. Alors moi, je suis sa mère biologique parce que je l'ai porté en moi durant neuf mois et que j'ai peut-être de lui une connaissance que personne d'autre ne peut avoir, mais aujourd'hui, parce que la volonté du Père, je l'accepte, parfois le la devance, je suis pour lui une mère, une mère aimante, une mère qui lui ouvre son cœur comme son cœur à lui est ouvert pour tous.

 

Nous sommes rentrés chez nous, je dois dire bredouille puisqu'il n'est pas rentré avec nous, mais que Dieu soit béni, parce qu'Il fait la Volonté de son Père qui est dans les Cieux et que la volonté de son Père, c'est que pas un de ces petits qui viennent à lui ne se perde, mais soient sauvés.

 

 

 

lundi, avril 27, 2026

Jean 6, 1-16 la multiplication des pains.

 Jn 6, -1-16   Multiplication des pains : Philippe et le jeune garçon et racontent.

 

 

Pourquoi écrire une fois de plus sur ce texte, puisque le dernier date de 2024 et que j'avais pris Philippe pour rapporté ce qui avait été vécu, de signe. https://giboulee.blogspot.com/search?q=Multiplication+des+pains.

 

Pourquoi le rédacteur insiste-t-il sur le fait que si Jésus s'adresse à lui, c'est pour "le mettre à l'épreuve", puisque lui Jésus sait ce qui va se passer. Mais c'est quand même assez sibyllin car j'imagine mal que Jésus demande à Philippe s'il pense que lui Jésus va, soit sortir de l'argent de sa ceinture, soit fabriquer du pain à partir de rien. Mais pourtant quand on parle d''épreuve dans la Bible, il est toujours question de foi. Donc Jésus éprouve la foi de Philippe, crois-tu que je puisse nourrir cette foule à partir de rien? Philippe n'a-t-il pas vu l'eau des jarres de Cana devenir vin des noces? 

 

Reprenons le texte, puisque c'est ce travail quotidien qui me donne envie de raconter. C'est ce commentaire du rédacteur: "il savait bien de qu'il allait faire" qui est un des fils rouges de cet bonne nouvelle, Jésus "sait" Jésus ne laisse rien ou presque rien au hasard.


En reprenant ce texte, bien des jours après, j'ai pu laisser le jeune garçon raconter.

 

Travail préalable sur le texte : Jn  6, 1-16

 

 

1 En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade.

 

Déjà la traduction AELF me pose question. Pour moi, l'autre côté c'est territoire païen. Je sais bien que la finale du chapitre 5, fait penser qu'il vaut mieux que Jésus quitte Jérusalem et la Judée, mais a priori la Galilée ne lui est pas hostile, d'autant qu'il a guéri le fils d'un fonctionnaire royal. Certaines traductions font comprendre que mer de Galilée ou Lac de Tibériade c'est la même chose. Mais c'est quand même de l'autre côté.

 

 

2 Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades.

 

Là, il faut croire le rédacteur. Des guérisons les synoptiques en rapportent un certain nombre. Mais Jésus traîne à sa suite, outre les disciples "une grande foule", qui a envie de voir ce thaumaturge.

 

 

 

3 Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples.

4 Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.

 

Pour moi, cela évoque presque les béatitudes, dans l'évangile de Matthieu. On est dans du solennel. On peut s'attendre à quelque chose d'important. 

 

Jésus est assis, posture de l'enseignant. Peut-être que cela fait un certain temps qu'il les enseigne ses disciples. Peut-être parle-t-il de cette libération, de ce passage de Dieu, de ce sang versé sur les linteaux et qui chasse la mort, de l'agneau pascal, puisque la Pâque est proche?  

 

5 Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui.

 

Il y a un verset au chapitre 3 qui dit "Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout à moi". Quand je lis ce verset, j'ai toujours l'impression que Jésus est comme un aimant qui attire la limaille de fer. Mais l'aimant l'objet, ne se rend pas compte de ce qui se passe. Là il semble que ce soit un peu pareil. Jésus est tellement pris pas son enseignement qu'il est un peu ailleurs. C'est quand il reprend son souffle, quand il lève les yeux, qu'il découvre tout ce monde qui s'est agglutiné autour de lui. 

 

Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »

6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. 

7 Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. » 

 

 

C'est très étonnant, ce qui se passe là. Dans les synoptiques, la foule a écouté depuis un certain temps et Jésus s'inquiète pour cette foule qui est comme un troupeau sans berger. Cette foule il faut bien la nourrir. Ici, Jésus semble penser tout de suite à la foule qui est affamée, mais de quoi est-elle affamée? Pour Jésus, il semble impératif de la nourrir. On comprend mieux ce qui se passe par la suite, puisque Jésus en donnant ce "pain" pourra être comme Moïse qui a donné la manne descendue du ciel. Mais cela ne prend sens que plus tard.

 

Ce qui est certain c'est que Philippe, a la question sur le "où" répond par la réalité : peu importe le où, puisqu'il faut une grosse somme et que cette somme personne ne l'a.

 

 

8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :

9 « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! »

 

André a un regard différent. Peut-être que ce jeune garçon, a entendu la demande de Jésus, et qu'avec son bon cœur, il va voir André et lui dit ce qu'il a et qu'il est prêt à partager. André on ne le voit pas beaucoup dans cet évangile. Il est allé chercher Pierre. Puis Jésus a appelé Philippe qui a cherché Nathanaël. 

 

Jésus a posé la question du "Où", Philippe répond par le côté impossible. Chez André il y a de la confiance. Et ce petit garçon, peut-être que pour lui c'est possible de donner à tout le monde avec ce qu'il a lui. On appelle cela la pensée "magique", mais pourquoi pas?

 

10 Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes.

 

Jésus a désormais ce qu'il lui faut : quelque chose donné avec de l'amour et de la foi; Il ne va pas décevoir ce petit garçon qui a tout donné; Et pourtant il y en a du monde. Il fait asseoir sur l'herbe, ce qui évoque le psaume 23.

 

11 Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient.

 

Là, c'est Jésus qui prend de fait l'initiative pour tout; il veut donner à manger, il prend ce peu et il en fait de l'abondance, puisqu'il y a des restes, ce qui n'était pas le cas de la manne.

 

12 Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. »

13 Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.

 

Dieu nourrit comme dans le désert, mais avec abondance. 

 

 

14 À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. »

15 Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

 

 

La suite du texte nous la connaissons, c'est la marche de Jésus sur les eaux, les disciples qui le prennent pour un esprit, comme ils le prendront pour un esprit le jour de la résurrection quand il se manifeste à eux, les portes étant verrouillées et eux-mêmes étant en pleine tempête !

 

J'avais pensé laisser le jeune garçon raconter, mais… Alors comme Philippe est l'interlocuteur privilégié, il a pris la parole. Je dois reconnaitre que les similitudes avec le texte de 2024 sont nombreuses, mais le texte est venu tout seul ou presque.

 

Philippe raconte.

 

Hors de question de rester à Jérusalem depuis la guérison de ce paralysé qui avait comme le lui avait demandé Jésus porté son grabat le jour du Sabbat. Il faut dire qu'oser affirmer que Dieu était son propre Père et que lui Jésus, ne faisait que faire comme Lui, cela ne pouvait pas passer, ils ne pouvaient pas entendre, ils ne pouvaient pas comprendre, comprendre qu'écouter et croire en la parole de cet homme, c'est cela qui donnerait la vie éternelle et non la pratique aveugle de la Loi. Ils ne pouvaient surtout pas entendre tout l'amour qui était là. Alors oui, pour conserver la vie, il valait mieux retourner en Galilée et pourtant la fête de la Pâque était proche, cette fête que nous célébrons chaque année qui fait mémoire de notre libération, du sang de l'agneau posé sur les linteaux de nos portes, les pains sans levain. Le passage de l'Ange du Seigneur et notre passage à travers la mer. 

 

En Galilée nous avons beaucoup marché, Jésus avait guéri beaucoup de malades, et nous nous trouvions sur les bords du lac. Ce jour-là, il nous avait pris avec lui sur la montagne, il s'était assis et nous avait parlé. Le temps nous ne l'avions pas senti passé, nous étions bien avec lui. 

 

Mais de fait nous n'étions pas seuls, des gens étaient arrivés petit à petit, puis d'autres et encore d'autres qui voulaient certainement demander des guérisons. Jésus a cessé de parler, et a vu tous ces gens. Il m'a alors demandé où nous pourrions acheter du pain pour donner à manger à toute cette foule. Je dois dire que sa question m'a interloqué, où diable veut-il que nous trouvions autant d'argent, même avec le salaire de deux cent journées, il n'y airait qu'n tout petit peu de pain pour chacun d'entre eux. Des fois je me demande ce qu'il a en tête. Pour moi c'était vraiment impensable et pourtant à Cana en Galilée n'avait-il pas fait mettre de l'eau dans les jarres de purification pour que celle-ci devienne un vin capiteux, comme le vin dont parle le prophète Isaïe ?  Bref pour moi, il me demandait l'impossible. 

 

Là-dessus arrive André, avec un jeune garçon qui avait entendu la demande de Jésus et qui apportait cinq pains d'orge et deux poissons. Lui aussi devait être un peu fou, comment nourrir une foule avec si peu, mais parfois les enfants ils pensent de drôles de chose. Mais Jésus dit souvent qu'il s'agit de croire et ce petit il croyait vraiment. 

 

Jésus a souri, il n'a pas renvoyé le garçon en lui disant que c'était pour lui, ce pain et ces poissons. Il lui a souri, et c'était comme une connivence entre eux. Avec ce peu, il allait faire beaucoup. Le garçon lui, il avait foi en lui. 

 

il a pris les pains, des pains d'orge, la farine du pauvre, mais aussi la farine qui sert pour la fête de la Pâque.

 

 Il nous a demandé de faire asseoir tout le monde, car il y avait une belle herbe verte à cet endroit. Il y a eu comme un silence; un beau silence, un bon silence.; il les a bénis, comme on le fait toujours, et s'est mis à les distribuer à la foule, seulement là, ce n'étaient plus cinq pains et deux poissons, mais tout à profusion, un peu comme l'avait le prophète Élisée autrefois, qui de 20 pains en avait fait 100.  Et il y a eu bien plus que ce que l'on aurait pu acheter avec mes deux cents deniers.

 

Quand tout le monde a fini de manger il nous demandé de rassembler ce qui restait et croyez- moi ou pas, mais il y avait douze panières remplies des morceaux qui restaient. Cela m'a fait au psaume qui parle du juste qui se sent abandonné par le très haut, mais sauvé par le très haut tient ses promesses et donne à manger en abondance, car là c'était l'abondance. Il leur avait donné comme autrefois l'avait Moïse, enfin pas Moïse mais le Très- Haut de la manne, mais en abondance, une manne qui ne périssait pas. C'était peut-être cela le signe au-delà du miracle, voir en Jésus non pas un prophète, mais l'Envoyé, Dieu présent parmi nous.

 

Un tel miracle, un tel signe, ça fait du bruit si je puis dire et cette foule, cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants, ils voulaient le prendre pour le proclamer leur roi. Un roi qui donne à manger à tous, ça, c'est un roi comme on l'espère tous, un roi qui fera sortir de la pauvreté et de la misère. Seulement Jésus, et ça, nous le savons, il ne sera pas ce roi-là. Alors comme il s'est si bien le faire, il a disparu dans la montagne. Il faut dire qu'en Galilée il est chez lui et qu'il connait toutes les grottes. Mais du coup, nous nous sommes retrouvés seuls à ne pas savoir que faire. La meilleure solution était de retourner à Capharnaüm. Pourquoi ne l'avons-nous pas attendu? Je ne le sais pas, quelque chose nous poussait à partir. Et nous sommes partis dans la nuit.

 

Le jeune garçon raconte.

 

La fête de la Pâque était proche et ma mère était dans les préparatifs. Nous, nous sommes pauvres, alors elle a commencé à faire cuire des pains d'orge. Comme elle ne voulait pas que je reste dans ses pattes, elle m'a dit de sortir et de faire ce que je voulais. J'ai pris cinq pains d'orge et deux poissons, on ne sait jamais. Dehors il y avait des gens qui passaient un peu dans tous les sens. Je les ai suivis. On est arrivé sur une colline qui surplombe le lac, un bel endroit. Je crois qu'ils voulaient qu'il guérisse certains d'entre eux. Moi je me suis faufilé et je suis arrivé tout près du petit groupe qui suivait cet homme. J'ai entendu Jésus, puisque c'est son nom demander à l'un d'entre eux, où on pourrait trouver du pain pour nourrir tout le monde. Et du monde il y en avait énormément maintenant. Du coup, je me suis approché et j'ai dit à l'un d'entre eux, que moi, j'avais du pain et des poissons. Il est allé le dire et Jésus a pris mes pains et mes poissons avec un grand sourire. Ma mère m'a parlé d'un prophète des temps anciens, un certain Élisée qui avait reçu vingt pains et qui avait donné à manger à cent personnes. Alors pourquoi pas lui?  

 

C'est ce qui s'est passé. Vous vous rendez compte, mes pains à moi, mes poissons à moi, ils ont nourri tout ce monde-là. Quand ma mère le saura elle ne voudra pas me croire, mais moi j'ai vu et moi je crois en lui. Je ne sais pas trop qui il est, mais ce qu'il a fait je le raconterai et il sera certainement aussi célèbre que notre père Moïse.

 


 

 

La suite

 

16 Le soir venu, ses disciples descendirent jusqu’à la mer.

17 Ils s’embarquèrent pour gagner Capharnaüm, sur l’autre rive. C’était déjà les ténèbres, et Jésus n’avait pas encore rejoint les disciples.

18 Un grand vent soufflait, et la mer était agitée.

 

le moins qu'on puisse dire, c'est que tout va mal. Ils sont partis un peu comme des voleurs, ils ont laissé Jésus seul dans la montagne. Ils vont vers Capharnaüm de leur propre initiative. Il sont seuls, livrés à eux-mêmes, ils n'ont certainement rien compris et peut-être sont-ils déçussiez que Jésus n'ait pas cédé au désir de la foule, donc dans les ténèbres intérieures et extérieures. Le vent se lève, les attaque, ils sont dans le noir et dans la tempête. Si la Pâque est célébrée à la nouvelle lune, là la lune n'est pas là pour les guider.

 

 

19 Les disciples avaient ramé sur une distance de vingt-cinq ou trente stades (c’est-à-dire environ cinq mille mètres), lorsqu’ils virent Jésus qui marchait sur la mer et se rapprochait de la barque. Alors, ils furent saisis de peur.

20 Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez plus peur. »

 

 

 

c'est assez semblable à ce qui se passe dans les synoptiques. La peur, le prendre pour un esprit. Mais il y a la voix : "c'est moi" cette voix qui est celle du berger et que connaissent ses brebis.

 

21 Les disciples voulaient le prendre dans la barque ; aussitôt, la barque toucha terre là où ils se rendaient.  

 

Ce qui se passe là est très étonnant. Si on en croit le rédacteur, ils sont en plein milieu de la traversée et d'un coup les voilà qui touchent terre, comme si la barque avait été transportée par une force inconnue.

 

 

 

 

Philippe continue son récit.

 

 

Seulement la tempête s'est levée; Comme vous le savez la date de la Pâque coïncide avec la nouvelle lune, alors c'était une nuit bien noire. Le vent s'est levé, et la tempête était vraiment une très mauvaise tempête et nous étions complétement perdus. Et voilà qu'une silhouette apparait, une silhouette un peu comme un fantôme et nous, qui sommes pourtant des hommes faits, nous étions morts de peur. Mais une voix est sortie de cette ombre, c'était celle de Jésus qui nous a dit "c'est moi, n'ayez plus peur". Entendre le son de sa voix quel soulagement, quel bonheur. Nous voulions qu'il vienne dans la barque avec nous, mais et là c'était vraiment incompréhensible, alors que nous étions en plein milieu du lac quand la tempête nous est tombée dessus, nous avons accosté, comme s'il était le maître du temps mais aussi de l'espace, Jésus Dieu, le Verbe.

 

Je me demande aussi si ce que nous avons vécu là, ce n'est pas ce que nous serions amenés à vivre après sa mort, quand nous étions réfugies dans la salle haute. Sa mort avait été une vraie tempête, nous étions désemparés, perdus, et d'un coup, comme ce soir-là ii était là, vivant, et il nous donnait sa paix. 

 

Mais ce matin-là en arrivant à Capharnaüm, nous ne pouvions pas imaginer ce que notre maître allait dire sur cet autre pain qui donne la vie et de la polémique qui en suivrait.