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jeudi, février 10, 2011

"Responsabilité" suite


Etre responsable d’une certaine manière cela donne une assise, cela donne du poids, ce qui permet de comprendre pourquoi dans une fratrie les aînés sont parfois ravis en prenant la place des parents de faire payer aux petits leur existence… Mais il me semble que si nous avons à être en relation avec nos « frères » nous n’avons pas à nous « charger » d’eux, car il n’y a qu’un seul Berger, même si parfois nous le trouvons un peu gonflé de laisser le troupeau pour aller s’occuper d’une brebis qui n’en a fait qu’à sa tête et qui est tombée dans un creux de rocher.

Cela fait de moi le nécessaire de l’autre, le besoin de l’autre, mais cela permet d’oublier (car je risque de penser à sa place, de savoir ce qui est bon pour elle et d’imaginer ressentir ce qu’elle ressent) quelle est sa demande, son désir. Combler sous prétexte de responsabilité les désirs de l’autre conduit bien souvent à la catastrophe relationnelle.

Pour l’avoir vécu je sais m’être laissée entraîner à créer parfois des liens beaucoup trop forts et qui n’avaient pas leur raison d’être et qui au lieu de permettre la vie et la liberté conduisaient à l’enfermement. Cela fait cependant toucher du doigt la phrase de Paul :Rm 7,19 : puisque je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas. Etre responsable c'est aussi non pas maîtriser ni contrôler la relation, mais l'ajuster et pour cela la passer au crible de l'Esprit Saint. 

En d’autres termes  créer des liens oui, mais pas n’importe comment. Le lien ne doit jamais se transformer pas en câble qui empêche de bouger, de vivre d’agir. Si le lien se rigidifie, si en son nom je m’empêche de vivre (je dois me sacrifier pour elle pour lui, parce que sans moi il ou elle ne pourra pas se débrouiller, c’est d’une certaine manière créer quelque chose de mortifère.

Après le miracle de la multiplication des pains, il est rapporté que Jésus sachant qu’ils voulaient le faire roi (je dirai mettre le grappin sur lui, en faire leur chose) partit dans la montagne et renvoya ses disciples sur la mer. Car là aussi dans une relation il est nécessaire de ne pas se laisser « manger » par l’autre, et c’est cela être responsable dans le bon sens du terme : trouver la bonne distance pour que la liberté demeure, pour que l’étouffement ne s’installe pas. 

Il n’est pas bon de laisser l’autre se cramponner à vous, car le risque de tomber à deux dans le gouffre est trop grand. Je pense que les règles qui fonctionnent dans une thérapie sont justement là pour éviter cette sorte de fusion. Mais le lieu thérapeutique est une chose, les relations amicales une autre.

Couper un lien quand il se transforme en câble avec une ancre au bout est difficile et ne se fait pas sans casse (sans blessure), mais c’est la séparation de la maman de son fœtus qui permet le vie. S’en rendre compte est une première étape, mais s’en dégager en est une autre et cela peut être douloureux, un peu comme une naissance.

Si Jésus passe autant de temps à « délier » ce n’est peut être pas pour rien, car des liens nous en créons, nous en avons crées et certains d’entre eux peuvent être mortifères. Les dénouer c’est aller vers la vie et cela c’est bien le Salut.

Quand Jésus nous demande de nous décharger sur Lui de nos fardeaux, je ne pense pas qu’Il nous demande de laisser choir l’autre, de le laisser tomber, de l’abandonner (ce qui serait une mort pour celui ci)  mais de ne plus faire de ce « porter » une fin en soi et de trouver une relation où l’un n’entraîne pas l’autre dans le gouffre.

La réaction de Jésus qui dit à Pierre  «  Passe derrière moi Satan »Mt 16,23 veut peut être dire que à ce moment là, Pierre veut se saisir de Jésus, en faire sa chose, son objet, disposer de lui (pour le sauver) mais que ce n’est pas ce qui lui est demandé. Il se croit responsable de Jésus parce qu’il l’aime, mais est cela aimer ? Sa responsabilité sera l’annonce de la bonne nouvelle, mais pas de décider ce qui est bon pour Jésus. Ce qui est l’œuvre de Jésus c’est d’accomplir ce que dit son nom « Dieu sauve ».

Jamais personne n’a osé dire que Jésus en tant que chef de communauté pouvait être responsable de la trahison de Judas. Si l’évangéliste Jean note que le « diable «  était entré en lui (et aussi qu’il faisait nuit), c’est que face à la tentation nous sommes responsables de nous mêmes et que les choix sont les nôtres. Il est parfois bien difficile de ne pas laisser « la ténèbre nous parler ».
Il est étonnant d’ailleurs que ce soit lui et non pas Matthieu qui s’y connaissait en argent (collecteur d’impôts) qui ait été chargé de la gestion financière du groupe. Peut être était il plus instruits que les « pécheurs » de Capharnaüm, peut-être était il très seul avec une éducation plus poussée ? N’est il pas le seul à appeler Jésus « Rabbi » ? Peut être que le groupe de disciples à quelque chose à voir avec ce que nous appelons facilement la trahison de Judas. A défaut de responsabilité (Juda est responsable de son ou de ses choix) peut être faut il parler de solidarité les uns envers les autres. La guérison du paralytique est obtenue grâce à l’aide des porteurs de civière qui ne se laissent pas démonter par des difficultés qui semblent insurmontables. 

La responsabilité est de fait un poids terrible, car si nous ne réussissons pas à faire ce qu’on attendait de nous (et ceci peut être extrêmement vague, non dit, suggéré, imaginé même) alors nous avons échoué, nous nous sentons nuls, voir coupables. L’échec de l’autre ou des autres devient notre échec. Et je crois que le piège est là …

L’échec de l’autre n’est pas mon échec mais le sien et de fait je ne peux même pas être sure qu’il en soit un.

La mort de Jésus sur la croix est bien un échec total et pourtant ? Il est allé au bout de ce qui lui était demandé  être lié sur une croix pour délier tous les faux liens, toutes les fausses responsabilités pour que la vie soit manifestée.       

vendredi, mars 26, 2010

Psaume 94: Jamais vous n'entrerez dans mon repos




"Vous n’entrerez pas dans le lieu de mon repos".

Ce psaume 94 est utilisé comme psaume d’entrée dans l’office des Laudes qui est je le crois un office de louanges. Or la finale de psaume : jamais ils n’entreront dans mon repos, me pose question.

Voici le psaume : (trad liturgique)

1Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
2Allons jusqu'à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

3Oui, le grand Dieu, c'est le Seigneur,
le grand roi au-dessus de tous les dieux :
4il tient en main les profondeurs de la terre,
et les sommets des montagnes sont à lui ;
5à lui la mer, c'est lui qui l'a faite,
et les terres, car ses mains les ont pétries.

6Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
7Oui, il est notre Dieu ; +
nous sommes le peuple qu'il conduit,
le troupeau guidé par sa main.

(jusque là tout va bien, on est bien dans la louange et l’adoration de ce Dieu qui s’est choisi un peuple que l’on peut assimiler dans notre aujourd’hui à l’église) .

Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ? +
8« Ne fermez pas votre coeur comme au désert,
comme au jour de tentation et de défi,
9où vos pères m'ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit.

(Là il y a un rappel qui peut effectivement nous concerner aujourd’hui, fermer ou endurcir, ne pas voir, c’est si facile).

10« Quarante ans leur génération m'a déçu, +
et j'ai dit : Ce peuple a le coeur égaré,
il n'a pas connu mes chemins.

(là c’est un discours presque normal qui est un constat, mais c’est après que ça se gâte…)

11Dans ma colère, j'en ai fait le serment :
Jamais ils n'entreront dans mon repos. »

(Et c’est la fin très abrupte de ce psaume).

Je suppose que les phrases clés sont celles ci : « aujourd’hui écouterez vous sa parole » ? (Chema Israël) phrase qui s’adresse à
nous aujourd’hui avec le rappel de ce que produire l’endurcissement du cœur (du moins avant la venue de Jésus) à savoir la rupture de la relation. Et « ne fermez pas votre cœur » qui reste un mécanisme toujours présent. Il n’en demeure pas moins que ce psaume introductif à l’office me pose quand même question. Je suppose que s’il a été choisi ce n’est pas pour rien, mais démarrer par une menace ne me plaît guère et à priori ne m’incite guère à entrer dans la louange, même s’il s’agit de considérer tout ce que Dieu a fait pour nous malgré tout.

Je comprends que Dieu soit déçu, mais il sait bien que la terre ne s’est pas faite en un jour (il est même bien placé pour le savoir) et que comme l dit la chanson« pour faire un homme, mon dieu que c’est long »

Ce verset m’a poussée à réfléchir sur la notion de repos le notre et celui de Dieu.



Sur les tombes on écrivait fréquemment « qu’il repose en paix ». Est ce que la mort est un repos ? Le repos serait il le contraire du mouvement, du faire. Le cercueil serait il un lieu où on peut se reposer enfin du travail accompli pendant toute une vie. Un lieu où le corps repose sur quelque chose qui le soutient ? Mais comme nous ne savons pas bien ce qui se passe après la mort, ne s’agit il pas d’un souhait: que là où se trouve le disparu, il puisse goûter le bon, le bien l’agréable. En d’autres termes qu’il soit heureux.

Quand je travaillais dans une maison d’accueil spécialisée une des phrases favorites d’une des résidentes était : « vendredi ROPO ». En fait comme elle ne connaissait pas les jours de la semaine, cela voulait dire qu’elle nous souhaitait d’être en congé ce qui était une sorte de cadeau de sa part: tu as le droit de partir de ne pas t’occuper de moi, de faire ce que tu veux. Notre repos étant alors ne pas travailler, ou plutôt ne pas être obligé de travailler !




Pour nous repos est associé à ne rien faire et à laisser faire les autres. On se repose pendant les vacances, c’est à dire qu’on ne travaille pas. On sort du quotidien pour être autrement (je dis être et non pas faire). Mais pour que ceci soit possible il est nécessaire de se sentir en sécurité. Quand le psalmiste dit « je me repose à l’ombre de tes ailes » il veut dire que ce lieu de repos est un lieu sécurisant, où il se sent à l’abri des vents mauvais, protégé.

On pourrait dire que le repos c’est finalement un lieu où l’on se sent bien, où l’on est en sécurité et où on ne fait que des choses qui semblent agréables (ce qui peut renvoyer au repos du guerrier !). Et pourtant curieusement se reposer quand on ne dort pas n’est pas si facile que cela. Rappelons nous les siestes de notre enfance…

De fait même si nous ne sommes pas dans l’action, même si nous nous reposons, (ne faisons rien de précis) notre corps lui ne connaît pas le repos, puisque notre cœur bat et nos poumons respirent. Il m’arrive de penser connaître le repos lorsque justement dans la respiration je goute les moments ou à la fin d’un inspiration ou d’une expiration je suis un peu comme la marée, étale. Pour moi le repos ce serait cet état là, un moment de transition, un moment sans action, un moment où je me sens être. Mais cette conception du repos m’est possible parce que je n’ai pas à gérer trop de douleurs physiques et que ma tête n’est pas trop prise par un déchainement de pensées. Mais j’aime ces moments d’arrêt ou je peux vraiment gouter l’arrêt, attendre que la respiration reparte d’elle-même. En fait le cycle complet de la respiration est pour moi un repos, la sensation d’être vivant..

Pour en revenir à la phrase du psaume 94, à priori elle peut se comprendre comme « vous n’entrerez pas dans le pays que je vous ai promis, qui sera le pays où avec vous je résiderai, vous protégerai. Ceci étant d’une certaine manière confirmé par le psaume 132 qui célèbre le transfert de l’arche à Jérusalem, le lieu choisi pour être la résidence du Dieu tutélaire.
Ce lieu (le temple) le lieu de la gloire de Dieu, s’il n’avait pas été un lieu de « majesté » aurait pu être le lieu où Dieu vient se promener à la brise du jour, un lieu de véritable rencontre (ce que Jésus confirme quand il parle de la prière du publicain et du pharisien). Mais peut-on mettre Dieu en cage ? N’est Il pas un dieu qui chemine ?

Un sens possible de ce mot de « repos » serait alors « demeure ». Dieu propose à l’homme un lieu ou où demeurer avec lui (c’est la thématique de l’évangile de Jean) « Si quelqu’un m’aime, mon père l’aimera et nous demeurerons en lui, et nous ferons en lui notre demeure »

Maintenant que Dieu « se repose » cela reste à voir. Après la création il est bien question de repos, mais cela je crois indique aussi que Dieu est capable de mettre comme un terme à une certaine activité, ce qui ne veut pas dire qu’il n’agit pas autrement. La phrase de Jésus « mon père est à l’œuvre jusqu’à présent et j’œuvre moi aussi » Jn5, 17. Ne montre elle pas que le faire est différent de l’être et que celui qui se nomme « Je suis celui qui suis » reste actif même s’il n’est pas dans le faire.
Entrer dans le repos de Dieu me semble être un désir très profond, qui peut se réaliser au moins partiellement dès aujourd’hui, quand nous cessons de nous agiter et de vouloir faire parce qu’il faut faire. Entrer dans le repos de Dieu, n’évite pas les vicissitudes de la vie mais qui permet de les affronter dans la paix et d’apprendre à demeurer.


dimanche, octobre 04, 2009

la jalousie du serpent une bête des champs. .

En écoutant ce matin la lecture du passage de la Genèse qui relate la création de la femme, (Gn 2, 18-24) j'ai eu l'oreille tirée par les mots "bêtes des champs". J'avais toujours imaginé que Adam nommait toutes les bêtes, y compris les bêtes sauvages, mais il ne s'agit que des bêtes des champs (qui peuvent vivre dans et hors du jardin) et des oiseaux du ciel qui eux peuvent vivre sur les arbres dans et hors du jardin.



Je cite le début du texte:
"Il dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. »

Avec de la terre, le Seigneur Dieu façonna toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel,

et il les amena vers l'homme pour voir quels noms il leur donnerait. C'étaient des êtres vivants, et l'homme donna un nom à chacun.
L'homme donna donc leurs noms à tous les animaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs. Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde."

On peut alors imaginer l'attente de chacun des ces animaux: est ce que je vais être choisi? La vache peut penser: je lui donne du lait, il va me choisir, le cheval peut penser, je traîne sa charrue, je lui permet de se déplacer facilement, il va me choisir, le chien dira: je suis capable de rapporter des objets, je peux garder les moutons, j'obéis à sa voix, je l'aime, je suis son compagnon, alors il va me choisir...



Le serpent peut penser: comme lui je suis capable de me dresser, moi je suis un être vertial tout comme lui, je suis tout puissant car je peux donner la mort, je suis beau car des que ma peau est usée je peux en changer, et surtout je suis rusé donc intelligent.(cf Gen 3,1 "le serpent était le plus rusé des bêtes des champs" , mais hélas il n'est pas choisi. Et de cette déconvenue va suivre ce que l'on a coutume d'appeler la chute.

Car quand il voit la femme, celle qui l'a supplantée, l'envie naît alors en lui et il n'aura de cesse de l'éliminer rpour redevenir l'objet élu, l'objet choisi. Il s'agit bien de reprendre ou de prendre une place qu'il estime être à lui. Bien humain ce serpent somme toute.

De ce fait il est normal qu'il s'attaque à la femme et non à l'homme, car dès qu'elle aura commis la faute il pourra lui se faire valoir en disant si tu m'avais choisi moi ça ne serait pas arrivé...

Malheureusement un animal reste un animal si rusé soit-il! Il n'a pas su prévoir que le fruit de l'envie et de la convoitise est toujours la mort. La haine fait désirer la mort de l'autre, mais hélas elle fonctionne comme une boomerang. Le produit de l'envie et de la convoite reste la mort.

Car dans cette histoire le serpent est loin d'être gagnant: Gn3, 14Le SEIGNEUR Dieu dit au serpent :
Puisque tu as fait cela,
tu seras maudit entre toutes les bêtes
et tous les animaux de la campagne,
tu te déplaceras sur ton ventre
et tu mangeras de la poussière
tous les jours de ta vie.

15Je mettrai de l'hostilité entre toi et la femme,
entre ta descendance et sa descendance :
celle-ci t'écrasera la tête,
et tu lui mordras le talon.

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dimanche, février 22, 2009

"Qu'est ce que l'homme que tu en prennes souci..." Ps 8,4

2SEIGNEUR (YHWH), notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre, toi qui te rends plus éclatant que le ciel !
3Par la bouche des enfants, des nourrissons, tu as fondé une force, à cause de tes adversaires, pour imposer silence à l'ennemi vindicatif.
4Quand je regarde ton ciel, œuvre de tes doigts, la lune et les étoiles que tu as mises en place,
5qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui, qu'est-ce que l'être humain, pour que tu t'occupes de lui ?

6Tu l'as fait de peu inférieur à un dieu, tu l'as couronné de gloire et de magnificence.
7Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds,
8moutons et chèvres, bœufs, tous ensemble, et même les bêtes sauvages,
9les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui parcourt les sentiers des mers.
10SEIGNEUR (YHWH), notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre !


Je suis sur un télésiège que j'occupe toute seule. Je contemple le paysage. Et d'un coup je me rends compte que cette magnifique création qui est là devant moi, elle est l'oeuvre de quelqu'un: l'oeuvre de Dieu. Il devient évident pour moi que cet Etre qui a crée tout cela, en est d'une certaine manière le propriétaire. Tout cela c'est à Lui et que moi petit être humain, je ne suis presque rien.

Je me suis souvent extasiée devant des fleurs de montagnes qui poussent au creux de rocher ou sur de la pierraille ou devant la profusion de couleurs, mais là c'est un autre sentiment, très différent. Quelqu'un a voulu "ça" et peu importe la manière dont Il s'y est pris, Il a crée la terre, le ciel et les étoiles.

Je comprends mieux ces paraboles de l'Evangile, où Jésus met en scène un roi part et laisse son royaume à d'autres mains.



Je dois dire que sur mon petit télésiège, entre terre et ciel, la phrase "que ton règne vienne" a pris du sens, car je ressens bien Dieu comme le roi et seigneur de cette terre (et peut-être d'autres univers).

Moi qui n'ai jamais pu me prosterner en signe de respect devant qui que ce soit, là, d'un coup, j'ai compris, ce que peut-être le respect, la crainte et l'adoration. Il y a l'infiniment grand d'un côté: le créateur et l'infiniment petit de l'autre, moi être mortel.

C'est un sentiment très bienfaisant, qui me donne envie de chanter, qui me fait littéralement jubiler.

Ce Dieu là, ce Dieu qui a tout crée (je ne veux pas rentrer ici dans des controverses sur la création en tant que telle) ce Dieu qui pourrait être intouchable, inabordable, est capable d'entrer en relation avec l'homme.Il se met au niveau de l'humain, lui donne son souffle, l'associe à son oeuvre de création à condition qu'il respecte la règle de l'Altérité. Je veux dire par là que le seul moyen de ne pas basculer dans le péché de convoitise (jalousie et envie) est de tenir compte de la parole d'un Autre, de faire référence à un Tu.

Ce Dieu là, a aussi été capable , voyant justement que cette altérité n'était pas possible de prendre chair dans un humain, mortel pour permettre de mettre à mort la convoitise et ouvrir à nouveau, pour tous les hommes le chemin de la relation avec Dieu.

"qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui, qu'est-ce que l'être humain, pour que tu t'occupes de lui ?"

Je ne peux être que dans le merci et l'adoration de ce Dieu qui petit à petit se révèle à moi.

mercredi, juin 18, 2008

"L'arbre de la vie".


"Il bannit l'homme et il posta devant le jardin de l'Eden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de la vie".Gn3,24

Si je laisse fonctionner mon imaginaire en l'étoffant par ce que j'ai lu de contes et de la mythologie, je peux imaginer qu'il existe quelque part, dans un jardin un trésor, un arbre merveilleux qui donne l'immortalité. Mais l'accès est défendu par un dragon qui veille jour et nuit et qui met à mort tout être humain qui tenterait de pénétrer dans le jardin pour s'emparer de l'arbre de la vie. 

Cet arbre, il a ses racines dans la terre, ses ramures dans le ciel, sur le plan symbolique, il est enraciné dans l'humain et il va vers le divin. Ses fruits (ou ses feuilles) sont très désirables pour le mortel. Encore faut il se mettre d'accord sur ce que l'on entend par vie éternelle.  

Si je suppose que la vie éternelle est une vie de Dieu, (et non pas une vie qui ne connaît pas la mort finitude) alors s'emparer de cet arbre peut signifier devenir Dieu. Mais ce n'est pas en s'emparant de cet arbre par la force ou la violence que la vie divine sera transmise. 

Jésus, certes est censé sauver l'être humain du péché qui l'a rendu inapte à voir Dieu en prenant sur lui le péché (cf serviteur souffrant, Is 53), mais aujourd'hui, j'ai envie de me représenter Jésus comme le héros qui vient en combattant le dragon qui barre l'accès au jardin, ouvrir le chemin perdu et permettre à l'humain de devenir à l'image et à la ressemblance de Dieu. 
 
Le dragon, ce n'est pas par la force ou la violence qu'il est vaincu, parce que ces armes là, il les connaît trop bien.Il est vaincu par ce que celui qui vient se laisse brûler par le feu de l'amour et le feu de la violence et de la haine disparaît et le chemin, le passage, la Pâque peut advenir et l'homme est sauvé. 

Voilà le fruit de ma distraction pendant l'homélie de ce jour.

J'aime tant cette iumage du passage qui est rétabli ou ouvert et qui permet à l'homme d'accéder à son désir le plus profond, être non pas Dieu, mais être comme Dieu: "j'ai dit: vous êtes des fils du très haut, vous tous" Ps 82,6. 

samedi, mai 24, 2008

Une histoire de petit chaperon rouge: 2Sam 13.


Il était un fois un fils de roi, qui se nommait Amnon (Fidèle). Il était l'aîné des fils du roi David. Sa mère était Ahinoam de Yisréel. Un de ses demi-frères, Absalon avait pour mère une princesse, ce qui n'était pas son cas et il espérait  bien, maintenant que la royauté de son père semblait affermie et qu'il avait son propre palais à Jérusalem, faire un beau mariage, un mariage princier.

Seulement, dans le palais de son père, il y avait tous les enfants du roi et en particulier la soeur d'Absalon, la belle Tamar qui était la petite fille du roi de Geshur. 

Et Amnon en était devenu amoureux fou. Il la voulait, n'osait pas le dire et en perdait l'appétit. Il se mourait d'amour pour elle. Des amoureux transis, nous en connaissons tous. Mais il ne peut faire comme son père le roi David avec Betsabée. Lui ne peut l'envoyer chercher pour la connaître. 

Alors cela le travaille et il en perd le sommeil et l'appétit. 

Un de amis (qui semble plutôt être un oncle) cherche à comprendre ce qui se passe et lui conseille de faire le malade (comme le loup de la fable qui se transforme en grand-mère affaiblie et malade), et de demander au roi David que sa soeur vienne chez lui pour lui donner à manger. 

Un ordre du roi ne se transgresse pas, de même que le petit chaperon rouge ne met pas en question l'ordre de sa maman d'aller apporter de quoi manger à la grand-mère, même s'il faut pour cela traverser une forêt dangereuse.

Et voilà Tamar qui va chez son frère, avec ce qu'il faut pour faire des gâteaux, qui les prépare devant lui, les fait cuire et le sert. Mais ce n'est pas cette nourriture là qui intéresse le jeune homme. Ce qu'il veut c'est comme le loup: croquer du corps. 

Alors il lui demande de passer dans sa chambre (loin du regard des autres) ce qu'elle fait (peut-être que cela elle aurait du le refuser) et ce n'est pas les gâteaux qui sont saisis, mais la jeune femme (et le loup se jeta sur elle et la mangea). C'est elle qui est consommée. 

Malheureusement il n'y a pas de chasseurs pour ouvrir le ventre du loup (il y en aura un mais ce sera Absalon et il ne rendra pas à sa soeur l'honneur volé). Et l'histoire finit mal pour le petit chaperon rouge, d'autant que par un mécanisme psychologique elle devient objet de dégoût: Amnon n'en veut plus. Il refuse de l' épouser (ce qui aurait permis un "avenir" à cette jeune fille). 

Ce retournement m'a toujours paru très finement observé. Ce qui compte pour Amnon c'est de posséder un objet, mais une fois l'objet possédé, il perd tout son attrait et il devient mauvais, et menaçant car il va pouvoir révéler ce qui a été fait. De ce fait il devient impératif de le faire disparaître (de le tuer).  L'objet du désir devient objet de répulsion car il devient porteur de toute la violence interne d'Amnon. 

Que peut faire une femme face à un homme désirant qui de plus va la rendre responsable d'avoir suscité son désir?  Et qui du coup va se mettre à la haïr pour cela? 

Mais si on reprend la "geste davidique" racontée dans le deuxième livre de Samuel, de David, cet épisode qui conduira à la mort d'Amnon, puis à celle d'Absalon frère de Tamar est la conséquence de la convoitise de David pour la femme de Urie le hittite et de la mise à mort de ce dernier (même si David ne le fait pas de sa propre main). Car il lui a été signifié par le prophète Natan que même si la maison de David subsistera à jamais, l'épée ne se détournera plus jamais de sa maison (2SAM12,10). 

Il y a donc une logique qui n'est pas forcément celle qui nous plait: si YHWH fait mourir l'enfant de Bethsabée, pourquoi faut-il encore atteindre toute la dynastie? Mais la mort de cet enfant et les luttes entre les fils permettront l'avènement de Salomon, l'enfant remplacement...  

Ce texte, nous l'avons lu en groupe et c'est en le lisant avec d'autres que cette analogie avec les contes de Perrault (repris par les frères Grimm) m'est apparue, comme quoi la bible est un livre plein de surprises. 

 

jeudi, mars 13, 2008

"Vois je t'ai gravée sur la paume de mes mains"Is49,16



Comme souvent, il m'arrive d'avoir "une idée" très claire au petit matin de ce que j'ai envie ou besoin d'écrire sur ce blog, et au fur et à mesure que le temps s'écoule, l'idée se perd, se dissout et je n'arrive plus à trouver une écriture claire et satisfaisante. C'est un peu ce qui s'est passé avec ce billet: comment passer d'une relation "collective" avec le Dieu d'Israël à une relation individualisée, individuelle avec le Dieu de Jésus, sans pour autant négliger la relation collective.

Cette phrase d'Isaïe qui sert de thème, est très souvent citée dans les assemblées charismatiques, et elle va souvent avec la phrase: "tu es mon fils -ma fille- bien-aimé". Elle est prise à un niveau individuel pour dire combien moi aujourd'hui je suis aimée. Mais quand elle a été écrite par le prophète Isaïe, elle s'adressait à une nation qui vivait le déchirement de l'exil et qui pouvait bien croire qu'elle avait été oubliée par son Dieu. 

Je sais très bien que j'ai une conception beaucoup trop individuelle de ma relation trinitaire. Je suis tellement formatée à entendre la parole de l'évangile comme une parole personnelle que je ne l'entends plus assez comme une parole collective. Finalement le "peuple de Dieu", ça ne me dit pas grand chose. Je n'en tiens pas assez compte, sauf maintenant pendant les eucharisties où il m'est possible de percevoir au travers des personnes présentes que je ne connais pas, l'image d'une véritable assemblée mue par la foi en ce Jésus mort et ressuscité. 
  
L'objet de ce billet est de réfléchir sur le passage du collectif à l'individuel et donc d'une certaine manière de l'apport du message évangélique, car le salut devient individuel. Passage du "nous au je", et du "je au nous"(sans jeu de mots: genou).

Je dois dire que j'ai toujours trouvé curieux ce Dieu qui a besoin de graver sur ses paumes l'image de la ville de Jérusalem pour ne pas l'oublier, comme un élève qui a une anti-sèche sur la paume de sa main ou comme quelqu'un qui note un numéro de téléphone pour pouvoir le retrouver un peu plus tard. 

Je sais bien que dans la loi mosaïque il est demandé aux hommes de porter sur eux des signes qui permettent de ne pas oublier leur Dieu, mais ce Dieu a-t-il lui besoin de signes concrets pour ne pas oublier le peuple qu'il s'est choisi? 

Cela me fait penser un peu au signe de l'Arc-en Ciel donné en Gn10,14 "Lorsque j'assemblerai des nuées sur la terre et que l'arc apparaîtra dans la nuée, je me souviendrai de l'alliance qu'il y a entre vous et moi... et les eaux ne viendront plus en déluge pour détruire toute chair". 

Je sais très bien que c'est une lecture extrêmement littérale, mais d'une part j'aime bien cette approche qui n'exclue pas  l'approche symbolique et d'autre part elle humanise parfois ce Dieu du premier testament qui est souvent un Dieu bien destructeur.

J'en viens d'ailleurs à me poser une autre question sur l'interprétation donnée par les prophètes à certains événements. Prenons le cas de David qui a envoyé le malheureux mari de Bethsabée se faire tuer, pour pouvoir prendre sa femme et en fait il n'a fait que répéter ce que Saul a tenté de faire avec lui. Le fruit de leur union meurt. La mort de cet enfant (et pourtant la mortalité infantile devait être considérable) est comprise comme étant le signe d'une faute, car toute atteinte de la descendance montre que Dieu se détourne. Cet événement banal en soi, devient le signe que David a péché et le rôle de Nathan qui est ici la "conscience de David" est peut-être postérieure à l'événement et non pas antérieure. Il y a toujours une manière de raconter les faits quand on veut leur donner une signification.

Quand le roi David est "puni" d'avoir fait le recensement du peuple, c'est tout le peuple qui
trinque si je puis dire. Il y a donc un lien très fort entre le péché de celui qui représente le peuple et le peuple. Ceci étant très important je crois pour la christologie: un homme Jésus assurera la libération spirituelle de tous les humains si ceux-ci le veulent bien.

Quand Esdras se rend compte que les fils d'Israël ont épousé des femmes étrangères, alors que lui, n'est pas coupable, il parle au nom de tout le peuple et se sent solidaire de la faute commise. Beaucoup de prières sont sur ce modèle là : nous avons péché contre toi, nous reconnaissons notre faute, alors ne nous reprends pas dans ta colère,(ne nous détruis pas) parce que c'est ainsi que tu manifestera la Gloire de ton nom.
 
C'est d'ailleurs comme cela que Moïse manoeuvre si je puis dire YHWH: "qu'est ce que les égyptiens penseront de toi, si tu anéantis le peuple que tu as fait sortir d'Egypte?".  

En d'autres termes quand une catastrophe tombe sur le peuple d'Israël cela signifie que le peuple ou quelqu'un dans le peuple s'est détourné de l'alliance et que la foudre de Dieu (la colère) se déchaîne. 

Jésus dira bien que l'accident qui a coûté la mort d'un bon nombre d'hommes lors de la chute d'une tour n'est pas conséquence de leur péché. 

Que ce sens ait eu finalement un effet très positif de spiritualisation (être attentif aux signes extérieurs donnés) c'est certain, mais en ce qui me concerne un Dieu dont il faut apaiser le "courroux" ne me satisfait guère. 

Mais dès le premier testament il y a des progrès (si je puis dire), puisque la faute du fils ne sera plus imputée à son père et celle du père ne retombera plus sur son fils. 

En d'autres termes, au moment de l'exil qui peut s'entendre comme la fin du peuple, et la punition suprême, Ezéchiel fait comprendre qu'il y a en fait deux saluts. Le salut collectif: le peuple reviendra à Jérusalem et sera le peuple "consacré" et un salut individuel, ce qui renvoie à une rétribution après la mort. La difficulté étant de ne pas trouver très juste que le "pratiquant" soit malmené par la vie alors que l'impie, le méchant prospère dès ici bas.  

Cette conception collective je dois parfois faire un effort pour me convaincre qu'elle est importante, seulement effectivement elle ne correspond pas vraiment à ce Dieu révélé par Jésus et qui me sonde et me connaît et qui devient un dieu "individuel". 

Alors il est important pour moi de ne jamais oublier que pour moi, aujourd'hui, dire que j'essaye de vivre de l'amour et dans l'amour n'a pas de sens s'il ne s'agit que de ma petite personne. C'est une illusion et le seul bénéficiaire étant mon mon "petit ego".Si je veux que cet ego qui ne disparaîtra jamais, devienne moins puissant, il me faut accepter que j'ai besoin des autres et que les autres ont besoin parfois de moi. 

vendredi, décembre 16, 2005

"la fatigue ou la lassitude de Dieu". Esaïe chapitre 43

Catherine Lestang

Réflexions « en vrac » sur le début du "second Isaïe".Musique du texte et lassitude de Dieu.

Nous lisons en petit groupe ce livre d’Isaïe, composé en principe au temps de l’Exil.

Après la lecture des deux premiers chapitres, j’avais noté en lisant le début du chapitre 42, le premier chant du serviteur, que la « tonalité » changeait brusquement. Et j’ai pensé à une espèce de version orchestrale avec des musiques correspondant à des thèmes différents. D’ailleurs ce mot même de « chant » renvoie bien à une autre musique. Je l’entendrai bien comme une flûte ; avec peut-être un peu de violoncelle… Cette conception musicale de ces textes est importante et riche pour moi.

Car on peut comme entendre d’autres mélodies beaucoup plus vigoureuses et violentes, plus symphoniques, qui représentent différents aspects souvent opposés et même déconcertants, du Dieu présenté et raconté dans cet écrit. Les tonalités se suivent et s’opposent : tantôt brutales, tantôt douces, tantôt chaleureuses, tantôt glaciales. Mais elles reviennent comme des leitmotive musicaux. Il y a un Dieu créateur, majestueux, mais il y a aussi un Dieu qui dévaste tout, qui punit, qui se venge sur Israël et sur les autres peuples, et un dieu qui n’oublie pas le passé et la filiation avec ce peuple qu’Il s‘est choisi.

On trouve un Dieu qui se plaint, qui tempête, qui promet la pluie et le beau temps, qui change d’attitude d’une manière très rapide, qui promet des lendemains qui chantent, mais aussi la destruction, la famine, la sécheresse. Il souffle le chaud et le froid, comme s’il essayait de faire comprendre quelque chose sur Lui à ceux qu’Il a choisis, élus !

Ayant regardé récemment un reportage sur certains miracles, j’ai été frappé par une phrase prononcée par une jeune femme hindoue : « On attend de Dieu qu’Il nous protège, alors pour obtenir sa protection, on lui donne des offrandes et on le nourrit » Et de fait, même si nous ne le disons pas, si nous nous tournons vers un Dieu quand ça ne va pas c’est bien parce que au fond de nous, comme des enfants, nous attendons un protection d’un être qui est dit tout puissant et qui nous doit sa protection, si nous avons fait « alliance » avec lui. On peut bien penser qu’à l’époque où le livre prophétique a été rédigé, l’exil pouvait sembler signer l’échec de ce rôle !

Mais ce qui transparaît, c’est que ce Dieu, qui semble avoir abandonné son peuple, même quand Il « attaque » et détruit, reste présent. Il veut que ces événements prennent sens. Autrement dit, qu’Il protège ou qu’Il ne protège pas, qu’Il console ou qu’Il détruise, Il demeure présent dans l’histoire de son peuple. Son but c’est que ce peuple choisi apprenne à le connaître, à le reconnaître, à ne pas l’assimiler aux dieux des autres nations ou aux dieux « domestiques », et à reconnaître que Sa loi est une loi qui peut faire vivre; même si on vit des conditions de vie dramatiques.

S’il crée le bonheur et le malheur, ce n’est pas qu’il crée le mal, mais le mal advient parce qu’il espère qu’ainsi son peuple comprendra e que cela ne sert à rien de s’adresser à des faux dieux, bâtis de mains d’homme !

Dieu est un peu comme un parent qui cherche par tous les moyens à faire comprendre à son fils qu’Il est là, même si le fils refuse d’ouvrir les yeux, et les oreilles.

Mais dans ce texte il y a un mot qui m’a interpellé, c’est le mot «fatigué», qui est un adjectif qui concerne Yahvé. Dans d’autres bibles, le mot employé est «lassé».

Is 42, 24 Tu n’as pas acheté pour moi à prix d’argent du roseau aromatique et tu ne m’as pas rassasié de la graisse de tes sacrifices ; mais tu m’as astreint à l’esclavage par tes péchés, tu m’as fatigué par tes fautes.

J’ai pensé à la phrase « fatiguer la salade », qui évoque l’image de tourner et retourner la salade dans la vinaigrette, pour bien l’imprégner ! Et il m’a semblé que Dieu ; comme une salade été mis en contact très proche avec le « péché » de son peuple, que ce soit la non reconnaissance de lui comme Le dieu ou le non respect de l’autre (le courbé, le faible, le pauvre).

Quand nos enfants ont des comportements ou des attitudes qui nous obligent à réagir, ne dit on pas qu’ils nous fatiguent. Fatigue de répéter toujours la même chose, face à quelqu’un qui n’en tient pas compte, fatigue due à l’usure, fatigue équivalent parfois de tristesse ou de dépression !

Si on regarde dans le deuxième livre de rois ou le deuxième livre des chroniques, le comportement du roi Achaz, on peut bien comprendre la « lassitude » ou la fatigue de Yahvé (ou de son prophète) face à ce roi offre ses enfants en sacrifice, qui déplace le temple de Jérusalem à Damas et qui utilise les richesses du temple pour son usage personnel ! Il n’en fait qu’à sa tête, et le peuple le suit ! « Est-ce trop peu pour vous de lasser les hommes que vous lassiez aussi le seigneur votre Dieu » Is 7, 33. Cette phrase s’entend alors bien.. Un Dieu fatigué, lassé de ce rejet. Car en sacrifiant à d’autres divinités, on lui fait comprendre qu’Il n’est pas capable de protéger son peuple. On doute de sa force et de sa puissance. Peut-être y a t il de quoi se mettre en colère ! Et comme cette attitude est assez générale tant en Samarie qu’en Juda, il y a bien « une fatigue ».

On dirait que Yahvé essaye tout ce qui est en son pouvoir pour sortir son peuple de ces détournements. Le malheur, les défaites, les déportations, ne servent qu’à cela : obliger les gouvernants et le peuple à réfléchir. Dans cette optique là, c’est bien Yahvé qui crée le bonheur et le malheur (Is 45, 7) ce qui veut dire que quels que soient les événements, Il est présent, il ne se « fatigue « pas, il reste attentif aux motions de ce peuple.

L’alternance de promesses de restauration et de destruction me pose quand même question. Car à chercher dans tout élément négatif qui m’arrive une punition d’une éventuelle offense me dérange considérablement. Cela crée une sorte de culpabilité latente dont je ne veux pas.

Comment se dégager de cette vision trop humaine de Dieu ? Comment passer du Dieu protection au Dieu relation ?

A suivre….

dimanche, novembre 13, 2005

"Tu ne te présenteras pas devant ton Dieu, les mains vides

Catherine Lestang

Tu ne te présenteras pas devant ton Dieu les mains vides Ex 23, 15

La première fois que j’ai lu ce précepte en travaillant le livre de l’Exode, ma réaction a été : Il est gonflé ce YHWH. Pourquoi veut-Il qu’on lui apporte quelque chose alors qu’Il possède tout ? Ne fait Il pas dire au psalmiste : Ps 50,12 « Si j'ai faim, je n'irai pas te le dire, car le monde est à moi et son contenu ». Et puis demander des offrandes dans le désert loin « des villes habitées », quand on a quitté sa maison en grande hâte, même si on eu des cadeaux des égyptiens, c’est un peu paradoxal ! Je sais bien que les descriptions un peu pharaoniques de l’Exode montrent un peuple nombreux, avec des grands troupeaux, mais dans la réalité de ces tribus qui quittaient l’Egypte, qu’en était il ? Et ces troupeaux dans le désert, il faut bien les nourrir !

Je sais bien qu’entendre cette phrase au premier degré, dans sa matérialité, ce n’est peut-être pas ce qu’il faut faire, mais avant de passer à un sens plus spirituel, j’ai besoin d’explorer ce précepte tel quel qu’il est écrit. Car c’est bien le même précepte dont parle implicitement Jésus dans l’épisode de l’obole de la veuve en Luc 21,2-3.

Il m’est d’ailleurs venu à l’esprit que cette phrase pouvait fort bien avoir été écrite par les prêtres, car ce sont bien ces dons matériels, concrets, qui leur permettent de subsister. Et sous couvert d’un ordre divin, c’est quand même plus facile!

Je sais aussi, bien que cet aspect ne me soit apparu que tardivement dans mes réflexions sur cette phrase que le Tu n’est pas un tu qui va avec le je, donc qui me serait directement adressé, mais, que c’est un Tu qui est un Vous et qui comme dans les commandements s’adresse au peuple.

Ce qui revient de fait, à faire une double lecture de ce verset.

Le peuple, par l’intermédiaire des prêtres et des lévites, doit lorsqu’il prie son Dieu lui faire des offrandes, qui ont des rôles très précis(le livre du Lévitique est très explicite à ce sujet). Si on lit un peu l’histoire d’Israël, on voit l’importance de ces sacrifices. Il suffit de se référer par exemple au transfert de l’arche à Jérusalem 2,Sam 7,15-20, ou à l’inauguration du temple par Salomon 1R 8,5, ou encore aux livres d’Esdras et de Néhémie, lors du retour de l’exil. par exemple en Es3,1 dès que l’autel est restauré, des victimes animales sont offertes. Elles servent à la fois à purifier le temple de toutes les « horreurs et profanations » qui s’y sont passées, mais surtout de rendre à YHWH sa place de Dieu de l’Univers, à la fois tout puissant et créateur. Ce type de culte peut aussi s’entendre comme un moyen d’apaiser YHWH, d’éviter que sa colère ne s’enflamme et que à nouveau le peuple restant soit menacé de destruction. Car un Dieu qui ne reçoit pas d’offrande, risque fort de se retourner contre son peuple et de l’abandonner. L’offrande va avec l’alliance. D’une certaine manière le faible, manifeste son allégeance au fort en lui faisant des dons, et en contre partie il reçoit la protection.

Je peux aussi entendre dans ce don obligé, comme une contrepartie de ce que YHWH a fait pour son peuple en lui donnant la « libération ». Cela est alors rappel, mémoire. YHWH a fait sortir d’Egypte en rendant au peuple sa liberté, et en lui permettant de conquérir une terre pour y vivre, Il a donné la liberté. Alors le sacrifice, ici peut s'entendre comme donner comme pour remercier.

Il m’est encore possible d’y voir une notion de pardon : ce don servirait à se faire pardonner ! Cette notion d’holocauste pardon est fréquente dans les psaumes. « Tu n’as voulu ni offrandes, ni sacrifices, alors j’ai dit je viens » Ps40. D’ailleurs, n’est ce pas ce que l’on fait parfois quand on a mauvaise conscience ! Faire un cadeau peut désarmer l’ennemi ! A défaut de pardon, le cadeau peut servir à faire « comme si » on était réconcilié, à condition d’ailleurs d’accepter le cadeau. A ce moment là, on est dans une sorte de rituel de réparation. Et si on regarde un peu le lévitique, il y a de nombreux sacrifices prescrits pour le « péché ». Mais on peut remarquer que dans les discours prophétiques, ce n’est pas tant l’holocauste qui est demandé qu’une conversion du cœur ce qui est d’un tout autre registre.

Seulement quand je reprends la perspective du ‘’tu qui va avec le je’’, c'est-à-dire si j’entends cette phrase comme s’adressant à moi, aujourd’hui, je me rends compte que j’ai beaucoup de mal avec cette représentation d’un Dieu qui réclame. Est ce pour bien signifier sa « divinité » sa différence d’entre Lui et les humains qu’il a crées ? Si comme on le dit, il se dit Père, l’important pour un parent, n’est ce pas de savoir ses enfants à l’abri du besoin ? Alors qui est Il ce Dieu ou plutôt que désire t Il?

Et il m’est venu, qu’avec Jésus, la relation devient radicalement différente. Ne lit on pas dans l’apocalypse au chapitre 3 : « Voici que je me tiens à la porte et que je frappe » ce qui est une relation de confiance et non plus de crainte. Dans l’Exode, Dieu a frappé les premiers nés qui vivaient dans des maisons dont les portes ne portaient pas de sang de l’agneau ou du chevreau. Violence peut-être nécessaire, mais violence quand même! Et là, dans le second testament, il y a une porte quipeut s'ouvrir, et promesse d’une rencontre, d’un souper ‘’d’amoureux’’. Faut il avoir les mains pleines ou les mains vides ? L’important n’est il pas juste d’ouvrir la porte pour que la relation s’établisse ?

Or il se trouve que dans mon éducation cette phrase : « ne pas se présenter devant celui qui invite les mains vides » ou autrement dit « arriver avec un cadeau quand on est invité » a été un des précepte de mon enfance, avec un certain nombre de résonances que je vais conjuguer maintenant, et qui peuvent peut-être expliquer ma réactivité négative à ce verset.

Etre invité chez nous, n’était pas une mince affaire. Il fallait se faire beau, et surtout ne pas arriver les mains vides ! Quant à inviter c’était encore autre chose, il fallait donner une image de soi tellement différente de la réalité quotidienne, que cela me dépassait un peu. J’ai toujours eu du mal avec le faire semblant. Que faut il cacher ?

Je ne me suis d’ailleurs souvent demandé pourquoi il ne fallait pas arriver sans rien, juste avec ce que l’on est, avec sa satisfaction d’être invité et de se mettre les pieds sous la table. J’avais une tante qui notait sur un petit carnet la composition du repas servi à ses invités pour ne pas faire la même chose lors d’une prochaine invitation. Que de tracas pour éviter que les autres puissent penser que vous n’êtes pas une bonne hôtesse. Importance de l’image donnée. Narcissisme quand tu nous tiens.

Pourtant l’hospitalité ce devrait être un partage amical, un plaisir à être ensemble. Simplement dans ma famille il y avait une sorte de rituel. On ne pouvait pas se permettre d’arriver les mains et de ne pas rendre l’invitation. C’eut été une marque de mauvaise éducation (ce qui aurait voulu dire que ma mère «était une mauvaise mère) et moi je devais être une petite fille bien élevée (donner aussi de ma mère une bonne image), ce qui explique que mon Surmoi se soit emparé de cette injonction maternelle.

Curieusement, encore aujourd’hui, si j’apprécie de recevoir un petit quelque chose quand je reçois des amis ou même la famille, je suis ravie (mon esprit enfant rebelle) quand les amis arrivent les mains vides, parce que cela veut dire que la relation est vraiment de l’échange et qu’ils se sentent bien dans notre maison. Quant à compter les invitations pour les rendre….Non !

Et puis il y a aussi Jésus, qui rappelle que inviter des personnes qui peuvent rendre l’invitation n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux, comme si dans son message à Lui, ce n’était pas le « donnant donnant » qui avait la préférence. Ce qui renvoie à la phrase citée par Paul : « Il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir ». Mais soyons honnêtes, recevoir fait souvent très plaisir, et se plaindre de l’ingratitude, et donc de la blessure ressentie quand on n’est pas reconnu comme un bon objet, est une attitude bien fréquente. Tout cela pour dire qu’un petit cadeau qui est comme un merci, fait plaisir, mais qu’il n’est pas nécessaire.

Pour rester dans cette optique, il me semble que dans mon enfance cette notion de « ne rien devoir à personne » était aussi très importante. La dette cela crée une obligation et on ne sait pas jusqu’où cela peut mener ou en fait on le sait trop bien. Est-on en dette avec Dieu comme on est censé l’être envers ses parents ? Dans la vie sociale, ne rien devoir, c’est un principe bien humain ! Le « donnant donnant » est à la base de tout échange et crée une relation relativement égalitaire. Quand on doit et qu’on ne peut « rendre », on rentre dans des processus qui peuvent mener à l’esclavage. On devient dépendant de l’autre. On dit bien aujourd’hui que lorsqu’il y a une catastrophe naturelle les membres de certaines églises viennent aider, ce qui leur permet ensuite de recruter ensuite plus facilement car il y a dette. En d’autre terme, la dette crée comme un devoir de reconnaissance. Peut-être peut on dire merci autrement que par un don matériel. Il y a des sourires qui font bien plus chaud au cœur qu’un bouquet de fleurs !

Je crois qu’il y avait aussi, dans ma famille, une notion qui m’est un peu étrangère, à savoir : on nous fait l’honneur à nous qui ne sommes pas de la famille, d’être dans l’intimité (relative) de cette famille. Ceci renvoie à une représentation d’infériorité, peut-être de fausse humilité qui me semble étrange. Mais effectivement si un Dieu vous fait l’honneur à vous, pauvre petit humain de vous inviter chez lui, alors peut-être faut il ne pas de présenter devant lui les mains vides. Simplement pour moi, le fait d’être un humain avec toutes ses limites mais aussi ses grandeurs, ne me dérange pas.

Dans l’Evangile, Jésus s’invite souvent et même si on met apparemment les petits plats dans les grands, d’autant qu’il ne se déplace pas seul, il ne semble pas qu’il se préoccupe beaucoup de la composition du repas. Ce n’est pas là-dessus qu’il juge celui qui le reçoit. A la limite c’est Lui qui fait honneur ! Mais que représente aujourd’hui cette notion ?

Une autre question qui me traverse, est la suivante: et si je me présente devant Dieu ; les mains vides, juste comme je suis, que va-t-il m’arriver ? Va t Il se fâcher ? Va t Il me mettre dehors (ce qui en soi ne serait pas très cohérent pour un Dieu qui se dit Père). Pourquoi mettre sur Dieu une représentation tellement humaine de la relation de parenté ! De toutes les manières, une fois le don fait (et accepté) on se retrouve bien les mains vides !

En fait, il me semble que la peur qui m’a été transmise dans mon enfance est la suivante : si je n’apporte pas un cadeau, je risque de ne plus être invitée par la suite, donc d’une certaine manière d’être mise à la porte et de devoir vivre seule, sans amitié, comme si l’amitié cela s’achetait. Il y avait finalement la peur du rejet, la peur de l’abandon. Et il me semble bien que cette peur là, elle a été projetée sur Dieu. Je ne parle pas d’un niveau conscient, mais d’un niveau inconscient. Et cela, parce que au fond de nous, nous attendons de Dieu une protection, comme le petit enfant en attend une de ses parents, alors que ce qui nous est proposé c’est d’abord une relation.

Alors finalement pourquoi se présenter devant Dieu avec une offrande ? De quoi s’agit il ? Peur d’un rejet ? Peur d’un abandon ? Une de phrase clés de l’évangile n’est elle pas « n’aie pas peur » ? Et pourtant cette peur semble rester encore très présente dans nos rituels, en particulier celui de la messe.

Si je rebascule dans l’optique du Tu est un Vous qui s‘adresse au peuple, il semble bien que tout le rituel de notre messe soit très centré sur le « donnant donnant ». Le peuple, par son prêtre (le célébrant) offre à Dieu un sacrifice qu’Il ne peut que recevoir et accepter(puisqu'il est parfait: Dieu Fils) et qui assure une réconciliation, donc -si je suis me permettre ce raccourci-, la certitude que Dieu ne se mettra pas en colère et ne tuera pas le peuple (pécheur mais sauvé) que Son Fils lui a donné. La mort de Jésus, symboliquement agneau immolé le jour de la Pâques, (fête de la libération), don total, permet la restauration de la relation entre l’homme et Dieu.

Mais si comme l’écrit J. Moingt[1] avec Jésus c’est la fin de l’ère sacrificielle, pourquoi ce mot de sacrifice, revient il si souvent dans le rituel de la messe ?

Pourquoi faut il offrir encore et encore à un Dieu Père (qui sait de quoi l’homme est fait), ce sacrifice de réconciliation (comme si un Dieu était capable d’oubli)[2].

Alors parfois je me dis que ce n’est pas Dieu, lui qui est devenu Père en laissant son Fils aller jusqu’au bout de son désir, qui a besoin qu’on lui rappelle le sacrifice de son fils. C’est nous qui devons en faire mémoire pour ne pas oublier que Dieu Père nous a fait don de son Fils et que ce don nous permet d’être dans l’Esprit.

Je veux dire qu’il est nécessaire de me rappeler(à moi, comme à ceux qui m'ont précédés et ceux qui me suivront) ce qui s’est un passé un soir de l’an 30 ou 33, à savoir un repas « prophétique », suivi d’une réalisation : un corps mis à mort (holocauste) du sang qui coule (purification et vie) et de la réssurection.

Seulement moi dans cette histoire, je dois dire que je me sens (et je me sais) les mains vides. Je reçois, je partage, mais mes mains sont vides. Et si elles sont vides, elles peuvent être remplies, si elles sont occupées à tenir, elles ne le peuvent pas.

S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que si je peux savoir ce que l’on reçoit, il est bien plus difficile de savoir ce que l’on donne. Je sais ce que j’ai reçu, professionnellement parlant, de tous ceux avec lesquels j’ai travaillé et ils sont finalement très nombreux, mais de là à leur avoir donné quelque chose, c’est beaucoup plus un espoir qu’une certitude. Aujourd’hui, si j’espère être « remplie » et travaillée par le souffle de l’Esprit, j’ai en moi la certitude de ne rien donner, de ne rien rendre, d’avoir des mains avec des doigts écartés, qui prennent appui sur le courant divin, comme un nageur sur l’eau, mais qui ne retiennent pas donc qui ne peuvent donner ou rendre. J’espère juste parfois transmettre, au sens d’être traversée par, mais sans retenir.

L’important pour moi, et là encore c’est une espèce de profession de foi, c’est de croire que ce qui permet à l’homme de sortir de l’animalité qui est en lui (et qui est nécessaire) ; c’est d’être en relation avec Dieu et que cela a été rendu possible par la présence de Jésus ; qui a ouvert « les cieux » c'est-à-dire qui a permis une relation dès maintenant entre l’homme et le divin.

Quand un couple décide d’avoir un enfant, il va donner de sa vie pour que ce petit être devienne un humain. Je dirai que le don des parents fabrique de l’humain. Si moi aujourd’hui, je peux donner un peu de mon temps à mon Dieu, peut-être que dans un échange un peu mystérieux, je peux contribuer à « faire » du Dieu, et que ainsi dans une mutualité qui se nourrit en permanence, l’Un de l’autre et l’autre de l’Un, je peux déjà aujourd’hui faire advenir la présence de Dieu en moi et la laisser agir. Etre créateur de Dieu en toute humilité, n’est ce pas un projet magnifique ?

Voici, je me tiens à la porte et je frappe;

Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte,

J'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi



[1] J. Moingt. La rémission des péchés. DDB 2004

[2] Je fais un peu exprès ici dans un esprit assez polémique de ne pas développer l'aspect "sacrifice de louange"

lundi, septembre 12, 2005

Le Mal est il nécessaire au bien de l’homme ?

CatherineLestang

lundi 12 septembre 2005

Le Mal est il nécessaire au bien de l’homme ?

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« Je façonne la lumière et je crée les ténèbres, je fais le bonheur et je crée le malheur, c'est moi, Yahvé, qui fais tout cela » Is 45 ,7

A dire vrai, j’aime beaucoup ce verset, un peu paradoxal, parce que d’une certaine manière, amputer Dieu du « malheur » ce serait en faire essentiellement une entité protectrice, qui veille sur ceux qui vivent selon sa loi. Or même si j’ai besoin de me sentir protégée, je ne suis pas certaine que Dieu puisse se réduire à la « protection ». Car ni le malheur, ni la mort n’épargnent personne. Croire en Dieu n’élimine pas le malheur, même si croire en dieu (au sens large) permet parfois de donner sens au malheur quand il est là ou de se poser des questions sur la qualité de relation entre Dieu et soi, que ce soit à un niveau individuel ou a un niveau plus collectif, car « nul n’est une île ».

Ce qui suit, est dans la logique qui est la mienne, le besoin de mettre des mots, en utilisant ma culture de psychologue, sur ce que je ressens aujourd’hui comme un véritable clivage entre un Dieu tout bon et le Mal (qu’il est aujourd’hui parfois difficile de personnifier). Tout semble se passer dans la culture judéo chrétienne, comme si Dieu de devait jamais être partie prenante du mal, sauf quand sa Colère s’exerce et ma foi, elle s’exerce quand même bien souvent. Mais si les connaissances scientifiques d'autrefois, ne permettaient pas de comprendre certains phénomènes naturels, il n’en va pas de même aujourd’hui et considérer certains cataclysmes comme punition est pour moi inacceptable. Par contre que ce soit l’occasion de poser des questions sur ce je fais pour empêcher cela, et me sentir partie prenante de ce qui se passe dans ce monde, oui. Et là, je veux bien entendre que dans ces signes, Dieu peut parler, interpeller, questionner peut-être même provoquer et parfois intervenir. De fait, vouloir un Dieu tout bon (à défaut de tout puissant) me dérange. Est-ce que cela n’éliminerait pas la liberté, ma propre liberté ?

J’ai trop souvent l’impression que les discours autour de Dieu, Père de Jésus Christ sont des discours qui dédouanent ce « Dieu qui a aimé l’homme jusqu’à lui donner son propre et unique fils », du mal et du malheur dans lequel l’humanité se débat à sa manière depuis l’origine des temps. On n’a pas le droit d’accuser (le soupçon c’est le travail de Satan, donc du malin, donc du mal) Dieu. Comme si accuser serait d’une certaine manière attirer sur soi la « colère » ou ses foudres, voire même Le rendre malheureux !

Ce Dieu « parfait » hérité du judaïsme, ne devrait pas avoir le moindre lien avec le mal. Et pourtant, en son nom, des tribus sont exterminées, des hommes sont mis à mort(1), sans parler de Jésus, qui est mis à mort parce qu’Il se fait Dieu, blasphème total.

Alors qui est Il ce Dieu qui crée le bonheur et le malheur ? Pourquoi faut il encore aujourd’hui rester dans ce clivage ? Ce clivage aurait-il une utilité ? D’un point de vue psychanalytique, le passage du « bon ou mauvais »au « bon et mauvais » marque un grand progrès dans l’évolution psychique de l’enfant. Ce passage du ou au et, permet une structuration psychique, non sur un mode psychotique, mais sur un mode névrotique. On quitte l'angoisse de destruction de l'être à une angoisse de perte au niveau de l'avoir, ce qui ne touche plus à l'intégrité de la personne. Peut-être faut il faire le pas, car cela n’enlève rien à Dieu. Cela nous oblige peut-être à accepter de ne pas rester dans un vocabulaire et une problématique peut-être un peu obsolète, même si elle est sécurisante.

Pour moi, d’un point de vue pragmatique, il ne s’agit pas d’accuser Dieu d’avoir eu un dessein pervers en laissant le mal dans notre univers, mais de reconnaître que le mal même s’il ne s’explique pas logiquement, rationnellement, est pour notre monde un moteur très puissant, et qu’il peut curieusement contribuer à l’humanisation de l’être humain. Les mouvements de solidarité qui se créent aujourd’hui en cas de désastre sont très impressionnants.

Je pose en fait deux hypothèses. La première correspond à la notion de l’humain qui est la mienne. La seconde est centrée sur une possible utilité du mal sans pour autant négliger l’impérative nécessité de le combattre.

Première hypothèse : L’homme n’est pas « tout mauvais ».

Si c’était le cas, il ne pourrait pas « aimer » or même si aimer n’est pas si simple, c’est aussi inscrit dans le coeur de l’homme, et pas seulement pour assurer la survie de l’espèce. Et c’est bien parce que cela existe en lui que des changements sont possibles. Je pense même que s’il n’existait pas du bon en lui, il lui serait impossible de s’ouvrir à l’autre et même à Dieu. Comment croire au soleil si on est aveugle ? Le narcissisme ne devient pathologique que lorsqu’il ne permet plus de se décentrer de soi. On est alors tellement « courbé » sur son soi, que l’on ne peut plus se redresser et regarder l’environnement. Parfois seul un miracle (la femme courbée depuis 18 ans de l’évangile de Luc 13,11) permet de se redresser.

Deuxième hypothèse Dans notre univers, notre réalité, le mal est nécessaire pour la survie de l’espèce, voir pour son progrès, même si c’est aussi pour plus de malheur.
Autrement dit, la lutte pour la vie est le moteur de base, qui oblige l’humain, à trouver des « parades » à cette fin qui menace chaque individu, chaque groupe humain.

Après avoir énoncé ces hypothèses, j’ai réfléchi aussi la ou les représentations de dieu(2) et je me suis rendue compte qu’il m’est nécessaire dans mon cheminement, de passer d’un dieu protecteur, semblable aux parents idéalisés de l’enfance, à un dieu qui ne protège pas, mais qui se réjouit de l’autonomie de l’homme qui devient apte à reconnaître ce qu’il y a de divin en lui et hors de lui.

Pour moi, il est devenu fondamental de me déprendre de l’image d’un Dieu qui peut tout, même si par ailleurs cela reste dans les possibles et si cette image est sécurisante.Ps 90,1-2

Qui demeure à l’abri du très haut,

Et loge à l’ombre du tout puissant,

Dit au seigneur mon rempart mon refuge,

Mon Dieu en qui je me fie.

Le problème c’est que dans notre inconscient qu’il soit collectif ou individuel, la mort est la conséquence d’une désobéissance, et qu’il est bien difficile de regarder les choses autrement, car dans la psychologie humaine, la séparation (figure de la mort) est bien souvent entendue comme réponse à la culpabilité engendrée par le désir de tuer une partie ou la totalité de la mère qui ne répond pas à l’attente de son tout petit. Je fais ici référence aux travaux de Freud et des psychanalystes anglais (3).

Ce questionnement autour de la désobéissance comme explication et possible origine du mal qui détruit l’homme, court dans toute la bible. Ces quelques versets du psaume 44 sont pour moi, exemplaires :

44,18 Tout cela nous advint sans t'avoir oublié, sans avoir trahi ton alliance,

44,19 sans que nos coeurs soient revenus en arrière, sans que nos pas aient quitté ton sentier:

44,20 tu nous broyas au séjour des chacals, nous couvrant de l'ombre de la mort.

44,21 Si nous avions oublié le nom de notre Dieu, tendu les mains vers un dieu étranger,

44,22 est-ce que Dieu ne l'eût pas aperçu, lui qui sait les secrets du coeur?

44,23C'est pour toi qu'on nous massacre tout le jour, qu'on nous traite en moutons d'abattoir.

44,24Lève-toi, pourquoi dors-tu, Seigneur? Réveille-toi, ne rejette pas jusqu'à la fin!


En d’autres termes « Pourquoi nous fais Tu vivre un tel malheur, alors que nous sommes restés fidèles, ce n’est pas juste. ». C’est aussi le questionnement de Job et le questionnement de tout homme qu’il soit ou non croyant quand le malheur s’abat sur lui. Et pourtant, aujourd’hui, il est possible de dire que la catastrophe de l’exil a été un « bien » pour Israël. Nous profitons aujourd’hui de toute la relecture qui a été faite à cette époque et qui a donné lieu à la rédaction du pentateuque.

Une interprétation possible du mythe de la genèse, est que la faute (pour moi, non obéissance plus que désobéissance) crée une rupture entre deux univers : le divin et l’humain (très entaché d’animalité). Il ne s’agit pas uniquement de mettre l’arbre de la vie hors d’atteinte des convoitises humaines et de protéger Dieu de la convoitise humaine, mais peut-être de créer un lieu objet du désir, qui permettra peu à peu à l’homme de trouver un chemin vers le divin. Jésus l’homme redevenu vivant, crée un nouveau chemin pour y accéder librement. Le salut, c’est pouvoir être vivant dans ces deux dimensions.

Quand Jésus termine le Notre Père par la phrase : « délivre nous du mal » ne faut il pas entendre délivre nous du mal qui est en nous, qui tend à casser la relation avec Toi et non pas délivre nous du malheur. Si j’opte pour cette lecture, c’est que Jésus a guéri mais qu’il n’a pas donné pas d’explications à ces maux, il aurait même tendance à sortir du schéma classique de l’époque qui lie malheur et péché. Ceci est vrai dans l’épisode de l’aveugle né, mais aussi pour la tour de Siloé.

Alors du mal peut-il sortie du bon ? Dans notre monde il est là, et il oblige à trouver des parades à tout ce qui peut condamner l’homme à mort.

Les réflexions qui suivent, sont dues en grande partie au livre de Alain Houziaux(4) : « Les grandes énigmes du credo »en particulier tout ce qui concerne la toute puissance de Dieu. Je sais qu’elles risquent d’être profondément choquantes pour les personnes qui ont été volontairement détruites dans leur corps ou dans leur personnalité par ce que l’on nomme pudiquement des sévices. Il y a des choses qui ne s’effacent pas, qui laissent de toutes les manières d’importantes cicatrices. Le mal est ce qui fait mal (5) et peut-on pardonner à celui qui vous a détruit. Mais mon propos, n’est pas une réflexion sur le comment répondre au mal, mais sur le rôle possiblement positif du mal dans notre évolution, ce qui permettrait de comprendre un peu mieux la phrase citée en liminaire.

Une des raisons qui me permet de dire que le mal peut avoir une valeur positive intrinsèque en soi, c’est ce que j’ai appris par la psychanalyse précoce du développement du tout petit dans les premiers mois de la vie. A cette époque là, l’infans n’a pas l’équipement intellectuel pour comprendre ce qu’il vit, et ceci l’oblige malgré tous les soins de sa maman, à inventer des mécanismes de clivage, de projection, d’introjection, de créer un dedans (bon) et un dehors (mauvais) ce qui est fondamental pour la constitution du psychisme. Ces mécanismes se mettent en place parce que la mère ne répond pas comme dans l’utérus à tous les besoins. Quant à la culpabilité qui se met en place quand le bébé se rend compte qu’il a fait du mal à sa mère, c’est un moteur très puissant qui pousse à la réparation, à la symbolisation et à la sublimation. Mais elle aussi peut se dévoyer et devenir un frein à la vie.

Avoir une mère qui répond à tous les besoins même quand l’enfant pourrait être capable de créer des substituts, est en général une catastrophe. La curiosité est au cœur de l’homme. J’ai toujours été surprise par le fait que les polynésiens qui ont des conditions de vie paradisiaques, ne s’en soient pas contentés et soient devenus de bons explorateurs. Aller dehors est une des caractéristiques de l’être humain et c’est aussi une de ses grandeurs.

Si Adam était resté dans son jardin, que serait il devenu ? Ne serait-il pas allé un jour dehors, pour voir ce qui se passe à l’extérieur et ne serait il pas « sorti » de toutes les manières, car la curiosité est quand même un des moteurs de l’homme, avec comme tout dans notre monde, du positif et du négatif. Il me semble qu’il y a un midrash qui va dans ce sens. Pour grandir, il faut sortir, partir, se séparer, quitte à revenir ensuite. Certes il n’y aurait pas eu « faute », mais est ce la vocation de l’homme crée à l’image de Dieu de ne pas être lui aussi créateur, chercheur découvreur ?

Si le prince Gautama, n’était pas (en désobéissant) sorti du palais où son père le tenait à l’abri de la vision de la mort et de la souffrance, le bouddhisme n’eut pas existé. Si Moïse était resté dans les murs de son palais, aurait il tué l’égyptien, pris la fuite, rencontré Dieu à l’Horeb? Sortir de l’environnement est toujours source de peur, perte de la protection, mais cela permet d’apprendre à se faire confiance et de faire confiance à celui qui vous demande de sortir. C’est bien ce que fait Yahvé dans la théophanie de l’exode, quand il oblige le peuple à quitter la sécurité des murs du camp. Répondre totalement à la demande de l’autre, c’est d’une certaine manière le condamner à mort !

Nous sommes dans un univers où trop de vie peut conduire à la mort mais aussi où la mort peut conduire à la vie. La division cellulaire, qui est une sorte de mort permet bien la vie ! La mort, c’est aussi bien souvent ce qui précède la vie, qui la permet. La décomposition de l’humus, donne de l’engrais qui permet la croissance ! Le printemps succède à l’hiver qui est un temps où la terre dort ! « Si le grain de blé ne meurt, dit Jésus, il demeure seul. La mort est à l’origine du fruit.

Dans la psychose maniaco-dépressive, l’emballement de la pulsion de vie ; conduit à la mort. Il en va de même pour la cellule cancéreuse, qui se multiplie sans que rien ne vienne entraver sa croissance, et qui en envahissant tout, mène à la mort. Dans notre univers, mort et vie sont mêlées et qu’il y a sans cesse interaction entre ces deux forces. Elles sont nécessaires au développement et à la croissance de l’homme dans cet univers qui est le notre.

Ceci pour dire que le trop, n’est pas la réponse à nos besoins. Et bien souvent, c’est ce que nous attendons de Dieu (ou du moins d’un certain dieu qui est forgé sur des représentations de la prime enfance).

Par ailleurs, la confrontation permanente à la mort; oblige à la recherche, à la lutte, à la créativité. La capacité d’exploration, d’invention, est bien liée à cette peur de la disparition.

En d’autres termes, si de manière individuelle, la mort est une fin, ne peut-on pas penser qu’à un niveau collectif, au niveau de l’espèce « homme » la mort est un superbe moteur ? Je veux dire par là que si la mort n’existait pas, si nous n’avions pas à nous battre contre l’environnement, contre la maladie, contre la mort, qui serions nous devenus ? Aurions nous évolué ? Aurions nous pu nous servir de nos capacités intellectuelles et sociales.

Je crois, je me donne le droit d’oser soupçonner ce Dieu « tout bon » non pas, de ne pas vouloir le bonheur, c'est-à-dire l’humanisation de l’homme (en lui donnant d’abord par une loi, puis par la présence de l’Esprit donné à tous par son Fils), mais d’utiliser le mal pour que l’homme puisse d’une certaine manière grandir, créer, lutter. Je ne sais pas s’Il crée le mal, mais Il le laisse agir et cela comme tout ce qui est dans notre univers est positif et négatif.

Dans les religions hindoues, il y a divinisation de la destruction. La destruction renvoie certes à la mort, mais parfois et même souvent il est nécessaire de détruire ou de faire place nette pour que du neuf puisse advenir. Ces temps de « nuit » de « désert » décrits par tant de saints, ont une grande utilité. C’est peut-être parce que Job est confronté à la perte de tout ce qui le faisait « riche et juste » aux yeux de sa communauté, qu’il a pu découvrir que Dieu était autre: « avant je te connaissais par ouïe dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu »Job 41/5.

Alors, la mort est elle seulement conséquence d’une désobéissance, donc une punition, ou est elle une caractéristique de notre univers un moteur ?

Dans un système théocratique, elle est une explication de la difficulté de la vie et de la mort. Elle donne énormément de pouvoir aux représentants de Dieu qui savent ce qui est bien ou mal et qui peuvent exclure de la communauté, voir mettre à mort.

Dans un système plus laïc, lorsqu’elle débouche sur la convoitise, l’envie, elle est mauvaise. Lorsqu’elle pousse (avec la même force de la graine qui sort de terre au printemps), sur la réparation, sur l’altruisme, la créativité, elle permet à l’homme de donner en luttant contre elle, ce qu’il y a de meilleur en lui et de développer ce qui lui est peut-être propre, l’amour de l’autre

Le moteur « mort » peut donc avoir une valence positive, et c’est ce que Jésus a montré par sa mort, quand il s’agit de don, mais aussi la valence négative (et c’est cela le plus courant) chaque fois que chaque fois que pour un humain, l’autre revient une chose à asservir, à humilier.

Alors comment regarder le mal ? Je pense qu’il y a deux attitudes possible face au mal et encore faut il être intellectuellement suffisamment armé(6), soit le combattre en trouvant des parades, soit se laisser faire par lui et là, le risque est grand car accepter le mal met souvent du côté de la puissance ou de la recherche de puissance et ce au détriment des autres, mais aussi de soi-même. Et surtout il crée une espèce de cécité: on s’aveugle soi même, on perd un contact avec la réalité.

Peut-être que à la fin des temps, le combat entre le bien et le mal se terminera et le bien sera enfin vainqueur, mais qu’est ce qu’un bien absolu, parfait ? Pouvons nous nous le représenter ? Là encore c’est une thématique omniprésente de notre culture.

De quelle mort désirons nous être sauvés ? Il y a la mort liée à l’oubli, alors contre cela la procréation ou la création (culture) sont de bons moyens. Et il y a la mort physique, psychique et même spirituelle. Si Jésus est venu pour sauver de la mort de quelle mort s'agit il?

Jésus est l’homme qui en donnant sa vie, en ne prenant pas la fuite (cela il aurait pu le faire et les disciples auraient trinqué à sa place), en acceptant d’être physiquement détruit, mais sans rien renier de ce qu’il a été, en acceptant l’humiliation, est redevenu vivant. Mais ce Vivant là n’a -me semble't'il- rien à voir avec l’homme de 30 ans, mis à mort. Il a en quelque sorte crée une brèche un passage entre l’humain et le divin, brèche dans laquelle nous pouvons nous engouffrer pour que le mal puisse être transformé par l’amour. En mettant Jésus à mort, c’est une parole que l’on a voulu tuer. Et cela s’est révélé impossible. Car la parole est devenue Vie. Et une certaine forme du mal a été vaincue.

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[1] La conquête du pays de Canaan est assez exemplaire sans parler des livres des Maccabées où les morts se comptent par milliers. Même s’il s’agit du genre épique, il n’en demeure pas moins que la mort est omniprésente.

[2] Dieu sans majuscule correspond au mot générique. Pas au Dieu de la Bible !

[3] Je fais ici référence aux travaux de l’école anglaise, qui travaille beaucoup sur les mécanismes précoce de défense contre ce que l’on appelle le mauvais sein. En particulier Winnicott, Mélanie Klein, Hanna Ségal, et Frances Tustin

[4] Alain Houziaux. Les grandes énigmes du credo. DDB. 2005

[5] Lytta Basset : guérir du malheur. 1999

[6] Je fais ici référence au développement intellectuel, des européens, développement décrit par Piaget. Il y a de la séduction dans le mal et il n’est pas toujours facile de s’en rendre compte !