Au chapitre 27 de la Genèse, Jacob grâce à la complicité de sa mère (qui le préfère parce qu'il est un homme tranquille Gn25,27) reçoit une bénédiction qui ne lui est pas destinée.
Isaac qui a des doutes sur l'identité de celui qui lui apporte le repas demandé finit par dire::
28 “Que Dieu te donne la rosée qui tombe du ciel,
les riches produits de la terre, du blé et du vin en abondance.
29 Que des nations soient à ton service,
que des peuples se prosternent devant toi.
Sois le maître de tes frères, qu'ils s'inclinent devant toi !
Maudit soit celui qui te maudira, béni soit celui qui te bénira ! ” »
Ce qui est étonnant c'est que la première partie de cette bénédiction semble bien s'accorder à Jacob qui n'est pas un chasseur comme son frère, mais un cultivateur ( comme Caïn). Et d'une certaine manière la prospérité des troupeaux de son beau-père Laban, ainsi que la postérité de sa descendance sont des réalisation de cette bénédiction.
Seulement cette bénédiction Jacob l'a volée, elle ne lui appartient pas vraiment.
Pourtant au chapitre 28, il reçoit une bénédiction en bonne et due forme avant de partir chez son oncle Laban pour y trouver femme mais surtout pour protéger sa vie.
Isaac appela Jacob et le bénit. Il lui donna cet ordre : « Tu n'épouseras pas une fille de Canaan, lui dit-il. 2Debout ! Va en plaine d'Aram à la maison de Betouël, le père de ta mère. Prends là-bas pour femme une des filles de Laban, le frère de ta mère.
3 « Que le Dieu Puissant te bénisse, te rende fécond et prolifique
pour que tu deviennes une communauté de peuples !
4Qu'il te donne la bénédiction d'Abraham,
à toi et à ta descendance,
pour que tu possèdes le pays de tes migrations,
le pays que Dieu a donné à Abraham. »
5 Isaac fit partir Jacob pour la plaine d'Aram auprès de Laban, fils de Betouël l'Araméen, frère de Rébecca, la mère de Jacob et d'Esaü.
6 Esaü vit qu'Isaac avait béni Jacob et l'avait envoyé en plaine d'Aram pour y prendre femme et qu'en le bénissant il lui avait donné cet ordre : « Tu n'épouseras pas une fille de Canaan. »
Seulement là encore cette bénédiction est obtenue par la ruse de Rébecca qui se plaint des mésalliances d'Esaü et non pas du désir de vengeance de ce dernier.
Il me semble que ce qui se passe lors du combat avec l'Ange (YHWH) et qui se termine par une demande de bénédiction permet à Jacob de devenir celui que Dieu attend pour être un des pères de son peuple.
Peut-être que la bénédiction reçue (et gagnée de haute lutte) ainsi que le nouveau nom répondent à ces deux bénédictions qu'il n'aurait pas du recevoir.
Je cite le texte dans la traduction de la TOB:
23 Cette même nuit, il se leva, prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants, et il passa le gué du Yabboq.
24 Il les prit et leur fit passer le torrent, puis il fit passer ce qui lui appartenait,
25 et Jacob resta seul. Un homme se roula avec lui dans la poussière jusqu'au lever de l'aurore. 26Il vit qu'il ne pouvait l'emporter sur lui, il heurta Jacob à la courbe du fémur qui se déboîta alors qu'il roulait avec lui dans la poussière.
27 Il lui dit : « Laisse-moi car l'aurore s'est levée. » — « Je ne te laisserai pas, répondit-il, que tu ne m'aies béni. »
28 Il lui dit : « Quel est ton nom ? » — « Jacob », répondit-il.
29 Il reprit : « On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes et tu l'as emporté. »
30 Jacob lui demanda : « De grâce, indique-moi ton nom. » — « Et pourquoi, dit-il, me demandes-tu mon nom ? » Là même, il le bénit.
31 Jacob appela ce lieu Peniel — c'est-à-dire Face-de-Dieu — car « j'ai vu Dieu face à face et ma vie a été sauve ».
32Le soleil se levait quand il passa Penouël. Il boitait de la hanche. 33C'est pourquoi les fils d'Israël ne mangent pas le muscle de la cuisse qui est à la courbe du fémur, aujourd'hui encore. Il avait en effet heurté Jacob à la courbe du fémur, au muscle de la cuisse.
On peut dire si on colle au texte que Jacob qui a peur des réactions de son frère (et à juste titre) une fois de plus invente un stratagème. Il met entre son frère et lui-même sa famille et tous les biens (versets 23-24). Ce n'est pas très très brillant.
Lui, il ne passe pas le Yabboq, il reste en arrière presque à l'abri. Après tout si la rencontre avec Esaü se passe mal; il pourra toujours repartir en arrière en laissant en otage ses biens, lui aura la vie sauve. Jacob ne brille pas par son courage.
Or cette nuit là, il va être obligé de se battre pour défendre sa vie. Seulement il ne sait pas contre qui il se bat. Simplement il lutte dans la poussière. Avant le lever du soleil l'homme pour essayer de vaincre Jacob termine la lutte par un coup bas (ce que Jacob a fait d'ailleurs par deux fois à son frère.
Le combat avec l'homme (ange) se termine par une bénédiction (dont nous n'avons pas les paroles) qui appartient désormais en propre à Jacob.
Je pense que l'on peut peut-être combler le blanc en y mettant la bénédiction donnée à Abraham après la ligature d'Isaac, puisque tous deux ont été vainqueurs de l'épreuve qui leur a été proposée.
15 L'ange du SEIGNEUR appela Abraham du ciel une seconde fois
16 et dit : « Je le jure par moi-même, oracle du SEIGNEUR. Parce que tu as fait cela et n'as pas épargné ton fils unique,
17 je m'engage à te bénir, et à faire proliférer ta descendance autant que les étoiles du ciel et le sable au bord de la mer. Ta descendance occupera la Porte de ses ennemis ; 18 c'est en elle que se béniront toutes les nations de la terre parce que tu as écouté ma voix. »
Mais non seulement Jacob n'est plus un usurpateur, la bénédiction lui appartient en propre, il l'a gagnée, il ne l'a pas volée, mais surtout il reçoit un nom qui deviendra celui de tout ses descendants: Israël.
Donner un nom c'est faire de l'autre un nouvel être et toute naissance d'un homme nouveau est bénédiction. Cette bénédiction là, elle appartient en propre à Jacob personne ne pourra la contester.
Voir aussi mon autre billet: http://giboulee.blogspot.com/2008/11
jeudi, juillet 09, 2009
vendredi, juin 26, 2009
La résurrection moment zéro.

Dans une hymne de l'office des lecture, il y a la strophe suivante:
Ouvrez la fente de vos coeurs,
Et voyez celle du Seigneur,
L'arbre de vie;
Rapprochez-les, restez greffés,
Buvez la sève désormais
Dont la plaie du Christ est remplie.
Cette strophe: approcher la blessure de son coeur de celle du coeur de Jésus m'émeut.
Mais une lecture de ces jours derniers (Sacré Coeur de Jésus) va plus loin. Elle commente l' évangile de Jean (le coup de lance) et dit que du coeur sort la source de vie (l'eau et le sang) que cette eau est à notre portée, qu'il suffit de s'approcher et de boire.
Bien entendu il il y a un geste à faire de notre part, mais on peut tout à fait s'imaginer comme mettant ses mains en coupe pour recevoir de cette eau (qui d'entre nous ne s'est pas désaltéré ainsi) ou aller carrément poser ses lèvres sur le corps de Jésus qui se laisse ainsi toucher par nous.

Cette possibilité pour moi, qui a souvent en tête le "ne me touche pas "signifié à Marie-Madeleine et qui me dit que Jésus est le Tout Autre et que je n'ai pas à porter la main sur Lui pour Le retenir, pour en faire "ma" chose, est une sorte de magnifique cadeau.
Oui Il se laisse toucher, oui je peux poser mes lèvres sur son corps là où le sang et l'eau coulent.
Mais il y a autre chose. Si on suppose que la mort de Jésus a eu lieu à trois heures de l'après-midi, et que les corps devaient être enlevés avant le coucher du soleil, on peut bien imaginer qu'il s'est passé environ deux heures entre la mort de Jésus et le coup de lance. Or il me semble que normalement rien n'aurait sortir de cette plaie, car la mort (rigidification) aurait déjà du faire son oeuvre.
Que l'eau et le sang jaillissent, est pour moi comme le signe que la résurrection est déjà à l'oeuvre et que le corps qui va être descendu de la croix et mis au tombeau n'est pas un corps en décomposition, mais un corps qui revient déjà à une nouvelle vie. Et c'est bien pour cela (en tous les cas pour moi aujourd'hui) que ce n'est pas vers un corps mort que je m'approche pour m'abreuver, mais un corps déjà vivant.
samedi, juin 20, 2009
"Ceci est mon corps livré pour vous"

Sur un forum évangélique,G je lis en ce moment un commentaire très intéressant sur l'homme possédé du pays des Géraséniens en Luc 6, 26 et svts). Je mets le lien: http://chretiens-partage.forumactif.info/mditations-chrtiennes-etudes-bibliques-exhortations-f20/libert-t3624.htm#45732
Ce texte qui est publié jour après jour,qui me fait parfois un peu réagir, a cependant un impact important sur moi. Le texte publié aujourd'hui (samedi 20/06) qui parle de tous ces liens qui nous tiennent captifs, de ces liens qui font que même à notre insu, nous ne sommes pas dans la liberté.
J'ai écrit il y a peu de temps que la notion d'un Dieu qui se fâche contre sa création au point de vouloir la détruire, et qui renonce à cette pulsion à cause du "sacrifice" de son fils ( alors qu'il n'a pas accepté celui d'Isaac,B) même si je la comprends dans le contexte de l'écriture de la Bible, me heurte encore aujourd'hui.
Et aujourd'hui, au moment où le prêtre a prononcé la phrase de la consécration sur le pain, j'ai entendu le mot "livré" et il s'y est aussitôt le mot "livré", et "libéré", comme si le fait de se livrer avait produit la libération, notre libération. En instant, j'ai pleinement compris que ce dont Jésus nous libère, c'est du mal qui nous possède.
Il nous libère de la convoitise qui, que nous le voulions ou non, est en nous, car la convoitise est inhérente à la condition humaine.
Jésus qui Lui n'est pas sous le poids du mal, puisqu'il est sans la marque du mal qui est le péché, accepte de se donner. Il porte sur Lui, comme le dit Isaïe au chapitre 53,J le mal qui nous possède, le mal qui est en nous, et cela le conduit à la mort. Il semble même que dans le duel qui se joue en permanence entre le bien et le mal, le bien perde et le mal (la mort) triomphe.
Jésus accepte de devenir l'otage du mal pour que nous en soyons libérés. La vie d'un seul est donnée (et c'est le mot donnée qui est important) en rançon pour la multitude. Autrement dit, Il se livre notre place pour nous rendre libres. Cette rançon c'est d'une certaine manière au mal qu'elle est versé. En contre partie il doit rendre ceux (la multitude), qu'il tenait dans ses filets.
Quand quelqu'un est prisonnier, et quand il faut verser une rançon, c'est bien à l'ennemi qu'il faut la verser. Ceci pour dire que cette rançon c'est le prix pour sortir de la puissance du mal.
L'alliance avec Dieu le Père devient possible parce que le mal est vaincu et que rien ne vient désormais s'interposer et ternir la relation d'amour.
En prenant sur Lui ce mal qui nous enchaîne, Il nous en libère totalement. Du moins il devient possible de sortir de cet esclavage en le suivant Lui, qui a vaincu le mal et la mort.
L'Esprit Saint reçu au baptême, c'est à dire par cet acte où nous plongeons symboliquement dans les eaux de la mort pour revenir à la source de la vie, nous donne la force de sortir de cet esclavage. Nous pouvons être reconnus par Dieu Père comme ses enfants aimés.
On peut appeler cela la réconciliation, mais il me semble qu'il s'agit de bien autre chose. Il s'agit de la création (ou de la re création) d'une relation entre Dieu et l'être humain qui permet à celui ci de devenir Vivant comme Dieu est Vivant.

Petit additif du 21/06/09.
On dit parfois que Jésus a découvert ce qu'Il devait faire au fur et à mesure. Peut-être que lorsqu'il énonce en Mathieu 6 la dernière demande du Notre Père: délivre nous du mal, peut-être ne sait Il pas encore comment Il va devoir faire pour que l'humanité soit enfin capable de résister à la tentation. Peut-être que la bascule après la transfiguration que l'on peut noter dans les synoptiques correspond au moment où Jésus sait que seule sa mort sur le croix permettra à l'homme de devenir fils de son Père.
lundi, juin 15, 2009
Additif ou rectificatif, les pleins et les déliés.

Dans le dernier billet où je parle de la phrase que nous prononçons en nous frappant la poitrine en signe de je ne sais pas trop quoi, disons d'humilité, avant de "devenir ce que nous recevons", c'est à dire le corps du Christ poussera peut-être certains à me taxer taxer d'un grand orgueil ou d'un sacré manque d'humilité.
Or je suis tout à fait consciente de la "distance" qui existe entre moi et le Tout Autre. La vision du prophète Isaïe au chapitre 6:"je suis un homme aux lèvres souillées", je peux la faire mienne surtout quand je me rends compte à quel point il est facile de juger l'autre simplement sur des présomptions ou parfois sur un simple regard. Qu'il est difficile parfois de voir en l'autre un frère ou une soeur en Christ surtout quand physiquement on ne le trouve pas beau du tout ou quand on n'apprécie pas sa manière d'être.
Je suis tout à fait consciente de toutes ces scories qui sont en moi et qui obstruent la source de Vie qui m'a été donnée. Mais comme je me sais incapable de me changer moi, alors je demande à L'esprit saint, celui qui transforme le rigide en souple, le brûlant en rafraîchissant, d'accomplir ce travail de titan. Du coup, je ne m'en veux pas, la seule chose dont je pourrais m'en vouloir serait de manquer de foi pour demander ces changements.
Il y a un certain temps de cela, j'ai eu la conviction (certitude) que lorsque je participais à l'eucharistie, d'une certaine manière en arrivant je revêtais un vêtement blanc, le vêtement de celui qui est invité à entrer dans la joie. Que cette vêture était un cadeau et qu'elle me permettait aussi de me décentrer de moi pour être dans le mouvement et la présence de ce qui se passait ici dans telle ou telle église.
Et si je suis invitée à entrer et à demeurer avec quelqu'un, ce n'est pas pour me frapper la poitrine en signe de deuil.
Oui je suis heureuse d'être là, oui, j'ai faim et soif de celui qui donne la vie et si je désire faire un avec Lui ce n'est pas pour ma battre la coulpe. Le Seigneur est venu pour la multitude, Il sait que poussière je suis, et Il sait aussi que son Esprit me rend un peu plus vivante de Sa vie.
Et ceci me conduit parler d'une expérience qui a été importante pour moi, et que je nomme mon expérience des "pleins et des déliés".
Je suis d'une génération où l'on apprenait à écrire avec un porte plume, des plumes sergent-major, et de l'encre violette. Etant gauchère, l'écriture n'était pas quelque chose de facile pour moi et j'ai longtemps béni le "corrector" qui permettait de faire disparaître les pâtés. J'avais de très mauvaises notes en écriture et une position des doigts très crispée sur le porte plume. Il m'a fallu pour écrire correctement les majuscules, apprendre à faire les "pleins et les déliés". J'en ai essayé des plumes pour essayer de faire quelque chose de correct, mais je dois dire sans beaucoup de succès et j'ai béni l'apparition des premiers bics.
En principe délier s'oppose à lier et c'est Christ qui délie l'homme de ses péchés qui pèsent sur lui et qui ne lui permettent pas la relation à Dieu. C'est la notion de déliaison qui fonctionne dans cette approche est un allégement, une libération. Cette déliaison n'a rien à voir avec celle dont parle la psychanalyse où les forces de déliaisons sont des forces de mort qui s'opposent à pulsion de vie.
La déliaison du poids du mal qui nous entrave, permet au contraire à la pulsion de vie de reprendre ses droits, d'être libérée.
Or quand on maîtrise bien la technique de l'écriture à la plume, la main devient adroite, elle s'allège, elle dirige le trait, elle elle devient capable de faire du beau. Il y a bien une déliaison qui se fait au niveau du geste au niveau du contrôle du geste. La main prend une certaine autonomie, une liberté.On acquiert un geste délié.
On parle beaucoup de changement de cadre en psychologie de la communication. Là cela s'était fait tout seul (peut-être aussi que ma manière de skier est plus souple) et il m'a semble que cette nouvelle acuité, allait aussi fonctionner dans ma vie spirituelle.
Ce qui est étonnant c'est que depuis que j'ai publié le billet où je manque d'humilité, je ressens une immense envie de rire quand je prononce cette phrase et que je suis joyeuse; ce qui est normalement l'attitude de celui qui va partager un repas de fête. Alors j'espère que je n'ai peut-être "pas si faux que cela".
samedi, juin 13, 2009
Il y avait longtemps.

Il y avait longtemps que je n'avais pas eu d'idées curieuses. En écoutant jeudi 11 Juin, pour la fête de saint Barnabé l'évangile Mathieu 10, 9-11,
"Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez chez lui jusqu'à votre départ.
En entrant dans la maison, saluez ceux qui l'habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle.
Si elle n'en est pas digne, que votre paix retourne vers vous".
J'ai entendu le mot "digne"; Choisissez une maison digne de vous accueillir, ce qui peut vouloir dire que pour Jésus ceux qui sont ses messagers, ses annonceurs sont remplis de Lui et qu'il faut donc une maison qui reconnaisse que c'est un honneur que d'accueillir ces personnes qui le représentent.
Alors naturellement j'ai pensé à la phrase que nous répétons à chaque eucharistie: "je ne suis pas digne" et j'avais un peu l'impression -pardonnez moi- d'un marchandage oriental. Je suis déclarée heureuse parce que je participe au festin qui me donne des aujourd'hui la vie éternelle, et moi, je me rétracte en disant: "mais non mais non, je n'ai pas le droit d'être là. Je ne suis qu'un pauvre petit ver de terre". Et Le seigneur s'il respecte la règle du jeu, devrait dire, "mais si mais si", tu es digne. Et moi je devrais reprendre... En fait j'avais aussi en tête le marchandage auquel se livre Abraham pour obtenir un morceau de terre qui lui appartienne pour enterrer son épouse, c'est à dire une manière de penser et d'agir qui est différente de la mienne.
Tout ça pour dire que je ne crois pas que le mot digne soit un bon mot. SI finalement on utilise la phrase prononcée par le centurion c'est beaucoup plus par sa finale: dis une parole et mon serviteur sera guéri.Un des problèmes que j'ai avec cette phrase, c'est que je connaissais une jeune fille qui était IMC (infirme moteur cérébral) et qui avait une main recroquevillée, qu'elle cachait en permanence. Et quand elle parlait de cette main elle disait"ma main est pourrite" alors souvent je me surprends à dire:"guéritte";
Autre dérive.
aujourd'hui, lecture du chapitre 24 du livre de l'exode: l'alliance au Sinaï. D'une part je compatis à ces jeunes gens qui sont censés égorger des taureaux, car je doute que ces bêtes se laissent faire si facilement que cela et je me demande si au sang des taureaux il n'y a pas un autre sang qui se mêle. Ensuite il y a Moïse qui asperge le peuple avec le sang et au fond de moi, ça dit berk. Et du coup, je me dis que Jésus qui lui faire ingérer (boire le vin qui est symbole de son sang) a une approche très différente. il ne s'agit plus de faire alliance avec un geste extérieur, mais avec quelque chose qui engage de l'intérieur, car incorporer, c'est mettre en soi, c'est mettre au dedans pour que le dedans soit transformer et là il s'agit bien d'une nouvelle alliance. Il ne s'agit plus de faire alliance pour être protéger par dieu, mais de faire alliance pour devenir un avec.
Quant à la troisième dérive elle est bien pire. C'est la réconciliation. Dans l'évangile de Marc qui a été lu aujourd'hui, il est dit: « Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, répandu pour la multitude. Bien entendu quand on connaît le 4° chant du serviteur en Isaïe 53, on ne pas penser au rachat. Mais dans ce texte il est question du sang répandu (comme du souffle répandu dans l'évangile de Jean quand jésus remet son esprit) et pour moi au delà du marchandage de la réconciliation. Il y a quelque chose d'universel, d'immense, de gratuit. il y a une voie qui se crée, un chemin qui s'ouvre parce que Jésus se donne entièrement et ne garde rien pour lui. Alors le sang féconde l'univers et l'homme trouve en Jésus et par jésus véritable relation avec Dieu. .
Je ne peux m'empêcher de penser et de croire qu'un Dieu qui se dit être Amour (même si nous sommes loin de comprendre ce que peut-être l'amour pour Dieu) ne doit pas être suffisamment stupide pour désirer écraser et éliminer cet être qu'il a laissé advenir dans l'univers que nous connaissons. Bien entendu Il a ce pouvoir ou du moins nous aimons à le croire. Que Jésus soit aussi celui qui vient en nous libérant du mal vient nous sauver de cette menace, pourquoi pas. Mais l'important est bien cette délivrance du mal (dernière demande du Notre Père, donc pour moi la plus importante) et que du coup nous puissions suivre le chemin qu'Il nous montre et qui est celui qui permet comme le dit Paul de Le laisser vivre en nous pour que nous devenions LUI et entrer dans l'amour.
.
lundi, mai 11, 2009
Accompagnement: quand l'accompagnateur est blessé
Reflexions .
Je ne pensais pas que mon arbre (mon majestueux platane aux feuilles nombreuses et avec plein de ramifications) me serait aussi utile pour me sortir d'un vécu difficile. Je l’avais beaucoup utilisé pendant ma radiothérapie, pour qu’il aspire en quelque sorte les effets nocifs de rayons et rejette dans l’atmosphère quelque chose du purifié. Je le visualisais pendant les séances comme une sorte de bouclier bienfaisant.
Si j’explicite un peu plus, cela peut se visualiser de la manière suivante : à l’inspiration je vois tout le mauvais qui est en moi et qui est pris dans les feuilles. A l’expiration, le mauvais passe dans l’arbre descend dans la terre par les racines et est éliminé. Ce qui se passe ensuite est trop compliqué, mais il y a purification.
Cela se cale sur la prière du coeur, Seigneur Jésus fils de Dieu (Lumière purificatrice), aies pitié de moi pécheur( élimine le mal qui est sur moi).
Pourquoi ai-je eu recours à cette technique ? Parce que récemment dans un accompagnement j’ai été extrêmement blessée par la personne que j’accompagne au jour le jour. Oui je dis bien au jour le jour, ce qui est peut-être un peu fou, mais c’est comme ça .
Cette personne a voulu d’un coup rompre la relation que nous avons. Je n’ai pas compris ce qui se passait en elle, je me suis sentie rejetée, mise à la porte, et je dirais après un certain recul complètement reniée comme dans une famille il peut arriver que le père ou la mère renie son enfant en le mettant à la porte et d’une certaine manière en rompant tous les liens qui ont pu exister.
Je suis allée me coucher, très mal dans mon psychisme, très blessée et ayant un intense besoin de me mettre en boule sur ma blessure, un peu comme un petit chat qui a besoin de temps pour se guérir. J'avais rarement été blessée aussi profondément. Concrètement cela s’est traduit pour cette personne par le fait que je pouvais pas, contrairement à ce que je fais habituellement passer du temps avec elle. Je me connais suffisamment pour savoir aussi que ce temps était indispensable pour moi, pour réfléchir, pour me remettre et même si elle allait considérer cela comme une punition, il était important que je signifie ma manière d’exister et mon refus de me laisser détruire, car cela à long terme ne pouvait qu’augmenter la culpabilité de cette personne.
Je veux dire que quand quelqu’un a vécu des choses extrêmement douloureuses, il a souhaité la mort de la personne qui lui a infligé cette souffrance et il est important que cela reste à l’état de fantasme, car sinon cela bascule dans la "toute puissance de la pensée" et c‘est extrêmement dommageable,car cela maintient à un niveau très régressé.
Puis en réfléchissant à cette attaque, et à ce que j’avais ressenti, je veux dire ce reniement, je me suis rendue compte que compte tenu de son histoire, cette personne m’avait fait à sa manière comprendre ce que elle avait vécu et vivait encore au quotidien, à savoir cette exclusion, ce rejet.
En termes techniques cela s’appelle l’identification projective. C’est un mécanisme très archaïque, utilisé par le bébé à un moment où bien entendu il est incapable de comprendre ce qui se passe en lui. Il envoie alors dans sa mère tout le mauvais qui l’envahit, ce qui lui permet de s’en débarrasser, mais la mère porteuse du mauvais devient aussi très dangereuse puisqu’elle pourrait se venger. Je veux dire que si le bébé en veut à la mère de mourir de faim (d'être dévoré par la faim), il va se voir lui en ogre dévorant, projeter cette représentation sur sa mère qui risque donc de le dévorer, sauf et c’est là que le rôle maternel normal apparaît à plein,si elle comprend ce qui passe pour son bébé, lui donne non seulement le sein mais aussi des mots doux et enveloppants pour lui faire comprendre qu’il n’est pas méchant et qu’elle l’aime.
Bion qui est un psychanalyste anglais, élève de Winnicott et de Mélanie Klein appelle ce rôle de la mère « la machine à penser les pensée » et je crois que c’est une des fonctions du thérapeute quand il est confronté soit à des personnes qui n’ont pas ou peu de paroles pour exprimer ce qu’elles ressentent (polyhandicapés ou patients autistes),soit à des personnes qui ont vécu des traumatismes très précoces et dont une partie d’eux-mêmes est restée bloquée à un stade très archaïque de développement.
Je veux dire que me rendre compte que ce cette personne voulait (inconsciemment) me faire comprendre par cette blessure qu’elle m’infligeait, quelle était l’intensité de sa souffrance à elle qui avait été considérée depuis toujours comme un déchet.
A partir de ce moment là mon regard a commencé à changer et sur elle et sur moi. Je pouvais dire qu’elle me permettait de comprendre du dedans l’intensité de sa souffrance à elle, d’enfant pas désiré, pas accepté, reniée en permanence.
J’ai parlé dans ce blog de l’impact qu’a eu sur moi du livre de Sogyal Rinpoché : le livre tibétain de la vie et de la mort.
Dans un premier temps, il fallait me « restaurer ». Alors j’ai considéré cette blessure comme un nuage toxique dont il fallait me débarrasser pour que je redevienne guérie. J’ai utilisé donc la visualisation, l’arbre aspirant mon mal et le rejettant dans les profondeurs de la terre, mais avec cette représentation du souffle, il y avait aussi la représentation de Jésus qui peut tout guérir et qui a pris (comme mon arbre) toutes les souffrances sur lui, car lui aussi a été renié.
Dans un deuxième temps, après une soirée assez difficile, car quand une personne a été autant blessée, elle réagi ensuite en tout ou rien c’est à dire qu’elle n’est pas capable de fonctionner avec le et (c’est à dire qu’un individu peut être bon et méchant, ce qui est la signature de l’acquisition de la position dépressive décrite par Mélanie Klein), mais avec le ou (ou méchant ou gentil, ou accueillant ou reniant), j’ai pu commencer à me sortir un peu de ma propre peine et à pouvoir comme cela est raconté dans le livre cité, commencer à voir cette souffrance comme une sorte de fumée noire qui empêche cette personne de vivre, qui est comme une espèce de maladie.
Je peux alors commencer à la regarder avec compassion et désirer la débarrasser de cette fumée noire. Pour ma part, étant chrétienne, je prends appui sur le Christ et surtout sur l’Esprit Saint, car je me sais moi incapable de venir à bout de ce nuage de souffrance, mais j’ai une demande précise à formuler dans la prière.
Si je continue à suivre un peu ce que j’ai retenu de ce livre, cela me permet d’élargir considérablement ma prière à tous ceux et toutes celles qui ne se senti jamais accepté par leur famille, qui en ressentent une honte considérable, car ne pas être comme les autres, provoque automatiquement le sentiment de honte.
Cela m’a permis aussi de revenir à la passion de Jésus et de me dire que si quelqu’un a bien vécu tout ce qui humilie et défigure l’humain c’est Lui, et qu’Il peut donc agir , puisqu’Il sait ce que c’est.
Puis toujours si je suis les enseignements de ce livre, il me faut reconnaître que cette fumée noire qui s’est en quelque sorte emparée de moi, elle a un rôle. Elle est là pour détruire quelque chose en moi, quelque chose de pas bon. Cela c’est ma dernière découverte et elle est de taille.
Dans les psaumes il est souvent question d’un cœur brisé, d’un cœur broyé. Je crois que ce que j’ai vécu durant ces quelques jours, doit permettre à mon cœur si j’accepte au plus profond de moi cette brisure, une nouvelle vie.Ce n'est plus une puissance de mort, mais une puissance de vie et cela permet aussi d'entrer dans la louange telle que la décrit M.Carrother).
Je veux dire que seule la mort librement acceptée permet une sorte d’éclatement et ensuite de restructuration qui est la vie qui se manifeste. La seule image que j’ai pour expliciter ceci est le kaléidoscope. Il faut que les morceaux s’écartent s’éclatent pour qu’un nouveau dessin encore plus beau apparaisse.
Ce que je veux dire, mais ce n’est pas encore très aisé, c’est qu’après une phase de révolte, ce n’est pas juste, je n’ai rien fait pour ça, qui m’a conduit à comprendre ce que ma « patiente » (celle qui souffre) vivait au plus profond d’elle même, je pouvais accepter cela comme presque un cadeau qui me permet de changer en acceptant la mort.
Je veux dire aussi que compte tenu de l’histoire de cette personne, je me demande si cela ne va pas me pousser au lieu de haïr la mère qu’elle a eu, à prier pour que la noirceur qui est en cette mauvaise mère puisse elle aussi être absorbée et changée. Je ne suis pas concernée directement bien sûr, mais peut-être est –il possible d’avoir une certaine compassion (pas un truc nian nian) mais désirer que la Lumière l’envahisse.
Je ne peux que dire merci à mon arbre d’avoir été un compagnon fidèle, qui m’a permis parce qu’il m’apportait un purification et une consolation d’aller bien au delà et de pouvoir accepter une certaine brisure du cœur pour que la Vie se manifeste.
lundi, avril 20, 2009
"Les portes étaient verrouillées" Jn 20,19

Au cours de la célébration d'hier, il y a eu un partage d'évangile. Bien sûr autour de Thomas. Je me suis d'ailleurs demandé pourquoi Jésus parle de ses mains et de son côté mais pas de ses pieds. Et j'ai aimé la séquence: "voir la trace des clous, mettre le doigt à l'endroit des clous et mettre la main dans côté" qui curieusement m'a fait pensé à Pierre le soir du jeudi saint: "pas seulement les pieds, mais les mains et la tête". Je dois dire que ce "voir" qui doit être complété par un toucher, comme pour être certain qu'il ne s'agit pas d'une illusion d'optique, me plaît bien.
Avant le partage, j'avais été sensible à ce que fait Jésus quand il "répand" sur eux son souffle en disant "Recevez l'Esprit saint", car au moment de sa mort Jésus en rendant son souffle "le répand". Il ne garde rien pour lui.
D'une certaine manière, c'est en se vidant totalement que Jésus peut donner la vie aux siens. Le dernier "soupir" qui est signe de la mort, devient le signe de mort vaincue, de la vie donnée.
Et à partir de ce souffle répandu, m'est venu un lien entre les portes verrouillées et le souffle.
Quand Jésus est mis au tombeau, la pierre est roulée, les gardes surveillent, d'une certaine manière le mort est verrouillé dans sa tombe.On est certain qu'il n'en sortira pas. En verrouillant les portes (par peur des juifs) les disciples, qui sont "morts de peur", qui sont incapables d'entendre les témoignages de Marie-Madeleine ou des femmes, sont enfermés dans cette pièce comme dans un tombeau. Ils se sont enfermés eux mêmes. L'espoir en eux est mort, et ils sont morts. Il n'y a plus rien de vivant en eux, si ce n'est leur deuil.
Et Jésus arrive, et par son souffle il les délie de la peur, il les rend vivants, il les fait sortir du tombeau où ils s'étaient eux même enfermés.
Le pouvoir qu'Il leur donne, délier les péchés ou les retenir, n'est ce pas ce qu'Il vient de faire Lui en les "déliants" de la peur.
Jésus rend vivant tout ce qu'il touche et peut-être nous donne-t-Il la possibilité de partager avec Lui ce don de Vie.
Il y a encore un point qui m'a étonnée, c'est que Jésus répand certes son Esprit, mais qu'il faudra attendre le jour de la Pentecôte, le jour du "feu" pour que les apôtres puissent réellement quitter leur peur et sortir du tombeau. Car 8 jours après, les portes sont toujours verrouillées, ce qui laisse à supposer que la peur de l'arrestation demeure, malgré ce qu'ils ont vu et vécu.Il faudra donc ce délai de 50 jours pour que les disciples puissent devenir témoins.
Il faudra la chaleur et la lumière du feu, la force du souffle divin, signes de l'action conjuguée du Père et du Fils, pour que des hommes nouveaux naissent et puissent transmettre au monde les mots soufflés par l'Esprit Saint.
lundi, avril 06, 2009
"Porter sa croix".
Porter sa croix.
Porter sa croix, c'est une expression banale, mais que mettre derrière? En cette semaine sainte, où il va beaucoup être question de sacrifice, de mort, de mort sur la croix, est ce que je peux (est ce que je dois) porter ma croix si je veux suivre Jésus?
Car Jésus dit : « Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». Peut-être que l'on n'insiste pas assez sur le mot disciple et trop sur le mot croix.
Quand j’écris cette phrase, je ne peux m’empêcher de penser à ce que Jésus dit au paralytique : « prends ton grabat et rentre chez toi ». D’une certaine manière on peut dire que pour celui qui ne peut se mouvoir seul, le lit est bien le signe de sa dépendance, sa croix au jour le jour.
Très longtemps on a identifié la croix à la souffrance. Porter sa croix c’était (du moins dans mon enfance) s’imposer des actes qui pouvaient faire un peu mal, procurer une certaine souffrance, par exemple : se priver de quelque chose, pour avoir mal comme Jésus a eu mal. Mais cette manière de faire, me semble un peu perverse, car hélas, il peut y avoir une glorification à se priver!
Quand j’étais étudiante, j’avais décidé durant le temps du carême de me nourrir de sandwiches au lieu des repas du restaurant universitaire. Au bout d’une semaine je me suis rendue compte que j’étais devenue très irritable et que cette privation avait en fait un effet nocif. Alors j’ai choisi autre chose, ne pas courir dans le métro ou plus précisément, ne pas passer quand un train entrait et que les portes des portillons commençaient à se fermer pour empêcher l’accès aux quais. Cela m’obligeait à partir peut-être un peu plus tôt, et à ne pas passer devant les autres. Je dois dire que cet exercice a été infiniment plus profitable qu’une privation d’aliments. Peut-être aussi accepter de ne pas être la première à monter dans la rame..
Curieusement Jésus compte tenu de son état physique n’a pas porté sa croix : il a été aidé par Simon de Cyrène. De ce fait je ne suis pas certaine que « prendre notre croix » soit si facile. Nous avons souvent besoin d’aide, et c’est important de le reconnaître. Pourtant que ce soit le paralytique de Luc ou celui de Jean, l’un et l’autre portent à pleines mains, à plein bras, ce qui fut le signe de leur souffrance, de leur croix. Pour eux, c’est derrière. La souffrance n’existe plus, ils sont guéris. Il y a peut-être des croix qu’il faut brûler…
Hier il m’est venu une idée. Prendre sa croix, c’est reconnaître « tout ce dont on a peur ». Ce n’est pas se créer de la souffrance, c’est accepter les peurs qui sont en nous, les nommer (peur de la maladie, peur de la mort, peur de l’abandon, peur de la ruine, peur de la solitude) ne pas les fuir, accepter de reconnaître qu’elles sont en nous et pas à l’extérieur.
Jésus dans les synoptiques, au jardin des Oliviers montre à quel point la peur de ce qu’il va devoir vivre lui fait peur. Que Lui, ait pu avoir peur est quand même très rassurant pour nous. Comme Lui, nous pouvons avoir peur de la souffrance, de l’abandon, de la mort. C'est humain (Vrai homme, vrai Dieu).
Ces peurs elles sont un peu notre face d’ombre: ce sont des facettes de nous mêmes dont nous ne voulons pas, parce qu’elles altèrent notre image. Les reconnaître c’est reconnaître notre faiblesse, notre incapacité à y faire face.
Nos peurs ce sont nos croix. Si nous suivons Jésus, nous ne sommes plus seuls avec nos peurs. L’un des maîtres mots de l’Evangile n’est-il pas : « N’ayez pas peur » ?
Suivre Jésus, c’est se reconnaître tel que l’on est avec son fardeau de peurs. C’est être certain que celui qui a dit « Venez à moi vous qui ployez sous le fardeau » est capable d’être avec nous. Porter sa croix, c’est reconnaître ces choses qui nous font peur, sans les dénier, sans les fuir. C’est reconnaître nos faiblesses, nos finitudes. C’est reconnaître que nous ne sommes pas des bien portants et que c’est bien pour nous que Jésus est venu et a fini sa vie terrestre sur une croix devenue pour nous signe de Vie.
Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. Mat 16,24
Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et vous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui.
Jn 14, 23
Porter sa croix, c'est une expression banale, mais que mettre derrière? En cette semaine sainte, où il va beaucoup être question de sacrifice, de mort, de mort sur la croix, est ce que je peux (est ce que je dois) porter ma croix si je veux suivre Jésus?
Car Jésus dit : « Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». Peut-être que l'on n'insiste pas assez sur le mot disciple et trop sur le mot croix.
Quand j’écris cette phrase, je ne peux m’empêcher de penser à ce que Jésus dit au paralytique : « prends ton grabat et rentre chez toi ». D’une certaine manière on peut dire que pour celui qui ne peut se mouvoir seul, le lit est bien le signe de sa dépendance, sa croix au jour le jour.
Très longtemps on a identifié la croix à la souffrance. Porter sa croix c’était (du moins dans mon enfance) s’imposer des actes qui pouvaient faire un peu mal, procurer une certaine souffrance, par exemple : se priver de quelque chose, pour avoir mal comme Jésus a eu mal. Mais cette manière de faire, me semble un peu perverse, car hélas, il peut y avoir une glorification à se priver!
Quand j’étais étudiante, j’avais décidé durant le temps du carême de me nourrir de sandwiches au lieu des repas du restaurant universitaire. Au bout d’une semaine je me suis rendue compte que j’étais devenue très irritable et que cette privation avait en fait un effet nocif. Alors j’ai choisi autre chose, ne pas courir dans le métro ou plus précisément, ne pas passer quand un train entrait et que les portes des portillons commençaient à se fermer pour empêcher l’accès aux quais. Cela m’obligeait à partir peut-être un peu plus tôt, et à ne pas passer devant les autres. Je dois dire que cet exercice a été infiniment plus profitable qu’une privation d’aliments. Peut-être aussi accepter de ne pas être la première à monter dans la rame..
Curieusement Jésus compte tenu de son état physique n’a pas porté sa croix : il a été aidé par Simon de Cyrène. De ce fait je ne suis pas certaine que « prendre notre croix » soit si facile. Nous avons souvent besoin d’aide, et c’est important de le reconnaître. Pourtant que ce soit le paralytique de Luc ou celui de Jean, l’un et l’autre portent à pleines mains, à plein bras, ce qui fut le signe de leur souffrance, de leur croix. Pour eux, c’est derrière. La souffrance n’existe plus, ils sont guéris. Il y a peut-être des croix qu’il faut brûler…
Hier il m’est venu une idée. Prendre sa croix, c’est reconnaître « tout ce dont on a peur ». Ce n’est pas se créer de la souffrance, c’est accepter les peurs qui sont en nous, les nommer (peur de la maladie, peur de la mort, peur de l’abandon, peur de la ruine, peur de la solitude) ne pas les fuir, accepter de reconnaître qu’elles sont en nous et pas à l’extérieur.
Jésus dans les synoptiques, au jardin des Oliviers montre à quel point la peur de ce qu’il va devoir vivre lui fait peur. Que Lui, ait pu avoir peur est quand même très rassurant pour nous. Comme Lui, nous pouvons avoir peur de la souffrance, de l’abandon, de la mort. C'est humain (Vrai homme, vrai Dieu).
Ces peurs elles sont un peu notre face d’ombre: ce sont des facettes de nous mêmes dont nous ne voulons pas, parce qu’elles altèrent notre image. Les reconnaître c’est reconnaître notre faiblesse, notre incapacité à y faire face.
Nos peurs ce sont nos croix. Si nous suivons Jésus, nous ne sommes plus seuls avec nos peurs. L’un des maîtres mots de l’Evangile n’est-il pas : « N’ayez pas peur » ?
Suivre Jésus, c’est se reconnaître tel que l’on est avec son fardeau de peurs. C’est être certain que celui qui a dit « Venez à moi vous qui ployez sous le fardeau » est capable d’être avec nous. Porter sa croix, c’est reconnaître ces choses qui nous font peur, sans les dénier, sans les fuir. C’est reconnaître nos faiblesses, nos finitudes. C’est reconnaître que nous ne sommes pas des bien portants et que c’est bien pour nous que Jésus est venu et a fini sa vie terrestre sur une croix devenue pour nous signe de Vie.
Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. Mat 16,24
Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et vous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui.
Jn 14, 23
vendredi, avril 03, 2009
Vous ferez ceci en mémoire de moi. Lc22, 19

Vous ferez ceci en mémoire de moi. Lc22, 19
Le texte de ce billet est lié à la lecture du livre de François Genuyt : l’épître aux romains, l’instauration du sujet, une approche sémiotique le cerf,2008 .
Je ne suis pas certaine d’avoir tout"bien compris" car l'approche sémiotique reste un peu ardue pour moi, mais l'épître aux romains est devenue beaucoup plus "amicale" pour moi. Cette lecture a orienté différemment ma réflexion et c’est ce qui s’est passé pour moi avec ce livre. Mais il a fallu du temps pour que cela puisse de transmettre dans l'écrit.
Ce qui aujourd'hui a pris sens pour moi, c'est la phrase "faites mémoire" comme si elle unissait les deux symboles pain et vin et leur permettait de devenir signe d'affiliation pour moi à l'ordre divin.
Quand je faisais mes études de psychologie, on m’avait enseigné que le père doit transmettre la loi à ses enfants. Ceci veut dire que le père peut transmettre une loi qui lui a été transmise par son propre père et qu’il a respectée, mais il n’est pas la loi.
Dans le cas de la transmission de l’interdit de l’inceste cela se dit de la manière suivante :" toutes les femmes sauf ta mère".
Ceci est bien proche de l'interdit donné à Adam dans la Genèse, " tous les arbres sauf l’arbre de la connaissance du bien et du mal".
Moïse a donné une loi au peuple, mais cette loi il ne l’a pas crée, elle lui a été donnée, on peut presque dire qu’elle est divine. Il doit lui aussi s’y soumettre. Cetteloi ayant été donnée par un Autre, elle n’est pas la sienne et il est donc comme tous ceux de son peuple : s’il veut avoir le bonheur, il doit s’y soumettre, il doit obéir.
L’interdit de la genèse, me semble être l’interdit fondamental qui permet la vie sociale et qui oblige à tenir compte de la présence et de la volonté d’un Autre, et de reconnaître que cet Autre ne fonctionne pas dans l’arbitraire. Car la seule loi donnée dans la Genèse est celle qui vient bloquer la convoitise, or la convoitise c’est bien la marque de fabrique de l’humain : vouloir ce qu’à l’autre ; jusqu’à l’en faire mourir.
Mais...
Mais jee pense que chaque fois qu’un être humain décide de « faire » sa loi, alors ça dérape. Faire sa loi ce n'est peut-être être au-dessus des lois (encore que bien souvent il s’agisse de faire sa propre justice), mais de pervertir quelque chose: faire de l’autre un objet, alors que le but de la loi est de faire de l’autre un sujet à part entière.
Quand la loi est transgressée, cela a des effets dans le futur et sur les descendants. Ce n’est plus comme avant. D’une certaine manière c’est cela qui est raconté dans la genèse: il y a eu transgression et perversion de l’interdit, les effets atteignent les auteurs, mais aussi leurs descendants et leur environnement.
Mais quand la loi n’est pas donnée il y a comme le dit Lacan forclusion. Ce n’est plus de la perversion, c’est un véritable barrage, comme sur un cours d’eau et les risques d’inondation (perte de limite si l’on peut dire) sont considérables.
Ce qui permet l’interdit d’être efficace, c’est la parole dite et donnée qui permet à celui qui la reçoit de devenir sujet de cet ordre là et de rentrer dans une culture. Cela nécessite une soumission.
Dans le nouveau testament, quand Jésus la veille de sa passion dit aux disciples « ceci est mon corps, puis ceci est mon sang », il signifie qu’il se donne à eux totalement, qu’il ne retient rien pour lui et que d’une certaine manière l’interdit de la non absorption du sang est levée, puisque normalement il y a dans la genèse (‘alliance noachique) une équivalence entre sang et âme qui appartient à Dieu.
Ce don total pour moi, aujourd’hui, est une sorte de fusion, actualisée par Paul : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le christ qui vit en moi ».
Le symbolisme de l’alimentation est primordial, car c’est bien cette relation à la mère qui donne le sein, que se crée une relation unique qui perdurera qu’on le veuille ou non toute la vie.
Se donner totalement, personne ne peut le faire ici bas. Il y a incarnation de la parole : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime ».
Mais si on reprend l’idée de la nécessité d’une parole qui vise à la transmission, il me semble que la phrase de Jésus : « faites ceci en mémoire de moi « est fondamentale, pour moi presque plus que ceci est mon corps, ceci est mon sang. Elle donne sens.
Faire mémoire, c’est faire d’une certaine manière faire advenir du vivant. C’est montrer que Jésus n’a pas disparu, que la mort ne l’a pas vaincu, qu’Il est vivant pour l’éternité, non seulement vivant, mais actif.
Il y a comme une extension dans le temps des paroles prononcées ce soir là, au milieu de ses disciples. L’Amour de Jésus qui se donne totalement, et qui ouvre le chemin vers son Père (je préfère cette phrase à la notion de réconciliation, quitte à choquer, car la représentation d’un dieu, qui ne peut être apaisé que par un sacrifice « physique », renvoie à une image d’un Dieu de destruction, même si la résurrection montre qu’Il sort de cette violence pour passer dans la vie). Et c’est cette phrase qui pour moi, aujourd’hui, permet d’une certaine manière d’approcher un peu ce mystère de la présence de Jésus.
Si j’accepte « d’agir » cette phrase, d’être dans la transmission et peut-être une certaine obéissance, alors je rentre dans un monde autre, un monde d’amour et je demeure en Christ, comme lui demeure en moi. Je deviens sujet d’un autre ordre. Il ne s’agit pas d’oublier le premier interdit qui en terme psy est un interdit du cannibalisme, de l’incorporation de l’autre pour prendre ses pouvoirs, pour le détruire par convoitise, car cet interdit est la base de toute vie sociale . Mais de reconnaître que celui qui se donne totalement donne la vie en plénitude et que la mort est déja vaincue.
Faire mémoire, c’est rentrer dans un mouvement de transmission. C’est faire du vivant et c’est bien cela la fonction de l’être humain, même s’il est appelé à disparaître.
jeudi, mars 12, 2009
Réconciliation.
Le passage de Matthieu 5, 23 et svts, est me semble-t-il souvent utilisé par nos frères évangéliques pour dire que s'il n'y a pas d'expression verbale de pardon entre l'offenseur et l'offensé, si l'offenseur refuse de demander le pardon, il n'est pas nécessaire de lui accorder un pardon inconditionnel.
Ceci peut aussi vouloir dire que l'offensé peut parfaitement refuser de pardonner (ce qui se conçoit parfaitement dans certains cas et dans une logique humaine). Mais c'est un peu antinomique avec la demande que nous faisons à Dieu quand nous lui disons:" Pardonnes nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux nous ont offensés."
Seulement ce texte est à la suite des béatitudes et dans ce qu'on appelle je crois les "conseils évangéliques" de perfection. MIl suit directement le commentaire de Jésus sur la mise à mort: "Vous avez entendu qu'il a été dit aux ancêtres : Tu ne tueras point ; et si quelqu'un tue, il en répondra au tribunal" et moi je vous dis:......
Car Jésus commence bien par dire celui qui "maudit" son frère est passible d'une peine éternelle très lourde: la géhenne éternelle.
En d'autres termes si tu meurs après avoir maudit ton frère, même si tu crois être en règle avec Dieu parce que tu te comportes comme un bon juif pratiquant (un bon chrétien pratiquant), ne crois pas que ce soit si facile. Le mal que tu as fait, ne peut pas être effacé parce que tu tournes vers ton Père (relation verticale), tu as une dette (relation horizontale avec ton ou tes frères) et cette dette il te faut la payer.
Voici le texte (B.J.)
Mat 5 22 Eh bien ! moi je vous dis : Quiconque se fâche contre son frère en répondra au tribunal ; mais s'il dit à son frère : «Crétin ! », il en répondra au Sanhédrin ; et s'il lui dit : «Renégat ! », il en répondra dans la géhenne de feu.
23. Quand donc tu présentes ton offrande à l'autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
24. laisse là ton offrande, devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens, et alors présente ton offrande.
25. Hâte-toi de t'accorder avec ton adversaire, tant que tu es encore avec lui sur le chemin, de peur que l'adversaire ne te livre au juge, et le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison.
26. En vérité, je te le dis : tu ne sortiras pas de là, que tu n'aies rendu jusqu'au dernier sou.
On peut noter que les versets 22 et 25 se répondent: la justice divine et la justice humaine: tribunal sanhédrin géhenne(pour le divin), juge garde prison remboursement (pour l'humain).
Or je crois que très souvent l'offenseur a soit oublié purement et simplement ce qu'il a fait (il était jeune, c'était autrefois, depuis il a changé), soit tendance à minimiser l'impact de son acte (si ça a eu un tel impact c'est que l'autre n'était pas bien costaud et qu'il ne devrait pas en faire toute une histoire).
Il y a comme un aveuglement devant le mal qu'il a fait subir (et que souvent il a lui-même subi).Et l'idée qu'il puisse y avoir une sanction lui est étrangère: je ne savais, je ne me rendais pas compte, je n'ai pas fait exprès, ce n'est pas de ma faute. Or un acte reste un acte, quelle que soit l'intention sous-jacente.
Il me semble que ce que disent les frères évangéliques c'est quelque chose comme: si tu as été l'offensé et que tu ailles voir ton offenseur et que celui ci refuse de te demander pardon, tu n'as pas à lui pardonner si tu estimes que tu as été trop détruit par le mal qu'il t'a fait subir.Tu as fait ce que tu estimais juste, lui signifier sa faute. Maintenant cela se réglera entre lui et Dieu, car il y aune justice de Dieu, ce n'est plus ton problème, mais ton cri a été entendu par Dieu et Il en tiendra compte;
Dans le texte, c'est bien de l'offenseur dont il est question. Se reconnaître offenseur est loin d'être facile, car se voir comme un mauvais objet est toujours un sale coup pour son orgueil et on se trouve bien souvent des excuses pour se justifier et expliquer son geste.
Ce texte je l'entendrai aujourd'hui comme une prière pour que je sorte de mon aveuglement, mes fausses justifications et que je devienne capable de demander pardon à ceux que j'ai pu blesser, sans souvent le vouloir, parfois en le voulant, mais que je ne cache pas derrière "ma " pratique.
Dans le billet que j'ai écrit sur le lâcher-prise, j'ai parlé de l'amour de Dieu qui est en moi et qui permet de pardonner totalement même à des personnes décédées.
La question qui se pose quand même reste la suivante: si je me reconnais pécheur et agresseur seulement devant Dieu, est-ce suffisant pour être sauvé?
Si comme le dit Paul, dans l'épître aux Romains, c'est la foi en Jésus qui me sauve, est ce que pour autant la faute contre mon frère est effacée si je ne pose pas dans un acte envers lui.
Ceci peut aussi vouloir dire que l'offensé peut parfaitement refuser de pardonner (ce qui se conçoit parfaitement dans certains cas et dans une logique humaine). Mais c'est un peu antinomique avec la demande que nous faisons à Dieu quand nous lui disons:" Pardonnes nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux nous ont offensés."
Seulement ce texte est à la suite des béatitudes et dans ce qu'on appelle je crois les "conseils évangéliques" de perfection. MIl suit directement le commentaire de Jésus sur la mise à mort: "Vous avez entendu qu'il a été dit aux ancêtres : Tu ne tueras point ; et si quelqu'un tue, il en répondra au tribunal" et moi je vous dis:......
Car Jésus commence bien par dire celui qui "maudit" son frère est passible d'une peine éternelle très lourde: la géhenne éternelle.
En d'autres termes si tu meurs après avoir maudit ton frère, même si tu crois être en règle avec Dieu parce que tu te comportes comme un bon juif pratiquant (un bon chrétien pratiquant), ne crois pas que ce soit si facile. Le mal que tu as fait, ne peut pas être effacé parce que tu tournes vers ton Père (relation verticale), tu as une dette (relation horizontale avec ton ou tes frères) et cette dette il te faut la payer.
Voici le texte (B.J.)
Mat 5 22 Eh bien ! moi je vous dis : Quiconque se fâche contre son frère en répondra au tribunal ; mais s'il dit à son frère : «Crétin ! », il en répondra au Sanhédrin ; et s'il lui dit : «Renégat ! », il en répondra dans la géhenne de feu.
23. Quand donc tu présentes ton offrande à l'autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
24. laisse là ton offrande, devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens, et alors présente ton offrande.
25. Hâte-toi de t'accorder avec ton adversaire, tant que tu es encore avec lui sur le chemin, de peur que l'adversaire ne te livre au juge, et le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison.
26. En vérité, je te le dis : tu ne sortiras pas de là, que tu n'aies rendu jusqu'au dernier sou.
On peut noter que les versets 22 et 25 se répondent: la justice divine et la justice humaine: tribunal sanhédrin géhenne(pour le divin), juge garde prison remboursement (pour l'humain).
Or je crois que très souvent l'offenseur a soit oublié purement et simplement ce qu'il a fait (il était jeune, c'était autrefois, depuis il a changé), soit tendance à minimiser l'impact de son acte (si ça a eu un tel impact c'est que l'autre n'était pas bien costaud et qu'il ne devrait pas en faire toute une histoire).
Il y a comme un aveuglement devant le mal qu'il a fait subir (et que souvent il a lui-même subi).Et l'idée qu'il puisse y avoir une sanction lui est étrangère: je ne savais, je ne me rendais pas compte, je n'ai pas fait exprès, ce n'est pas de ma faute. Or un acte reste un acte, quelle que soit l'intention sous-jacente.
Il me semble que ce que disent les frères évangéliques c'est quelque chose comme: si tu as été l'offensé et que tu ailles voir ton offenseur et que celui ci refuse de te demander pardon, tu n'as pas à lui pardonner si tu estimes que tu as été trop détruit par le mal qu'il t'a fait subir.Tu as fait ce que tu estimais juste, lui signifier sa faute. Maintenant cela se réglera entre lui et Dieu, car il y aune justice de Dieu, ce n'est plus ton problème, mais ton cri a été entendu par Dieu et Il en tiendra compte;
Dans le texte, c'est bien de l'offenseur dont il est question. Se reconnaître offenseur est loin d'être facile, car se voir comme un mauvais objet est toujours un sale coup pour son orgueil et on se trouve bien souvent des excuses pour se justifier et expliquer son geste.
Ce texte je l'entendrai aujourd'hui comme une prière pour que je sorte de mon aveuglement, mes fausses justifications et que je devienne capable de demander pardon à ceux que j'ai pu blesser, sans souvent le vouloir, parfois en le voulant, mais que je ne cache pas derrière "ma " pratique.
Dans le billet que j'ai écrit sur le lâcher-prise, j'ai parlé de l'amour de Dieu qui est en moi et qui permet de pardonner totalement même à des personnes décédées.
La question qui se pose quand même reste la suivante: si je me reconnais pécheur et agresseur seulement devant Dieu, est-ce suffisant pour être sauvé?
Si comme le dit Paul, dans l'épître aux Romains, c'est la foi en Jésus qui me sauve, est ce que pour autant la faute contre mon frère est effacée si je ne pose pas dans un acte envers lui.
dimanche, février 22, 2009
"Qu'est ce que l'homme que tu en prennes souci..." Ps 8,4
2SEIGNEUR (YHWH), notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre, toi qui te rends plus éclatant que le ciel !
3Par la bouche des enfants, des nourrissons, tu as fondé une force, à cause de tes adversaires, pour imposer silence à l'ennemi vindicatif.
4Quand je regarde ton ciel, œuvre de tes doigts, la lune et les étoiles que tu as mises en place,
5qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui, qu'est-ce que l'être humain, pour que tu t'occupes de lui ?
6Tu l'as fait de peu inférieur à un dieu, tu l'as couronné de gloire et de magnificence.
7Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds,
8moutons et chèvres, bœufs, tous ensemble, et même les bêtes sauvages,
9les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui parcourt les sentiers des mers.
10SEIGNEUR (YHWH), notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre !
Je suis sur un télésiège que j'occupe toute seule. Je contemple le paysage. Et d'un coup je me rends compte que cette magnifique création qui est là devant moi, elle est l'oeuvre de quelqu'un: l'oeuvre de Dieu. Il devient évident pour moi que cet Etre qui a crée tout cela, en est d'une certaine manière le propriétaire. Tout cela c'est à Lui et que moi petit être humain, je ne suis presque rien.
Je me suis souvent extasiée devant des fleurs de montagnes qui poussent au creux de rocher ou sur de la pierraille ou devant la profusion de couleurs, mais là c'est un autre sentiment, très différent. Quelqu'un a voulu "ça" et peu importe la manière dont Il s'y est pris, Il a crée la terre, le ciel et les étoiles.
Je comprends mieux ces paraboles de l'Evangile, où Jésus met en scène un roi part et laisse son royaume à d'autres mains.

Je dois dire que sur mon petit télésiège, entre terre et ciel, la phrase "que ton règne vienne" a pris du sens, car je ressens bien Dieu comme le roi et seigneur de cette terre (et peut-être d'autres univers).
Moi qui n'ai jamais pu me prosterner en signe de respect devant qui que ce soit, là, d'un coup, j'ai compris, ce que peut-être le respect, la crainte et l'adoration. Il y a l'infiniment grand d'un côté: le créateur et l'infiniment petit de l'autre, moi être mortel.
C'est un sentiment très bienfaisant, qui me donne envie de chanter, qui me fait littéralement jubiler.
Ce Dieu là, ce Dieu qui a tout crée (je ne veux pas rentrer ici dans des controverses sur la création en tant que telle) ce Dieu qui pourrait être intouchable, inabordable, est capable d'entrer en relation avec l'homme.Il se met au niveau de l'humain, lui donne son souffle, l'associe à son oeuvre de création à condition qu'il respecte la règle de l'Altérité. Je veux dire par là que le seul moyen de ne pas basculer dans le péché de convoitise (jalousie et envie) est de tenir compte de la parole d'un Autre, de faire référence à un Tu.
Ce Dieu là, a aussi été capable , voyant justement que cette altérité n'était pas possible de prendre chair dans un humain, mortel pour permettre de mettre à mort la convoitise et ouvrir à nouveau, pour tous les hommes le chemin de la relation avec Dieu.
"qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui, qu'est-ce que l'être humain, pour que tu t'occupes de lui ?"
Je ne peux être que dans le merci et l'adoration de ce Dieu qui petit à petit se révèle à moi.
3Par la bouche des enfants, des nourrissons, tu as fondé une force, à cause de tes adversaires, pour imposer silence à l'ennemi vindicatif.
4Quand je regarde ton ciel, œuvre de tes doigts, la lune et les étoiles que tu as mises en place,
5qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui, qu'est-ce que l'être humain, pour que tu t'occupes de lui ?
6Tu l'as fait de peu inférieur à un dieu, tu l'as couronné de gloire et de magnificence.
7Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds,
8moutons et chèvres, bœufs, tous ensemble, et même les bêtes sauvages,
9les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui parcourt les sentiers des mers.
10SEIGNEUR (YHWH), notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre !
Je suis sur un télésiège que j'occupe toute seule. Je contemple le paysage. Et d'un coup je me rends compte que cette magnifique création qui est là devant moi, elle est l'oeuvre de quelqu'un: l'oeuvre de Dieu. Il devient évident pour moi que cet Etre qui a crée tout cela, en est d'une certaine manière le propriétaire. Tout cela c'est à Lui et que moi petit être humain, je ne suis presque rien.
Je me suis souvent extasiée devant des fleurs de montagnes qui poussent au creux de rocher ou sur de la pierraille ou devant la profusion de couleurs, mais là c'est un autre sentiment, très différent. Quelqu'un a voulu "ça" et peu importe la manière dont Il s'y est pris, Il a crée la terre, le ciel et les étoiles.
Je comprends mieux ces paraboles de l'Evangile, où Jésus met en scène un roi part et laisse son royaume à d'autres mains.
Je dois dire que sur mon petit télésiège, entre terre et ciel, la phrase "que ton règne vienne" a pris du sens, car je ressens bien Dieu comme le roi et seigneur de cette terre (et peut-être d'autres univers).
Moi qui n'ai jamais pu me prosterner en signe de respect devant qui que ce soit, là, d'un coup, j'ai compris, ce que peut-être le respect, la crainte et l'adoration. Il y a l'infiniment grand d'un côté: le créateur et l'infiniment petit de l'autre, moi être mortel.
C'est un sentiment très bienfaisant, qui me donne envie de chanter, qui me fait littéralement jubiler.
Ce Dieu là, ce Dieu qui a tout crée (je ne veux pas rentrer ici dans des controverses sur la création en tant que telle) ce Dieu qui pourrait être intouchable, inabordable, est capable d'entrer en relation avec l'homme.Il se met au niveau de l'humain, lui donne son souffle, l'associe à son oeuvre de création à condition qu'il respecte la règle de l'Altérité. Je veux dire par là que le seul moyen de ne pas basculer dans le péché de convoitise (jalousie et envie) est de tenir compte de la parole d'un Autre, de faire référence à un Tu.
Ce Dieu là, a aussi été capable , voyant justement que cette altérité n'était pas possible de prendre chair dans un humain, mortel pour permettre de mettre à mort la convoitise et ouvrir à nouveau, pour tous les hommes le chemin de la relation avec Dieu.
"qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui, qu'est-ce que l'être humain, pour que tu t'occupes de lui ?"
Je ne peux être que dans le merci et l'adoration de ce Dieu qui petit à petit se révèle à moi.
mardi, février 10, 2009
Petites réflexions.
Les textes de la messe d'hier, 9 février, à savoir le début du livre de la Genèse et l'arrivée de Jésus à Génésaterh,ont eu une certaine résonance en moi.
Le premier, m'a fait réagir sur le leitmotive: il y eut un soir, il y eut un matin, premier jour. Comme si il y avait là une durée énorme, que les mots de ne rendent pas, qui renvoient à autre chose qu'au temps qui pour nous sépare le soir du matin. Que fait Dieu pendant cette durée? Où est-Il? On peut imaginer qu'il crée (et surtout sépare) à partir du matin, dans un temps qui est le sien mais qui n'est pas le nôtre, mais ensuite quand le soir tombe, où va t il? C'est pour moi comme si ce refrain, cette scansion, renvoyait à un Dieu qui se retire, comme la marée, qui laisse les choses se mettre en place, s'ajuster, et qui se manifeste ensuite dans une autre séparation, dans une autre création. Et j'aurais aimé que cette scansion introduise comme un silence dans la lecture.
Le second, m'a fait réfléchir sur le différence entre Jean le baptiste et Jésus. Le premier dit aux foules: convertissez vous et faites pénitence (ce qui est un langage de l'ancien testament). Jésus dit: convertissez vous, car le royaume est tout proche, ou encore, le royaume est parmi vous.
Si le royaume est là, c'est que Dieu se fait présent, simplement (enfin ce n'est pas si simple) il faudrait que les yeux s'ouvrent pour le reconnaître. Alors les guérisons dont il est fait mention dans cet épisode,montrent qu'elles sont là pour ouvrir les yeux. La guérison physique est comme un signe avant coureur de la guérison spirituelle, du salut. Et je pense que c'est pour cela que le dernier verset dit: "tous ceux qui le touchaient étaient sauvés" . Les guérisons sont là pour montrer que oui, le royaume de Dieu est là, et le Salut est donné par Jésus, ce salut qui permet d'être vivant dès aujourd'hui.
Le premier, m'a fait réagir sur le leitmotive: il y eut un soir, il y eut un matin, premier jour. Comme si il y avait là une durée énorme, que les mots de ne rendent pas, qui renvoient à autre chose qu'au temps qui pour nous sépare le soir du matin. Que fait Dieu pendant cette durée? Où est-Il? On peut imaginer qu'il crée (et surtout sépare) à partir du matin, dans un temps qui est le sien mais qui n'est pas le nôtre, mais ensuite quand le soir tombe, où va t il? C'est pour moi comme si ce refrain, cette scansion, renvoyait à un Dieu qui se retire, comme la marée, qui laisse les choses se mettre en place, s'ajuster, et qui se manifeste ensuite dans une autre séparation, dans une autre création. Et j'aurais aimé que cette scansion introduise comme un silence dans la lecture.
Le second, m'a fait réfléchir sur le différence entre Jean le baptiste et Jésus. Le premier dit aux foules: convertissez vous et faites pénitence (ce qui est un langage de l'ancien testament). Jésus dit: convertissez vous, car le royaume est tout proche, ou encore, le royaume est parmi vous.
Si le royaume est là, c'est que Dieu se fait présent, simplement (enfin ce n'est pas si simple) il faudrait que les yeux s'ouvrent pour le reconnaître. Alors les guérisons dont il est fait mention dans cet épisode,montrent qu'elles sont là pour ouvrir les yeux. La guérison physique est comme un signe avant coureur de la guérison spirituelle, du salut. Et je pense que c'est pour cela que le dernier verset dit: "tous ceux qui le touchaient étaient sauvés" . Les guérisons sont là pour montrer que oui, le royaume de Dieu est là, et le Salut est donné par Jésus, ce salut qui permet d'être vivant dès aujourd'hui.
samedi, février 07, 2009
Puissance d'égarement .2Th 2,11
2Th11 C'est pourquoi Dieu leur envoie une puissance d'égarement qui les fait croire au mensonge,
12 afin que soient jugés tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité mais ont pris plaisir à l'injustice.
C'était dans l'office des lectures du 7 février, que cette phrase adressée par Paul aux chrétiens de Thessalonique m'a fait sursauter.
Que Paul (comme le sera bien des années plus tard l'auteur des épîtres johanniques) soit inquiet pour sa communauté, cela peut se comprendre. Qu'il ait peur que son église se laisse séduire par des chrétiens d'origine juive qui veulent imposer la circoncision, certes, mais cette phrase est quand même très imprécatoire et pour moi très évocatrice du premier testament.
Quand le prophète Elisée envoie un esprit de berlue sur les soldats qui viennent s'emparer de lui, une partie de moi trouve cela un peu drôle.
Quand lors de certaines batailles, les ennemis de battent contre eux même, toujours à cause de ce même esprit d'égarement et de confusion, cela montre la puissance du Dieu qui a choisi ce peuple pour être son peuple.
Mais il y a aussi ce mauvais esprit qui s'empare de Saül, et qui pour moi est un esprit de suspicion puisqu'il sait qu'il n'est plus le roi, qu'un autre prendra sa place, mais qu'il n'est pas question pour lui de céder ses prérogatives. Tous peuvent devenir des rivaux et doivent être mis à mort. Cet esprit là, je le trouve très humain. N'est ce pas le moteur d'un bon nombre de pièces de Shakespeare, qui présente des guerres de succession.
Il y a surtout cet esprit qui vient "endurcir" ce coeur de pharaon. Pharaon était considéré comme un Dieu. Que YHWH endurcisse le coeur de pharaon pour le forcer à accepter de laisser partir le peuple, est un moyen de montrer que le Dieu des hébreux est plus fort que le Dieu qui domine sur l'Egypte.
Mais Paul lui, que veut-il signifier?
Est ce le Dieu que Jésus est venu révéler est un Dieu qui prendrait plaisir à voir les fils chèrement acquis par la mort de son fils, être privés du salut?
Et bien je n'aime pas Paul quand il prend des allures de dieu vengeur.
Pour moi, je retrouve l'image d'un Dieu vindicatif, qui se complairait à empêcher l'être humain d'ouvrir les yeux. Et cela ne me plaît guère. Je sais bien que Jésus dit la même chose quand il explique à ses disciples le sens caché des paraboles et cela m'a toujours dérangée.
Si Paul avait dit que Dieu ne force pas les êtres humains à accueillir "l'amour de la vérité", cela sera compréhensible, encore que pour Paul, le moins que l'on puisse dire c'est que le Christ a quand même utilisé une manière forte. Mais dire que Dieu respecte la liberté de l'homme, oui cela est positif. Mais dire que Dieu envoie un esprit d'égarement, cela revient certes à dire qu'Il est le tout puissant, mais pourquoi ne pas donner un petit coup de pouce à cette espèce humaine qui a bien du mal à discerner ce qui est bon pour elle.
12 afin que soient jugés tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité mais ont pris plaisir à l'injustice.
C'était dans l'office des lectures du 7 février, que cette phrase adressée par Paul aux chrétiens de Thessalonique m'a fait sursauter.
Que Paul (comme le sera bien des années plus tard l'auteur des épîtres johanniques) soit inquiet pour sa communauté, cela peut se comprendre. Qu'il ait peur que son église se laisse séduire par des chrétiens d'origine juive qui veulent imposer la circoncision, certes, mais cette phrase est quand même très imprécatoire et pour moi très évocatrice du premier testament.
Quand le prophète Elisée envoie un esprit de berlue sur les soldats qui viennent s'emparer de lui, une partie de moi trouve cela un peu drôle.
Quand lors de certaines batailles, les ennemis de battent contre eux même, toujours à cause de ce même esprit d'égarement et de confusion, cela montre la puissance du Dieu qui a choisi ce peuple pour être son peuple.
Mais il y a aussi ce mauvais esprit qui s'empare de Saül, et qui pour moi est un esprit de suspicion puisqu'il sait qu'il n'est plus le roi, qu'un autre prendra sa place, mais qu'il n'est pas question pour lui de céder ses prérogatives. Tous peuvent devenir des rivaux et doivent être mis à mort. Cet esprit là, je le trouve très humain. N'est ce pas le moteur d'un bon nombre de pièces de Shakespeare, qui présente des guerres de succession.
Il y a surtout cet esprit qui vient "endurcir" ce coeur de pharaon. Pharaon était considéré comme un Dieu. Que YHWH endurcisse le coeur de pharaon pour le forcer à accepter de laisser partir le peuple, est un moyen de montrer que le Dieu des hébreux est plus fort que le Dieu qui domine sur l'Egypte.
Mais Paul lui, que veut-il signifier?
Est ce le Dieu que Jésus est venu révéler est un Dieu qui prendrait plaisir à voir les fils chèrement acquis par la mort de son fils, être privés du salut?
Et bien je n'aime pas Paul quand il prend des allures de dieu vengeur.
Pour moi, je retrouve l'image d'un Dieu vindicatif, qui se complairait à empêcher l'être humain d'ouvrir les yeux. Et cela ne me plaît guère. Je sais bien que Jésus dit la même chose quand il explique à ses disciples le sens caché des paraboles et cela m'a toujours dérangée.
Si Paul avait dit que Dieu ne force pas les êtres humains à accueillir "l'amour de la vérité", cela sera compréhensible, encore que pour Paul, le moins que l'on puisse dire c'est que le Christ a quand même utilisé une manière forte. Mais dire que Dieu respecte la liberté de l'homme, oui cela est positif. Mais dire que Dieu envoie un esprit d'égarement, cela revient certes à dire qu'Il est le tout puissant, mais pourquoi ne pas donner un petit coup de pouce à cette espèce humaine qui a bien du mal à discerner ce qui est bon pour elle.
mercredi, février 04, 2009
Nolli me tangere

C'est la phrase que Jésus dit à Marie-Madeleine le matin de Pâques,et que je cite dans son contexte: Jn20,16 Jésus lui dit : « Marie. » Elle se retourna et lui dit en hébreu : « Rabbouni » — ce qui signifie maître. 17 Jésus lui dit : « Ne me retiens pas ! car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Pour toi, va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu. » 18 Marie de Magdala vint donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit.
Pour cette disciple qui a "touché" et oint son Seigneur, se faire en quelque sorte "rembarrer" n'a pas du être si simple, d'autant que nous les humains, nous avons souvent besoin de "toucher" pour croire. Mais elle, c'est le son de la voix qui a permis la reconnaissance. Mais l'obéissance à cette injonction fait d'elle la Hérault de la bonne nouvelle: la mort a été vaincue, Il est Vivant, Il est le Vivant.
Il n'en demeure pas moins que cette phrase est énigmatique: "je ne suis pas encore remonté vers mon père", comme si Jésus avait une tâche à accomplir. Jésus a dit: "Je suis le chemin, la vérité et la vie", et " je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi"Jn 17, 24. Est ce chemin là qui doit s'ouvrir et qui ne peut s'ouvrir qu'au matin de la Résurrection, chemin fermé jusque là à l'humanité et qui s'ouvre enfin? C'est une hypothèse.
Mais je ne peux m'empêcher de rapprocher cette phrase de celle qui est prononcé par celui que l'on appelle "l'Ange de Dieu", lors du combat avec Jacob.

Car au petit matin, à l'aube, (un peu comme dans l'épisode de l'Evangile, avant que le soleil ne soit levé - et peut-être que symboliquement cela a son importance, puisque Jésus est aussi le nouveau Soleil), l'ange dit: "Lâche moi, car l'aurore est levée"Mais Jacob répondit: je ne lâcherai pas que tu ne m'aies béni.
Jacob reçoit alors un nouveau nom, mais si l'Ange refuse de dire le sien, il bénit Jacob-Israël et disparaît.
Elie Wiesel dans un petit livre: "célébrations bibliques", parle de cet événement. Un midrash raconte que l'Ange doir repartir, car à l'aube, on chante au ciel la gloire de l'éternel. Et ne pas être là peut provoquer un renvoi. Jacob rétorque que cet ange parle trop, qu'il doit le bénir comme les anges qui ont été envoyés à Abraham. Mais ces anges là étaient venus pour cela, ce qui n'est pas ce qui se passe dans ce combat. Mais Jacob obtient un nom nouveau Israël, mais aussi une marque dans son corps: la boiterie. Le combat avec Dieu laisse des traces.
Il y a une phrase que je n'arrive plus à retrouver, mais qui dit que : quand l'homme combat avec Dieu, (l'initiative semblant venir de Dieu, comme dans le combat de Jacob), l'homme a le droit de "retenir" Dieu, de ne pas le laisser partir, de poser la main sur Lui, jusqu'à ce qu'il ait obtenu une promesse (ou autre nom). Et cela c'est la force de l"humain, mais cela montre aussi ce que Dieu est capable d'accepter.
Des combats nous avons tous à en mener. Peut-être est il important de savoir que si difficiles soient ils, ils feront de nous des hommes nouveaux à l'image de celui qui a vaincu la mort.
lundi, février 02, 2009
"tourmenté par un esprit mauvais"Mc 1, 23
On est au tout début de l'évangile de Marc. Et ce qui me frappe c'est que cette phrase me fait penser au roi David.
Dans le premier livre de Samuel on trouve:1 Sam 16, 14. "L'esprit de Yahvé s'était retiré de Saül et un mauvais esprit, venant de Yahvé, lui causait des terreurs", et un peu plus loin: 1 Sam 16, 23. "Ainsi, chaque fois que l'esprit de Dieu assaillait Saül, David prenait la cithare et il en jouait; alors Saül se calmait, il allait mieux et le mauvais esprit s'écartait de lui".
Que le premier "miracle "de Jésus soit de chasser un esprit mauvais qui tourmente un homme, ne me semble pas dû au hasard.
Dans notre tradition française, le roi avait le pouvoir de guérir de certaines maladies. On peut alors penser que ce miracle dit quelque chose sur Jésus.
Il est le Messie attendu, le nouveau roi; qui va délivrer l'ensemble du peuple de ses esprits mauvais mais qui ne délivrera pas Jérusalem de la main mise romaine.
Dans le premier livre de Samuel on trouve:1 Sam 16, 14. "L'esprit de Yahvé s'était retiré de Saül et un mauvais esprit, venant de Yahvé, lui causait des terreurs", et un peu plus loin: 1 Sam 16, 23. "Ainsi, chaque fois que l'esprit de Dieu assaillait Saül, David prenait la cithare et il en jouait; alors Saül se calmait, il allait mieux et le mauvais esprit s'écartait de lui".
Que le premier "miracle "de Jésus soit de chasser un esprit mauvais qui tourmente un homme, ne me semble pas dû au hasard.
Dans notre tradition française, le roi avait le pouvoir de guérir de certaines maladies. On peut alors penser que ce miracle dit quelque chose sur Jésus.
Il est le Messie attendu, le nouveau roi; qui va délivrer l'ensemble du peuple de ses esprits mauvais mais qui ne délivrera pas Jérusalem de la main mise romaine.
vendredi, janvier 30, 2009
"Tu fais pleurer l'bon Dieu la la"
Le titre de ce billet vient du refrain d'une chanson: "pleure donc, pleure donc pas comme ça tu fais pleurer le bon Dieu". Pourquoi ce titre? Une réponse possible est que souvent, nous entendons affirmer que notre péché attristerait Dieu au point de le faire pleurer.
Cet anthropomorphisme me dérange. J'ai, je crois déjà écrit, que le jour du vendredi saint, au moment où Jésus "remet son esprit" mais le répand aussi, il y a eu non une tristesse et des larmes dans l 'Au-delà, mais une grande Joie, parce que Jésus en acceptant de mourir comme cela, ouvrait la voie à toute l'humanité qui pouvait désormais comprendre ce que c'est que d'aimer.
Après tout, Jésus en tant qu'être humain aurait pu faillir, et il ne l'a pas fait. Il aurait pu prendre la fuite et laisser ses disciples trinquer à sa place, il ne l'a pas fait. Il s'est laissé conduire comme une brebis à l'abattoir et pour le peuple qui vivait à ce moment là, le symbolisme de l'agneau était facile à comprendre. J'ai trouvé dans l'épître aux hébreux une phrase que j'aime: "Or, quand le pardon est accordé, on n'offre plus le sacrifice pour les péchés". He 4, 36. La mort de Jésus procure de manière définitive la reprise de la relation entre Dieu et l'humanité crée par Lui.
Mais la notion de pardon renvoie à la notion de péché, et le péché semble provoquer chez le Dieu créateur, une colère violente (et pas des larmes). Sa tendance est de détruire cette espèce "rebelle" à la nuque raide.
Si le mot de réconciliation apparaît si souvent dans la Bible, c'est que le péché provoque la colère de Dieu et déclenche une punition qui ne lève la faute que si elle est reconnue comme la cause du désastre. L'ampleur du désastre vécu soit individuellement soit collectivement, prend le sens de la manifestation du "dégoût" de Dieu. Elle met alors en route la conversion: changer de cap, pour choisir la vie.
Mais faire pleurer Dieu qu'est ce que cela veut dire? Le Dieu qui dit: Is 45, 7 "Je façonne la lumière et je crée les ténèbres, je fais la paix et je crée le malheur; c'est moi, le SEIGNEUR (YHWH), qui fais tout cela", j'ai du mal à me le représenter comme une maman attristée par le comportement de son ou de ses enfants. La souffrance "morale", celle qui fait monter des larmes, est une atteinte, une blessure, une modification dans un sens négatif, et cela pour moi, ne va pas avec la représentation du signifiant Dieu.
Je veux dire que que si j'ai le pouvoir de faire "pleurer" le Tout Puissant, le Créateur des Univers (comme on le chante) alors je me demande un peu qui est Celui là.
A la limite, il y a une sorte de chantage: si tu es gentil (obéissant) Dieu est content, comme tes parents le sont, mais si tu es méchant et si tu n'obéis pas, alors tu vas les rendre très malheureux et tu risques gros. Et si tu fais pleurer ta mère, à cause de ton inconduite, alors tu manques au commandement qui te dis "d'honorer ton père et ta mère" et tu vas te retrouver en enfer.
Pour Jésus qui a pleuré sur cette terre, les choses pourraient être différentes, sauf que si Jésus a connu la tristesse, la fatigue, la mort, aujourd'hui Il est aujourd'hui dans la gloire du Père et même si nous nous le représentons comme un homme de 33 ans, dans la force de l'âge, même si la la veille de sa mort il a versé des larmes de sang, ce Jésus là est le ressuscité, le Vivant.
Et pourtant, je peux comprendre avec mon vécu d'humain, ce qu'un Dieu d'Amour peut ressentir, mais sans que cela ne le mine. Lorsque l'on est parent et que l'on pense avoir fait tout ce qui est possible pour que son enfant ait le maximum de chances de réussir sa vie et qu'il ne le fait pas, alors il se passe quelque chose chez ce parent qui pour moi pourrait être proche de ce Dieu peut éprouver quand nous n'utilisons pas toutes nos potentialités.
Dans notre culture, quand un parent vit cette sorte d'échec, il peut connaître une grande tristesse, mais s'il est un parent, jamais il ne reniera son fils ou sa fille, et toujours il respectera sa liberté et toujours il attendra qu'il ou elle change. Peut-être même se remettra t il en question? D'une certaine manière je suis en train de décrire le comportement du père du fils prodige de l'évangile de Luc.
Cet homme là ne s'oppose au désir de son fils; il accepte de la laisser partir. Il l'aperçoit de loin quand le fils rentre, et en fait avant même qu'il ait prononcé une phrase apprise (je ne suis plus digne d'être appelé ton fils) il est ému, le prend dans ses bras et le réintègre dans la maison.
Je pense que lorsque Dieu regarde les créatures qu'il a finalement dotées de beaucoup de capacités, il a de bonnes raisons de trouver qu'il s'est planté. Mais comment un Dieu qui se dit amoureux de sa création, comment un Dieu qui envoyé son propre Fils pour nous indiquer le chemin pour aller vers Lui, pourrait-il réellement désirer la mort de l'espèce humaine? Cela ne colle pas, en tous les cas avec la représentation que j'ai aujourd'hui de Dieu.
Ce que je veux dire c'est que je peux m'émouvoir d'avoir comme Dieu un Père qui donne sans se lasser, qui laisse libre de avec ces dons ou de ne pas faire, et qui attend que le chemin s'ouvre.
Je peux quand je regarde ma vie, faire une sorte de bilan de ce que j'ai reçu, et convenir que ce j'ai donné n'est peut-être pas à la hauteur des dons que j'ai reçu et à ce moment là me tourner vers mon Dieu Père, et reconnaître ce négatif. Mais imaginer qu'Il puisse pleurer, NON.
Je dirai même que si je reconnais à la fois Sa richesse et ma pauvreté, Ses bras me sont ouverts. Et peut-être que moi, je peux verser des larmes de bonheur, car cela existe aussi.
Je peux remercier pour ce que j'ai reçu je peux reconnaître que je n'ai pas fait, et je peux m'extasier plus que m'excuser sur la fidélité de ce Dieu qui ne se détourne pas, qui reste présent.
mardi, janvier 13, 2009
Moïse Jésus.
Mon mari me faisait remarquer que quand les pharisiens demandent à Jésus de "faire un signe", alors que nous savons qu'il y a eu la multiplication des pains et des résurrections, ils demandaient un signe comme ceux que Moïse avait produit.
Ces signes là qui sont soit des catastrophes (les plaies d'Egypte) soit des affrontements avec la royauté (Elie) sont reconnus par tous. Dieu est avec ces hommes là.
Or Jésus ne fonctionne pas comme cela.
Si on prend l' évangile de Jean, il est quand même intéressant de noter que lors de la première plaie d 'Egypte, Moïse change l'eau du Nil en sang alors que Jésus transforme l'eau de Cana en vin. L'un génère la peur et le terreur, l'autre la joie et la confiance.
Quant à la dernière plaie, elle se concrétise par la mort de tous les premiers nés du pays d'Egypte,. Et Jésus le premier né ,donne la vie à l'humanité. .
Ces signes là qui sont soit des catastrophes (les plaies d'Egypte) soit des affrontements avec la royauté (Elie) sont reconnus par tous. Dieu est avec ces hommes là.
Or Jésus ne fonctionne pas comme cela.
Si on prend l' évangile de Jean, il est quand même intéressant de noter que lors de la première plaie d 'Egypte, Moïse change l'eau du Nil en sang alors que Jésus transforme l'eau de Cana en vin. L'un génère la peur et le terreur, l'autre la joie et la confiance.
Quant à la dernière plaie, elle se concrétise par la mort de tous les premiers nés du pays d'Egypte,. Et Jésus le premier né ,donne la vie à l'humanité. .
samedi, décembre 27, 2008
Moi Paul de Tarse.

Il s'agit d'une intervention que j'ai faite dans le cadre de l'année Saint Paul, pour ma paroisse.
Comme il s'agit d'un texte assez long, il m'a paru plus simple de le proposer en téléchargement: http://www.plestang.com/docs/moi-paul-de-tarse.doc
Il est tout à fait possible de sauter l'introduction pour aller directement au "corps du texte" après le plan. .
mercredi, décembre 17, 2008
Du lâcher prise au pardon.

Du lâcher prise au pardon.
On dit très souvent dans les milieux chrétiens que même si on a été victime d’abus qui ont provoqué des blessures très graves, il faudrait (je mets exprès au conditionnel ) pardonner à la personne qui a le rôle d’agresseur ou de persécuteur.
Que cela s’appuie sur une réalité psychologique : pardonner permet un allègement de la culpabilité (on devient le tout bon après avoir été le tout mauvais), je n’irai pas à l’encontre d’une telle affirmation, mais comment oublier ce qui vous a été fait, comment oublier la souffrance, la douleur ? La mémoire peut-elle se nettoyer comme celle d’un disque dur ?
Que pour les chrétiens cela s’appuie sur un certain nombre de phrases évangéliques et en particulier sur la dernière phrase de la prière enseignée par Jésus : "pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés", c’est évident. Seulement sur la croix Jésus n’a pas dit qu’il pardonnait à ses bourreaux, mais Père pardonne leur, parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. Ce qui revient à dire que le pardon appartient à Dieu et que Lui seul peut pardonner. C’est d’ailleurs ce qui est rétorqué à Jésus quand il remet les péchés du paralytique (Mc2, 5). Mais remettre est-ce pardonner ? Remettre une dette ce peut être annuler la dette ou différer le remboursement.
En d’autres termes le pardon n’est pas une chose que l’on peut faire tout seul, et un être humain doté d’une mémoire n’est pas fait pour oublier facilement les sévices qu’on lui a fait subir.
Et pourtant le pardon est possible, mais c’est ce qui clôt un chemin et non ce qui l’ouvre. Je veux dire qu’il y a d’abord un long travail de deuil, qui permet de déboucher sur le « lâcher prise » puis sur la compassion et enfin sur le pardon .
Le deuil.
Il est nécessaire dans un premier temps (qui peut être très long) d’accepter de regarder la personne qui vous a fait du mal comme quelqu’un dont il faut se séparer car elle est toxique . Or ceci est très difficile. Il s’agit de faire le deuil de quelqu’un de vivant, de quelqu’un qui bien souvent a été quelqu’un de très important pour vous. Il faut en faire son deuil.
Les travaux d’Elisabeth Kübler-Ross qui portent sur le deuil montrent qu’il y a un certain nombre de phases qui sont indispensables. Or pour quelqu’un qui a été confronté par exemple à un abus psychologique, il lui faut sortir de du déni (car il n’est pas permis de dire que cette personne a été mauvaise), arriver ensuite à exprimer sa colère, or exprimer de la colère est très dangereux, car toute colère qui renvoie à une critique, est elle aussi interdite et de ce fait elle est bien souvent transformée en tristesse qui est une sorte de sentiment racket, car la tristesse, elle est socialement admise. Ensuite vient une phase de dépression, car il faut bien reconnaître la perte puis enfin l’acceptation.
Ce processus est déjà un processus qui prend du temps et qui demande un accompagnement.
De mon point de vue, ce travail va permettre d’accéder au lâcher prise qui n’est pas le pardon, loin de là.
Il s’est noué avec la personne abusive des liens extrêmement forts; même s’il n’y a plus de contacts avec cette personne, elle est tellement présente encore dans le psychisme qu’elle demeure vivante, parfois elle se manifeste sous la forme d’une petite voix critique, pleine de reproches. Cette voix il est nécessaire de décider de ne plus vouloir l’entendre.
Le Lâcher Prise.
Jacques Salomé décrit la relation comme une écharpe dont chaque personne tient un bout. L’image de l’écharpe est quelque chose d’assez léger. Mais quand il y a eu une relation toxique avec quelqu’un de son entourage, ce n’est pas une écharpe, mais un véritable câble, et il faut couper les filins qui le composent.
Quand on reconnaît que le fait de couper ces liens est une très bonne chose pour soi, qu’elle est tout bénéfice, car on ne sera plus bloqué par un poids qu’on n’a pas demandé à porter, alors le lâcher prise devient possible. Il faut quelque part arrêter d’espérer que l’on pourra changer la personne qui vous a fait du mal et que consacrer une partie de son énergie à cela, ne sert à rien, si ce n’est à aller de désillusion en désillusion, ce qui empêche justement de se détacher.
C’est une démarche qui peut sembler égoïste, mais qui est vitale. Il faut peut-être pour qu’elle soit possible avoir récupéré une image de soi de bonne qualité, d’où l’importance de l’accompagnement.
Pour ma part quand je me trouve en train de remâcher quelque chose avec quelqu’un qui m’a fait du mal, je m’oblige à me voir avec une paire de pinces coupantes pour sectionner le lien. Et je refais cela autant de fois qu’il est nécessaire, jusqu’à que je ressente en moi une sensation de légèreté, de libération, car il s’agit bien de libération. On est très doué pour se mettre sur les épaules des choses qui n’ont pas y êtLre. Et comme on n’arrive à rien, on se sent coupable ce qui renforce le lien comme dans un cercle sans fin.
Je sais que certains thérapeutes utilisent des symboles pour manifester cette libération. Une image que j’aime beaucoup est celle du ballon rempli d’air ou d’hélium. Moi je tiens la ficelle qui va au ballon, et ce ballon d’une certaine manière, je le retiens prisonnier. Si je lâche la ficelle, je n’ai plus besoin d’utiliser ma force pour quelque chose qui ne sert à rien, donc tout bénéfice pour moi, mais surtout je laisse l’autre d’aller sur le chemin qui est le sien et je crois que cela est important quand on en veut à quelqu’un qui est décédé. Peut-être a-t-il un chemin à vivre dans l’au-delà et qui suis-je pour l’alourdir, le bloquer avec ma rancune, ma rancœur, ma colère.
Je ne dis pas que cette démarche est facile, elle devient possible au bout d’un certain temps et je pense que pour les chrétiens l’aide de l’Esprit saint est une grande force.
La Compassion.
Quand cette étape est franchie, et comme je l’ai dit, elle donne une extraordinaire sensation de plénitude, de joie et de paix (quelque chose est enfin derrière et ne viendra plus jamais menacer), on peut regarder la personne qui vous a persécuté autrement et peut-être même avoir de la compassion pour elle. Si elle a fait cela c’est qu’elle même avait du subir des choses difficiles, seulement elle n’était pas obligée de les faire vivre aux autres. La compassion pour moi, c’est aussi souhaiter que la personne un jour se rende compte de ce qu’elle a subi et de ce qu’elle a commis et qu’elle puisse changer, mais cela n’est pas de mon ressort, car je ne la « porte » plus. Et il est aussi possible d’élargir cette compassion à toutes les personnes qui comme elles sont devenues mauvaises parce que la vie a été trop dure avec elles, et à toutes les personnes qui ont été victimes.
Mais ceci n’est pas le pardon. Cela permet de revivre, d’être heureux, de ne plus se sentir responsable ni coupable de ce qu’on n’a pas su faire pour réparer l’autre, mais pardonner c’est autre chose : ce serait faire comme si ce qui a été fait pouvait être comme gommé, annulé, et cela nous les humains nous ne sommes pas capables de le faire.
Le Pardon.
Il y a un terme que les chrétiens utilisent beaucoup pour parler de Dieu, c’est le mot de miséricorde (le cœur de Dieu serait touché par la misère de l’homme). C’est un mot avec lequel j’ai eu pour ma part beaucoup de mal, car d’une certaine manière il me rabaissait, je le ressentais avec une note de condescendance. Et puis il est arrivé que ce mot se transforme pour moi et il est devenu « torrent d’amour ».
Le torrent d’amour que Dieu peut déverser est tellement puissant qu’il peut d’un coup enlever toutes les scories, toutes les grisailles. Il ne reste plus rien sauf cet amour qui est là et qui reste et demeure dans son cœur. Cet amour là est capable d’effacer la faute.
Quand j’ai fait cette expérience, car pour moi il s’agit d’une expérience, j’ai vraiment compris que lors du sacrement de réconciliation c’était de cela dont il s’agissait, que Dieu lui pouvait effacer de sa mémoire (pardon pour l’anthropomorphisme), le souvenir de ce qui avait été « pas assez bien » ou même « mauvais »." Vos péchés seraient ils rouges comme l'écarlate" ils deviendront blancs comme neige" fait dire Isaïe au Seigneur et le Père du fils prodigue oublie tout quand il aperçoit son fils amaigri mais vivant.
Et parce que moi j’avais vécu cette expérience là, je pouvais pardonner ou plus exactement laisser le torrent d’amour qui était en moi aller vers l’autre, pour qu’il soit lui aussi comblé. En d’autres termes je peux désirer donner à celui qui m’a fait du mal le meilleur que je connaisse, pour qu’il arrive à la vie.
Et ceci est extrêmement différent du lâcher prise qui ,je le croyais jusqu’il y a peu de temps, était tout ce dont j’étais capable.
Mais si pour moi qui n’ai pas vécu d’abus, il m’a fallu tout ce temps pour entrer dans cette joie, je maintiens que demander à des personnes abusées, blessées au plus profond d’elles-mêmes, je pourrais dire mutilées, de pardonner comme tout préalable à une reconstruction psychique est un non sens, sauf bien sûr, si l’Esprit Saint se manifeste, ce qui est toujours possible.
lundi, novembre 24, 2008
"Si le christ n'est pas ressuscité" 1Cor 15, 15
"Et si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est vide, et vide aussi votre foi".
Nous connaissons tous ce texte de Paul qui va jusqu'à dire que si la résurrection n'a pas eu lieu,nous sommes les plus malheureux des hommes.
Il semble bien évident que si Christ n'est pas ressuscité, il n'y a pas de don de l'Esprit, et nous restons dans les ténèbres.
Mais ayant ces derniers temps essayé de réfléchir sur la notion de réconciliation (Paul ne parle-t-il pas pour lui-même d'un ministère de réconciliation) je me suis demandée si d'une certaine manière la résurrection ne peut pas être entendue comme le signe que désormais entre L'homme et son créateur, la paix est faite par le sang de la croix. Si la résurrection n'a pas eu lieu, alors Jésus a échoué dans son oeuvre de Salut, oeuvre qui pour moi est donner la Vie, faire des humains des vivants.
Je vais essayer de m'expliquer.
Si comme l'explique Paul dans le début de l'épître aux Romains, les hommes par leur inconduite et leur incapacité à reconnaître le Dieu Unique, ont provoqué la colère de celui-ci, il y a eu rupture de l'alliance proposée et risque de mort pour l'humain.
L'histoire d'Israël prouvant que chaque fois qu'il y a détournement (rupture de l'alliance proposée par Dieu), la colère de Dieu se manifeste sous forme de désastres qui semblent aller jusqu'à la disparition du peuple, qui perd sa ville et son temple.
Quand il y a rupture d'alliance, qui faut-il faire pour pour la rétablir?
Il y a une réponse donnée dans le dernier chant du serviteur (Isaîe 53:,4-5:En fait, ce sont nos souffrances qu'il a portées,ce sont nos douleurs qu'il a supportées,et nous, nous l'estimions touché,frappé par Dieu et humilié.
5 Mais lui, il était déshonoré à cause de nos révoltes,broyé à cause de nos perversités :la sanction, gage de paix pour nous, était sur lui,et dans ses plaies se trouvait notre guérison.
Je reviens à mon schéma de réconciliation.
Il ya donc rupture de l'alliance ou de la relation. La personne qui a rompu l'alliance ou la relation se rend compte qu'elle risque gros à avoir posé ce geste ou cet acte, ou cette parole et désire reprendre la relation (voir obtenir la protection, ce qui est montré dans la parabole de l'enfant prodigue). Pour cela il doit reconnaître explicitement sa faute (repentance?), demander le pardon. Celui ci ne pouvant être obtenu qu'après un acte qui vient en quelque sorte faire réparation. C'est cet acte qje Jésus suir la croix (agneau pascal) à posé comme signe de redemption (rachat).
La réparation ayant été acceptée, (sacrifice de la nouvelle alliance en son sang), la relation est ici non pas restaurée, mais transfigurée, et cela est manifesté dans la résurrection.
Je veux dire que le signe donné (qui renvoie quand même à ce que Jésus dit du signe de Jonas: redevenir vivant après trois jours passés dans le ventre de la baleine) montre que en Jésus, premier né de toute la création, la Vie est redonnée à l'humanité en sa plénitude, même s'il ne s'agit que d'un devenir ou d'un Ad Venir.
La résurrection est donc le signe que par la mort de Jésus sur la croix, le Père en acceptant ce signe de soumission et surtout d'amour inconditionnel pour l'humanité), redonne la vie qui semblait avoir été perdue dès que l'humain s'était détourné de la parole de son créateur.
Mais la Vie qui est ainsi donnée, est une vie autre, une vie qui n'a rien à voir avec le fait de ne pas connaître la mort, une vie qui nous permettra peut-être d'être amoureux de Dieu et amoureux de nos frères.
Alors oui si le Christ n'est pas ressuscité, oui notre foi est vaine est nous sommes les plus malheureux des hommes. Mais s'Il l'est, alors à nous la Vie dans sa plénitude.
samedi, novembre 15, 2008
"Figures d'ombre"
Chaque fois que je lis en Gn32,24 le combat de Jacob contre cet inconnu qui vient l’assaillir à Yabbok, pendant la nuit qui le sépare de la rencontre avec son frère jumeau dont il a usurpé la place (droit d’aînesse et bénédiction), je me dis qu’il s’agit peut-être d’un combat contre l’Ange de Dieu, mais peut-être aussi du combat contre la figure d’ombre (celle qui cherche à détruire et qui a détruit) qui est en lui.
Ces figures d’ombre nous en portons tous et nous avons tendance à les fuir de peur qu’elles ne nous mettent à mal. Pourtant, tant qu’elles n’ont pas été affrontées elles restent toutes puissantes.
Jacob est né en tenant le talon de son frère, en s’y accrochant d’une certaine manière, comme s’il n’était pas dissocié de ce frère. Qui est-il ce bébé (qui sera le préféré de la mère) et qui s’arrangera pour prendre par la ruse (la force des faibles) les attributs de son frère ? Qui est-il cet homme qui prend la fuite et qui se fait berner par Laban et même par ses femmes? Jacob n’est pas un fort, il est un faible (comme nous tous).
Mais cette nuit là, il n’a pas le choix ; c’est lui ou l’autre, comme demain ce sera lui ou son frère qui sera la vainqueur. Alors là, il se bat. Il sort blessé de cette rencontre, mais il pourra affronter son frère, maintenant qu’il n’usurpe plus une identité qui n’est pas sienne (une des signification de ce prénom est usurpateur) et surtout il a reçu un nom nouveau à défaut d’une bénédiction. Or ce nom Israël qui est le nom générique des 12 tribus fait de lui un des pères fondateurs du peuple avec le quel Dieu a fait alliance. Quant au nom reçu Israël qui veut dire fort avec Dieu ou contre Dieu, je me demande si le contre ne doit être entendu dans le sens de tout proche, qui est tout contre, mais maintenant il est fort, la faiblesse est partie.
.
Si pour Jacob, il est relativement facile de comprendre ainsi ce combat, il me semble que ces mêmes combats se retrouve avec Moïse et Abraham.
En Ex4,34 l’auteur rapporte un épisode très étrange où l’Ange de Yahvé décide d’attaquer Moïse pour le tuer. Pourtant Moïse vient enfin de se décider à partir pour affronter le pharaon, ce qui ne lui sourit guère, malgré ce que Yahvé lui a dit, montré, et promis. Sa femme circoncit leur fils et répand le sang sur les pieds de Moïse ce qui fait de lui un père de sang.. Maintenant il est bien possible que le mot « pied » soit un euphémisme. Mais du sang, Moïse en a sur les mains si j’ose parler ainsi. N’est-il pas un assassin qui a fuit son pays pour ne par payer le crime dont il s’est rendu coupable ?.
Peut-être que cette peur d’être mis à mort pour cela le taraude encore, car y a t-il comme cela est dit dans l’alliance noachique un prix du sang à payer pour que la dette : soit abolie . Gn9,6 : « qui verse le sang de l’homme, par l’homme aura son sang versé ». Tant que le sang n’est pas versé, la figure d’ombre demeure et n’accepte de partir que lorsque la faute est reconnue et le prix payé, même si le prix est payé par le fils.
Il est certain qu’après cet épisode, le Moïse que demandait à Dieu d’en trouver un autre que lui pour faire sortir le peuple de l’esclavage, va devenir capable se rencontrer pharaon, de lui tenir tête et de devenir un Père du peuple choisi.
Quant à Abraham, le combat qu’il livre est celui qui se passe lors du « non sacrifice » d’Isaac. Or si on se rappelle l’histoire de ce patriarche, il a condamné son fils Ismaël à une mort certaine en l’envoyant avec sa mère dans le désert, avec une cruche d’eau et une miche de pain.. Nous, nous savons que l’Ange du Seigneur n’a pas permis la mort de ce fils, mais Abraham lui ne le sait pas. Alors on peut penser qu’il y a un prix du sang à payer. D’autant que pour conserver sa propre vie, Abraham est prêt à bien des compromissions, comme de se faire passer par deux fois pour le frère de sa femme. Comment Dieu va t il lui permettre de changer, de se déprendre de cette figure d’ombre ?
Car demander l’immolation de son fils, c’est le propre des Dieux cananéens comme ceux du roi de Moab. Et il n’est pas certain que Abraham qui vient quand même de Ur où on adorait des dieux mésopotamiens ait été capable de choisir YHWH comme l’unique. Alors il lui est demande de sacrifier son unique fils, pour que YhWH devienne son unique et que la peur ne soit plus en lui.
Dans ce texte le passage du nom Elohim à YHWH, montre bien que ce dont Abraham doit se déprendre c’est d’une certaine idolâtrie:
Gn9-10 : « Ils viennent au lieu que lui a dit l’Elohim, Abraham bâtit l’autel et prépare les bois. Il ligote son fils Isaac et le met sur l’autel au-dessus des bois. 10 Abraham lance la main et saisit le coutelas pour égorger son fils. 11 Le messager de YHWH crie vers lui des ciels et dit : Abraham, Abraham : Il dit me voici ».
Les dieux cananéens demandaient des sacrifices humains et pour Abraham, son Dieu à lui rentrait dans la même catégorie. Pour en faire son allié, il semble ne pas hésiter à obéir de peur de l’offenser et de disparaître lui. Or là, il s’agit aussi de détruire en lui une fausse image de Dieu, Dieu ne demande pas des êtres humains en sacrifice, mais une relation de confiance. Ce qui caractérise peut-être Abraham c’est même si c’est parfois tout à son honneur une certaine passivité. Je veux dire qu’il ne se révolte pas quand Sarah lui demande de mettre Agar et Ismaël dehors, il invente des moyens pour ne pas être mis à mort par Pharaon ou Abimelek en faisant passer sa femme pour sa sœur. En permettant à Abraham de ne pas immoler son fils, YHWH lui permet de devenir un homme libéré.
Quand Abraham retourne chez lui, il n’est pas fait mention d’Isaac. Peut-être que par ce combat une défusion des liens père fils a-t-elle pu se faire, le fils n’est pas l’objet du père.
De tels combats qui sont de durs combats car il s’agit de sortir de la peur et de l’esclavage que cette image d’ombre a sur nous, nous sont certainement proposés, mais sommes nous capables de les affronter ?
Ces figures d’ombre nous en portons tous et nous avons tendance à les fuir de peur qu’elles ne nous mettent à mal. Pourtant, tant qu’elles n’ont pas été affrontées elles restent toutes puissantes.
Jacob est né en tenant le talon de son frère, en s’y accrochant d’une certaine manière, comme s’il n’était pas dissocié de ce frère. Qui est-il ce bébé (qui sera le préféré de la mère) et qui s’arrangera pour prendre par la ruse (la force des faibles) les attributs de son frère ? Qui est-il cet homme qui prend la fuite et qui se fait berner par Laban et même par ses femmes? Jacob n’est pas un fort, il est un faible (comme nous tous).
Mais cette nuit là, il n’a pas le choix ; c’est lui ou l’autre, comme demain ce sera lui ou son frère qui sera la vainqueur. Alors là, il se bat. Il sort blessé de cette rencontre, mais il pourra affronter son frère, maintenant qu’il n’usurpe plus une identité qui n’est pas sienne (une des signification de ce prénom est usurpateur) et surtout il a reçu un nom nouveau à défaut d’une bénédiction. Or ce nom Israël qui est le nom générique des 12 tribus fait de lui un des pères fondateurs du peuple avec le quel Dieu a fait alliance. Quant au nom reçu Israël qui veut dire fort avec Dieu ou contre Dieu, je me demande si le contre ne doit être entendu dans le sens de tout proche, qui est tout contre, mais maintenant il est fort, la faiblesse est partie.
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Si pour Jacob, il est relativement facile de comprendre ainsi ce combat, il me semble que ces mêmes combats se retrouve avec Moïse et Abraham.
En Ex4,34 l’auteur rapporte un épisode très étrange où l’Ange de Yahvé décide d’attaquer Moïse pour le tuer. Pourtant Moïse vient enfin de se décider à partir pour affronter le pharaon, ce qui ne lui sourit guère, malgré ce que Yahvé lui a dit, montré, et promis. Sa femme circoncit leur fils et répand le sang sur les pieds de Moïse ce qui fait de lui un père de sang.. Maintenant il est bien possible que le mot « pied » soit un euphémisme. Mais du sang, Moïse en a sur les mains si j’ose parler ainsi. N’est-il pas un assassin qui a fuit son pays pour ne par payer le crime dont il s’est rendu coupable ?.
Peut-être que cette peur d’être mis à mort pour cela le taraude encore, car y a t-il comme cela est dit dans l’alliance noachique un prix du sang à payer pour que la dette : soit abolie . Gn9,6 : « qui verse le sang de l’homme, par l’homme aura son sang versé ». Tant que le sang n’est pas versé, la figure d’ombre demeure et n’accepte de partir que lorsque la faute est reconnue et le prix payé, même si le prix est payé par le fils.
Il est certain qu’après cet épisode, le Moïse que demandait à Dieu d’en trouver un autre que lui pour faire sortir le peuple de l’esclavage, va devenir capable se rencontrer pharaon, de lui tenir tête et de devenir un Père du peuple choisi.
Quant à Abraham, le combat qu’il livre est celui qui se passe lors du « non sacrifice » d’Isaac. Or si on se rappelle l’histoire de ce patriarche, il a condamné son fils Ismaël à une mort certaine en l’envoyant avec sa mère dans le désert, avec une cruche d’eau et une miche de pain.. Nous, nous savons que l’Ange du Seigneur n’a pas permis la mort de ce fils, mais Abraham lui ne le sait pas. Alors on peut penser qu’il y a un prix du sang à payer. D’autant que pour conserver sa propre vie, Abraham est prêt à bien des compromissions, comme de se faire passer par deux fois pour le frère de sa femme. Comment Dieu va t il lui permettre de changer, de se déprendre de cette figure d’ombre ?
Car demander l’immolation de son fils, c’est le propre des Dieux cananéens comme ceux du roi de Moab. Et il n’est pas certain que Abraham qui vient quand même de Ur où on adorait des dieux mésopotamiens ait été capable de choisir YHWH comme l’unique. Alors il lui est demande de sacrifier son unique fils, pour que YhWH devienne son unique et que la peur ne soit plus en lui.
Dans ce texte le passage du nom Elohim à YHWH, montre bien que ce dont Abraham doit se déprendre c’est d’une certaine idolâtrie:
Gn9-10 : « Ils viennent au lieu que lui a dit l’Elohim, Abraham bâtit l’autel et prépare les bois. Il ligote son fils Isaac et le met sur l’autel au-dessus des bois. 10 Abraham lance la main et saisit le coutelas pour égorger son fils. 11 Le messager de YHWH crie vers lui des ciels et dit : Abraham, Abraham : Il dit me voici ».
Les dieux cananéens demandaient des sacrifices humains et pour Abraham, son Dieu à lui rentrait dans la même catégorie. Pour en faire son allié, il semble ne pas hésiter à obéir de peur de l’offenser et de disparaître lui. Or là, il s’agit aussi de détruire en lui une fausse image de Dieu, Dieu ne demande pas des êtres humains en sacrifice, mais une relation de confiance. Ce qui caractérise peut-être Abraham c’est même si c’est parfois tout à son honneur une certaine passivité. Je veux dire qu’il ne se révolte pas quand Sarah lui demande de mettre Agar et Ismaël dehors, il invente des moyens pour ne pas être mis à mort par Pharaon ou Abimelek en faisant passer sa femme pour sa sœur. En permettant à Abraham de ne pas immoler son fils, YHWH lui permet de devenir un homme libéré.
Quand Abraham retourne chez lui, il n’est pas fait mention d’Isaac. Peut-être que par ce combat une défusion des liens père fils a-t-elle pu se faire, le fils n’est pas l’objet du père.
De tels combats qui sont de durs combats car il s’agit de sortir de la peur et de l’esclavage que cette image d’ombre a sur nous, nous sont certainement proposés, mais sommes nous capables de les affronter ?
mercredi, novembre 12, 2008
"Qui mange ma chair et boit mon sang.." Jn 6, 56
"Qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi et moi en lu"i. Jn6, 56
Je pense n’avoir pas fini de buter sur ce verset qui depuis fort longtemps me pose question. J’ai souvent pensé que si j’avais écouté ce discours sur le pain de vie, j’aurais fait comme la plus part des juifs présents, je serais partie (peut-être même en me bouchant les oreilles).
Il me semble avoir pourtant ces jours derniers, trouvé quelques éléments qui permettent de comprendre un peu mieux.
Il y a le paradoxe de la phrase. Quand nous ingérons de la nourriture, nous ne nous transformons pas en elle, elle se transforme en nous, elle nous donne l’énergie dont nous avons besoin pour vivre. Que communier au corps et au sang nous donne une énergie autre, oui, mais comment peut-on devenir l’Autre ?
Si le corps et le sang de Jésus nous permettent de nous transformer (ou de nous laisser transformer) en Lui, c’est qu’un processus autre est l’œuvre, comme celui qui permet de renaître d’en haut. Ces inversions du « naturel » sont fréquentes dans l’Evangile de Jean et difficiles à comprendre, même à entendre .Or quand Jésus propose ces inversions, c’est qu’Il se présente comme le Tout Autre, comme le Fils de Dieu. On passe de l’ordre charnel à l’ordre spirituel et les règles de dernier peuvent être bien différentes de celles qui régissent notre univers.
Peut-être est-il possible de dire que lorsque Jean l’évangéliste fait prononcer à Jésus de telles phrases, c’est qu’il veut nous faire comprendre que Jésus se situe dans sa filiation et avec une autre logique. Dans cette hypothèse, ltout le discours sur le pain de vie devient plus facile à entendre.
Par ailleurs si comme le fait remarquer Marie Balmary dans son livre « Abraham ou le sacrifice interdit » chaque fois que dans la Bible (en particulier dans la Genèse) qu’il y a séparation des éléments, c’est qu’il y a création, il est possible de penser que lorsque Jésus le soir de la Cène donne le pain comme son corps et le vin comme son sang, il y a création. D’une certaine manière le nouveau corps de Jésus (celui d’après la résurrection) est déjà présent et de ce fait notre recréation à nous.
Cette séparation en corps enveloppe (qui est en fait ce qui reste de l’homme après son décès, quand le souffle est parti) et sang (identité de la personne, essence, vie) donne lieu à une création. La mort annoncée, réalisée devient vie.
De même que nous participons à cette mort, car en mangeant et en buvant nous participons à la destruction, nous sommes vivifiés et transformés par la Vie qui nous est alors donnée.
Actuellement je pourrais dire que manger ce qui fait figure de chair à savoir le pain et boire ce qui fait figure de sang à savoir le vin permet d’une part de voir en Jésus l’agneau pascal dont on a mangé la chair rôtie le jour de la Pâques et dont le sang badigeonné sur les portes a permis le peuple d’échapper à la mort des premiers nés. Il y a bien là une notion de rédemption de salut : la mort sauve.
Mais surtout et d'autre part la séparation de corps enveloppe et du sang ne conduit plus à la mort mais à la vie. Chaque fois que nous participons à ce repas, c’est la Vie qui se manifeste en nous et qui nous permet petit à petit de nous identifier (devenir comme) à Jésus. Et là c’est bien Lui qui demeure en moi.Il devient alors possible de dire avec Paul, « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi ».
Je pense n’avoir pas fini de buter sur ce verset qui depuis fort longtemps me pose question. J’ai souvent pensé que si j’avais écouté ce discours sur le pain de vie, j’aurais fait comme la plus part des juifs présents, je serais partie (peut-être même en me bouchant les oreilles).
Il me semble avoir pourtant ces jours derniers, trouvé quelques éléments qui permettent de comprendre un peu mieux.
Il y a le paradoxe de la phrase. Quand nous ingérons de la nourriture, nous ne nous transformons pas en elle, elle se transforme en nous, elle nous donne l’énergie dont nous avons besoin pour vivre. Que communier au corps et au sang nous donne une énergie autre, oui, mais comment peut-on devenir l’Autre ?
Si le corps et le sang de Jésus nous permettent de nous transformer (ou de nous laisser transformer) en Lui, c’est qu’un processus autre est l’œuvre, comme celui qui permet de renaître d’en haut. Ces inversions du « naturel » sont fréquentes dans l’Evangile de Jean et difficiles à comprendre, même à entendre .Or quand Jésus propose ces inversions, c’est qu’Il se présente comme le Tout Autre, comme le Fils de Dieu. On passe de l’ordre charnel à l’ordre spirituel et les règles de dernier peuvent être bien différentes de celles qui régissent notre univers.
Peut-être est-il possible de dire que lorsque Jean l’évangéliste fait prononcer à Jésus de telles phrases, c’est qu’il veut nous faire comprendre que Jésus se situe dans sa filiation et avec une autre logique. Dans cette hypothèse, ltout le discours sur le pain de vie devient plus facile à entendre.
Par ailleurs si comme le fait remarquer Marie Balmary dans son livre « Abraham ou le sacrifice interdit » chaque fois que dans la Bible (en particulier dans la Genèse) qu’il y a séparation des éléments, c’est qu’il y a création, il est possible de penser que lorsque Jésus le soir de la Cène donne le pain comme son corps et le vin comme son sang, il y a création. D’une certaine manière le nouveau corps de Jésus (celui d’après la résurrection) est déjà présent et de ce fait notre recréation à nous.
Cette séparation en corps enveloppe (qui est en fait ce qui reste de l’homme après son décès, quand le souffle est parti) et sang (identité de la personne, essence, vie) donne lieu à une création. La mort annoncée, réalisée devient vie.
De même que nous participons à cette mort, car en mangeant et en buvant nous participons à la destruction, nous sommes vivifiés et transformés par la Vie qui nous est alors donnée.
Actuellement je pourrais dire que manger ce qui fait figure de chair à savoir le pain et boire ce qui fait figure de sang à savoir le vin permet d’une part de voir en Jésus l’agneau pascal dont on a mangé la chair rôtie le jour de la Pâques et dont le sang badigeonné sur les portes a permis le peuple d’échapper à la mort des premiers nés. Il y a bien là une notion de rédemption de salut : la mort sauve.
Mais surtout et d'autre part la séparation de corps enveloppe et du sang ne conduit plus à la mort mais à la vie. Chaque fois que nous participons à ce repas, c’est la Vie qui se manifeste en nous et qui nous permet petit à petit de nous identifier (devenir comme) à Jésus. Et là c’est bien Lui qui demeure en moi.Il devient alors possible de dire avec Paul, « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi ».
mercredi, novembre 05, 2008
Peut-on chasser un Esprit de haine?
Le prêtre qui commentait il y a quelques jours le passage de Luc (Lc12,31-34) où les pharisiens mettent Jésus en garde contre Hérode, a centré une partie de son homélie sur la mission que se donne Jésus : chasser les démons.
Il a insisté sur le fait qu’il n’était pas question de voir le diable partout, mais de ne pas oublier que le démon existe et travaille insidieusement en nous.
Il a rapporté l’exemple suivant. Une personne, lors d’un temps de réconciliation demande à le voir et lui explique qu’elle a éprouvé une haine très violente à son égard et ce pendant plusieurs mois. A ce moment là en effet, le prêtre avait répondu par un non à une demande. Elle même a été surprise par la violence de sa réaction. Il lui a fallu tout ce laps de temps pour pouvoir en parler et se réconcilier.
Il est alors expliqué à cette personne que cette haine est liée au fait qu’elle a laissé en elle entrer le mauvais, ce qui peut être signifié par « l’esprit de haine ». Et comme Jésus a pour vocation de chasser les mauvais démons, il est alors possible de lui demander de chasser ce démon, (je suppose par une prière dite de délivrance).
Il a cependant été dit que cette manifestation est liée à un événement du passé qui a provoqué en son temps une blessure, donc une souffrance très importante, mais de cette blessure il n’est pas question.
Or pour moi, en tant que psy, c’est cela qui m’interpelle. Le non a réactivé une blessure et la haine s’adresse autant à l’événement récent qu’à l’événement passé. Il s’agit donc pour moi de dissocier ces deux faits. Le prêtre n’étant que le vecteur ou l’objet du transfert négatif de la personne.
Que ce « non « ait permis à cette personne, par le bais de sa colère actuelle, de se rendre compte à quel point la haine en tant que telle était quelque chose de mauvais, dont il fallait autant que faire se peut, se débarrasser, car c’est quelque chose de très toxique, cela me semble très positif.
Mais je ne suis pas sûre que prier pour mettre ce mauvais esprit à la porte soit suffisant. Certes je comprends la démarche proposée dans un cadre spirituel, mais elle me dérange.
La haine est toujours pour moi liée à une très grande souffrance (il y a eu un objet aimé qui vous a fait défaut à un moment donné et l’amour s’est transformé en haine, avec un désir de destruction. Ou autrement dit: si je ne peux avoir l’objet d’amour, personne ne l’aura et je le détruirai.
Il me semble qu’il aurait fallu déjà parler du contenu de cette « haine », parce que après tout il peut aussi s’agir non pas de haine, mais de « colère ». et surtout de violence? Et s’il s’agit de cela, alors oui, je crois qu’une prière est indispensable car la violence est ce qu’il y a d’animal en nous et qui bloque dans notre chemin vers notre humanisation.
La violence est en nous, présente, et elle ne nous est pas tombée dessus comme de l’extérieur. Elle est interne et non externe.
Or c’est aussi cela qui me dérange dans la notion d’Esprit de haine que finalement je trouve très culpabilisante. On pourrait penser que si cette personne a laissé la porte s’ouvrir à ce mauvais esprit, quelque part c’est de sa faute. Or si elle a été profondément blessée dans son enfance par quelqu’un de proche, elle a été victime et non agresseur.
Il y a un lien pathogène qu’il faut dénouer.
Ainsi il ne s’agit pas d’expulser un démon, mais de guérir une souffrance intense. Cette guérison n’est pas magique. Certes si Jésus le souhaite il peut guérir, mais le chemin le plus normal est celui du lâcher-prise qui permet de se rendre compte à quel point ce lien est mauvais pour la personne qui l’entretient à son insu puis de la compassion et enfin du pardon.
Pour pouvoir pardonner, je pense qu’il est nécessaire d’avoir vécu en soi même l’expérience du torrent d’amour déversé par le Seigneur qui balaye et purifie. C’est ce même torrent d’amour qui est présent en soi, qui peut alors se déverser vers l’autre et permettre le pardon.
Et prier pour que cet amour vienne envahir la personne en souffrance me semble préférable à une prière pour chasser un démon.
Il a insisté sur le fait qu’il n’était pas question de voir le diable partout, mais de ne pas oublier que le démon existe et travaille insidieusement en nous.
Il a rapporté l’exemple suivant. Une personne, lors d’un temps de réconciliation demande à le voir et lui explique qu’elle a éprouvé une haine très violente à son égard et ce pendant plusieurs mois. A ce moment là en effet, le prêtre avait répondu par un non à une demande. Elle même a été surprise par la violence de sa réaction. Il lui a fallu tout ce laps de temps pour pouvoir en parler et se réconcilier.
Il est alors expliqué à cette personne que cette haine est liée au fait qu’elle a laissé en elle entrer le mauvais, ce qui peut être signifié par « l’esprit de haine ». Et comme Jésus a pour vocation de chasser les mauvais démons, il est alors possible de lui demander de chasser ce démon, (je suppose par une prière dite de délivrance).
Il a cependant été dit que cette manifestation est liée à un événement du passé qui a provoqué en son temps une blessure, donc une souffrance très importante, mais de cette blessure il n’est pas question.
Or pour moi, en tant que psy, c’est cela qui m’interpelle. Le non a réactivé une blessure et la haine s’adresse autant à l’événement récent qu’à l’événement passé. Il s’agit donc pour moi de dissocier ces deux faits. Le prêtre n’étant que le vecteur ou l’objet du transfert négatif de la personne.
Que ce « non « ait permis à cette personne, par le bais de sa colère actuelle, de se rendre compte à quel point la haine en tant que telle était quelque chose de mauvais, dont il fallait autant que faire se peut, se débarrasser, car c’est quelque chose de très toxique, cela me semble très positif.
Mais je ne suis pas sûre que prier pour mettre ce mauvais esprit à la porte soit suffisant. Certes je comprends la démarche proposée dans un cadre spirituel, mais elle me dérange.
La haine est toujours pour moi liée à une très grande souffrance (il y a eu un objet aimé qui vous a fait défaut à un moment donné et l’amour s’est transformé en haine, avec un désir de destruction. Ou autrement dit: si je ne peux avoir l’objet d’amour, personne ne l’aura et je le détruirai.
Il me semble qu’il aurait fallu déjà parler du contenu de cette « haine », parce que après tout il peut aussi s’agir non pas de haine, mais de « colère ». et surtout de violence? Et s’il s’agit de cela, alors oui, je crois qu’une prière est indispensable car la violence est ce qu’il y a d’animal en nous et qui bloque dans notre chemin vers notre humanisation.
La violence est en nous, présente, et elle ne nous est pas tombée dessus comme de l’extérieur. Elle est interne et non externe.
Or c’est aussi cela qui me dérange dans la notion d’Esprit de haine que finalement je trouve très culpabilisante. On pourrait penser que si cette personne a laissé la porte s’ouvrir à ce mauvais esprit, quelque part c’est de sa faute. Or si elle a été profondément blessée dans son enfance par quelqu’un de proche, elle a été victime et non agresseur.
Il y a un lien pathogène qu’il faut dénouer.
Ainsi il ne s’agit pas d’expulser un démon, mais de guérir une souffrance intense. Cette guérison n’est pas magique. Certes si Jésus le souhaite il peut guérir, mais le chemin le plus normal est celui du lâcher-prise qui permet de se rendre compte à quel point ce lien est mauvais pour la personne qui l’entretient à son insu puis de la compassion et enfin du pardon.
Pour pouvoir pardonner, je pense qu’il est nécessaire d’avoir vécu en soi même l’expérience du torrent d’amour déversé par le Seigneur qui balaye et purifie. C’est ce même torrent d’amour qui est présent en soi, qui peut alors se déverser vers l’autre et permettre le pardon.
Et prier pour que cet amour vienne envahir la personne en souffrance me semble préférable à une prière pour chasser un démon.
mercredi, octobre 15, 2008
Genèse et décalogue.
Nous travaillons en groupe le livre de la Genèse et nous avons passé pas mal de temps sur les "fautes" du couple originel et de leur fils Caïn.
Si dans tous les cas, on peut dire que ces fautes, ces ratés, sont sous-tendus par la convoitise, il me semble que le péché dit des origines renvoie à notre capacité à ne pas tenir compte de la présence de Dieu dans notre vie (toute puissance, liberté), et que le péché de Caïn est plus centré sur la relation à l'autre..
Dans le décalogue on a la même partition: 5 commandements centrés sur Adonaï, et 5 commandements centrés sur la relation avec l'autre.
Je peux donc penser que au moment de la rédaction de ce texte (je parle de la Genèse), les lecteurs pouvaient faire le lien avec le livre de l'Exode ou du Deutéronome et comprendre que ces péchés des origines étaient aussi les péchés qui avaient mené le peuple dans la perte de leur terre et dans l'exil.l.
Si dans tous les cas, on peut dire que ces fautes, ces ratés, sont sous-tendus par la convoitise, il me semble que le péché dit des origines renvoie à notre capacité à ne pas tenir compte de la présence de Dieu dans notre vie (toute puissance, liberté), et que le péché de Caïn est plus centré sur la relation à l'autre..
Dans le décalogue on a la même partition: 5 commandements centrés sur Adonaï, et 5 commandements centrés sur la relation avec l'autre.
Je peux donc penser que au moment de la rédaction de ce texte (je parle de la Genèse), les lecteurs pouvaient faire le lien avec le livre de l'Exode ou du Deutéronome et comprendre que ces péchés des origines étaient aussi les péchés qui avaient mené le peuple dans la perte de leur terre et dans l'exil.l.
mardi, octobre 07, 2008
Dialogue.
Au cours de la célébration eucharistique, on peut parler d'un dialogue entre le célébrant et l'assemblée. Si aujourd'hui, parce que la messe est en français et si les choses ont changé depuis Vatican 2, il est possible de s'associer pendant les prières eucharistiques aux prières dites par le prêtre ( encore que pour moi qui ai connu la messe en latin, beaucoup de phrases sont spécifiques du prêtre et ne concernent pas l'assemblée) il n'en demeure pas moins que dans les dialogues, le peuple est sans cesse rappelé à sa condition de "pécheur", de pas beau, de mauvais, de pas capable.
Il m'est arrivé de dire sur un mode de boutade que le début de la célébration, c'est un peu comme dans les groupes d'alcooliques anonymes, où chacun dit qu'il est alcoolique. Là chacun se dit "pécheur" et cela c'est sa fonction, sa caractéristique.
Pourtant, il me semble que l'accent porté sur cette relation de pécheur, de mauvais (même si elle montre l'impact de Jésus "Sauveur"), place quand même l'être humain dans une position singulière, un peu comme si tout en lui est mauvais.
Je veux dire par là, que les phrases prononcées par l'assemblée, démarrent réellement avec le "confitéor", qui même s'il est aussi induit et prononcé par le célébrant, il ne laisse pas beaucoup de place à la possibilité de faire "bon". .Je veux dire que si on reconnaît que l'on a péché par pensée, par action et par omission, reste-t-il un domaine où l'homme serait "juste"?
Dieu sait qu'il est difficile de maîtriser ses pensées, de s'en sentir responsable (même si ce sont les nôtres) et coupable (c'est à dire pas bon, mauvais, pécheur) , alors qu'on n'est pas capable de les empêcher d'affleurer. Je me permets de penser que parfois il est nécessaire (à défaut de bon) que l'agressivité puisse se prononcer surtout quand elle ne passe pas dans les actes et que une fois reconnue elle permette de prier pour l'autre qui nous a énervé.
Les actions peuvent être mauvaises, mais elles sont aussi le moyen de nous exprimer. Alors qu'il y ait des loupés, oui, mais parfois une action même si nous n'en sommes pas fiers, peut aussi avoir du bon. Quant à l'omission, s'il faut entendre par là, "tout ce que j'aurais du faire et que je n'ai pas fait", je trouve pour ma part que c'est redoutable.
Reconnaître ma fragilité, mes échecs, oui, mais me regarder comme incapable de faire quoique ce soit de bon alors que mon désir le plus profond est que l'Esprit travaille en moi, pour me permettre de répondre à son désir à Lui sur moi, cela me semble très différent.
Ensuite on passe au" Kyrié," et les mots de l'assemblée sont la demande de la Pitié. Ce mot de Pitié est quand même un mot très fort. A quelle image renvoie-t-il? Pour moi à celle de la personne qui est en train de mourir, et qui attend que celui qui passe là, le sauve.
Ce mot de pitié est repris dans l'Agnus.
Aujourd'hui je m'interroge sur la phrase que nous prononçons en réponse à celle du prêtre au moment de la communion. Je veux dire que le célébrant nous adresse une béatitude: "Heureux ceux qui sont invités au repas du Seigneur" et pour cela il y a de quoi se réjouir, puisque c'est d'une certaine manière la promesse du futur qui se réalise dans le ici et maintenant. Et au lieu de nous réjouir, on nous dit encore et toujours que nous ne sommes pas dignes de le recevoir (comme le dit à juste titre le Centurion),et on demande là une guérison. Peut-être que cette parole devrait nous purifier, mais cette parole personnelle je reconnais être un eu sourde mais je ne sais pas l'entendre. Mais du coup on perd tout la joie d'être invités au festin et je trouve cela bien dommage.
On pourrait remplacer pitié par miséricorde (comme cela est dit après le chant du kyrié) , mais curieusement, même si je sais le sens de ce mot, cela ne ma va pas, car on fait miséricorde à quelqu'un qui est dans la misère en levant sa dette, et cette représentation de Dieu pour moi, est réductrice.
On n'est pas avec Dieu dans une sorte de donnant donnant. Avec Dieu il y a surabondance. Et si je remplace dans ma tête et dans mon coeur, ce mot par "torrent d'amour" alors oui, là je suis en relation avec un Dieu qui est rempli d'un amour brûlant, débordant, pour moi. Cet amour un peu comme un torrent d'eau, entraîne loin de moi certaines scories, et aussi comme un torrent de feu, les brûle et en moi vient le désir que ce torrent détruise, brûle, ce qui me sépare de celui que j'aime.
Je ne peux certes pas au cours d'une célébration, me dissocier de l'assemblée en remplaçant pitié, miséricorde, par torrent d'amour, parce que cette assemblée est le "corps" dans le quel je suis et que je contribue à créer, mais chaque fois que c'est possible j'ai en moi cette image vitale un peu comme le buisson ardent de Moïse, qui me révèle ce qu'est l'Amour inconditionnel.
Il m'est arrivé de dire sur un mode de boutade que le début de la célébration, c'est un peu comme dans les groupes d'alcooliques anonymes, où chacun dit qu'il est alcoolique. Là chacun se dit "pécheur" et cela c'est sa fonction, sa caractéristique.
Pourtant, il me semble que l'accent porté sur cette relation de pécheur, de mauvais (même si elle montre l'impact de Jésus "Sauveur"), place quand même l'être humain dans une position singulière, un peu comme si tout en lui est mauvais.
Je veux dire par là, que les phrases prononcées par l'assemblée, démarrent réellement avec le "confitéor", qui même s'il est aussi induit et prononcé par le célébrant, il ne laisse pas beaucoup de place à la possibilité de faire "bon". .Je veux dire que si on reconnaît que l'on a péché par pensée, par action et par omission, reste-t-il un domaine où l'homme serait "juste"?
Dieu sait qu'il est difficile de maîtriser ses pensées, de s'en sentir responsable (même si ce sont les nôtres) et coupable (c'est à dire pas bon, mauvais, pécheur) , alors qu'on n'est pas capable de les empêcher d'affleurer. Je me permets de penser que parfois il est nécessaire (à défaut de bon) que l'agressivité puisse se prononcer surtout quand elle ne passe pas dans les actes et que une fois reconnue elle permette de prier pour l'autre qui nous a énervé.
Les actions peuvent être mauvaises, mais elles sont aussi le moyen de nous exprimer. Alors qu'il y ait des loupés, oui, mais parfois une action même si nous n'en sommes pas fiers, peut aussi avoir du bon. Quant à l'omission, s'il faut entendre par là, "tout ce que j'aurais du faire et que je n'ai pas fait", je trouve pour ma part que c'est redoutable.
Reconnaître ma fragilité, mes échecs, oui, mais me regarder comme incapable de faire quoique ce soit de bon alors que mon désir le plus profond est que l'Esprit travaille en moi, pour me permettre de répondre à son désir à Lui sur moi, cela me semble très différent.
Ensuite on passe au" Kyrié," et les mots de l'assemblée sont la demande de la Pitié. Ce mot de Pitié est quand même un mot très fort. A quelle image renvoie-t-il? Pour moi à celle de la personne qui est en train de mourir, et qui attend que celui qui passe là, le sauve.
Ce mot de pitié est repris dans l'Agnus.
Aujourd'hui je m'interroge sur la phrase que nous prononçons en réponse à celle du prêtre au moment de la communion. Je veux dire que le célébrant nous adresse une béatitude: "Heureux ceux qui sont invités au repas du Seigneur" et pour cela il y a de quoi se réjouir, puisque c'est d'une certaine manière la promesse du futur qui se réalise dans le ici et maintenant. Et au lieu de nous réjouir, on nous dit encore et toujours que nous ne sommes pas dignes de le recevoir (comme le dit à juste titre le Centurion),et on demande là une guérison. Peut-être que cette parole devrait nous purifier, mais cette parole personnelle je reconnais être un eu sourde mais je ne sais pas l'entendre. Mais du coup on perd tout la joie d'être invités au festin et je trouve cela bien dommage.
On pourrait remplacer pitié par miséricorde (comme cela est dit après le chant du kyrié) , mais curieusement, même si je sais le sens de ce mot, cela ne ma va pas, car on fait miséricorde à quelqu'un qui est dans la misère en levant sa dette, et cette représentation de Dieu pour moi, est réductrice.
On n'est pas avec Dieu dans une sorte de donnant donnant. Avec Dieu il y a surabondance. Et si je remplace dans ma tête et dans mon coeur, ce mot par "torrent d'amour" alors oui, là je suis en relation avec un Dieu qui est rempli d'un amour brûlant, débordant, pour moi. Cet amour un peu comme un torrent d'eau, entraîne loin de moi certaines scories, et aussi comme un torrent de feu, les brûle et en moi vient le désir que ce torrent détruise, brûle, ce qui me sépare de celui que j'aime.
Je ne peux certes pas au cours d'une célébration, me dissocier de l'assemblée en remplaçant pitié, miséricorde, par torrent d'amour, parce que cette assemblée est le "corps" dans le quel je suis et que je contribue à créer, mais chaque fois que c'est possible j'ai en moi cette image vitale un peu comme le buisson ardent de Moïse, qui me révèle ce qu'est l'Amour inconditionnel.
jeudi, septembre 18, 2008
Pensées vagabondes à propose de la pécheresse pardonnée.
Quand j'écoute une lecture, très souvent il y a un mot qui s'impose à moi, surtout quand la traduction me surprend. Ce fut le cas aujourd'hui pendant la lecture de l'épisode de la pécheresse pardonnée en Lc7, 36-49.Si la Bible de Jérusalem (qui est un peu ma référence) dit, "et voici qu'une femme qui dans la ville était une pécheresse, la traduction liturgique elle emploie une phrase beaucoup plus lapidaire: "Survint une femme de la ville, une pécheresse.Et c'est le mot "ville" qui a fait écho en moi. Pour beaucoup d'entre nous, la ville n''est pas un lieu recommandable. C'est un lieu de danger, où tout peut arriver et quelqu'un qui vient de la ville n'est pas forcément recommandable.
Alors voilà cette femme qui entre, alors qu'elle n'est pas invitée, qui s'installe directement aux pieds de celui qui lui a été invité et qui est peut-être à la place d'honneur, donc bien en vue. Cela me fait alors un peu penser à Marie, la soeur de Marthe qui elle aussi est tout contre Jésus, puisqu'elle assise à ses pieds.
Et cette femme, dont on ne nous dit rien si ce n'est qu'elle est une pécheresse, et que nous considérons comme une madame qui vend ses charmes, fait en fait pour Jésus ce qu'elle sait si bien faire, donner du plaisir. EN général nous scotomisons les faits pour rester sur l'affect: elle arrosait ses pieds de larmes. Mais si on reprends les gestes qui sont décrits et d'ailleurs énumérés par Jésus, les larmes mais surtout les baisers et l'onction (massage) pour faire pénétrer le parfum, sont des gestes à connotation érotique. Ces gestes donnent du plaisir à celui qui les reçoit. D'une certaine manière, elle fait pour Jésus ce qu'elle sait faire, mais elle le fait gratuitement et avec tout l'amour dont elle capable.
Ceci montre bien la transformation qui s'est faite en elle.
Et j'aime à penser que c'est cet amour là qui lui a valu le pardon de ses nombreux péchés, et non pas seulement ses larmes.
Alors voilà cette femme qui entre, alors qu'elle n'est pas invitée, qui s'installe directement aux pieds de celui qui lui a été invité et qui est peut-être à la place d'honneur, donc bien en vue. Cela me fait alors un peu penser à Marie, la soeur de Marthe qui elle aussi est tout contre Jésus, puisqu'elle assise à ses pieds.
Et cette femme, dont on ne nous dit rien si ce n'est qu'elle est une pécheresse, et que nous considérons comme une madame qui vend ses charmes, fait en fait pour Jésus ce qu'elle sait si bien faire, donner du plaisir. EN général nous scotomisons les faits pour rester sur l'affect: elle arrosait ses pieds de larmes. Mais si on reprends les gestes qui sont décrits et d'ailleurs énumérés par Jésus, les larmes mais surtout les baisers et l'onction (massage) pour faire pénétrer le parfum, sont des gestes à connotation érotique. Ces gestes donnent du plaisir à celui qui les reçoit. D'une certaine manière, elle fait pour Jésus ce qu'elle sait faire, mais elle le fait gratuitement et avec tout l'amour dont elle capable.
Ceci montre bien la transformation qui s'est faite en elle.
Et j'aime à penser que c'est cet amour là qui lui a valu le pardon de ses nombreux péchés, et non pas seulement ses larmes.
"De la charité à la foi."
Si on lit l'épître aux Corinthiens(une des premières épîtres datée de 54) et en particulier le chapitre 13, on voit que Paul met toute son insistance sur la charité (on dit l'Amour aujourd'hui). La charité est plus forte que la foi, celle qui transporterait les montagnes. On peut penser que celui qui vit de cette charité là, est ajusté au désir de Dieu qui est Amour et que, devenu "juste" il sera "sauvé" c'est à dire connaîtra la vie éternelle en participant à la gloire de Père, avec le Fils et dans l'Esprit.
Si on travaille l'épître aux Romains(qui est très postérieure 57), il semble bien qu'il y ait quelque chose de très différent dans le discours de Paul. C'est la foi, c'est à dire la confiance absolue en la Parole (ou la Promesse) qui donne le salut. La démonstration à partir d'Abraham qui est justifié parce qu'il a cru (peut-être contre toute espérance) dans la Parole, est si l'on veut exemplaire, quoique pour ma part, je la trouve très rabbinique (mais cela c'est mon point de vue).
Du coup, il y a chez Paul, une sorte de glissement, voir de clivage qui s'introduit, avec la question des oeuvres et de la foi. Suffit-il de croire pour être sauvé?
Paul lui a fait l'expérience que c'est la rencontre avec Jésus, ressuscité par la volonté du Père, qui a provoqué en lui une changement radical, qui a fait de lui un homme nouveau, possédé par l'amour de ce Jésus qu'il avait voulu persécuté en persécutant la communauté naissante.
Le Juste est-il celui qui a cru en Jésus mort et ressuscité pour le salut du monde ou celui qui agit dans l'amour. Il semble bien que ce soit celui qui mette sa foi dans le Seigneur qui soit le nouveau Juste. Mais si on regarde la trajectoire de Paul, il semble évident que cette foi est passée dans les actes, puisqu'il s'est mis immédiatement à annoncer l'évangile et à vivre plus que dangereusement pour son Seigneur.
Pourtant il oppose la foi et les oeuvres. Sauf que les oeuvres (me semble-t-il), ce sont pour lui les signes d'appartenance à la religion originaire de Jésus, à savoir essentiellement la circoncision, la pratique de la loi, et la séparation d'avec les "impies".Or Jésus s'est Lui-même souvent mis en porte à faux vis à vis d'une observance de la loi qui tue, qui en fait une lettre morte. Paul continue donc bien le message évangélique.
Il me semble quand même que beaucoup de juifs qui observent et accomplissent la loi, sont de très "saints" hommes(et femmes) et que pour eux il n'y a pas de confusion entre l'observance et l'actualisation de la Parole (Thora).
Il y a cependant une phrase, dans l'épître aux Galates- qui est une épître antérieure à l'épître aux Romains, mais postérieurs à la première aux Corinthiens- une phrase pour moi très importante et qui aurait peut-être évité la querelle autour de la justification par la foi.
Voici cette phrase: " En effet, dans le Christ Jésus ni circoncision ni incirconcision ne comptent, mais seulement la foi opérant par la charité".
La foi si elle ne s'exprime pas par la charité, n'est pas suffisante pour justifier et donner le Salut.
Si on travaille l'épître aux Romains(qui est très postérieure 57), il semble bien qu'il y ait quelque chose de très différent dans le discours de Paul. C'est la foi, c'est à dire la confiance absolue en la Parole (ou la Promesse) qui donne le salut. La démonstration à partir d'Abraham qui est justifié parce qu'il a cru (peut-être contre toute espérance) dans la Parole, est si l'on veut exemplaire, quoique pour ma part, je la trouve très rabbinique (mais cela c'est mon point de vue).
Du coup, il y a chez Paul, une sorte de glissement, voir de clivage qui s'introduit, avec la question des oeuvres et de la foi. Suffit-il de croire pour être sauvé?
Paul lui a fait l'expérience que c'est la rencontre avec Jésus, ressuscité par la volonté du Père, qui a provoqué en lui une changement radical, qui a fait de lui un homme nouveau, possédé par l'amour de ce Jésus qu'il avait voulu persécuté en persécutant la communauté naissante.
Le Juste est-il celui qui a cru en Jésus mort et ressuscité pour le salut du monde ou celui qui agit dans l'amour. Il semble bien que ce soit celui qui mette sa foi dans le Seigneur qui soit le nouveau Juste. Mais si on regarde la trajectoire de Paul, il semble évident que cette foi est passée dans les actes, puisqu'il s'est mis immédiatement à annoncer l'évangile et à vivre plus que dangereusement pour son Seigneur.
Pourtant il oppose la foi et les oeuvres. Sauf que les oeuvres (me semble-t-il), ce sont pour lui les signes d'appartenance à la religion originaire de Jésus, à savoir essentiellement la circoncision, la pratique de la loi, et la séparation d'avec les "impies".Or Jésus s'est Lui-même souvent mis en porte à faux vis à vis d'une observance de la loi qui tue, qui en fait une lettre morte. Paul continue donc bien le message évangélique.
Il me semble quand même que beaucoup de juifs qui observent et accomplissent la loi, sont de très "saints" hommes(et femmes) et que pour eux il n'y a pas de confusion entre l'observance et l'actualisation de la Parole (Thora).
Il y a cependant une phrase, dans l'épître aux Galates- qui est une épître antérieure à l'épître aux Romains, mais postérieurs à la première aux Corinthiens- une phrase pour moi très importante et qui aurait peut-être évité la querelle autour de la justification par la foi.
Voici cette phrase: " En effet, dans le Christ Jésus ni circoncision ni incirconcision ne comptent, mais seulement la foi opérant par la charité".
La foi si elle ne s'exprime pas par la charité, n'est pas suffisante pour justifier et donner le Salut.
mercredi, septembre 17, 2008
"Le fils de la veuve de Nazareth".
En écoutant hier l'épisode de la résurrection du fils de la veuve de Naïm, veuve dont on ne connaît pas le nom (Lc7,11-17), je me disais, puisque cette résurrection n'est pas consécutive à une demande, qu'elle peut être lue autrement.
Ce jeune homme, fils d'une veuve, n'a pas de descendance, comme le fils de la veuve de Nazareth. Comme lui, il est fils unique (même si on ne sait pas bien ce qu'il en est des "frères de Jésus").
Mais lui, il a un "bel ensevelissement" tout le monde est là, autour de sa mère et autour de corps. Pour Jésus, cela sera fait à la sauvette, à la tombée de la nuit, avec bien peu de monde et sûrement pas des pleureuses professionnelles.
Il est dit au début de ce texte que Jésus était suivi de ses disciples et d'une foule nombreuse. Le soir de ce vendredi, on peut compter les personnes sur le bout des doigts.
C'est la compassion de Jésus pour cette femme dont on dit que la condition de veuve était une des pires qui soit en Israël à cette époque, qui semble être à l'origine du miracle.
La phrase:"ne pleure pas" peut avoir son écho dans la phrase adressée à Marie-Madeleine: "femme pourquoi pleures-tu?". Peut-être que Marie qui gardait toutes ces choses dans son coeur, si elle a entendu parler de ce miracle, elle qui était veuve, a pu savoir dès ce moment que son fils ne l'abandonnerait pas.
Quant à la phrase "Jeune homme lève-toi", nous ne savons pas comment s'est passée la résurrection de Jésus, mais lui aussi s'est levé et est redevenu vivant, pas cependant comme le jeune-homme: Il est devenu "Le Vivant".
Marie, la veuve de Nazareth, qui avait perdu son fils unique, qui n'avait pas pu l'enterrer correctement, a pu être elle aussi consolée.
Ce jeune homme, fils d'une veuve, n'a pas de descendance, comme le fils de la veuve de Nazareth. Comme lui, il est fils unique (même si on ne sait pas bien ce qu'il en est des "frères de Jésus").
Mais lui, il a un "bel ensevelissement" tout le monde est là, autour de sa mère et autour de corps. Pour Jésus, cela sera fait à la sauvette, à la tombée de la nuit, avec bien peu de monde et sûrement pas des pleureuses professionnelles.
Il est dit au début de ce texte que Jésus était suivi de ses disciples et d'une foule nombreuse. Le soir de ce vendredi, on peut compter les personnes sur le bout des doigts.
C'est la compassion de Jésus pour cette femme dont on dit que la condition de veuve était une des pires qui soit en Israël à cette époque, qui semble être à l'origine du miracle.
La phrase:"ne pleure pas" peut avoir son écho dans la phrase adressée à Marie-Madeleine: "femme pourquoi pleures-tu?". Peut-être que Marie qui gardait toutes ces choses dans son coeur, si elle a entendu parler de ce miracle, elle qui était veuve, a pu savoir dès ce moment que son fils ne l'abandonnerait pas.
Quant à la phrase "Jeune homme lève-toi", nous ne savons pas comment s'est passée la résurrection de Jésus, mais lui aussi s'est levé et est redevenu vivant, pas cependant comme le jeune-homme: Il est devenu "Le Vivant".
Marie, la veuve de Nazareth, qui avait perdu son fils unique, qui n'avait pas pu l'enterrer correctement, a pu être elle aussi consolée.
mercredi, septembre 03, 2008
"L'endurcissement".
La lecture de l'office de ce jour (3 septembre) est un texte du livre de Jérémie dont je relève le verset suivant:" Sachez bien cependant que, si vous me tuez, vous serez coupables - vous-mêmes, cette ville et ses habitants - du meurtre d'un innocent, car c'est vraiment le SEIGNEUR qui m'a envoyé prononcer toutes ces paroles pour que vous les entendiez."Jr 26,15.
Il me semble que Jésus aurait pu dire exactement la même chose aux grands prêtres: vous n'avez pas reconnu que c'est le Seigneur qui m'a envoyé prononcer toutes ces paroles.
Et il est alors possible de penser que comme jadis pour Pharaon , il y a eu un endurcissement du coeur et des oreilles des prêtres. Malgré toutes les oeuvres que Jésus a faites (qui sont l'inverse de celles de Moïse) ils ont refusé de voir.
Leur refus (comme jadis celui de pharaon), a permis que Jésus puisse devenir l'Agneau Pascal.
S'ils avaient reconnu en Jésus le Messie, quelle aurait été notre histoire?
Qui a endurci le coeur des prêtres? Les dessins de Dieu demeurent bien curieux...
Il me semble que Jésus aurait pu dire exactement la même chose aux grands prêtres: vous n'avez pas reconnu que c'est le Seigneur qui m'a envoyé prononcer toutes ces paroles.
Et il est alors possible de penser que comme jadis pour Pharaon , il y a eu un endurcissement du coeur et des oreilles des prêtres. Malgré toutes les oeuvres que Jésus a faites (qui sont l'inverse de celles de Moïse) ils ont refusé de voir.
Leur refus (comme jadis celui de pharaon), a permis que Jésus puisse devenir l'Agneau Pascal.
S'ils avaient reconnu en Jésus le Messie, quelle aurait été notre histoire?
Qui a endurci le coeur des prêtres? Les dessins de Dieu demeurent bien curieux...
mardi, septembre 02, 2008
"Brèves suite"
Il y a longtemps que je me pose des questions sur la messe et plus particulièrement sur les "prières eucharistiques". Il m'a fallu du temps pour accepter qu'elles ne puissent être comprises que par des initiés sauf peut-être celle pour les enfants.
Mais mon questionnement est par rapport au mot sacrifice, qui revient comme un leit-motiv. Or curieusement ce mot ne figure pas dans les évangiles sauf quand Jésus cite Isaïe. Jamais Jésus ne dit qu'il s'offre en sacrifice. Alors?
Si sacrifice est "faire du sacré" alors cela c'est une des rôles spécifiques des prêtres qui dans toutes les religions offrent des sacrifices.
Et de fait les prières qui sont dites ne sont pas celles de l'assemblée, mais celles d'un homme qui a choisi ou qui a été choisi comme prêtre et qui parle à un Dieu Père d'une manière assez étonnante, comme s'il oubliait (un peu) que le Dieu de Jésus est un Dieu d'Amour.
Quand on admet cela, on peut passer à autre chose...
petite note: je sais bien que les évangélistes parlent du "sang versé pour les multitudes" ou du "sang versé pour vous", mais Jésus n'emploie pas ce mot de sacrifice. L'important étant peut-être de "faire mémoire", c'est à dire d'actualiser la présence de Jésus ressuscité.
Mais mon questionnement est par rapport au mot sacrifice, qui revient comme un leit-motiv. Or curieusement ce mot ne figure pas dans les évangiles sauf quand Jésus cite Isaïe. Jamais Jésus ne dit qu'il s'offre en sacrifice. Alors?
Si sacrifice est "faire du sacré" alors cela c'est une des rôles spécifiques des prêtres qui dans toutes les religions offrent des sacrifices.
Et de fait les prières qui sont dites ne sont pas celles de l'assemblée, mais celles d'un homme qui a choisi ou qui a été choisi comme prêtre et qui parle à un Dieu Père d'une manière assez étonnante, comme s'il oubliait (un peu) que le Dieu de Jésus est un Dieu d'Amour.
Quand on admet cela, on peut passer à autre chose...
petite note: je sais bien que les évangélistes parlent du "sang versé pour les multitudes" ou du "sang versé pour vous", mais Jésus n'emploie pas ce mot de sacrifice. L'important étant peut-être de "faire mémoire", c'est à dire d'actualiser la présence de Jésus ressuscité.
lundi, septembre 01, 2008
"Brèves".
Je ne sais pas si la souffrance subie par Jésus a été rédemptrice, mais je sais que Jésus est mort dans la souffrance et que ceci est ce qui se passe pour pratiquement tous les humains.
Je sais aussi que toute transformation se fait dans la violence, donc quand il s'agit d'humain dans la souffrance.
Quand Jésus dit à ses disciples: "prenez et manger, ceci est mon corps livré pour vous", le simple fait que ce pain soit "mangé" par les disciples est en soi une destruction totale, figure de ce qui va arriver au corps de Jésus par la mort. Pour que le corps renaisse (c'est vrai de l'alimentation qui devient source de vie, parce qu'il y a destruction et transformation), il doit d'une certaine manière disparaître.
Je sais aussi que toute transformation se fait dans la violence, donc quand il s'agit d'humain dans la souffrance.
Quand Jésus dit à ses disciples: "prenez et manger, ceci est mon corps livré pour vous", le simple fait que ce pain soit "mangé" par les disciples est en soi une destruction totale, figure de ce qui va arriver au corps de Jésus par la mort. Pour que le corps renaisse (c'est vrai de l'alimentation qui devient source de vie, parce qu'il y a destruction et transformation), il doit d'une certaine manière disparaître.
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