vendredi, avril 06, 2018

"Simon Pierre remonta dans la barque" Jn 21, 11

"Simon Pierre remonta dans la barque" Jn 21, 11:

En relisant ce texte qui clôt l'évangile de Jean, j'ai été d'abord surprise par l'abondance des verbes, par le fait que les hommes sortent de nuit pour partir à la pêche, et que cette nuit peut bien renvoyer à la nuit du jeudi au vendredi; mais surtout par le le verbe "remonter" qui est propre je crois à la Bible liturgique et qui a pour moi évoqué Jésus qui "remonte" du Jourdain après son baptême. 

Si on suit le trajet de Pierre, il monte dans la barque, il se jette à l'eau, il arrive au bord, et remonte dans la barque.Il a vu le feu de braise qui peut lui rappeler le feu dans la cour du grand-prêtre, mais aussi l'abondance du poisson, le filet non rompu. 

Et pour moi, c'est un peu comme si le Simon-Pierre qui remonte dans la barque pour tracter à lui tout seul un filet que 6 hommes ont eu du mal à tirer, n'est plus le même que celui qui s'est jeté dans l'eau (comme on jette un filet dans l'eau). À la limite, c'est lui, Pierre, le poisson que Jésus a attrapé dans son filet. Et de pêcheur il va devenir pasteur, comme son maître (c'est la deuxième partie de ce chapitre).  

Ce que je veux dire, c'est que quand Pierre a quitté la barque en se jetant dans l'eau, durant ce trajet qui est quand même assez long, 100 mètres, il s'est passé pour lui quelque chose de l'ordre d'une purification, d'une épuration.

Il a compris que celui qui est là, loin de lui, l'attend, et attend de lui quelque chose. Il comprend qu'avoir repris son métier, c'était oublier la résurrection, c'était faire comme si elle n'avait pas vraiment eu lieu. Finalement, c'était s'être fait prendre dans un filet: oublier ce qui s'était passé. Pierre, qui a reçu le pouvoir de délier, a été lié par la peur du futur, la peur de ne pas être à la hauteur. Alors ce trajet dans l'eau, ce long trajet pour quelqu'un qui nage mal, puisque l'on dit souvent que les pêcheurs du temps de Jésus n'étaient pas de bons nageurs, ce long trajet où il est aussi empêtré dans son vêtement, lui ouvre les yeux. Il passe de la mort à la vie. 

Quand il remonte dans la barque, pour obéir à Jésus qui demande qu'on lui apporte le poisson de cette pêche miraculeuse, il est devenu autre, et c'est certainement pour cela que dans la seconde partie de ce texte, il le fera pasteur. 


mardi, avril 03, 2018

"Seigneur si c'est toi qui l'a emporté..Jn 20, 15

"Le prenant pour le jardinier, elle lui dit Seigneur"… Jn 20,15

Ce jour, mardi de l'Octave de Pâques, l'évangile choisi rapporte la rencontre entre Marie de Magdala et Jésus. 

Pour situer les choses, Marie qui a vu le lieu où le corps de son bien-aimé a été déposé par Joseph et Nicodème, s'est levée aux aurores, le lendemain de la mort de Jésus, peut-être pour pleurer parce qu'elle est dans une immense détresse, sur le corps de son aimé, ou aussi vérifier que tout à été fait selon les règles, que le corps a bien reçu tous les soins, parce qu'avec les hommes, on ne sait jamais…

Seulement en arrivant,  elle a la mauvaise surprise de trouver la pierre roulée, ce qui lui a fait peur. Pierre roulée, tombeau dans lequel quelqu'un a pu entrer, corps profané, corps volé. Or un corps qui disparaît, un corps qui n'est plus là, c'est de l'ordre de l'impensable. C'est même traumatisant et après la mort de Jésus sur la croix, elle n'a vraiment pas besoin d'un traumatisme supplémentaire: la perte du corps.

Elle est allée prévenir Pierre et Jean, avec sûrement l'idée qu'eux vont chercher le corps. Seulement ce n'est pas du tout ce qui se passe. Pour Jean, voir les linges pliés est le signe que la résurrection a eu lieu, et que le corps n'est pas à chercher. Quant à l'autre, Pierre, il est entré et s'en est retourné chez lui; et Marie si je puis dire en est pour ses frais. 

Alors, à son tour, même si elle ne rentre pas dans le tombeau, elle regarde. Et là elle voit deux anges, l'un à la tête, l'autre aux pieds de la place où le corps avait été étendu. Ces anges, pour moi, évoquent ceux qui sont sur le coffre qui renferme l'arche d'alliance avec les deux tables. Mais là, les tables de la loi ne sont plus là, car la nouvelle alliance est réalisée. 

Que ces anges lui parlent, "Femme pourquoi pleures-tu", ne la surprend pas. Elle est ailleurs. Elle est dans son idée fixe: "On a volé le corps de celui que j'aime"; le reste elle n'en n'a rien à faire. Et elle ne parle pas du pourquoi de sa tristesse mais de son angoisse: le corps de mon bien-aimé a disparu et je veux savoir où il est. 

Quand Jésus s'adresse à elle, avec la même question "Femme pourquoi pleures-tu, qui cherches –tu" ce qui montre bien que cet homme qu'elle prend pour le jardinier sait quelque chose, même si elle ne le reconnaît pas, car elle est encore si l'on peut dire dans son aveuglement, elle s'adresse à lui en le nommant "Seigneur".

J'ai été très surprise en écoutant la lecture de cette rencontre dans la traduction liturgique, de ne pas entendre ce mot "Seigneur". Cela peut paraître curieux d'appeler un jardinier "Seigneur", mais de là à supprimer ce vocable, cela me paraît un peu "gros", car chez Jean rien n'est anodin. 

Certes, ce terme qui s'adresse à un jardinier peut sembler étonnant, mais Marie se trouve  dans un lieu privé, et elle sait que le corps a été déposé dans une sépulture qui a été prévue pour quelqu'un d'autre (sûrement quelqu'un de riche, pour pouvoir s'offrir une pareille sépulture et en même temps accomplir les écritures: Is 53,9). Alors, nommer Seigneur cet homme qui ressemble à un jardinier mais qui est aussi le gardien des lieux, cela se comprend. Et peut-être qu'il ne fait que son travail: évacuer un corps qui n'avait rien à faire là.

Seulement, dans le verset suivant, Marie qui est "retournée" quand elle entend le jardinier l'appeler par son prénom, le nomme "Rabbouni" c'est-à-dire "Maître" .

Et les deux termes, qui se suivent directement: "Seigneur et Maître", cela renvoie au chapitre 13: 

Après le lavement des pieds, ce sont les deux titres que Jésus se donne (Jn 13, 13-14): "Vous m'appelez Maitre et Seigneur, et vous faites bien, car je le suis, si donc je vous ai lavé les pieds, moi qui suis le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds des uns des autres."

Alors il me semble que la suppression de ce titre que je considère comme prophétique, donné à l'homme qui est la Résurrection et la Vie, c'est très dommage.

Marie de Magdala donne à Jésus les titres qui sont les siens, les titres que lui-même revendique, ces titres que nous lui donnons aujourd'hui dans leur plénitude, parce que la Résurrection a fait de Lui à la fois le Seigneur, mais aussi le Maître, celui qui a la pleine Connaissance et qui nous la transmet par son Esprit.

mercredi, février 28, 2018

La finale de l'évangile de Jean: Jn 21, 15-25

Jn 21: "Suis moi".

Si le début du chapitre 21 de l'évangile de Jean m'est familier et ne me pose pas trop de questions, par contre ce qui se passe après le "repas au bord du lac" est beaucoup plus compliqué. J'essayais de laisser les versets 15-20 me dire quelque chose, mais ça ne me disait rien, ou si peu. 

Bien entendu le triple questionnement de Jésus peut faire référence au triple reniement, mais cette lecture me semble trop banale ou trop banalisée. Pourquoi Jésus, après un bon repas bien sympathique, où c'est lui qui a fait la cuisine, se met à cuisiner ainsi Pierre, et le nomme Simon, fils de Jean, alors que l'Esprit Saint, reçu (Jn 20,22) en l'absence de Thomas, qui lui est présent ce jour là, a quand même fait de Pierre le fils du Père, le frère de Jésus.

Pourquoi "les agneaux"? Pourquoi "les brebis"? Je reviendrai plus tard là-dessus.

Et puis la première question: "Est-ce que tu m'aimes plus que ceux-ci?" est ambigüe:
  - Est-ce que tu m'aimes plus que ces hommes qui sont aujourd'hui avec toi?
  - Ou bien: Est-ce que ton amour pour moi est plus fort, plus intense, que le leur pour moi? 
Ce qui me semble possible, et c'est ce que veut montrer la suite de ce texte, c'est que Jean, le disciple que Jésus aimait, lui, est bien certain que personne ne peut aimer Jésus plus que lui, Jean. Lui, il n'aurait pas renié Jésus, ce qui permet peut-être de comprendre un peu mieux pourquoi l'auteur de cet évangile utilise ce triple questionnement qui s'oppose au triple reniement.

Mais surtout, si on essaie de se représenter visuellement la finale - versets 18 à 24, ce n'est pas évident du tout.

Jésus commence par parler à Pierre de son passé - "Quand tu étais jeune" -, puis de son futur - "Un autre te mettra ta ceinture et te conduira là où tu ne ne voulais pas aller"- ce qui permet à l'auteur de parler de la mort de Pierre sur la croix. Puis on revient dans le présent avec un appel: "Suis-moi!". Suivre, oui, mais suivre où, ou suivre comment? Le "comment" est de fait indiqué par la "prophétie" précédente: suivre jusqu'à mourir comme moi. Mais là, il semble qu'on soit presque dans le "où".

Or, si on se réfère aux synoptiques, lors de la pêche miraculeuse, les quatre, Pierre, André, Jacques et Jean de Zébédée, quittent tout et suivent Jésus; mais ils le font de leur propre chef. Bien-sûr c'est un peu jouer sur les mots, mais ce qui se passe pour eux est différent de ce qui arrive à Lévi, qui lui entend aussi le "Suis moi", qui se lève et change sa vision du monde.

Si on lit le texte de cette finale, il semble bien que Pierre se met à suivre Jésus, qu'il marche avec lui, (mais Jésus n'a plus de lieu sur la terre), certainement à la fois pour écouter ce que son Maître va confier à celui qui est choisi comme le pasteur à sa place à lui (Jn 10) et cela se comprend.

Mais, entendant des pas derrière lui, il se retourne (ce qui évoque un peu le retournement de Marie-Madeleine au tombeau, ou les disciples de Jean le Baptiste qui suivent Jésus à distance et qui à la question de Jésus posent la question de savoir où ce dernier demeure), et voit alors Jean le disciple que Jésus aimait et qui semble suivre à distance.

Et là, on a un dialogue qui est un peu fou. Pierre demande ce qui va advenir pour celui-ci, et Jésus le rabroue en lui disant "si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe. Toi suis-moi".

On sait l'importance du verbe demeurer dans l'Evangile de Jean. Demeurer, être la demeure. Mais on a là deux rôles différents, Pierre non seulement n'a pas à recevoir d'explications, mais lui, ce qui lui dit c'est bien de "suivre" et rien d'autre.

En laissant travailler en moi cette finale de l'évangile de Jean (enfin la deuxième finale), je me suis dit que peut-être si on se centre uniquement sur la relation de ces deux hommes, Pierre et le disciple que Jésus aimait, et si on regarde leurs comportements dans la deuxième partie de l'évangile, alors quelque chose apparaît. Pierre c'est l'ombre, Jean c'est la lumière, et pourtant c'est Pierre qui est choisi. Il semble bien qu'il y a une sorte d'antinomie entre ces deux personnages.

  - Lors du repas avec le lavement des pieds, Jean est celui qui est tout proche de Jésus, qui demeure à côté de lui, contre lui. Pierre, est celui qui ne comprend rien à la symbolique du lavement des pieds.

  - Lors de l'arrestation, Pierre c'est un peu le balourd qui tranche l'oreille du serviteur du grand-prêtre, le disciple que Jésus aimait, lui s'arrange pour suivre son Maître et faire entrer Pierre (en douce).

  - Puis, c'est Pierre qui va trahir, alors que le disciple lui, souffre certainement de ce que son maître est en train de vivre.

  - Au pied de la croix, il n'y a personne, sauf Marie et Jean, et c'est lui qui reçoit la mère de Jésus comme sa mère, et qui va prendre soin d'elle. A priori cela aurait pu être le rôle de Pierre, le "Chef", s'occuper de la mère de son maître.

  - Le matin de la résurrection, c'est Jean qui certes respecte la préséance en laissant Pierre entrer le premier au tombeau, mais c'est lui, Jean, qui "croit", alors que Pierre semble perplexe.

  - C'est lui qui le reconnaît ce matin là, juste après cette pêche étonnante… Mais c'est Pierre l'impulsif qui quitte la barque pour aller à la rencontre de celui qui l'attend.

Alors il semble bien que ce disciple-là avait tout pour devenir le Pasteur. Seulement, malgré la relation privilégiée qu'il dit avoir avec Jésus, parce que être le disciple que Jésus aimait, cela renvoie à une relation d'amour, il n'a pas été choisi pour être le pasteur, même s'il sera pasteur, comme nous le savons par les lettres et par l'Apocalypse, mais à sa manière.

Je peux imaginer que quand Jésus demande par trois fois à Simon fils de Jean, s'il est aimé de lui, Jean devait bouillir en lui-même, il devait avoir envie de hurler: moi je t'aime, moi je t'aime plus que ma vie. Et pendant ce temps là, Pierre certes affirmait bien à Jésus son amour, mais pas d'une manière passionnée. Les mots de Pierre, Seigneur tu sais tout, tu sais bien que je t'aime, avec tout ce qu'il y a de mauvais en moi, de lourd, de pesant, ces mots là ce sont les nôtres.

Alors peut-être que l'on peut dire que cette deuxième conclusion de cet évangile insiste sur le rôle de ce disciple que Jésus aimait, de celui qui est appelé à demeurer jusqu'au retour de Jésus et qui a choisi de raconter comment cet homme, Jésus, qui était le Verbe de Dieu, la Lumière qui éclaire le monde, a changé sa vie et celle de tous ceux qui croient en lui.

Jésus donne à chacun sa tâche; c'est lui qui sait (le "que t'importe" dit à Pierre est très fort), et c'est aujourd'hui à chacun d'entendre la place que Jésus veut pour nous.

Pour en revenir aux agneaux et aux brebis, je vais commencer par les brebis. Il y a la référence à Jn 10, qui permet de penser qu'il y a en premier les brebis qui connaissent la voix, et qui sont les brebis qui connaissent la Loi et qui attendent le sauveur, et en second les brebis qui ne sont pas de la bergerie et pour lesquelles il y a aussi une place, ces brebis pour lesquelles Paul sera peut-être plus l'apôtre. Dans le premier troupeau, il y a celles qui sont perdues, celles qui sont égarées, celles qui sont malades et celles qui vont bien mais qui ne doivent pas écraser les autres, ce qui accomplit la prophétie d'Ezéchiel 34. Quand aux agneaux, je pense qu'il s'agit de tous ceux qui, comme l'agneau pascal, donneront leur vie pour que le message de Salut soit entendu sur toute la terre; et Pierre fait partie aussi de ceux là.


Le fait d'avoir pu, en quelque sorte curieusement, percevoir cette rivalité entre Pierre et le disciple que le Seigneur aimait, m'a permis de comprendre en profondeur que Jésus choisit comme il veut et pour qui il veut ce qui permet l'annonce du Salut. A nous d'écouter, avec l'aide de l'Esprit, cette voix du Seigneur.

lundi, février 26, 2018

Ex 12,25: " Du pétrin à la croix"

En lisant le récit de la sortie des Hébreux du pays d'Egypte, en pleine nuit, après que l'Ange du Seigneur ait tué tous les premiers-nés au pays d'Egypte, j'ai trouvé très étonnante la phrase suivante: "Le peuple emporta la pâte avant qu'elle n'ait levé: ils enveloppèrent les pétrins (ou les huches) dans leurs manteaux (certainement pour garder au chaud, puisque le pain a besoin de chaleur pour lever), et les mirent sur leur dos"

Je ne reviens pas sur la logique du texte, parce que si le peuple a mangé l'agneau, ils ont bien dû manger aussi du pain (galette).

Mais il me semble que lorsqu'on doit prendre un long chemin, qui est malgré tout un chemin d'exil puisque les Egyptiens "chassent" les Hébreux, il est bon de prendre des provisions pour la route, donc du pain, même s'il est encore à l'état de pâte, et de l'argent (les bijoux donnés par les voisins), parce que ça permet éventuellement de pouvoir acheter de quoi manger (mais pas de fabriquer un veau!). Quant à la cuisson de cette pâte, à cette époque là, si j'en crois différents articles, elle peut se faire sous la cendre (il faut faire un feu sur du sable, et dans le désert ça ne manque pas) ou sur des pierres elles-mêmes chauffées.

Mais ce qui est dit, c'est que la pâte n'avait pas eu le temps de lever, ce qui laisserait à penser que c'était quand-même une pâte avec quelque chose (il est dit que l'eau du Nil avec ses alluvions joue un peu le rôle de levain ) qui devait lui permettre de monter au moins un peu, ne pas être dure comme du bois.

On peut donc penser à un mélange de farine, de sel et d'eau, mise dans un récipient en bois, et que l'on laissait reposer un certain temps avant de la faire cuire. Et je peux imaginer que marcher avec cela sur son dos, cela ne soit pas être facile. Cela pèse son poids, cela empêche de courir, et si en plus on doit l'entourer avec son manteau, on doit avoir froid, mais que ne ferait on pas pour avoir un minimum de provisions quand on prend une route qui est quand même une route d'exil?

Et en pensant à ce poids qui pèse sur sur le dos, il m'est venu à la fois une phrase d'un psaume: "J'ai enlevé le poids qui pesait sur tes épaules" (Ps 81,6) - mais là il s'agit du poids de la servitude, parce que c'est ce que vit quand même le peuple, et remplacer l'esclavage par la liberté, cela n'a pas de prix; mais surtout j'ai pensé à un autre objet en bois, qui pèse aussi son poids: la croix. 

La croix, c'est elle dont nous devons nous charger si nous voulons être disciples: "Si quelqu'un veut être mon disciple qu'il renonce à lui-même (ce qui entre parenthèse revient à s'alléger de soi et donc enlever un poids), qu'il se charge de sa croix (ou qu'il prenne sa croix) - et donc là il y a bien quelque chose à mettre sur son dos, et qu'il me suive (Luc 9,23).

Cette croix, c'est Jésus qui l'a portée en premier sur le chemin qui allait du palais de Pilate au Golgotha. Croix qui nous libère de la servitude du péché, mais surtout croix qui nous donne chaque jour le pain de la vie. C'est sur la croix que, si je peux me permettre, le pain confectionné pour la Pâque, avec de la farine, de l'eau et du sel, prend chair, devient chair, et devient pour nous pain qui est nourriture et qui nous délivre du poids de la mort.

Alors je ne sais pas si cette image du peuple qui marche avec son pétrin ou sa huche sur son dos est réellement une image de Jésus qui marche avec cette croix et qui fait de lui le pain de la vie, mais aujourd'hui, pour moi, cette représentation est importante, car elle est nourriture pour mon cœur.