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dimanche, juillet 31, 2016

Publication du blog .

Cinq livres, publiés chez Amazon sont désormais en vente et permettent de lire sous une forme beaucoup plus accessible que celle du blog, la plupart des articles qui se sont accumulés depuis presque quinze ans.

Ils sont regroupés sous le titre "Porteuse d'eau" le tire du blog et se déclinent en cinq tomes. 

Tome 1: d'avantage centré sur la psychologie et l'abord spirituel
Tome 2: questionnement, interrogation, relectures, sous forme d'un dictionnaire. 
Tome 3: réflexions à partir de l'ancien testament et figures de personnages bibliques
Tome 4: les évangiles
Tome 5: personnages du nouveau testament et écrits postérieurs aux évangiles.

Bonne lecture.

"Elle a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée" Lc 10, 42


Luc (Lc10, 42) nous rapporte que Marie, la sœur de Marthe, « a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas enlevée ». Si on se remémore la scène, on sait que Jésus s’est invité dans la maison de Marthe, que celle ci s’affaire à la préparation du repas et que Marie, sa sœur, reste paisible au pieds de Jésus et l’écoute. Jésus dit que cette place ne lui sera pas enlevée dans le ici et maintenant de ce repas qui se prépare, mais pourtant cette place lui a été ravie, enlevée. N’a t elle pas perdu son Seigneur le jour de la mort de celui-ci et plus encore en découvrant que son corps avait disparu ? On peut dire que certes à ce moment là, Marie avait choisi en étant aux pieds de Jésus une certaine place, la meilleure place, mais que cette place a été temporaire, le temps de la préparation d’un repas. Par la suite, ce contact, ce corps à corps avec son Seigneur il lui a été arraché, volé, pris. De cette perte, elle ne s’en remet que lorsque Jésus se manifeste à elle en l’appelant par son prénom et lui donne une mission : aller annoncer qu’il est vivant. Et de la place contemplative (ou passive)qui semblait être la sienne, elle prend une place active, comme si l’un et l’autre étaient complémentaires et nécessaires.

Ce terme « enlevé » ou « ôté » dans certaines traductions, a fait écho en moi et j’ai voulu le retrouver dans les différents évangiles, car un même mot peut avoir plusieurs sens.

- On le retrouve dans les synoptiques quand les disciples des pharisiens reprochent à Jésus de ne pas imposer de jeûnes à ses disciples, par exemple en Mt 9, 15 : « les compagnons de l’époux peuvent-ils mener le deuil tant que l’époux est avec eux ?Mais viendront des jours où l’époux leur sera enlevé alors ils jeuneront ». Ici ‘enlevé’ s’entend dans le sens de parti, absent, disparu. jésus annonce qu’il ne demeurera pas toujours là. Sil prend à son compte ce terme d’époux, mot par lequel Jean Jean le Baptiste l’avait désigné, il me semble qu’il se situe comme celui qui est Dieu présent dans son peuple. Les disciples sont les compagnons que l’époux,  qui attends sa fiancée (et l’on peut penser aux textes des prophètes, Amos en particulier), mais la fiancée, c’est la croix, c’est la victoire apprente du mal, c’est la mort, la peine, la tristesse. Et cela ne peut être compris à ce moment de la vie publique. Jésus ressuscité n’a plus rien à voir (ou peu à voir) avec si je puis dire « leur » Jésus de la vie publique. Et peut –être que cette relation là leur manque.  Une certaine représentation imaginaire de Jésus leur sera enlevée, ce jour là ils seront dans la peine et dans le deuil mais une autre image la remplacera quand le temps de l’Esprit sera advenu. Enlevé ici revoie au départ, à l’absence, autant qu’à la mort.

- C’est dans le même sens qu’on retrouve ce mot chez Luc au moment de l’Ascension, Lc 24, 51 : «  Pendant qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et fut enlevé au ciel » Il est question de disparition de celui qui était déjà présent sous une forme autre.

- Ce mot se trouve dans un sens beaucoup plus terre à terre, dans le sens de prendre, «  à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a »Mc 4,25.  

- Et enfin au sens de volé Lc11,52 « Malheur à vous les légistes, parce que vous avez enlevé la clé de la science ! » Mais aussi le même sens quand Marie dans l’évangile de Jean se plaint qu’on ait enlevé le corps du Jésus. Là il y a perte, il y a vol.

L’inverse d’enlevé pourrait être gardé, retenu, possédé. Seulement voilà, Jésus on ne le garde pas, on ne le retient pas, on ne le possède pas... Et c’est bien ce qui sera signifié à Marie lors de sa rencontre avec celui qu’elle prend pour le jardinier : « ne me retiens pas »..

Alors oui, Marie a eu une place « bonne », cette place elle a dû la laisser, l’abandonner pour en découvrir une autre, et cela c’est un chemin qui nous avons tous à faire. Les temps de béatitude (je pense que nous en avons tous connus) avec le Seigneur, ne durent parfois que l’espace d’un instant, même si c’est un instant d’éternité, mais ils sont dans le temps, ils passent. Il en reste le souvenir, ces cailloux de joie qu’il faut déterrer quand on a l’impression d’avoir perdu la saveur de la présence, cette meilleure part que nous pensions être la notre..




dimanche, juillet 24, 2016

Elisée raconte.

La liturgie a proposé un certain nombre de lectures tirées du premier livre des Rois et racontant les hauts faits du prophète Elie. Or ce prophète, qui se manifeste par des œuvres de violence, ou du moins que je perçois comme tel, j’ai du mal à le reconnaître comme le modèle des prophètes et je me demande pourquoi Dieu l’a enlevé de son vivant sur un char de feu, sans connaître la mort. Je suppose que pour l’histoire d’Israël, cet enlèvement était important, comme pour nous l’enlèvement de Jésus après la résurrection est important et qu’il signe un temps autre. Mais quand on lit les « exploits » de ce prophète, il est certain que les signes donnés pas Jésus ne font pas le poids. Bien sur Jésus a guéri, Jésus a nourri, mais Jésus n’a pas fait tomber le feu du ciel que ceux qui venaient l’arrêter, il n’a pas provoqué la chute des romains, il a œuvré comme les prophètes pour changer le cœur de ses concitoyens, et en cela il a réussi à faire ce qu’aucun d’entre eux n’avait réussi à faire à donner l’Esprit du Père à tous ceux qui le reconnaissaient comme le Fils.

M’est alors venue l’envie d’écrire, raconter l’histoire de ce prophète, enlevé nu sur son char de feu, au travers de ce que celui qui avait été choisi pour le remplacer a pu percevoir de cette personnalité pour le moins complexe.

Elisée le prophète.

J’étais en train de labourer le champ de mon père Chafath près de la ville d’Abel Mehola dans le territoire de la tribu de Manassé. C’était un grand champ, 12 arpents, et j’arrivais enfin au bout de mon travail, quand un homme est apparu dans mon champ de vision. Il portait un pagne de peau et un manteau en poils d’animaux.

Cet homme, j’en avais entendu parler. Il avait une réputation curieuse : à la fois prophète et homme de Dieu, osant parler au roi et lui reprocher sa conduite, mais faisant du mal autour de lui. Par sa faute, ou par sa parole, la pluie n’était plus tombée depuis trois ans en Israël, et les récoltes étaient maigres pour ne pas dire nulles et même nous, nous en souffrions de cette famine. Ne venait-il pas de tuer de sa main, tous les prêtres de la reine, qui avait mis sa tête à prix ? Alors que venait-il faire là, près de moi, dans mon champ ?

Il ne m’a pas dit un mot, pas une parole. Il a enlevé son manteau, l’a jeté sur moi comme pour m’en recouvrir, le manteau a glissé sur le sol, il l’a repris. Quelque chose en moi m’a soufflé que par ce geste, il me revêtait de sa puissance, qu’il m’appelait à devenir comme lui, un prophète de son Dieu, (mais son Dieu, je ne le connaissais pas vraiment, parce que chez nous ces dieux de la fécondité, ces dieux qui font pousser l’orge, ces dieux qui protègent les brebis, les troupeaux sont importants et nous leur offrons aussi des sacrifices) et que je devais le suivre.

J’ai juste dit que j’allais partir avec lui, mais que je voulais prendre congé de mes parents. Mon père est âgé, je suis son aîné, c’est à moi que devait revenir la propriété, et voilà que je vais partir suivre cet homme rude, sale, qui me fait un peu peur. Elie m’a répondu que je pouvais faire ce que je voulais, que cela ne le concernait pas, alors, je n’ai pas pas aimé du tout sa réponse. Je pouvais comprendre que pour lui, c’était tout de suite, mais quand même. Alors pour montrer que je comprenais, au moins un peu, j’ai tué deux des bœufs qui m’avaient aidé dans mon travail, j’ai fait bruler le bois de ma charrue, et tous mes serviteurs me regardaient comme si j’étais devenu fou, et j’ai offert pour eux et pour moi un sacrifice à ce dieu que je ne connaissais pas vraiment et je suis parti avec lui.

Etre son serviteur, son disciple, n’a pas été facile, parce qu’un serviteur, il en avait déjà un. J’ai fini par comprendre que lorsqu’il avait fuit les hommes de la reine Jézabel, lancés à sa poursuite, il était parti vers l’Horeb et qu’il avait voulu mourir. Là, sur son chemin, Dieu lui avait envoyé un ange avec de quoi manger. Son Dieu est vraiment un Dieu secourable, puisque pendant tout le temps de la famine, il lui avait fait porter à manger par des corbeaux sur les rives du torrent du Kerrith. Il avait mis quarante jours pour arriver à la montagne de Dieu. Je dis la montagne de Dieu, parce qu’il m’a expliqué qu’aux temps anciens, notre père Moïse avait demandé à Dieu de se montrer à lui, et que ce dernier lui avait dit que c’était impossible, parce que l’homme ne peut contempler Dieu, mais qu’il lui montrerait sa Gloire et lui donnerai son nom. Pour ne pas être aveuglé par la toute puissance, Dieu avait dans sa douceur posé sa main sur les yeux de Moïse et lui avait parlé. Et mon maître, avait cherché cette grotte où Moïse avait en quelque sorte conversé avec son Seigneur.

Cette grotte il l’avait trouvée et y avait passé la nuit  Puis au cous de la journée suivante, la montagne s’est mise comme à frémir. Elie s’est réfugié au plus profond de la grotte. Il y a eu un ouragan,  mais Elie savait que cela ce n’était pas la présence de Dieu, son Dieu était un Dieu fort, le maître des éléments, mais il n’était pas un Dieu de destruction. Puis la terre s’est mise à trembler comme si elle était prise de peur, et les pierres volaient de partout, mais, Dieu n’était pas là. Puis il y au eu du feu qui dévorait tout, mais Elie s’était rendu compte, que lui qui avait tomber le feu sur le taureau offert en sacrifice lors de son combat contre les prêtres de la reine, que son Dieu n’était pas un Dieu incendiaire, mais le Dieu du buisson ardent.

Et puis un silence s’est fait, un grand silence, un beau silence, un silence qui chante, un silence qui prie et là, dans ce silence, il y avait comme une brise légère, une brise que l’on sentait à peine, et là, Elie a su que Dieu, que son Dieu se manifestait à lui, qu’il se donnait à lui l’homme qui venait de tuer d’autres hommes. Il s’est souvenu que jadis, Dieu prenait plaisir à parler avec Adam à la brise du soir, et il s’est dit que Dieu voulait lui parler à lui, Elie.

Et mon maître est sorti de la grotte, il a voilé son visage en signe de respect et Dieu s’est adressé à lui, en lui demandant ce qu’il faisait là, lui l’homme dans ce lieu de la présence du Tout Puissant. Elie a eu du mal à répondre, mais il a expliqué que lui seul, parmi tous les prophètes avait défendu l’honneur du Dieu d’Israël, du Dieu de ses pères et que cela l’avait conduit à devenir un homme « mort ». Alors Dieu lui avait confié trois tâches : oindre Hazaël comme roi de Syrie, consacrer Jéhu comme roi d’Israël, et me chercher moi pour lui succéder. Or cette demande là, pour Elie elle fut une épine dans sa chair. Me chercher cela voulait dire que don travail allait prendre fin, que je lui succèderai. Et il ne me connaissait pas, et il doutait de moi ; et ce doute, n’a jamais cessé et a été pour moi très lourd à supporter. Je pense que choisir son successeur de son vivant cela doit être dur, car cela veut dire que la mort est proche. C’est peut-être pour cela que notre vie en commun a été si difficile d’autant qu’Elie avait son propre serviteur, celui qui l’avait accompagné sur le mont Carmel et qui scrutait le ciel pour voir si la pluie allait enfin tomber ;

Le temps a passé. Nous avons été dans la montagne du Carmel où nous avons alors retrouvé l’autre serviteur, celui qu’Elie avait choisi.  Nous avons appris que le roi Achab avait obtenu pas mal de victoires sur le roi de Syrie, l’actuel, pas celui qu’Elie avait oint. Mais comme Elie n’avait pas mis à mort ce roi, comme cela aurai dû être fait, Dieu avait été très mécontent et l’avait fait savoir au roi non par mon maître, mais par un prophète, membre de la communauté des prophètes, et cela avait inquiété le roi, mais il n’avait pas changé sa conduite.

Or le travail d’un prophète, c’est de rappeler à temps et à contre temps ce que Dieu attend de son peuple, et de son roi. Un prophète Michée, dira un jour que pour être agréable à Dieu, il ne s’agit pas d’offrir des holocaustes, mais « pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec notre Dieu ».

Et puis, j’ai vu mon maître à l’œuvre. Le roi avait obtenu d’une manière plus que déloyale une vigne qui jouxtait ses champs, vigne qui appartenait à Naboth. Celui ci ayant refusé de la céder, la reine s’était arrangée pour le faire mourir et la terre était revenu au roi. Alors Elie est allé trouver le roi, et lui a annoncé sa mort en représailles et la ruine de toute sa famille. Ces paroles ont provoqué une grande peur chez Achab qui a reconnu sa faute et Dieu (et cela était important pour moi, parce que ce Dieu d’Elie me faisait peur), a renoncé à le faire mourir lui. De fait, Achab est mort au combat. Mais sa mort a réalisé la parole annoncée par Elie : des chiens sont venus lécher son sang..

Petit à petit Elie m’a raconté..

Il m’a raconté comment son Dieu lui avait enjoint de quitter le torrent qui s’était asséché et d’aller à Sarepta.. Or aller à Sarepta, c’était aller dans la contrée de la reine Jézabel, dans cette contrée remplie de faux dieux. Et Elie n’avait pas vraiment envie d’y aller. Et pourtant son Dieu avait prévu qu’une femme, une veuve s’occuperait de lui, durant toute cette famine et pour cela, il y a eu de l’huile et de la farine durant des années. Il m’a raconté comment le fils de cette femme était mort et comment en priant sur lui, le souffle était revenu en lui. Il m’a raconté ce qui s’était passé à l’Horeb. Il m’a raconté, mais j’avais l’impression qu’il ne me considérait pas comme son successeur.

Puis le temps a encore passé. Et Elie a eu maille à partir avec le successeur d’Achab. Ce dernier au lieu de se tourner vers notre Dieu pour savoir s’il guérirait de la mauvaise chute qu’il venait de faire, s’était tourné vers Baam Zeboub le Dieu d’Ecron. Elie a alors dit aux messagers du roi que ce dernier allait mourir parce qu’il ne s’était pas tourné vers le vrai Dieu. Le roi, a alors essayé de faire périr Elie et là j’ai vu ce qu’il pouvait faire et comment son Dieu l’aidait. Par deux fois, il a fait périr par le feu les cinquante hommes venus pour l’arrêter. Puis il est allé en toute tranquillité annoncer à Ahazia qu’il allait mourir. Ce fut son dernier exploit. Fidèle à lui-même et à notre Dieu, il avait rappelé que Dieu seul guérit et que seul le Dieu d’Israël est le tout puissant.

Et puis Elie a vieilli.. Il me semblait que quelque chose se passait en lui, mais moi, je n’avais aucune puissance, aucun pouvoir. Je n’avais pas de vision, je n’avais pas de relations avec son Dieu. Nous étions à Guilgal et un matin il m’a dit que le Seigneur l’envoyait à Bethel et que je devais rester. Bethel c’est le lieu où son Dieu était apparu à Jacob lorsqu’il avait pris la fuite pour échapper la fureur de son frère. Là nous avons rencontré des fils des prophètes qui m’ont dit que mon maître allait être enlevé, et j’ai dit que le savais. Puis il m’a dit que le Seigneur l’envoyait à Jéricho et que je devais rester à Bethel, mais j’ai refusé. Jéricho c’est la ville conquise par Josué, il y a longtemps. La aussi les prophètes qui y résidaient m’ont dit que mon maître allait être enlevé. J’ai dit que je le savais, mais est ce que je le savais vraiment. Il a alors dit qu’il devait franchir le Jourdain. Cela ça m’a étonné, parce que cela revenait à quitter notre terre, à se retrouver là où Moïse était mort, avant d’avoir pu traverser le Jourdain. Il ne voulait pas de moi, mais moi je n’ai pas lâché, je voulais voir, je voulais savoir. En arrivant au bord du fleuve, il n’a pas cherché s’il y avait un gué, non il a roulé son manteau et il a frappé les eaux du Jourdain qui se sont écartées, comme autre fois Josué l’avait fait, et nous sommes passés.

Elie m’a alors adressé la parole ; il m’a demandé ce que je voulais qu’il fasse pour moi avant qu’il ne soit enlevé. J’ai répondu sans vraiment réfléchir que je voulais recevoir en héritage une double part de son esprit prophétique. Il m’a répondu que c’était difficile, mais que si je le voyais au moment où il serait enlevé, alors la demande serait réalisée. Il avait à peine fini de parler, que j’ai vu comme un char de feu qui se posait et Elie qui qui prenait place et disparaissait dans un tourbillon de feu. Oui j’avais vu.. Oui le don des prophètes, ce don de voir je l’avais. Et j’étais heureux. Puis j’ai vu le manteau, ce manteau qu’il avait jadis jeté sur mes épaules qui gisait sur le sol. Pour moi, ce manteau était un peu un manteau magique, qui réalisait les désirs de son propriétaire. En même temps, j’étais triste, je me sentais abandonné. J’ai déchiré mes vêtements en signe de deuil, et j’ai pris le chemin du retour.

Il me fallait franchir le Jourdain dans l’autre sens. Je me suis arrêté au bord du fleuve, et comme Elie j’ai frappé les eaux avec le manteau, mais comme il ne se passait rien, j’ai crié, j’ai appelé le Seigneur, le Dieu d’Elie et le fleuve s’est ouvert. C’est là que j’ai compris ce qu’était la puissance de ce Dieu qu’Elie avait servi toute sa vie. La puissance ne résidait pas dans le manteau, mais dans ce Dieu, qui est le Dieu de nos pères et que je connais si mal.

J’ai retrouvé les frères de Jéricho, qui ont vu que je n’étais plus le même. Ils ont voulu quand même chercher Elie, parce que parfois Dieu enlève puis repose, et cela il l’avait déjà fait une fois pour Elie qui après le massacre des prêtres était allé au devant d’Achab, porté par l’Esprit de son Dieu, pour lui annoncer que la pluie allait tomber. Mais Elie n’est pas revenu et je suis devenu à mon tout prophète du peuple d’Israël.

Je pense avoir eu une vie différente de celle de mon maître, car j’ai utilisé la puissance de mon Dieu pour faire le plus de bien possible autour de moi. J’ai permis à une femme d’échapper à la prison, j’ai nourri des hommes qui avaient faim, j’ai purifié une source, j’ai guéri un général ennemi de la peste et évité une guerre, j’ai même donné la berlue à des soldats qui voulaient nous envahir, j’ai été condamné à mort par le roi qui me jugeait responsable de la famine, mais mon Dieu a fait fuir l’armée qui nous affamait et nous avons mangé tous à notre faim. Puis Jéhu a pris le pouvoir comme Elie l’avait prédit. Je suis devenu très âgé, je suis tombé malade, je suis mort et même après ma mort, j’ai pu donner la vie à un homme que l’on avait jeté dans mon tombeau. Oui j’ai été un prophète qui a veillé sur le peuple que Dieu m’avait confié, mais jamais je n’ai eu le panache d’Elie.


Bien des années après ma mort, au retour de cette épreuve que fut l’exil, un homme a raconté l’histoire des hommes qui ont fait la grandeur d’Israël. Il a consacré 12 lignes pour décrire son œuvre et seulement 2 ou 3 pour moi, mais l’un comme l‘autre, nous avons œuvré pour que le peuple se convertisse et renonce à ses péchés, pour qu’il comprenne que seul le Dieu d’Abraham, de Jacob et de Moise pouvait lui donner la Joie de connaître la paix dans ses murs et dans son cœur.

mercredi, juin 29, 2016

La poutre et la paille dans l'oeil Mt 7,1-5.

Quand j'étais beaucoup plus jeune, je n'arrivais pas à me représenter l'image d'un oeil d'où émergeait une poutre dont on voyait la base carrée sortir, et celle d'un oeil avec une paille plantée un peu comme dans un verre de soda. Peut -être faut il voir cette poutre à l'extérieur de l'oeil comme un obstacle au "bien voir",  ou comme une sorte de brouillard épais, qui permet certes de voir un peu, mais qui déforme.

Aujourd'hui, je ne peux toujours pas me représenter les choses, mais pour avoir été opérée d'une cataracte, qui fait que même si l'on ne voit pas bien, on ne s'en rend pas vraiment compte,  et ce n'est u'après l'intervention que l'on découvre brusquement que chez soi, ce n'est pas si propre que ça, je sais que l'on ne peut se fier à ce que l'on voit.

Mais, de même qu'il est impossible de se guérir tout seul, il est à mon avis impossible d'enlever la poutre qui est dans son oeil, cette poutre qui obscurcit la vision et fait que l'on déforme ce que l'on perçant de l'autre.

En d'autre termes, avant de juger l'autre, il me faut me demander si mon jugement n'es pas faussé, et donc demander à l'Esprit Saint de faire son travail: m'éclairer et enlever ce qui altère la vision. Le désir de Paul dans la deuxième épitre aux Corinthiens, reste le mien; "je connaitra comme je suis connu", mais cela ne peut se faire que dans un futur et avec le passage de la mort à la vie.

"Dans toute maison dans laquelle vous entrez, dites Paix à cette maison" Luc 10,


Ces versets figurent dans l'évangile qui sera lu dimanche prochain, c'est ce que doit faire tout envoyé de Jésus quand il pénètre dans une maison, la première des choses à faire. Il s'agit de donner une parole. 

La parole, c'est comme un souffle. Elle va vers l'autre, et c'est ce qui se passe quand le disciple appelle la Paix à entrer dans cette maison. Elle est comme un oiseau. Soit elle va se poser, se reposer sur celui qui veut la recevoir et elle agit en lui, soit elle revient doucement, comme un oiseau dans son nid, si elle n'a pas se nider ailleurs.

Mais la parole ne se perd pas.

C'est cette image de la parole oiseau (Esprit Saint) qui m'a effleurée pendant la lecture de ce verset.

Blessure et blessure

On nous a toujours dit que nos péchés blessaient le coeur de jésus, mais on oublie de nous dire que son coeur est blessé d'amour pour nous, qu'il nous aime d'amour et que c'est ce coeur là,ce coeur blessé, ce coeur qui se meurt d'amour qui est notre guérison. Simplement se laisser aimer.