mercredi, septembre 09, 2009

A vin nouveau outre neuve.

C'est en Marc chapitre 2 verset 22: " Personne non plus ne met du vin nouveau dans des outres vieilles ; autrement, le vin fera éclater les outres, et le vin est perdu aussi bien que les outres. Mais du vin nouveau dans des outres neuves !" .

En fait ce texte m'a posé des questions. Le vin nouveau quel est-il? S'agit il du vin que l'on vient d'obtenir d'une nouvelle récolte et qui n'a pas eu le temps de vieillir, donc qui est comme on dit un peu vert? Chez nous (je suis allée regarder )le vin nouveau, le beaujolais nouveau pour ne pas le nommer, est un vin qui se fait dans des conditions de vinification particulières et je doute fort qu'il s'agisse de cela.

On dirait plutôt qu'il s'agit d'un vin de l'année, qui n'a pas terminé sa fermentation et qui de ce fait peut faire éclater l'outre ancienne, qui elle a déjà vécu (si je puis dire) le contact avec le vin ancien, vieilli selon les règles de l'art. Ce vin est donc dangereux si l'on peut dire à deux titres: il lui faut un récipient neuf, sinon il détruit l'ancien, et il a un goût inattendu. Peut-être aussi qu'il monte plus vite à la tête et que l'on peut s'enivrer plus facilement. En général on imagine le vin dans des amphores, pas dans des outres. peut-être s'agit-il là d'une coutume de nomades, de bergers?

Or Jésus semble se définir comme ce vin nouveau, ce vin au goût inconnu, ce vin qui va agacer d'une certaine manière (et c'est bien ce qui se passe avec les pharisiens) et il demande que ce vin ne soit pas mis dans de veilles outres. Il dit même qu'il y a danger. Et pourtant je crois que les disciples eux, s'enivrent de sa présence puisqu'ils ne suivent plus les préceptes.

SI Jésus est le vin nouveau, il y a donc un risque à suivre son enseignement. Il lui faut un contenant approprié; car on ne peut pas le mettre dans une outre qui a servi au vin ancien.

Or il extrêmement facile quand on a goûté à quelque chose, quand on aime cette chose, d de ne pas vouloir changer sa manière de voir, de goûter, de comprendre.

Quand on a des certitudes, on s'y accroche. On n'a pas du tout envie d'essayer quelque chose qu'on ne connaît pas. Et on va même penser que le nouveau est dangereux (pour notre sécurité). Cela se vit bien aujourd'hui dans nos églises:il est si difficile de changer sa manière de voir et même de renoncer à s'approprie la parole.

La finale de cette péricope (enfin pas tout à fait, car là je fais référence à l'évangile de Luc: Lc 5,39 )dit que celui qui a goûté au vin vieux ne veut pas de vin nouveau. En d'autres termes, il n'est facile de quitter ses certitudes, de se laisser interroger renouveler par une parole que l'on croit connaître et maîtriser.

Il n'est pas facile d'être une outre neuve. Mon désir d'aujourd'hui, est que ce vin nouveau fasse exploser la vieille outre que je suis, pour qu'une nouvelle se crée et soit apte à conserver ce vin nouveau. Que ce mouvement de renouvellement soit un mouvement incessant. Pour moi le vin nouveau est d'une certaine manière un vin qui pétille, et a de la vie en lui. Le vin vieux a certes sa valeur, mais il faut pour qu'il mûrisse le conserver dans un certain immobilisme je ne suis pas sûre d'avoir cette patience.

Il y a deux versets de psaumes que j'aime et qui parlent du vin. Il s'agit du psaume 4, verset 8: "tu as mis en mon cœur plus de joie qu'aux jours ou leur froment, leur vin nouveau débordent" et du psaume 104 verset 15: "et le vin qui réjouit le cœur de l'homme, pour que l'huile fasse luire les visages et que le pain fortifie le cœur de l'homme".

Ces versets surtout le premier me disent que vivre avec Dieu apporte encore plus de joie que celle donnée par le vin. Et cette joie, c'est ce que que Jésus est venu apporter: Jn15, 11:" Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète".

Avec Lui on quitte une loi de contrainte pour entrer dans une loi d'amour. Mais il y a un risque à entrer dans ce type de loi, car elle ne présente pas la sécurité de la loi des règles. Jésus fait exploser les règles et en cela il est le vin nouveau qui donne la joie.

Cette réflexion a pour moi débouché aussi sur autre chose. Lors de la Cène, Jésus donne le vin à ses disciples en disant "Prenez et buvez, ceci est le sang de la nouvelle alliance...". Et plus que le sang, je me représente aujourd'hui Jésus comme l'homme nouveau, qui nous donne le vin nouveau qui fait entrer dans la Vie. Il est le vin nouveau qui me réjouit.

Alors que la parole soit toujours neuve pour moi et si elle doit faire exploser la vieille outre, ma foi tant mieux.

1 commentaire:

TOURNESOL a dit…

J'aime bien la petite méditation et il est bien vrai que ce n'est pas facile dans nos églises d'être
une outre neuve et "d'ouvrir" la porte à d'autres approches. et pourtant c'est si nécessaire si nous voulons connaître la joie du vin nouveau!
Je suis très sensible aux approches des autres religions tout en étant certaine que connaître Jésus est un privilège.
J'ai découvert un théologien catalan qui connaissait bien les religions asiatiques: RAIMON PANIKKAR et j'ai commandé un livre:
"l'inévitable dialogue: Dieu , Yahweh, Allah, Shiva" pour que ma vieille outre explose...