vendredi, octobre 01, 2010

Prière du serviteur inutile

L'évangile de dimanche prochain Lc 17, 5-10 nous invite à nous considérer comme  des serviteurs "inutiles, quelconques, simples, interchangeables". 

« Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : 'Viens vite à table' ? 
Ne lui dira-t-il pas plutôt : 'Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour. 
Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ? 
De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir. ' » 


En fait je me demande si ce que Jésus veut faire comprendre à ses apôtres et disciples c'est qu'ils n'ont pas à se croire supérieurs aux autres parce qu'ils sont près de lui. Ne pas s'en croire, ne pas (pardonnez moi l'expression) péter plus haut que son cul. Ne pas s'en croire, se rappeler que comme Lui nous sommes non des maîtres mais des serviteurs.

Mais pour en revenir au titre que j'ai choisi avec beaucoup d'impertinence je le reconnais, je peux imaginer la prière suivante: 

"Seigneur, permets à mon maître de gagner suffisamment d'argent grâce à mon travail pour qu'il puisse embaucher un deuxième serviteur parce que moi je n'en peux plus de tout faire et dedans et dehors. 

D'accord c'est un bon maître. D'un côté il dit que je suis son ami(Jn 15,15 :"je ne vous appelle plus serviteur,mais ami parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître" et je reconnais que ce qu'il peut me communiquer donne un sens à mon obéissance) , d'un autre il dit que s'il me trouve en train de veiller quand il rentrera tard, qu'il se mettra lui en habits de service et me servira  à table (Lc 12, 36), ce qui est un moyen aussi de me stimuler pour que je m'endorme pas; mais là il me dit que ce que je fais c'est normal et que je n'ai pas à me plaindre. 

C'est normal mais c'est quand même bien dur de tout faire dans les champs et dans la maison, de soigner les bêtes de labourer et de m'occuper de lui au lieu de pouvoir souffler un peu et d'être sans arrêt sur le pied de guerre. Bien des fois je suis moulu, et je n'en peux plus et il fait comme s'il ne le voyait pas. 

Seigneur ouvre lui un peu les yeux à mon maître, fais qu'il me laisse un peu souffler. J'aimerai bien ne plus avoir à porter le poids du dedans et dehors. 

Mais Seigneur si tu juges que cela est bon pour moi, alors qu'il en soit fait comme tu le désires et apprends moi à continuer à aimer mon maître qui me fait confiance dans les petites comme dans les grandes choses".

3 commentaires:

Auteure anonyme a dit…

Oh et bien, ça c'est sûr que c'est impertinent. Et difficile à accepter aussi. Bon courage dans ton acceptation, mais ne déprime pas si tu n'y arrives pas.

Giboulee, a dit…

Ne t'inquiète pas, moi je fais ce que je peux, comme je peux et comme je veux. Donc ce n'est pas ça qui me ferait déprimer.

Merci de me lire.

Gib.

TOURNESOL a dit…

Le Seigneur s'adresse sans doute à
notre orgueil qui est bien souvent sous-jacent à nos actions . Nous
avons besoin de reconnaissance pour nos efforts et quand il n'y en a pas on déprime un peu...
Le chemin de l'humilité prend du temps. C'est difficile de s'accepter comme serviteur inutile!!!