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lundi, avril 27, 2026

Jean 6, 1-16 la multiplication des pains.

 Jn 6, -1-16   Multiplication des pains : Philippe et le jeune garçon et racontent.

 

 

Pourquoi écrire une fois de plus sur ce texte, puisque le dernier date de 2024 et que j'avais pris Philippe pour rapporté ce qui avait été vécu, de signe. https://giboulee.blogspot.com/search?q=Multiplication+des+pains.

 

Pourquoi le rédacteur insiste-t-il sur le fait que si Jésus s'adresse à lui, c'est pour "le mettre à l'épreuve", puisque lui Jésus sait ce qui va se passer. Mais c'est quand même assez sibyllin car j'imagine mal que Jésus demande à Philippe s'il pense que lui Jésus va, soit sortir de l'argent de sa ceinture, soit fabriquer du pain à partir de rien. Mais pourtant quand on parle d''épreuve dans la Bible, il est toujours question de foi. Donc Jésus éprouve la foi de Philippe, crois-tu que je puisse nourrir cette foule à partir de rien? Philippe n'a-t-il pas vu l'eau des jarres de Cana devenir vin des noces? 

 

Reprenons le texte, puisque c'est ce travail quotidien qui me donne envie de raconter. C'est ce commentaire du rédacteur: "il savait bien de qu'il allait faire" qui est un des fils rouges de cet bonne nouvelle, Jésus "sait" Jésus ne laisse rien ou presque rien au hasard.


En reprenant ce texte, bien des jours après, j'ai pu laisser le jeune garçon raconter.

 

Travail préalable sur le texte : Jn  6, 1-16

 

 

1 En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade.

 

Déjà la traduction AELF me pose question. Pour moi, l'autre côté c'est territoire païen. Je sais bien que la finale du chapitre 5, fait penser qu'il vaut mieux que Jésus quitte Jérusalem et la Judée, mais a priori la Galilée ne lui est pas hostile, d'autant qu'il a guéri le fils d'un fonctionnaire royal. Certaines traductions font comprendre que mer de Galilée ou Lac de Tibériade c'est la même chose. Mais c'est quand même de l'autre côté.

 

 

2 Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades.

 

Là, il faut croire le rédacteur. Des guérisons les synoptiques en rapportent un certain nombre. Mais Jésus traîne à sa suite, outre les disciples "une grande foule", qui a envie de voir ce thaumaturge.

 

 

 

3 Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples.

4 Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.

 

Pour moi, cela évoque presque les béatitudes, dans l'évangile de Matthieu. On est dans du solennel. On peut s'attendre à quelque chose d'important. 

 

Jésus est assis, posture de l'enseignant. Peut-être que cela fait un certain temps qu'il les enseigne ses disciples. Peut-être parle-t-il de cette libération, de ce passage de Dieu, de ce sang versé sur les linteaux et qui chasse la mort, de l'agneau pascal, puisque la Pâque est proche?  

 

5 Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui.

 

Il y a un verset au chapitre 3 qui dit "Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout à moi". Quand je lis ce verset, j'ai toujours l'impression que Jésus est comme un aimant qui attire la limaille de fer. Mais l'aimant l'objet, ne se rend pas compte de ce qui se passe. Là il semble que ce soit un peu pareil. Jésus est tellement pris pas son enseignement qu'il est un peu ailleurs. C'est quand il reprend son souffle, quand il lève les yeux, qu'il découvre tout ce monde qui s'est agglutiné autour de lui. 

 

Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »

6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. 

7 Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. » 

 

 

C'est très étonnant, ce qui se passe là. Dans les synoptiques, la foule a écouté depuis un certain temps et Jésus s'inquiète pour cette foule qui est comme un troupeau sans berger. Cette foule il faut bien la nourrir. Ici, Jésus semble penser tout de suite à la foule qui est affamée, mais de quoi est-elle affamée? Pour Jésus, il semble impératif de la nourrir. On comprend mieux ce qui se passe par la suite, puisque Jésus en donnant ce "pain" pourra être comme Moïse qui a donné la manne descendue du ciel. Mais cela ne prend sens que plus tard.

 

Ce qui est certain c'est que Philippe, a la question sur le "où" répond par la réalité : peu importe le où, puisqu'il faut une grosse somme et que cette somme personne ne l'a.

 

 

8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :

9 « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! »

 

André a un regard différent. Peut-être que ce jeune garçon, a entendu la demande de Jésus, et qu'avec son bon cœur, il va voir André et lui dit ce qu'il a et qu'il est prêt à partager. André on ne le voit pas beaucoup dans cet évangile. Il est allé chercher Pierre. Puis Jésus a appelé Philippe qui a cherché Nathanaël. 

 

Jésus a posé la question du "Où", Philippe répond par le côté impossible. Chez André il y a de la confiance. Et ce petit garçon, peut-être que pour lui c'est possible de donner à tout le monde avec ce qu'il a lui. On appelle cela la pensée "magique", mais pourquoi pas?

 

10 Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes.

 

Jésus a désormais ce qu'il lui faut : quelque chose donné avec de l'amour et de la foi; Il ne va pas décevoir ce petit garçon qui a tout donné; Et pourtant il y en a du monde. Il fait asseoir sur l'herbe, ce qui évoque le psaume 23.

 

11 Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient.

 

Là, c'est Jésus qui prend de fait l'initiative pour tout; il veut donner à manger, il prend ce peu et il en fait de l'abondance, puisqu'il y a des restes, ce qui n'était pas le cas de la manne.

 

12 Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. »

13 Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.

 

Dieu nourrit comme dans le désert, mais avec abondance. 

 

 

14 À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. »

15 Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

 

 

La suite du texte nous la connaissons, c'est la marche de Jésus sur les eaux, les disciples qui le prennent pour un esprit, comme ils le prendront pour un esprit le jour de la résurrection quand il se manifeste à eux, les portes étant verrouillées et eux-mêmes étant en pleine tempête !

 

J'avais pensé laisser le jeune garçon raconter, mais… Alors comme Philippe est l'interlocuteur privilégié, il a pris la parole. Je dois reconnaitre que les similitudes avec le texte de 2024 sont nombreuses, mais le texte est venu tout seul ou presque.

 

Philippe raconte.

 

Hors de question de rester à Jérusalem depuis la guérison de ce paralysé qui avait comme le lui avait demandé Jésus porté son grabat le jour du Sabbat. Il faut dire qu'oser affirmer que Dieu était son propre Père et que lui Jésus, ne faisait que faire comme Lui, cela ne pouvait pas passer, ils ne pouvaient pas entendre, ils ne pouvaient pas comprendre, comprendre qu'écouter et croire en la parole de cet homme, c'est cela qui donnerait la vie éternelle et non la pratique aveugle de la Loi. Ils ne pouvaient surtout pas entendre tout l'amour qui était là. Alors oui, pour conserver la vie, il valait mieux retourner en Galilée et pourtant la fête de la Pâque était proche, cette fête que nous célébrons chaque année qui fait mémoire de notre libération, du sang de l'agneau posé sur les linteaux de nos portes, les pains sans levain. Le passage de l'Ange du Seigneur et notre passage à travers la mer. 

 

En Galilée nous avons beaucoup marché, Jésus avait guéri beaucoup de malades, et nous nous trouvions sur les bords du lac. Ce jour-là, il nous avait pris avec lui sur la montagne, il s'était assis et nous avait parlé. Le temps nous ne l'avions pas senti passé, nous étions bien avec lui. 

 

Mais de fait nous n'étions pas seuls, des gens étaient arrivés petit à petit, puis d'autres et encore d'autres qui voulaient certainement demander des guérisons. Jésus a cessé de parler, et a vu tous ces gens. Il m'a alors demandé où nous pourrions acheter du pain pour donner à manger à toute cette foule. Je dois dire que sa question m'a interloqué, où diable veut-il que nous trouvions autant d'argent, même avec le salaire de deux cent journées, il n'y airait qu'n tout petit peu de pain pour chacun d'entre eux. Des fois je me demande ce qu'il a en tête. Pour moi c'était vraiment impensable et pourtant à Cana en Galilée n'avait-il pas fait mettre de l'eau dans les jarres de purification pour que celle-ci devienne un vin capiteux, comme le vin dont parle le prophète Isaïe ?  Bref pour moi, il me demandait l'impossible. 

 

Là-dessus arrive André, avec un jeune garçon qui avait entendu la demande de Jésus et qui apportait cinq pains d'orge et deux poissons. Lui aussi devait être un peu fou, comment nourrir une foule avec si peu, mais parfois les enfants ils pensent de drôles de chose. Mais Jésus dit souvent qu'il s'agit de croire et ce petit il croyait vraiment. 

 

Jésus a souri, il n'a pas renvoyé le garçon en lui disant que c'était pour lui, ce pain et ces poissons. Il lui a souri, et c'était comme une connivence entre eux. Avec ce peu, il allait faire beaucoup. Le garçon lui, il avait foi en lui. 

 

il a pris les pains, des pains d'orge, la farine du pauvre, mais aussi la farine qui sert pour la fête de la Pâque.

 

 Il nous a demandé de faire asseoir tout le monde, car il y avait une belle herbe verte à cet endroit. Il y a eu comme un silence; un beau silence, un bon silence.; il les a bénis, comme on le fait toujours, et s'est mis à les distribuer à la foule, seulement là, ce n'étaient plus cinq pains et deux poissons, mais tout à profusion, un peu comme l'avait le prophète Élisée autrefois, qui de 20 pains en avait fait 100.  Et il y a eu bien plus que ce que l'on aurait pu acheter avec mes deux cents deniers.

 

Quand tout le monde a fini de manger il nous demandé de rassembler ce qui restait et croyez- moi ou pas, mais il y avait douze panières remplies des morceaux qui restaient. Cela m'a fait au psaume qui parle du juste qui se sent abandonné par le très haut, mais sauvé par le très haut tient ses promesses et donne à manger en abondance, car là c'était l'abondance. Il leur avait donné comme autrefois l'avait Moïse, enfin pas Moïse mais le Très- Haut de la manne, mais en abondance, une manne qui ne périssait pas. C'était peut-être cela le signe au-delà du miracle, voir en Jésus non pas un prophète, mais l'Envoyé, Dieu présent parmi nous.

 

Un tel miracle, un tel signe, ça fait du bruit si je puis dire et cette foule, cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants, ils voulaient le prendre pour le proclamer leur roi. Un roi qui donne à manger à tous, ça, c'est un roi comme on l'espère tous, un roi qui fera sortir de la pauvreté et de la misère. Seulement Jésus, et ça, nous le savons, il ne sera pas ce roi-là. Alors comme il s'est si bien le faire, il a disparu dans la montagne. Il faut dire qu'en Galilée il est chez lui et qu'il connait toutes les grottes. Mais du coup, nous nous sommes retrouvés seuls à ne pas savoir que faire. La meilleure solution était de retourner à Capharnaüm. Pourquoi ne l'avons-nous pas attendu? Je ne le sais pas, quelque chose nous poussait à partir. Et nous sommes partis dans la nuit.

 

Le jeune garçon raconte.

 

La fête de la Pâque était proche et ma mère était dans les préparatifs. Nous, nous sommes pauvres, alors elle a commencé à faire cuire des pains d'orge. Comme elle ne voulait pas que je reste dans ses pattes, elle m'a dit de sortir et de faire ce que je voulais. J'ai pris cinq pains d'orge et deux poissons, on ne sait jamais. Dehors il y avait des gens qui passaient un peu dans tous les sens. Je les ai suivis. On est arrivé sur une colline qui surplombe le lac, un bel endroit. Je crois qu'ils voulaient qu'il guérisse certains d'entre eux. Moi je me suis faufilé et je suis arrivé tout près du petit groupe qui suivait cet homme. J'ai entendu Jésus, puisque c'est son nom demander à l'un d'entre eux, où on pourrait trouver du pain pour nourrir tout le monde. Et du monde il y en avait énormément maintenant. Du coup, je me suis approché et j'ai dit à l'un d'entre eux, que moi, j'avais du pain et des poissons. Il est allé le dire et Jésus a pris mes pains et mes poissons avec un grand sourire. Ma mère m'a parlé d'un prophète des temps anciens, un certain Élisée qui avait reçu vingt pains et qui avait donné à manger à cent personnes. Alors pourquoi pas lui?  

 

C'est ce qui s'est passé. Vous vous rendez compte, mes pains à moi, mes poissons à moi, ils ont nourri tout ce monde-là. Quand ma mère le saura elle ne voudra pas me croire, mais moi j'ai vu et moi je crois en lui. Je ne sais pas trop qui il est, mais ce qu'il a fait je le raconterai et il sera certainement aussi célèbre que notre père Moïse.

 


 

 

La suite

 

16 Le soir venu, ses disciples descendirent jusqu’à la mer.

17 Ils s’embarquèrent pour gagner Capharnaüm, sur l’autre rive. C’était déjà les ténèbres, et Jésus n’avait pas encore rejoint les disciples.

18 Un grand vent soufflait, et la mer était agitée.

 

le moins qu'on puisse dire, c'est que tout va mal. Ils sont partis un peu comme des voleurs, ils ont laissé Jésus seul dans la montagne. Ils vont vers Capharnaüm de leur propre initiative. Il sont seuls, livrés à eux-mêmes, ils n'ont certainement rien compris et peut-être sont-ils déçussiez que Jésus n'ait pas cédé au désir de la foule, donc dans les ténèbres intérieures et extérieures. Le vent se lève, les attaque, ils sont dans le noir et dans la tempête. Si la Pâque est célébrée à la nouvelle lune, là la lune n'est pas là pour les guider.

 

 

19 Les disciples avaient ramé sur une distance de vingt-cinq ou trente stades (c’est-à-dire environ cinq mille mètres), lorsqu’ils virent Jésus qui marchait sur la mer et se rapprochait de la barque. Alors, ils furent saisis de peur.

20 Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez plus peur. »

 

 

 

c'est assez semblable à ce qui se passe dans les synoptiques. La peur, le prendre pour un esprit. Mais il y a la voix : "c'est moi" cette voix qui est celle du berger et que connaissent ses brebis.

 

21 Les disciples voulaient le prendre dans la barque ; aussitôt, la barque toucha terre là où ils se rendaient.  

 

Ce qui se passe là est très étonnant. Si on en croit le rédacteur, ils sont en plein milieu de la traversée et d'un coup les voilà qui touchent terre, comme si la barque avait été transportée par une force inconnue.

 

 

 

 

Philippe continue son récit.

 

 

Seulement la tempête s'est levée; Comme vous le savez la date de la Pâque coïncide avec la nouvelle lune, alors c'était une nuit bien noire. Le vent s'est levé, et la tempête était vraiment une très mauvaise tempête et nous étions complétement perdus. Et voilà qu'une silhouette apparait, une silhouette un peu comme un fantôme et nous, qui sommes pourtant des hommes faits, nous étions morts de peur. Mais une voix est sortie de cette ombre, c'était celle de Jésus qui nous a dit "c'est moi, n'ayez plus peur". Entendre le son de sa voix quel soulagement, quel bonheur. Nous voulions qu'il vienne dans la barque avec nous, mais et là c'était vraiment incompréhensible, alors que nous étions en plein milieu du lac quand la tempête nous est tombée dessus, nous avons accosté, comme s'il était le maître du temps mais aussi de l'espace, Jésus Dieu, le Verbe.

 

Je me demande aussi si ce que nous avons vécu là, ce n'est pas ce que nous serions amenés à vivre après sa mort, quand nous étions réfugies dans la salle haute. Sa mort avait été une vraie tempête, nous étions désemparés, perdus, et d'un coup, comme ce soir-là ii était là, vivant, et il nous donnait sa paix. 

 

Mais ce matin-là en arrivant à Capharnaüm, nous ne pouvions pas imaginer ce que notre maître allait dire sur cet autre pain qui donne la vie et de la polémique qui en suivrait.

 

 

 

 

mercredi, octobre 01, 2025

Jn 1, 47-51. Une rencontre qui change une vie


 

Il fallait bien trouver un texte dans l'évangile où il est question d'anges, puisque c'est la fête de Si Michel archange,  mais aussi de Gabriel: fort comme Dieu) et de Raphaël (Dieu guérit). 

 

La liturgie a donc retenu ce dialogue entre Nathanaël et Jésus, avec cette promesse de voir des anges monter et descendre autour du Fils de l'homme. C'est en soi une très belle image, cette jonction de la terre et du ciel, cette vision aussi d'une porte enfin grande ouverte, et une nuée non pas d'oiseaux mais d'anges qui gravitent autour de celui qui a ouvert la porte, celui a qui a vaincu le mal qui donne la vie au monde. 

 

Mais en revenant un peu en arrière, il y a la description de ce qui se passe, et de l'impact des rencontres avec Jésus qui changent tout. André a rencontré Jésus alors qu'il était en Judée, et il s'empresse de trouver son frère Simon. 

Jésus trouve Philippe qui lui s'empresse de trouver Nathanaël. 

 

Ce à quoi je suis sensible ce matin, c'est cette chaîne. Si j'ai trouvé, alors je transmets ce que j'ai trouvé, je ne le garde pas pour moi, et si j'autre ne veut pas, je devrais l'amener à Jésus, ce qui reste par contre nettement plus compliqué, mais pas impossible.

 

Les versets proposés. 

 

47 En ce temps-là, lorsque Jésus vit Nathanaël venir à lui, il déclara à son sujet : « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. » 

48 Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » 

 

49 Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! » 

50 Jésus reprend : « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. » 

51 Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »

 

Je ne reprends pas. En cliquant sur lien https://giboulee.blogspot.com/search?q=Nathanaël les textes sont à la suite. Peut-être pas par ordre chronologique, mais peu importe me semble-t-il. 

 

Je ne suis pas sûre que le texte qui suit, soit très différent, mais il y a bien longtemps que je n'ai pas eu envie de raconter. Alors j'ai raconté. Ou du moins, j'ai laissé la parole à Nathanaël , cet apôtre dont on perd la trace, à moins que ce ne soit Barthélémy dans les synoptiques.

 

Une rencontre qui change une vie. 

 

Je m'appelle Nathanaël. Un prénom qui se termine par el, cela renvoie à Dieu. Mon prénom veut dire "don de Dieu". Je ne sais pas si je suis un cadeau, mais pour mon père, je l'étais. J'habite à Bethsaïde, un village de pêcheurs même si nous ne sommes pas au bord du lac. 

 

J'ai des amis, qui font le même métier que moi, André et Simon. Notre port d'attache c'est Capharnaüm. 

 

André est parti pour un temps pour écouter Jean, ce nouveau prophète, qui annonce l'arrivée imminente d'un messie, et qui propose à ceux qui croient cela; un baptême de conversion. Ils se plongent dans le Jourdain, ils laissent le péché qui est en eux, ils montrent qu'ils changent de vie. Moi, ça ne me dit rien, j'ai ce métier qui était celui de mon père, et je suis bien chez moi. J'ai mon jardin, j'ai mon figuier et je peux, quand je suis là, méditer la loi et les prophètes, lire les chants de louange à mon rythme. Je devrais aller à la synagogue, mais moi je ne suis pas un juif pieux, je fais comme je veux. Par contre les grandes fêtes, je les respecte. 

 

Ce jour-là, je n'avais pas été à la pêche, j'étais chez moi. Et voilà que Philippe, un de mes amis arrive et que littéralement il me saute dessus pour me dire qu'ils ont trouvé (mais c'est qui "ils") celui dont parle la loi et les prophètes et que c'est Jésus de Nazareth. 

 

Alors là, si je puis dire, les bras m'en sont tombés. Un messie qui sortirait de Nazareth ce petit trou, c'est du grand n'importe quoi. C'est d'ailleurs ce que je lui ai dit en affirmant que de Nazareth il ne pouvait rien sortir de bon. Normalement il aurait dû me laisser tranquille le Philippe !  Seulement il y avait quelque chose de changé en lui, il n'était plus le même. Avant il serait parti sans demander son reste. Là il a insisté. Il m'a demandé de venir et de voir. Juger par moi-même, ça, ça me va.

 

Qu'est-ce que j'avais à perdre? Alors je l'ai suivi. Il m'a raconté qu'André ne suivait plus Jean, mais ce Jésus, et même qu'il avait été chercher son frère Simon. Il m'a dit que ce Jésus lui avait donné un nouveau nom. Ce doit vraiment être un drôle de type ce Jésus. 

 

Il m'a dit aussi que lui, Jésus lui avait simplement dit de le suivre, et que ça lui avait suffi. Cela, ça m'a étonné, mais je sentais bien qu'il n'était différent, qu'il était autre.

 

Nous sommes arrivés dans la maison de Pierre et d'André, qui avaient invité Jésus chez eux. Il aurait dû être étonné de voir que Philippe avait ramené quelqu'un avec lui, mais pas du tout. Et voilà qu'il m'accueille en me disant que je suis un vrai israélite sans ruse. 

 

Alors là, mon sang n'a fait qu'un tour, pour qui se prend-il celui-là. Bon d'accord, c'est peut-être un compliment, c'est me dire que je ne fais pas semblant, que je ne suis pas comme ce serpent d'autrefois qui est menteur et qui veut du mal. C'est vrai que je suis comme on dit "franc de collier". Mais quand même. Est-ce que je suis comme notre Père Jacob, qui porte ce nom donné par Dieu?  Est-ce que ça serait un nom nouveau, comme il a donné un nom nouveau à Simon? N'empêche que ça ne m'a pas plu. 

 

Je lui ai alors répondu du tac au tac, en lui demandant d'où il me connaissait, parce que c'est quand même un peu fort. 

Et voilà que lui me dit, en me regardant bien dans les yeux, qu'il m'avait vu sous mon figuier avant que Philippe ne vienne me trouver. 

 

Une phrase est revenue en moi : Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais ! Tu sais quand je m'assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées Que je marche ou me repose, tu le vois, tous mes chemins te sont familiers. C'était ce chant que je lisais quand Philippe est arrivé. 

Celui qui me connait ainsi c'est le très Haut ! Et j'ai senti au plus profond de moi que cet homme qui me parlait, me connaissait mieux que je ne me connais moi-même. J'ai été convaincu qu'il est bien celui que mon peuple attend, et je le lui ai dit, qu'il était lui le Fils de Dieu, le roi d'Israël. 

Pour dire cela, croyez-moi, il a vraiment fallu que quelque chose change radicalement en moi, comme cela s'était passé pour Philippe. 

Il m'a alors regardé avec un grand sourire, un peu comme s'il se moquait de moi, mais il ne se moquait pas de moi, parce qu'il n'est pas comme ça. Il m'a fait remarquer qu'il avait fallu bien peu de choses pour que je crois en lui. 

Il a ajouté que je verrai des choses bien plus grandes, que je verrai les cieux ouverts et des anges qui monteraient et descendraient au-dessus du Fils de l'Homme. 

Et j'ai imaginé cette échelle de notre Père Jacob, cette échelle entre ciel et terre, j'ai vu en cet homme celui qui allait ouvrir le chemin, qui serait la vérité et la vie. Comment s'y prendrait-il ? De cela je n'en n'avais pas la moindre idée, mais j'avais confiance en lui.

Je me suis dit que comme Philippe, j'annoncerai à d'autres que j'ai trouvé le Messie, et s'ils ne veulent pas me croire, je les conduirai vers Jésus. 

 

Nous avons été invités à Cana peu de temps après. Et nos yeux ont vu de l'eau devenir vin, pour que les mariés et leurs invités soient heureux. Un peu de ciel était sur la terre..

  

jeudi, mai 08, 2025

JEAN 21, 1-19. TROISIÈME DIMANCHE DU TEMPS PASCAL.

 

JEAN 21, 1-19. TROISIEME DIMANCHE DU TEMPS PASCAL. 

 

 

Que n'a-t-on pas écrit sur ce texte, lu d'ailleurs aux funérailles du pape François, texte qui confère autorité à Simon-Pierre, malgré les trois moments où il n'a pas eu le courage d'affirmer qu'il était bien un disciple de celui qui venait d'être arrêté. On peut quand même se souvenir que si Pierre a bien tranché l'oreille d'un serviteur du Grand Prêtre, il risquait quand même sa vie, s'il était reconnu.

 

Jésus lui confère le rôle du Pasteur, celui qui conduit et celui du Berger, celui qui trouve le vert pâturage où le troupeau trouvera son repos et sa subsistance.

 

Si cela ne pose pas question, je me suis quand même demandée si en araméen, le verbe aimer avait autant de subtilités qu'en grec, mais Il est vrai que cet évangile est tardif, donc s'adresse à la première, voire la deuxième génération de croyants, et plus précisément à la communauté johannique. Je me dis qu'en Français où ces subtilités sur le verbe aimer n'existent pas, on a quand même, du moins pour moi, une différence entre dire à quelqu'un je t'aime ou lui dire, je t'aime bien. 

 

 Paul et Pierre ont été exécutés, mais que la bonne nouvelle se répand aux confins du monde connu, et que ce qui est dit là dans cet appendice, ce témoignage de la manifestation de jésus, du Seigneur, peut se lire comme un enseignement. 

 

C'est ce que j'ai essayé de faire, et c'est une démarche assez inhabituelle pour moi. 

 

Mais peut-être faut-il quand même dans un premier temps, lire le texte et le laisser parler en essayant ce que certains appellent une composition de lieu, et laisser aussi les questions venir. C'est le temps 1, que je présente maintenant. 


 

Temps 1 analyse classique

 

J'aime bien mettre en exergue les mots ou les phrases qui ont été importantes pour moi.

 

 

 

Au lever du jour:

 le jour comme une promesse. On -n'est plus dans les ténèbres.

 

 

Se jeter à l'eau. 

Quand se jette-t-on à l'eau? Quand il faut faire quelque chose qui semble impossible,  ou poser une question difficile? Mais j'imagine que c'est un peu comme un baptême et peut-être que Simon et Jésus se sont dits des choses sur la rive. Se jeter à l'eau, c'est aussi la confiance. 

 

Peut-être peut-on entendre aussi dans ce récit, comme un temps de purification, comme un baptême. Utiliser ce temps où on perd ses repères pour se laisser purifier, pour se laisser laver, se laisser pardonner.

 

Pierre fut peiné.

 

Cela se dispense de commentaire. On sait que pour ce verset, Jésus emploie le verbe aimer de la même manière que Pierre, comme s'il comprenait qu'à ce moment-là, Pierre ne peut pas aimer autrement. Mais l'auteur fait comprendre aux lecteurs que Pierre qui donnera sa vie sur une croix, sera passé à cet autre amour, cet amour qui donne et qui se donne. Cela peut-être un encouragement pour nous aujourd'hui. 

 

 

 

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.

2 Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples.

 

3 Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.

 

On a comme une description d'un état des lieux. Malgré le don de l'Esprit reçu le jour de la Résurrection, malgré la manifestation de la semaine suivante, Simon et les autres, retournent en Galilée, et en attendant, mais on ne sait pas quoi, reprennent leur vie d'avant. Ils sont sept. 

 

4 Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.

5 Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. »

 

Et voilà un inconnu qui les interpelle, (moi j'aurais dit, hé les gars), et qui quémande. Hélas, ils n'ont rien. Tant pis pour lui.

 

6 Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.

 

Mais l'inconnu ne se laisse pas démonter et ce qui se passe, peut aussi évoquer la multiplication des pains, quand Philippe reconnait qu'ils n'ont rien pour donner à manger à la foule. Réveiller la mémoire?  Se souvenir de l'abondance avec ce peu: ces cinq pains et ces deux poissons, mais aussi de ce discours dans la synagogue de Capharnaüm. 

 

 

7 Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.

 

Lui, ce disciple qui a Jésus dans la peau, il se souvient, il fait mémoire, et pour lui, l'inconnu a un nom, le Seigneur.

 

Faut-il vraiment s'appesantir sur ce vêtement passé, nudité honte? Des fois ça m'énerve ces interprétations culpabilisantes. Bien entendu, si ça avait été un autre, Pierre ne se serait pas jeté à l'eau, et se serait rhabillé avant d'arriver; mais là, il veut le voir le premier . Il se jette à l'eau, et se jeter à l'eau, ce n'est pas rien. Qu'est-ce que Jésus va lui dire? Et lui, que va-t-il dire à Jésus. Il pêche des poissons, il ne s'occupe pas des autres, de ces péchés qu'il a le pouvoir de pardonner comme son maître? Pouvoir qui n'appartient pourtant qu'à Dieu. De ce don, qu'a--il fait,

 

8 Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.

 

Peut-être qu'ils sont repartis un peu au large, car j'imagine mal que la voix de l'inconnu ait pu porter aussi loin. Et le miracle se fait. Non pas quelques poissons, mais un filet qui peut presque faire chavirer la barque. 

 

9 Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.

10 Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »

 

 

Cela a dû les étonner de trouver ce feu, qui prouve qu'ils sont attendus, car il faut du temps pour faire des braises, de ce poisson en train de cuire, et de la demande de celui qu'ils savent être le Seigneur, Leur Seigneur, de donner de ce qu'ils viennent de prendre. 

 

11 Simon- remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.

 

 

Pas si facile de se représenter la scène avec les verbes proposés. 

Les disciples, manifestement laisse le filet dans l'eau, descendent dans l'eau, et à mon avis, montent sur la terre ferme, que la quelle Pierre de se trouve déjà.

 

On peut donc penser que près du rivage , ils voient un feu, avec du poisson et du pain. Où est Jésus? Peut-être un peu plus haut, un peu plus loin. Mais c'est lui qui demande que les poissons, les siens et les leurs soient comme mélangés, confondus, mais le pain, lui reste unique.

 

Simon va vers la barque, lui avec un ou des, la tracte, met le filet sur la rive, constate que les mailles ne sont pas rompues, surpris par la taille des poissons, les compte, (à mon avis il faut un certain temps pour ça), et va vers le feu avec le poisson, qu'il faut faire cuire quand même.

 

12 Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur.

 

 

Pierre, remonte.  Il va jusqu'à la barque, avec quelle force la tracte-t-il pour que le filet puisse être déversé sur la plage? Pas possible qu'il soit seul. D'où l'Importance des frères pour que la pêche ne soit pas perdue. 

 

Ou alors c'est juste la fin, mais ce verbe remonte, peut prophétiser ce qui va se passer par la suite; 

 

Dieu l'a sauvé de l'abîme des grandes eaux, il l'en a fait remonter. Il l'a sauvé; c'est presque la marche sur les eaux, des synoptiques dans Matthieu après la multiplication des pains;

 

13Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.

14 C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

 

On aurait pu en rester là, un repas partagé, une amitié simple, mais quand Jésus se manifeste, c'est pour donner une mission, et c'est ce qui va se passer. 

 

 

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15Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »

 

Jamais simple cette question. Bon il y a le :  "est ce que tu m'aimes," au sens d'aimer comme on aime son époux, son unique, et Simon répond par "je t'aime bien."

 

On peut aussi entendre, Eux tu les aimes, ce sont tes amis, est ce que moi, tu m'aimes de la même manière ou est-ce que tu m'aimes autrement, parce que tu sais que moi, je t'aime autrement. Est-ce que tu peux répondre à mon amour? 

 

Le pasteur Nouis, dit que l'agneau est un animal sans défenses, pas de cornes, et ce sont ceux-là qui sont confiés à Simon, qui devient berger comme Jésus, ou comme son Père. Une première charge. 

 

16Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »

 

On passe aux brebis, mais elles non plus n'ont pas de défense, et elles ont besoin de quelqu'un qui les guide. 

 

17 Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.

 

Cette fois-ci, Jésus s'est adapté à Pierre; et c'est un peu, comme s'il lui disait; aimes-moi comme tu peux, mais je t'aime tel que tu es. Et c'est la fonction de trouver la nourriture pour le troupeau qui lui est donnés. Mais dans la Bible, Dieu se dit le berger de ses brebis. Être berger à la façon de Dieu. Is 40: 11 Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras le rassemble. Il porte ses agneaux sur son cœur, il mène au repos les brebis.

 

Pierre a-t-il fait à ce moment-là le rapprochement avec ce feu de braises et ce qui s'est passé la nuit de l'arrestation? Le disciple, certainement. Pierre, pas sûr.

 

18Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »

 

19Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

 

Le texte proposé ce dimanche s'arrête là. J'en fais autant. Il s'arrête avec l'annonce prophétique de la mort de Pierre, la mort sur la croix, comme un esclave. Et avec un ordre: "suis-moi". On sait que Simon ensuite se retourne, voit le disciple aimé, et ne peut s'empêcher de demander ce qui est prévu pour ce dernier. On connait la réponse de Jésus, ça ne te regarde pas. Mais il fera ce que j'ai prévu pour lui.

 

 

 

Temps 2: que nous dit le rédacteur.

 

Une autre lecture, plus centrée sur ce que nous dit aujourd'hui , le rédacteur de ce texte, lui qui termine son livre en disant qu'il y a encore beaucoup de choses que Jésus a faites (avant et après la résurrection)  et que s'il fallait écrire chacune d'elle, le monde entier ne suffirait pas pour contenir tous les livres que l'on écrirait. 

 

Peut-être faut-il dissocier les deux parties assez évidentes de ce récit, à savoir ce que nous appelons la pêche miraculeuse et l'explicitation du rôle de Simon, celui que Jésus a nommé Képhas dès le début de sa vie publique. 

 

La pêche miraculeuse.

 

 1 Rester soudés dans l'adversité. 

 

On ne sait pas très bien ce qu'ils font en Galilée. En théorie, c'est ce que Jésus leur a demandé dans l'évangile de Matthieu, alors que chez Luc, ils doivent rester çà Jérusalem. On a l'impression, qu'ils sont perdus, et que retourner en Galilée, c'est retrouver une certaine sécurité. Simplement, ils restent quand même en petit groupe. Ils sont ensemble. Alors là, on a déjà une indication: quand ça va mal, parfois il est plus prudent de faire un arrêt, de se mettre à l'abri, mais pas tout seul. C'est important de ne pas se terrer dans son coin, de faire le mort. Et de fait, Simon dit ce qu'il veut faire et les autres partent avec lui. Agir ensemble. 

 

 

Le lever du jour et la troisième manifestation de jésus. 

 

-Le lever du jour évoque pour moi le matin de la résurrection, mais dans l'évangile de Jean, ce troisième jour est caractérisé par les ténèbres qui sont encore là, et qui ne seront chassées (et encore) qu'à la fin du jour quand Jésus se manifestera aux 10, puisque Thomas n'est pas là. 

-Le troisième jour dans la bible, c'est le signe de la manifestation de Dieu. L'alliance à l'Horeb a lieu le troisième jour. 

 

Finalement un jour qui semble marqué par le deuil, la tristesse, peut se transformer en jour de joie. Et cela c'est une espérance pour nous.

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3. Se laisser questionner., ne pas résister aux motions.

 

Ils ont passé une nuit sans résultats. Ils rentrent surement dépités, fatigués, mais c'est la loi du lac. Et là, quelqu'un leur demande s'ils ont quelque chose à manger. Manger c'est important, qui est cet homme qui semble leur demander quelque chose. Ils peuvent être tristes de ne rien avoir pour lui.

 

Puis c'est la suggestion: jeter le filet à droite. C'est très précis. Peut-être que c'est incongru, je ne sais pas. Mais quand on ne sait plus à quel saint se vouer, pourquoi pas. Mais ils l'ont fait, et cela c'est important. Je dirai presque que c'est comme une motion de l'Esprit, on peut résister. 

 

4 Comment réagir devant le miracle? Se jeter à l'eau, aller vers. Ne pas avoir peur.

 

Le filet est tellement rempli que sept hommes n'arrivent pas à le tirer. C'est étonnant. Pour l'un d'entre eux, la signification est évidente : c'est le Seigneur. Pour les autres, on ne sait pas, pour Simon, l'impulsif, c'est comme un signal. Aller voir. Et peut-être aussi faire mémoire. Et il y a eu la multiplication des pains, qui lui avait permis d'affirmer que seul Jésus avait les paroles qui donnent la vie éternelle. Seulement entre temps, il y a cette faute, ce reniement. Si c'est le Seigneur, qu'est ce qui va se passer? 

 

On ne sait pas ce qui se passe dans la tête de Simon, mais je crois que le besoin de voir est impératif, même si on ne sait pas. Se jeter à l'eau, c'est accepter de perdre peut-être ses repères, de se mettre un peu en danger, mais aussi de penser. Peut-être aller au-delà de la honte, ne pas regarder son nombril son passé, mais le présent;

 

Se sont-ils dit quelque chose quand Simon arrive? Mais si Simon qui est le patron, se jette à l'eau, c'est qu'il y a urgence pour lui. 

 

5 le feu de braise et le poisson qui est en train de cuire et la demande de Jésus. 

 

On dit toujours que le feu de braise, est là pour rappeler à Simon Pierre un autre feu. Un feu qui brûlait pour réchauffer, un feu qui brûlait dans une nuit froide, sans espoir. Là le feu est comme transformé, il devient feu du repas qui va être partagé. Feu de la présence de celui qui prépare. Et là, j'ai envie de dire que Jésus ne nous en veut pas de nos reniements, de nos errances. Il prépare un feu, un feu où on peut faire brûler ce passé, et se réjouir du présent. Et c'est peut-être ce que nous dit aussi ce "au lever du jour". 

 

6 le repas partagé.

 

Pierre, est certes nommé comme celui qui retourne au bateau, qui le hâle, et qui récupère le filet et les poissons, mais à moins d'être un sur-homme, il ne peut pas faire cela tout seul. Là encore, ce texte dit que pour obéir à ce que Jésus demande, parfois il faut l'aide des frères. Il y a le poisson qui cuisait, il y a le poisson qui cuit, et c'est Jésus, qui prend et qui donne, c'est lui qui fait de nos poissons, de nos pêches autre chose, et cela c'est notre joie.

 

 

-L'institution de Pierre comme berger, et l'annonce d'un certain futur.

 

Je dois reconnaître que curieusement ce passage me pose beaucoup de questions, que je ne suis pas sûre de pouvoir résoudre. Bien sûr, il y a le reniement par trois fois et la triple demande de Jésus, il y a eu le feu de braise. Il y a l'annonce de la mort de Pierre, que le rédacteur a vu se réaliser, mais qui montre aussi, qu'à ce moment-là, Simon-Pierre aime au point de donner sa vie, comme son maître l'a fait. Il est donc passé du "je t'aime bien" au "Je t'aime" ce que l'on ne dit qu'à sa famille de sang. Et cela peut quand même mettre un peu de baume au cœur. Quant à ce qui est dit au sujet de celui qui rapporte ces évènements, que sa fonction est de rendre témoignage autrement, simplement de demeurer jusqu'à ce que jésus revienne, mais on pensait que le retour serait imminent, quoique dans son épître Pierre n'en soit pas si sûr. 

 

Peut-être que ce qui me séduirait dans cette péricope, c'est ce qui se passe entre Jésus et Pierre, quand ce dernier se retourne, voit qu'ils sont suivis par celui qui lors du dernier repas s'était penché sur le cœur de Jésus et lui avait demandé qui serait celui qui le livrerait, et qu'il demande ce qui va advenir pour ce dernier. A quoi Jésus répond, "qu'est-ce que ça peut te faire, ce ne sont pas tes oignons, fiche-moi la paix" et je dois dire que ce Jésus-là, je l'aime. On pourrait presque dire "va te faire voir". 

 

Mais quel est le projet du rédacteur? Nous faire comprendre que même si on n'a pas été à la hauteur, on peut tout à fait, à condition d'aimer à la manière humaine, avec notre pauvre petit cœur imparfait, devenir le berger des agneaux, des petits, des sans défenses; devenir le pasteur des brebis, les diriger, leur montrer le chemin.

 

Peut-être que le grand absent de cette péricope c'est l'Esprit Saint, mais heureusement pour nous Luc viendra à notre secours.

 

 

Un récit

 

Cela faisait presque trois semaines que Jésus leur était apparu par deux fois, à huit jours d'intervalles, mais ils avaient toujours peur, peur des romains, peur des juifs, peur de tout. Et puis à Jérusalem ils se sentaient des intrus, des étrangers. 

 

Les jours avaient passé, l'argent avait fait défaut, ils ne savaient plus que faire. Ils savaient que Jésus était vivant, mais au fond d'eux, ils étaient encore sous le choc de la vision de Jésus, défiguré, sanglant, à bout de souffle sur la croix. Cette image elle était là, et même s'ils avaient vu les trous laissés par les clous, la plaie du côté qui avait déchiré le cœur, devenus des puits de lumière, ils n'y croyaient pas. Et puis Jésus leur avait de s'aimer les uns les autres, mais Judas, ils le haïssaient, Pilate, ils le détestaient. Aimer est ce que c'est possible quand on a mis à mort le Juste? 

 

Le seul qui semblait en paix c'était celui qui était si proche du Maître, celui qui semblait tout comprendre avec un temps d'avance sur les autres. Lui il était dans la Paix, il semblait joyeux. 

 

Quand Pierre avait proposé de rentrer en Galilée, il s'était joint à eux. Eux, c'était Simon-Pierre, Thomas, Nathanaël, Jean et Jacques les fils de Zébédée, Jude et un autre. Ils étaient sept, sept à se serrer les coudes, sept à essayer de reprendre le fil de leur vie.

 

 Simon avait retrouvé sa barque, et ce jour-là il avait décidé de pêcher. Il faut bien vivre. Tous s'étaient embarqués avec lui, mais ils n'avaient rien pris. Le filet était resté désespérément vide. Au petit matin ils s'étaient approchés du rivage et là, un homme leur avait demandé s'ils avaient de quoi manger, ce à quoi ils avaient répondu par la négative. Il leur avait alors dit de jeter le filet à droite . Il émanait de lui une véritable autorité, et puis, il serait bien temps de rentrer ensuite.

Seulement là, le filet s'était rempli, la barque avait même failli chavirer, et il fallait se mettre tous à ramer pour ramener la barque. C'est alors que Jean, ce disciple qui pas comme les autres avait dit à Pierre, que cet homme, c'était surement le Seigneur.

 

Quand Pierre avait entendu cela, personne ne sait ce qui s'est passé dans sa tête, mais il a attrapé une tunique, il s'est jeté à l'eau et il a regagné le rivage comme il a pu. Qu'est ce qui s'est passé dans sa tête? Il est impulsif, ça c'est sûr. Est-ce qu'il voulait être le premier à le voir, à parler avec lui, peut-être à lui expliquer pourquoi ils étaient sur lac et pas à Jérusalem? Ce qui s'est passé personne ne le sait. Mais peut-être que Simon lui a dit qu'il l'aimait… 

 

La barque est arrivée à terre, et en débarquant, les autres ont vu qu'il y avait un feu de braise pas loin de la rive, avec du poisson en train de cuire et des galettes de pain sur des pierres. L'inconnu a demandé que l'on apporte du poisson frais pêché, et ce n'était plus l'inconnu du bord du lac, l'inconnu qui avait donné un ordre insensé, non c'était bien Jésus de Nazareth, leur Jésus, Jésus le ressuscité, Jésus avec un corps autre. 

 

Pierre est allé remonter le filet, mais Jude, Jean et Jacques sont allés avec lui. Le filet était plein de gros poissons, mais les mailles n'étaient pas rompues; ça c'était cadeau, parce que rapetasser un filet ce n'est jamais drôle. 153 poissons avaient été pris. C'était énorme. Cela faisait penser à l'abondance, que Dieu seul est capable de donner. 

 

Jésus avait alors partagé du poisson et du pain; et tous ils avaient mangé, parlé, bu de cette eau de source qui jaillit par endroit. Un peu de temps avait passé. Puis tout à coup il s'était tourné vers Pierre et lui disant Simon Fils de Jean , m'aimes-tu plus que ceux-ci? Nous, nous n'en avons pas cru nos oreilles. Bien sûr qu'il l'aime lui, plus qu'il nous aime nous, qui ne sommes que des compagnons, des amis. Mais Simon ne semblait pas à l'aise quand il lui a dit que oui, il l'aimait bien. Jésus lui a dit alors qu'il serait le berger de ses agneaux. Et cette question il la lui a posée encore deux fois et Pierre était de plus en plus mal à l'aise. Il était même sur le point de pleurer la troisième fois. C'était quand même comme si Jésus lui transmettait sa charge à lui, lui qui avait donné sa vie pour ces hommes et ces femmes qu'il appelait ses brebis et qui avaient reconnu en Lui l'envoyé de Dieu, le Fils de l'homme.

 

Peut-être avait-il pensé à cette funeste soirée où lui, Pierre, lui qui avait dit qu'il donnerait sa vie pour son Maître, peut-être s'était-il demandé le pourquoi de cette insistance. Jésus sait bien qu'il l'aime avec ses pauvres moyens, alors pourquoi trois fois? Jésus lui avait donné ensuite un ordre: le suivre. Et ils étaient partis tous les deux. Peut-être que Jésus voulait lui en dire un peu plus, à lui qui avait désormais cette charge sur les épaules. Ils sont partis, mais le petit, cet homme qui nous posait question parce que lui, il semblait tout comprendre les a suivis,  comme s'il voulait quelque chose. Pierre s'est alors retourné, et a demandé à Jésus, ce qu'il allait advenir pour lui. Peut-être n'avait-il rien compris à ce que Jésus avait dit. Après tout il était encore jeune, il pouvait mettre sa ceinture tout seul et aller où il le voulait. Pourquoi un jour futur quand il serait devenu vieux, serait-il conduit par un autre pour aller là, où il n'aurait pas envie d'aller? 

 

Jésus lui a répondu assez vertement que ça ne le regardait pas et que si Lui, Jésus voulait que ce disciple-là demeure jusqu'à son retour, cela ne le regardait pas. Mais qu'est-ce que Jésus a-t-il voulu dire?  Un jour nous comprendrons, un jour le Défenseur qu'Il nous a promis descendra sur nous et fera de nous ses témoins jusqu'au bout de la terre. Aujourd'hui, restons dans la joie de la présence, et de ce repas qui nous a restauré qui a fait de nous des frères, qui a fait de nous ses frères.