jeudi, juillet 23, 2026

Jean 20, 1, 11-18 : " dis moi où tu l'as mis et moi je le prendrai "

Deux textes la même année ! 


Le moteur a été la demande de Marie à celui qu'elle prend pour le jardinier : dis moi où tu l'as mis et moi je le prendrai. 

A nouveau le texte.

1 Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.

 

11 Elle se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau.

12 Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.

13 Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »

 

Finalement tout se passe dehors. Contrairement aux deux hommes, elle n'est pas entrée dans le tombeau. On peut presque die que tout se passe à distance. Pourtant il s'en passe des choses à l'intérieur. 2 anges. Une question. Une réponse qui dit l'inquiétude  : je ne sais pas où on l'a déposé. Vu qu'ils ne répondent pas, ils ne sont pas intéressants, alors elle regarde vers la vie, vers le jardin.

 

 

14 Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.

 

 

15 Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »

 

Là, elle a enfin un interlocuteur qu'elle pense valable. Celui-là, il doit bien savoir ce qui est advenu du corps. Mais elle ne lui demande pas de l'aide. Ce qui est sidérant. Une femme porter le corps d'un homme qui mesure près de 1m80.

 

16 Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.

 

Puisque le voir ne fonctionne pas, Jésus passe à un autre sens, l'audition. Et là, ça fonctionne.

 

17 Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

 

Alors un envoi et des ordres si. L'on peut dire.

 

18 Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! »,

et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

 

 

Marie de Magdala raconte.

 

Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais quand j'ai vu dans le jardin cet homme qui me regardait gentiment, mes larmes ont cessé, alors qu'elles n'avaient pas cesser de couler depuis que j'étais allée réveiller Simon-Pierre et Jean, pour leur dire que le corps de mon Jésus avait disparu. 

 

J'ai bien vu deux hommes dans la grotte où son corps a été déposé, qui m'ont demandé pourquoi je pleurais. C'est normal qu'une femme pleure quand celui qu'elle aime lui a été enlevé par le mort. C'est normal qu'une femme pleure quand elle a vu son aimé mis à mort sur une croix comme un malfaiteur. C'est normal qu'une femme pleure quand elle voit un soldat donner un coup de lance dans le côté de celui qui est là, mort, et qu'elle voit du sang et de l'eau couler, tellement le coup a été violent et a atteint le cœur, ce cœur qui a tant aimé. Oui c'est normal. Qu'est-ce qu'ils croyaient ces deux- là?  

 

Comment aurai-je pu voir en eux des anges qui célébraient la nouvelle alliance, qui étaient comme les Kérubins de l'arche que Moïse avait fait faire sur les ordres du Très Haut, alors que je voyais un peu trouble à cause de mes larmes et qu'ils ne répondaient pas à ma demande: retrouver son corps.

 

Avec l'autre, c'était différent. Il semblait attentif , présent à moi, à ma douleur. J'ai pensé que cet inconnu était le jardinier chargé de l'entretien du jardin et donc des tombes. J'ai supposé qu'il avait enlevé le corps, parce qu'après tout, c'était un tombeau neuf qui appartenait peut-être à quelqu'un qui l'avait retenu pour lui.

 

Je lui ai demandé qu'il me dise où était le corps et que je le prendrai. Quand j'y repense, je me dis que j'étais un peu folle, comme moi aurai-je pu porter le corps d'un homme aussi grand ? Mais j'étais sûre de pouvoir le faire. C'était impensable qu'il demeure sans sépulture. 

 

J'ai levé les yeux vers lui pour lui faire ma demande, puis à nouveau j'ai regardé vers le tombeau vide. Et là j'ai entendu sa voix, qui disait mon prénom. Comment avais-je pu ne pas le reconnaître? C'est une question que je me poserai toute ma vie, mais je sais que deux disciples ont marché avec lui sur la route de Jérusalem à Emmaüs ne l'ont reconnu, jusqu'au moment où Lui a voulu qu'ils le reconnaissent. 

 

Pour moi, ça a été pareil, d'un coup il était là, avec moi, le même et pas le même. 

 

Il m'a demandé de ne pas le retenir, et il a bien fait, parce que je n'avais qu'une envie, me jeter sur lui, le toucher, le sentir, le regarder. Enfin quand je dis cela, ce n'est pas tout à fait vrai. Une partie de moi avait ce besoin de le toucher, une autre sentait bien qu'il y avait désormais une distance à ne pas franchir, sauf si lui décidait qu'elle pouvait être franchie. 

 

J'avais aussi l'impression qu'il venait de revenir à la vie depuis peu, que lui-même était comme étonné de ce corps neuf. Plus de traces des coups, plus de traces de sang, plus rien, du moins pour moi. Plus tard, Thomas verra les trous laissés par les clous et par le coup de lance. Mais ce jour-là, ce matin béni entre tous, c'est sa voix, le son de mon prénom qui m'a permis de le reconnaître lui le Vivant.

 

Il m'a donc demandé deux choses, la première était de ne pas le retenir parce qu'il n'était pas encore monté vers le Père. Il n'a pas dit vers mon Père. Juste vers Le Père. La seconde était de trouver ses frères pour leur dire qu'il montait vers celui qui est son père et leur Père, vers celui qui est son Dieu et leur Dieu. Cela m'a paru un peu compliqué à comprendre, mais il a disparu et je suis allée comme il me l'a ordonnée d'aller vers les frères. Il n'a pas dit vers mes disciples, mais mes frères, comme si quelque chose de nouveau était advenu. Je leur ai dit que j'avais vu le Seigneur, mais je ne suis pas sûre qu'ils m'aient crue. En tous les cas moi, j'ai fait ce que Lui m'avait demandé et moi je sais qu'il est le Vivant, le Fils du Père, débordant de ce qu'Il appelait La vie éternelle ! 

 

 

 

Matthieu 12, 46-50 : la démarche de la famille. Marie raconte.

 

Matthieu 12, 46-50 : la démarche de la famille

 

Le Texte.

 

46 En ce temps-là, comme Jésus parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler.

 

Cela parait toujours curieux, cette sorte d'intrusion de la famille. Là, ils ne veulent que lui parler. Enfin ils cherchent à lui parler. Que veulent-ils lui dire, cela on ne le sait pas. Si on se réfère à Marc, c'est l'idée qu'il est devenu fou, qu'il est grand temps qu'il arrête, et qu'il revienne sans faire de vagues à la maison. Bref qu'il leur soit soumis et avoir Marie avec eux, c'est plus simple. Là c'est Marie et les frères 

 

47 Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là, dehors, qui cherchent à te parler. »

 

Quelqu'un transmet le message donc interrompt Jésus, puisque Jésus est "en train de parler aux foules". Et curieusement c'est à cette personne là que Jésus répond. 

 

48 Jésus lui répondit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? »

 

C'est presque:  pourquoi me parles tu de ma famille. Ma famille qui est-elle? C'est presque comme s'il disait, ma famille, ma maison tout ça j'ai abandonné pour la mission donnée par mon Père. (En fait on ne sait pas du tout au bout de combien de temps ils se manifestent? Pour ma part, je pense quand les menaces de mort sont trop fortes, et peut-être que les pharisiens sont allés les voir pour faire pression sur eux. 

 

49 Puis, étendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères.

 

Ce verne me touche; c'est le verbe utilisé me semble t il pour la multiplication des pains et pour la Pâque. C'est un peu comme si par ce geste, qui est banalement montrer, il va plus loin, il en fait un corps, De ces hommes et de ces femmes, il fait des proches, il fait une famille, quelque part il les consacre.

 

50 Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

 

Questionnement sur la volonté, car il est certain que même si Marie est là (peut-être à son corps défendant), elle fait depuis toujours la volonté de celui que son fils appelle son Père. Le commentaire de RCf était basé sur comment faire (pas connaître, mais faire, la vivre ou en vivre). C'est ce que fait Jésus, depuis qu'il a quitté sa famille. Et si nous faisons comme lui, alors nous entrons dans cette autre famille (familiarité) avec lui, avec parfois plus que la fraternité, parce que certains peuvent avoir avec lui une relation de type mère fils. Je pense que ça met bien en évidence la proximité. Il peut y avoir des rivalités avec les frères avec la mère, c'est autre chose.

 

 

 

 

Marie raconte.

 

Cela fait des mois que Jésus est parti. Depuis tout le monde me regarde un peu de travers. Il est même venu chez nous avant de commencer vraiment ce pourquoi il est dans ce monde. En fait tout a commencé après l'arrestation de Jean. Il a alors quitté la Judée, il est revenu ici, dans cette petite ville qui l'a vu grandir, apprendre le métier de Joseph, et partir un jour. Si les gens me regardent de travers, c'est qu'il commence à être très connu et qu'il s'est mis à dos les pharisiens et les hérodiens. Alors les gens d'ici, ont commencé à avoir peur. Les soldats romains, surtout depuis que Pilate est procurateur de notre région, tuent très facilement tous ceux qui semblent s'opposer à eux. Il vaut mieux faire profil bas, or mon fils ne fait pas profil bas. Je sais quand même que lorsque ça chauffe trop, il ne s'obstine pas, il part dans une autre contrée. 

 

Tout cela pour dire que la famille a fait pression sur moi pour qu'on aille le chercher, le ramener à la raison, avant qu'il ne soit trop tard. Ils pensaient que mon fils ne pourrait refuser d'obéir; lui qui connait si bien la parole et qui l'explique, mais qui l'explique autrement.

 

Donc ce jour-là, il enseignait quand nous sommes arrivés. D'après ce qu'on nous a dit, il venait d'être traité de suppôt de Satan par les pharisiens. Il avait dit à ceux qui lui réclamait un signe du ciel pour prouver qu'il était bien celui qu'il disait être le Fils de l'homme, qu'il n'y aurait qu'un seul signe, celui du prophète Jonas qui était resté trois jours dans les entrailles du poisson. Cela a été pour moi comme un coup de poignard. Je sais bien au fond de moi que tout ce qu'il fait ne le conduit pas à la gloire sur cette terre, mais à la mort, mais j'essaye de ne pas y penser.

 

Notre petit groupe est donc arrivé et nous avons dit que nous le demandions parce que nous voulions lui parler. Quand je dis : " nous", il s'agit de la famille, pas moi. Quelqu'un lui a transmis notre demande. Nous étions dehors, Lui et ses disciples à l'intérieur. C'est dur pour moi cette distance. Mais nous l'entendions quand même. 

 

Je l'ai alors entendu répondre à celui qui lui avait parlé de nous, qui lui avait dit que ur moi sa mère et ses frères cherchaient à lui parler, enfin je ne devrai pas dire répondre parce qu'il n'a pas répondu, mais qu'il a posé une question étonnante pour ses auditeurs. Il a demandé, il leur a demandé qui était sa mère, qui étaient ses frères? Il y a eu un silence. Un grand silence. 

 

Mon fils a alors étendu la main vers ceux qui étaient à ses côtés, qui l'entouraient, et a dit à tous : voici ma mère, voici mes frères, car celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux est pour moi, un frère, une sœur, une mère. 

 

C'est une phrase qui peut faire mal, et je pense que cela a été le cas de ceux de la famille qui étaient avec moi, qui m'avaient entraînée avec eux, et ma foi tant pis. Oui mon Jésus il a une nouvelle famille, il se crée une nouvelle famille avec une relation centrée sur l'amour, sur le respect, sue l'ouverture. Faire la volonté de son Père, c'est sortir du jugement, c'est regarder au-delà de ce que l'on voit, c'est aimer. Alors moi, je suis sa mère biologique parce que je l'ai porté en moi durant neuf mois et que j'ai peut-être de lui une connaissance que personne d'autre ne peut avoir, mais aujourd'hui, parce que la volonté du Père, je l'accepte, parfois le la devance, je suis pour lui une mère, une mère aimante, une mère qui lui ouvre son cœur comme son cœur à lui est ouvert pour tous.

 

Nous sommes rentrés chez nous, je dois dire bredouille puisqu'il n'est pas rentré avec nous, mais que Dieu soit béni, parce qu'Il fait la Volonté de son Père qui est dans les Cieux et que la volonté de son Père, c'est que pas un de ces petits qui viennent à lui ne se perde, mais soient sauvés.