Deux textes la même année !
Le moteur a été la demande de Marie à celui qu'elle prend pour le jardinier : dis moi où tu l'as mis et moi je le prendrai.
A nouveau le texte.
1 Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
11 Elle se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau.
12 Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.
13 Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »
Finalement tout se passe dehors. Contrairement aux deux hommes, elle n'est pas entrée dans le tombeau. On peut presque die que tout se passe à distance. Pourtant il s'en passe des choses à l'intérieur. 2 anges. Une question. Une réponse qui dit l'inquiétude : je ne sais pas où on l'a déposé. Vu qu'ils ne répondent pas, ils ne sont pas intéressants, alors elle regarde vers la vie, vers le jardin.
14 Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.
15 Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »
Là, elle a enfin un interlocuteur qu'elle pense valable. Celui-là, il doit bien savoir ce qui est advenu du corps. Mais elle ne lui demande pas de l'aide. Ce qui est sidérant. Une femme porter le corps d'un homme qui mesure près de 1m80.
16 Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.
Puisque le voir ne fonctionne pas, Jésus passe à un autre sens, l'audition. Et là, ça fonctionne.
17 Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Alors un envoi et des ordres si. L'on peut dire.
18 Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! »,
et elle raconta ce qu’il lui avait dit.
Marie de Magdala raconte.
Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais quand j'ai vu dans le jardin cet homme qui me regardait gentiment, mes larmes ont cessé, alors qu'elles n'avaient pas cesser de couler depuis que j'étais allée réveiller Simon-Pierre et Jean, pour leur dire que le corps de mon Jésus avait disparu.
J'ai bien vu deux hommes dans la grotte où son corps a été déposé, qui m'ont demandé pourquoi je pleurais. C'est normal qu'une femme pleure quand celui qu'elle aime lui a été enlevé par le mort. C'est normal qu'une femme pleure quand elle a vu son aimé mis à mort sur une croix comme un malfaiteur. C'est normal qu'une femme pleure quand elle voit un soldat donner un coup de lance dans le côté de celui qui est là, mort, et qu'elle voit du sang et de l'eau couler, tellement le coup a été violent et a atteint le cœur, ce cœur qui a tant aimé. Oui c'est normal. Qu'est-ce qu'ils croyaient ces deux- là?
Comment aurai-je pu voir en eux des anges qui célébraient la nouvelle alliance, qui étaient comme les Kérubins de l'arche que Moïse avait fait faire sur les ordres du Très Haut, alors que je voyais un peu trouble à cause de mes larmes et qu'ils ne répondaient pas à ma demande: retrouver son corps.
Avec l'autre, c'était différent. Il semblait attentif , présent à moi, à ma douleur. J'ai pensé que cet inconnu était le jardinier chargé de l'entretien du jardin et donc des tombes. J'ai supposé qu'il avait enlevé le corps, parce qu'après tout, c'était un tombeau neuf qui appartenait peut-être à quelqu'un qui l'avait retenu pour lui.
Je lui ai demandé qu'il me dise où était le corps et que je le prendrai. Quand j'y repense, je me dis que j'étais un peu folle, comme moi aurai-je pu porter le corps d'un homme aussi grand ? Mais j'étais sûre de pouvoir le faire. C'était impensable qu'il demeure sans sépulture.
J'ai levé les yeux vers lui pour lui faire ma demande, puis à nouveau j'ai regardé vers le tombeau vide. Et là j'ai entendu sa voix, qui disait mon prénom. Comment avais-je pu ne pas le reconnaître? C'est une question que je me poserai toute ma vie, mais je sais que deux disciples ont marché avec lui sur la route de Jérusalem à Emmaüs ne l'ont reconnu, jusqu'au moment où Lui a voulu qu'ils le reconnaissent.
Pour moi, ça a été pareil, d'un coup il était là, avec moi, le même et pas le même.
Il m'a demandé de ne pas le retenir, et il a bien fait, parce que je n'avais qu'une envie, me jeter sur lui, le toucher, le sentir, le regarder. Enfin quand je dis cela, ce n'est pas tout à fait vrai. Une partie de moi avait ce besoin de le toucher, une autre sentait bien qu'il y avait désormais une distance à ne pas franchir, sauf si lui décidait qu'elle pouvait être franchie.
J'avais aussi l'impression qu'il venait de revenir à la vie depuis peu, que lui-même était comme étonné de ce corps neuf. Plus de traces des coups, plus de traces de sang, plus rien, du moins pour moi. Plus tard, Thomas verra les trous laissés par les clous et par le coup de lance. Mais ce jour-là, ce matin béni entre tous, c'est sa voix, le son de mon prénom qui m'a permis de le reconnaître lui le Vivant.
Il m'a donc demandé deux choses, la première était de ne pas le retenir parce qu'il n'était pas encore monté vers le Père. Il n'a pas dit vers mon Père. Juste vers Le Père. La seconde était de trouver ses frères pour leur dire qu'il montait vers celui qui est son père et leur Père, vers celui qui est son Dieu et leur Dieu. Cela m'a paru un peu compliqué à comprendre, mais il a disparu et je suis allée comme il me l'a ordonnée d'aller vers les frères. Il n'a pas dit vers mes disciples, mais mes frères, comme si quelque chose de nouveau était advenu. Je leur ai dit que j'avais vu le Seigneur, mais je ne suis pas sûre qu'ils m'aient crue. En tous les cas moi, j'ai fait ce que Lui m'avait demandé et moi je sais qu'il est le Vivant, le Fils du Père, débordant de ce qu'Il appelait La vie éternelle !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire