jeudi, août 13, 2026

Matthieu 14, 26-30. Pierre sauvé des eaux.

 

Matthieu 14, 26-30 Pierre sauvé des eaux.. 

 

"Sachez que moi, pêcheur de Galilée, j'ai marché sur les eaux

 

 

J'ai déjà écrit sur ce texte en 2018 https://giboulee.blogspot.com/2018/08/la-nuit-le-vent-mt-14-24-36.html  et en relisant ce billet, j'avais dit pas mal de choses. J'avais laissé raconter Jésus, puis Pierre. 

 

Mais cette année, en relisant ce texte, une phrase un peu absurde est venue "me prendre la tête". Quelque chose du style : "Nananère, moi Pierre, j'ai marché sur les eaux, et pas vous."

 

Une belle fanfaronnade, puisque Pierre a quand même failli de noyer.

Sauf que moi quand j'étais une petite fille, ne connaissant rien , mais vraiment rien à Jésus, j'étais persuadée que je pouvais marcher sur l'eau (la Seine en l'occurrence) pour récupérer mon ballon qui m'avait échappé et s'était méchamment sauvé trop loin pour que je puisse l'attraper. Heureusement quelqu'un s'est rendu compte de ce qui se passait et m'a ramenée sur le bord et est allé chercher mon ballon. 

 

Il y a un autre souvenir, sauf qu'il s'agit de ce que Freud appelle un souvenir-écran. Je le raconte tel quel. 

 

J'avais 7 ans, j'habitais à Monaco, au bord de la mer. Nous faisions avec ma mère un tour, en longeant la mer.  Elle s'est arrêtée pour parler avec une dame amie. Moi je me suis retrouvée seule. Il y avait une petite digue toute en pierre. La mer était assez forte, même forte, c'était loin d'être une mer d'huile. En arrivant tout au bout de la digue, ça s'effondre sous mes pieds et je me vois à genoux enfoncée dans l'eau et les vagues qui battent qui me battent. J'en prends plein la figure. Je ne pense pas. J'essaye juste de sortir la tête de l'eau, mais les vagues reviennent et je perds le souffle à chaque fois. Arrive alors un homme vêtu de blanc. Mais surement pas avec une robe, ça je m'en souviendrais. Il me sort de là et me pose sur le sol ferme, où je retrouve ma mère (mer) quelques instants plus tard. Je suis parfaitement sèche, mes nattes sont bien tressées. C'est quelque chose que j'ai complètement gommé. 

 

Quelque part par deux fois j'ai été sauvée des eaux, sans avoir rien demandé, gratuitement, gracieusement. 

 

Alors peut-être que je suis très concernée par ce récit.

 

 

 

Pierre raconte.

 

" Vous qui me regardez, sachez que moi Pierre, j'ai marché sur les vagues, j'ai marché sur une mer démontée. J'ai senti sous mes pieds ce tumulte des vagues, que j'ai senti sur mon corps le vent qui me fouettait le visage, et qui faisait voler mes vêtements. Oui j'ai marché sur les eaux., j'ai foulé les eaux en furie., je suis resté debout. 

 

Seulement si j'ai marché sur les eaux, si durant quelques instants j'étais un peu comme un dieu, si je me sentais presque comme Moïse quand avec son bâton il a ouvert la mer en deux, ma vie, j'ai bien failli la perdre.

 

Car voyez-vous, si j'avais enjambé le bord de ma barque, c'était parce que la silhouette qui nous était apparue au lever du jour, et qui nous avait fait tellement peur, cette silhouette qui avait la voix de mon maître, m'avait ordonné de venir à Lui. 

 

Enfin, ce n'est pas Lui qui m'a dit ça d'emblée. C'est moi qui lui avais dit : "si c'est bien toi, ordonne-moi de venir à toi" et il m'a dit "viens". Quand il dit "viens" c'est difficile de résister !  

 

Le bord je l'ai enjambé, Lui je l'ai regardé, et je suis allé vers lui. 

 

Comme je l'ai dit, il me semblait que le marchais sur quelque chose de dur, de solide, un peu comme le fond de ma barque. En moi, il y avait comme un sentiment d'être le maître du monde. Seulement ça n'a pas duré. Ça n'a pas duré parce que j'ai regardé autour de moi, et j'ai vu la force du vent, les vagues toutes blanches qui se dirigeaient vers moi, et j'ai commencé à m'enfoncer. J'avais l'impression que le vent voulait avoir ma peau, qu'il faisait tout pour que je perde l'équilibre, pour me faire vaciller. La peur s'est emparée de moi, la peur pour ma peau, la peur de la mort. C'était affreux de se sentir s'enfoncer sans rien pouvoir faire. . 

 

Alors j'ai hurlé : Seigneur sauve-moi". Quand nos Pères ont traversé la mer rouge àç pieds secs, une fois arrivés de l'autre côté, la mer s'est refermée sur les égyptiens. C'est cela que je sentais, la mer qui se refermait sur moi.

 

Jésus alors a étendu la main comme pour calmer la mer et m'a saisi; il 'a sauvé des grandes eaux, il m'a pris par la main droite et il m'a ramené à la barque en me disant "homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté,". Parce que oui j'avais douté, parce que je n'avais pas cru que tout était possible avec Lui, comme un jour, je refuserai de croire à sa résurrection le troisième jour., quand des femmes viendraient nous annoncer qu'elles l'avaient vu bien vivant et qu'il nous attendait en Galilée. 

 

Alors oui, j'ai marché sur les eaux, mais pas tout seul! 

 

J'étais avec Lui, moi j'ai lâché sa main et lui a repris la mienne et m'a sauvé. 

 

Dès que nous avons posé la plante des pieds dans la barque, cette barque est devenue comme "sacrée" parce que le Seigneur était là et le vent s'est calmé .

 

Et la vie a repris, avec comme toujours des foules qui venaient pour se faire guéri. Et moi j'ai mis cela dans un petit coin de ma tête, parce que le reproche de Jésus je n'étais pas capable de l'encaisser et de reconnaître que oui ma foi n'était pas enracinée en moi et qu'il fallait peu de chose pour qu'elle s'évanouisse..


Le texte.


22 Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, il obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. 

23 Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. 


Il gravit la montagne pour prier. Il était seul. Pas comme pendant la tentation après le baptême. Mais c'est quand même assez solennel et cela peut évoquer Moïse qui monte aussi sur la montagne mais seulement quand Dieu le lui demande.

 

24 La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. 

25 Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. 

26 En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier.

 

 27 Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » 


Importance ce la voix. Mais comment être sûr que c'est bien la sienne, surtout que la tempête ne s'arrête pas pour autant.


 


28 Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » 

29 Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.

 

Souvent Jésus dit va ou allez… Là c'est autre chose. C'est viens, fais comme tu le désires. je t''ai entendu, je te réponds. Tu peux me faire confiance.

 

30 Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » 

31 Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » 


Cela me fait penser aux guérisons, celle du paralytique, celle de la femme qui perd du sang. Là il s'agit bien de les guérir d'une peur qui peut vous rendre malade; la peur qui bloque tout, qui paralyse; Quand Jésus étend la main pour empêcher Pïerre de s'enfoncer, de sombrer, il le tire (psaume) des eaux qui passent sur lui. Jésus guérit et délivre, mais il laisse la liberté. 

 

 

32 Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.

 

33 Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » 


C'est très proche de ce que dira Pierre, peu de temps après. j'aime bien les commentaires qui voient dans cette périscope comme une annonce de ce qui se passe entre la passion et la résurrection. Abandon, tempête, doute, et la prosternation qui dans l'évangile de Matthieu se fait tout à la fin.

 

34 Après la traversée, ils abordèrent à Génésareth. 

35 Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ; ils firent avertir toute la région, et on lui amena tous les malades. 

36 Ils le suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui le faisaient furent sauvés. 


Importance de la foi, juste touchez la frange de son manteau. Ste plus si cela se passe en pays païen, c'es ttrès respectueux. 

 

 

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