lundi, décembre 11, 2023

Marc 1, 1-6. 1° dimanche de l’Avent. Jean 1, 6-8 19-24. 2 °dimanche de l’Avent. Décembre 2023

 

Marc 1, 1-6. 1° dimanche de l’Avent. Jean 1, 6-8 19-24. 2 °dimanche de l’Avent. Décembre 2023

 

 

Introduction.

 

J’ai participé à la fin du mois de novembre, à une journée consacrée aux évangiles de l’Avent, L’orateur avait présenté les figures de l’avent: Jean et Marie. Je dois dire qu'il m'a  réconciliée avec la figure de Jean Baptiste. 


Les fêtes de ce grand prophète et ambassadeur de Jésus, (je dis ambassadeur en ce sens qu’à la fois il l’annonce mais que déjà il le représente), rapportent bien souvent ce qu’on appelait autrefois, la décollation de Saint jean Baptiste. Aujourd’hui on dit martyr. Or pour moi, cette mort est liée, non pas au fait qu’il ait annoncé la venue du Christ, mais parce qu’il a été prophète comme l’avaient été avant lui, Isaïe, Elie, Élisé ou Jérémie pour ne citer que les plus connus. 

C’est bien ce que fait Jean quand il dit à Hérode qu’il n’a pas le droit de prendre pour femme Hérodiade, la femme de son frère. Et c’est pour cela qu’il est d’abord emprisonné, puis mis à mort, par traitrise. Mais pour moi, cette mort, on pourrait dire cet assassinat, n’est pas lié à l’annonce ou au message évangélique. Et c’est cet aspect qui m’éloignait un peu de ce saint. Or insister sur le doute qui prend Jean quand il est dans sa prison et qu’il envoie des disciples demander à ce Jésus de Nazareth, sur lequel il a pourtant vu l’Esprit descendre, s’il est bien celui qui doit venir ou s’il faut en attendre un autre, m’a fait sortir de mes représentations, dont celle du tableau de Léonard de Vinci, que je n’aime pas.

 

Or parler de cet homme comme un homme qui peut douter m’a fait je dois dire beaucoup de bien et m’a aidée à regarder cet homme autrement. 

 

Le deuxième dimanche de l’Avent, de l’année B, l’année Marc, présentent une description un peu sommaire de Jean (Mc 1, 1-6), mais elle est suivie de l’entrée en scène de Jésus. Si je résume, il y a d’abord Jean qui parait, puis Jésus qui vient de Nazareth, se fait baptiser et qui s’en va au désert. Le récit peut alors commencer. 

 

Par contre la description donnée par Jean l’évangéliste, est beaucoup plus étoffée et montre bien la différence entre celui qui est envoyé dans le monde et celui qui témoigne. C’est le questionnement des représentants des autorités du Temple, qui est à l’origine du récit de Jean. 


Mais il y a eu aussi, une autre découverte. Dans les synoptiques, dès que Jésus est baptisé, il est conduit au désert pour y être tenté. Dans l’évangile de Jean, il me semble que c’est différent. Un jour Jean voit une colombe descendre et demeurer sur un homme qu’il n’a jamais vu. Il comprend alors que cet homme c’est celui qui est choisi. Mais cet homme ne reste pas, il s’en va (on peut supposer qu’il s’agit de ce temps dans le désert) et ce n’est que quelque temps plus tard, qu’il revient à Béthanie, que Jean le reconnaît et le désigne à ses disciples comme l’agneau de Dieu. 

 

Ce que je veux signifier, c’est que Jean a dû vivre un temps qu’il est difficile de se représenter ; il sait que le Sauveur est là, mais le Sauveur en quelque sorte se sauve et Jean doit attendre qu’il revienne, qu’il se montre, et il est dans l’attente. 


Peut-être que cette attente peut rejoindre la notre durant ces semaines qui précèdent la venue. Cela peut évoquer ce qui se passe après la résurrection avec les disciples d’Emmaüs, Jésus se révèle et dès qu’il est reconnu il disparait aux regards.


Quand je laisse la parole à un quelqu’un qui a vécu un évènement avec Jésus, j’essaye toujours de rester dans le texte reçu, je veux dire ne pas me servir des parallèles ou des autres évangiles, mais là, pour parler de Jean il est difficile de faire abstraction des évangiles de l’enfance. J’y fais un peu allusion quand même, car si on admet que Jean et Jésus sont cousins, il parait difficile que Jean ne le « connaisse » pas, mais si Jésus est parti en Égypte et si les parents de Jean sont morts et que lui-même a été conduit dans le désert, il devient alors possible d’imaginer qu’ils ne se connaissaient pas. 

 

 

Ce billet présentera les textes des deuxièmes et troisièmes dimanches de l’avent, et le travail sur les versets. Il sera suivi par deux textes qui se ressemblent un peu, le premier est mis dans la bouche de Jean le Baptiste : qui suis-je et le second dans la bouche d’André, le frère de Simon, qui raconte sa vie de disciple du baptiste. C’est ce texte qui a été rédigé en premier. Le second, lui ressemble, mais pas totalement, c’est pourquoi je me permets de garder les deux récits.

 

Marc 1, 1-6 Deuxième dimanche de l’Avent, 

 

L’évangile de Marc commence directement par l’évocation de cette figure de Jean Le Baptiste. Si on le compare avec les autres récits (voir annexe en fin de texte), il est et de loin le plus bref. Mais le but de l’évangile de Marc est bien de nous permettre de reconnaître en Jésus, celui qui est porteur de la bonne nouvelle, qui est rempli de l’onction de l’esprit Saint et qui est le Fils de Dieu. 

 

Travail sur le texte: Mc 1, 1-8

 

1 Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu.

 

Traditionnellement ce premier verset est extrêmement lapidaire, surtout si on compare aux autres récits, est à mettre en parallèle avec la déclaration du centurion après la mort de Jésus : cet homme était le fils de Dieu. Tout l’évangile de Marc se propose de conduire le lecteur à faire sienne cette affirmation: Jésus, l’Oint, le Messie, le Fils du Très Haut.

 

Le premier qui a reconnu cela, c’est Jean, le prophète, celui dont Jésus dira : Mt 11, 11 : «Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'en a point paru de plus grand que Jean Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui.»

 

 

2 Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin.

 3 Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers

 

Ouvrir le chemin quelle belle mission. 

 

Cette citation du prophète Isaïe (Is 40,3) peut être entendue comme la définition du rôle de cet homme. Être la voix qui crie, être la voix qui dit qu’il est temps de préparer le chemin que le Seigneur va prendre pour entrer dans son pays. Être la voix qui demande que des travaux soient faits.  Il faut ouvrir un chemin, préparer ce chemin et rendre droits ses sentiers. Quand on y pense c’est un travail titanesque. Mais crier dans le désert, est ce que cela a un sens ? De quel désert s’agit-il ? 

Le désert traditionnellement c’est le lieu où Dieu se révèle. C’est donc un lieu bien particulier. C’est là que peut se poser la question de la ponctuation du texte d’Isaïe, comme le fait remarquer le Pasteur Nouïs (regards protestants 

 https://regardsprotestants.com/rubrique/bible-theologie/evangile-du-dimanche/?utm_source=Newsletter+Regardsprotestants&utm_campaign=126ad0aa11-La+sélection+du+week-end+-+08+12+2023&utm_medium=email&utm_term=0_42931e4494-126ad0aa11-72779197) :

 

Si l’on écrit : "voix qui crie : dans le désert préparer le chemin du Seigneur", là les choses deviennent plus faciles. C’est dans ce lieu là qu’il faut préparer le chemin du Seigneur, peut-être dans ces lieux en nous qui sont désertiques.

 

Si on prend la suite du texte du prophète : 04 Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissée ! que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée !

05 Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé. » on comprend que la voix qui crie se doit d’annoncer la venue du Très Haut. Et cela c’est la mission de Jean et c’est une bonne nouvelle. Dieu vient visiter son peuple.

 

 

4 Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.

 

Celui qui est en quelque sorte le maître d’œuvre, c’est Jean, celui qui baptise (qui plongea dans les eaux du Jourdain, ces eaux qui ont purifié Naaman le syrien de sa lèpre au temps du prophète Élisée) ) et qui proclame un baptême ce conversion pour le pardon des péchés. 

 

Or là, il me semble que cette rémission des péchés, c’est quelque chose de radicalement nouveau. Dans la Torah le pardon des péchés est codifié, il a lieu un jour par an, et ce sont les prêtres qui agissent, qui ont le rituel du bouc émissaire. Là c’est quelque chose de différent qui est proposé. Une parole se reconnaître pécheur, un geste : être plongé dans les eaux, et un changement à mettre en œuvre. 

 

Ce qui est annoncé là, c’est une très bonne nouvelle. Il s’agit bien d’une sorte de renaissance. On sort des eaux de la mort pour aller vers la vie, en laissant derrière soi tout le poids de son péché.

 

 

5Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés

 

Cette bonne nouvelle proclamée par cet homme est entendue en Judée et dans la ville de Jérusalem. Mais tel que l’exprime Marc, cela reste relativement spécifique. Le royaume de Juda semble le seul concerné.  Avec Jésus la bonne nouvelle sera donnée à tous.

 

6 Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage

 

Jean est alors présenté comme le successeur du prophète Elie, car comme lui, il est vêtu de poil de chameau. Par contre, il est présenté comme un ascète, se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage. Il utilise ce qui se trouve dans le lieu où il vit. 

 

 

7 Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. 

8 Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

 

Jean annonce la venue d’un autre. Cet autre pour le moment est derrière lui (peut-être comme un disciple), mais il est plus fort que lui, (quel sens faut-il donner à cet adjectif), puissant ? Est-ce que jean se considère comme fort ? 

 

Mais Jean se considère- t-il comme puissant ? Peut-être peut-on entendre qu’il y a en lui la force de Dieu, la force de l’Esprit. Et cet homme, lui Jean déclare ne pas être digne de s’abaisser pour dénouer la courroie de sa sandale. Cela pour moi évoque le buisson ardent, celui qui va venir, est le très haut, ce buisson qui brûle sans se consumer, et on ne peut pas, on ne doit pas le toucher, même la partie de lui qui touche le sol. C’est un peu comme si Jean disait, devant cet homme je ne peux que me voiler le visage comme Moïse le fit jadis. Et c’est cet homme, en qui demeure l’esprit, qui baptisera dans l’Esprit Saint ; qui le communiquera, qui le fera brûler en tout homme. Or celui sur lequel repose l’esprit et ses dons, c’est le serviteur : Is 11, 2 

 

La figure qui est proposée par Marc est celle d’un prophète, qui accomplit les écritures, et qui se présente comme celui qui doit préparer la venue du Messie. Mais malgré son succès, il reste celui qui attend un autre, plus fort que lui (et là il faudrait savoir en quoi consiste cette force), et qui est tel que Jean ne se sent pas digne de toucher la sandale qui enveloppe ses pieds. Il est celui qui annonce ce baptême dans l’Esprit, baptême qui sera donné à tous, contrairement à ce que l’on trouve dans la tradition.

 

 

 Jean 1, 6-8 19-24 3° Dimanche de l’Avent. Décembre 2023

 

Jean nous apprend beaucoup de chose sur cet homme envoyé par Dieu, et dont le nom est Jean, Johan : « Dieu fait grâce ». Cet homme dont Luc raconte la naissance aurait pu, à la suite de son père, être prêtre. Mais son appel est autre. Il est celui qui prépare, mais il est aussi celui qui n’est pas. 

 

Travail sur le texte

 

Comme souvent, les liturges et cela se comprend ont du faire des coupures, sélectionner des versets pour que lors de la proclamation du dimanche, les choses soient limpides pour le peuple de Dieu. Mais il m’ a paru intéressant de reprendre les versets exclus, car ils peuvent apporter quelque chose à la compréhension.

 

-Début du texte (proposé par la liturgie)

 

6 Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.

7 Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.

8 Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

 

 

Le rôle de Jean c’est d’être témoin, simplement être témoin, rendre témoignage si on pose des questions. Et c’est bien ce qu’il va faire dans la suite du texte. De fait les versets qui suivent montrent la différence entre le Verbe et celui qui annonce. Le verbe préexiste au monde, c’est de lui que le monde nait, existe, et pourtant ce monde crée, n’est pas capable de le reconnaître. 

 

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-Versets non retenus par la liturgie versets 9-18

 

 

J’ai remarqué qu’une partie de ces versets, sont à l’imparfait, comme si quelque chose s’était passé dans le temps , alors que d’autres sont au présent. 

 

09 Le Verbe était la vraie Lumière,

qui éclaire tout homme en venant dans le monde.

10 Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence,

mais le monde ne l’a pas reconnu.

11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

 

 

12 Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom.

13 Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.

14 Et le Verbe s’est fait chair,

il a habité parmi nous,

et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

 

Cela c’est l’aujourd’hui de Dieu. 

 

On peut commencer à percevoir la différence entre ce que Jean donne par le baptême de conversion et ce que Jésus va donner à tous ceux qui le reconnaitront comme la Lumière qui vient dans ce monde. Devenir enfants de Dieu, fils et filles mais aussi frères et sœurs de celui qui est le Fils . On peut noter que cela est au présent. 

 

 

15 Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »

 

16 Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ;

17 car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.

18 Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

 

Ce qui m’intéresse ici dans ces versets, c’est que Jean témoigne. Il a vu (et il dira plus tard ce qui s’est passé) qu’il a vu, car pour témoigner il faut voir. Il a vu quelqu’un qui est passé devant ses yeux, et en ce quelqu’un il a reconnu la plénitude. Et annonce que cette plénitude elle est pour tous , et qu’il y a de l’universel désormais. 

 

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-Reprise du texte : Jn 1, 19-28

 

19 Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? »

20 Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. »

21 Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. »

 

 

Là, nous apprenons ce que Jean n’est pas. Il n’est pas le Messie, il n’est pas Elie, dont le peuple attendait le retour, ni même ce prophète annoncé par Moïse. 

 

22 Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés.

Que dis-tu sur toi-même ? » 

 

23Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »

 

 

Arrive là, la définition de ce qu’il est, de sa charge. Être la voix, de celui qui crie dans le désert : redressez le chemin du Seigneur. 

 

Cette phrase d’Isaïe nous la connaissons par cœur, mais a-telle encore un sens pour nous ? Car elle peut s’entendre au sens propre, pour que le Seigneur puisse venir, passer, il faut préparer un chemin comme cela se fait pour les plus hauts dignitaires, un chemin droit, sans pierres. Ce tapis rouge que nous mettons sous les pieds des personnes dans haut rang, pour que leurs pieds ne foulent pas la poussière. Il faut préparer une route, et cela veut dire de grands travaux. Mais cela c’est le sens littéral. Au sens symbolique, si nous voulons que le Seigneur entre chez nous, fasse son chemin en nous, alors il y ce chemin d’humilité et de conversion. Reconnaître qu’en nous, c’est plein de pierres, de ronces, et que nous sommes loin d’être parfaits, et ensuite de commencer à faire le ménage. C’est ce que ce temps de conversion et de reconnaissance de son péché. Et c’est loin d’être facile. Une vie entière peut-elle y suffire ? Souvent j’en doute. 

 

Quand on posera des questions analogues à Jésus, qui es-tu, pourquoi fais-tu cela, Jésus ne dira pas qu’il est la voix, mais qu’Il EST. Et ce sera bien l’affirmation d’une identité autre.

 

24 Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. 

25 Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » 

 

On a eu les scribes et les prêtres, maintenant on a les pharisiens, qui eux posent d’avantage la question de pour qui te prends-tu pour faire ce que tu fais, si tu n’es pas celui que nous attendons. 

 

 

26 Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; 

 

 Cette phrase se trouve dans tous les récits. Et il y a le verbe connaître. Or Jean connaît vraiment Jésus ? Lui il a vu l’esprit descendre sur lui, les autres, sont aveugles. Ils voient en lui et verront en lui, pour la plupart, peut-être un guérisseur, peut-être un exorciste, peut-être un prophète, mais ils ne verront pas l’union qui existe entre lui et son Père, ils ne le reconnaîtront pas comme l’envoyé. Et c’est bien parce que Jésus est celui sur qui repose l’Esprit que Jean peut dire cette phrase qui clôt le chapitre mais qui se trouve aussi ailleurs : qu’il n’est pas digne de délier la courroie de sa sandale.

 

 

27 c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. » 

28Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.

 

Ce verset montre que Jean a vu Jésus, mais que pour le moment, il n’y a pas eu d’échange entre les deux hommes. Une précision géographique pour les lecteurs. 

 

Et c’est après ce témoignage que Jésus arrive et que Jean le reconnaissant va pouvoir dire à ses disciples que cet homme est l’agneau de Dieu (image du serviteur d’Isaïe 53)  et de lui faire en quelque sorte don de deux de ses disciples. 

 

 

 

Les récits.

 

Jean le baptiste raconte. Qui suis-je ?

 

Je suis le fils d’Elisabeth et de Zacharie, le fils de leur vieillesse, celui qu’ils n’attendaient plus. Ils avaient prié pour avoir une descendance, mais ils ne l’avaient pas obtenue et ma pauvre mère avait été montrée du doigt, elle la femme d’un prêtre de la tribu d’Aaron. On l’avait nommée la stérile. Elle s’était renfermée sur elle-même et n’osait plus sortir de chez elle. Elle aurait dû être honorée pour son âge, mais au lieu de cela on se moquait d’elle. Il a fallu que Marie, la petite cousine de Galilée vienne jusqu’à elle, pour qu’elle ose croire vraiment croire que j’étais en elle, qu’elle allait enfanter comme toutes les femmes, et que j’aurais un rôle important car le très haut ne laisse pas le hasard. Elle m’a racontée que lorsque Marie était entrée chez nous et l’avait saluée, le son de la voix avait produit comme une décharge en elle, qu’elle m’avait senti bouger et qu’elle avait su que la petite cousine attendait celui qui était promis par le prophète Isaïe. Je sais aussi que mon prénom a été voulu par le très Haut. 

 

Jésus est mon cousin, mais je ne le connais pas. Je veux dire qu’après sa naissance à Bethléem il a dû fuir en Égypte pour échapper à la colère du roi Hérode qui voulait le tuer, lui et ses parents; et quand ils sont revenus, moi j’avais déjà été conduit par l’Esprit dans un lieu qu’il avait choisi pour moi et où j’ai appris à écouter, et à me remplir de la parole du Très Haut. 

 

Un jour, la phrase du prophète Isaïe a pris racine en moi, j’ai compris que j’étais la voix qui annonce la venue du Très Haut, que les temps étaient accomplis et que les cœurs devaient changer pour se préparer à cette venue, à cet avènement. La phrase était: Dans le désert préparez un chemin pour notre Dieu. Dieu qui vient dans le désert, n’est-ce pas son lieu de prédilection, lui qui a dit Israël C'est pourquoi voici, je veux l'attirer et la conduire au désert, et je parlerai à son cœur. (Os 2, 16).

 

Je me suis établi sur les bords du Jourdain et j’ai proposé, à tous ceux qui m'entendaient, ce message de conversion. Mais je n’y allais pas par quatre chemins, je leur disais que la cognée du Seigneur allait s’abattre, que ce qui est mauvais serait passé par le feu. Beaucoup entendaient et changeaient de vie, des gens de partout, des publicains, des soldats, des pharisiens et des sadducéens. Mais les grands -prêtres de Jérusalem ne sont jamais venus. 

 

Comme le prophète Élie je porte un vêtement en poils de chameaux, et une ceinture en cuir. C’est inusable et cela tient chaud quand les nuits sont froides. Je me nourris avec ce que je trouve, du miel du rocher et des sauterelles. Certains pensent que je suis un ascète, mais ce n’est pas cela. Je n’ai pas de temps à perdre pour m’occuper de moi, j’ai mieux à faire. Préparer, préparer…

 

Il m’a été donné de comprendre qu’un jour un homme demanderait comme tous les autres cette immersion, mais que lui n’aurait pas besoin de conversion, parce qu’il était celui qui doit venir; mais il ferait cela comme tous les autres. 

 

Je savais aussi que ce jour-là, je verrais l’Esprit Saint descendre sur lui sous la forme d’une colombe et y demeurer, et que cet homme serait celui qui donnerait cet Esprit à notre peuple. Que la connaissance de Dieu emplirait enfin le pays. Je savais aussi que cet homme était un homme de notre peuple, mais je ne le connaissais pas. Je savais qu’il viendrait, et que je n’étais pas digne de délier la courroie de ses sandales; il était ce buisson ardent, empli du feu de la Présence. 

 

Un jour, j’ai vu la colombe se poser, j’ai vu les cieux s’ouvrir, mais l’homme, croyez- le ou non, je n’ai fait que l’entrevoir. Il a disparu. Et j’attends son retour pour attester qu’il est la Lumière venue dans le monde. 

 

Je l’attendais comme le fiancé attend sa fiancée. Ce sont des envoyés des autorités du Temple qui sont venus, me demander qui j’étais. Ils s’imaginaient que je pouvais être soit Elie, ce prophète qui annonce la fin des temps et qui doit revenir, soit ce prophète dont parle notre père Moïse, soit un des prophètes; je leur ai dit que je n’étais pas un de ceux- là. 

 

Ils m’ont alors demandé de quel droit je baptisais, de quel droit j’appelais à conversion. Je leur ai répondu que moi je baptisais dans l’eau pour le pardon des péchés, mais que mon rôle était de préparer la venue de celui qui allait baptiser dans l’Esprit. Car cet homme était là, au milieu de nous, mais qu’il ne s’était pas encore manifesté. Ils sont partis. 

 

C’est peut-être parce que je porte le même vêtement que celui d’Elie et que je me nourris de miel sauvage et de sauterelles qu’ils ont imaginé cela. Allez savoir avec eux, ils ont une manière assez particulière d’interpréter les écritures. Tout ce que j’ai pu leur dire c’est que j’étais la voix de celui qui crie: "dans le désert redressez les voies"; et que quelqu’un allait venir, et que je n’étais pas digne, tout prophète que je sois, de délier la courroie de sa sandale. Et ils m’ont laissé tranquille, mais je sais qu’ils se moquent de moi, parce que je ne suis pas comme eux, dans le Temple, et que ma manière de vivre les choque. 

 

Comme cela ils savent un peu qui je suis, la voix, mais surtout qui je ne suis pas.

 

Quelque temps après celui que j’avais baptisé est venu près de moi, je l’ai bien reconnu, et j’ai dit à mes disciples que c’était lui l’agneau de Dieu, lui l’agneau pascal, l’agneau dont le sang sauve le peuple et lui donne le salut. Deux d’entre eux l’ont suivi, grande a été ma joie de lui faire ce cadeau. 

 

Peu de temps après j’ai été mis en prison par Hérode, parce que je proclamais haut et fort que vivre avec Hérodiade la femme de son frère Philippe c’était mal. Je ne sais pas combien de temps il me laissera la vie sauve. Mes disciples, m’ont dit que Jésus de Nazareth proclame, lui aussi, qu’il faut se convertir, que le règne de Dieu est tout proche, et qu’il faut croire à la bonne nouvelle. 

 

Comment va -t-il se faire entendre ? Comment sera-t-il entendu ? Comment sera-t-il suivi ?

 

J’ai été la voix, j’ai été celui qui a vu l’Esprit, j’ai été celui qui a été choisi dès le ventre de sa mère, j’ai été. Et maintenant, lui, il est. Il est celui qui était auprès de Dieu, il était la Lumière et il donnera à tout homme de devenir enfant de Dieu, pleinement, totalement.

 

 

 

André raconte.

 

Comme je l’ai dit, ce texte a été écrit en premier. Il m’a donné du mal, alors que le deuxième texte, lui est sorti tout seul. Mais je l’ai quand même laissé. C’est un autre regard. 

 

Moi qui ai une barque à Capharnaüm, une famille, un frère Simon, je me trouve aujourd’hui à Béthanie sur les bords du Jourdain, avec mon maître Jean. J’étais monté à Jérusalem pour une des fêtes et j’avais entendu parler de lui. 

 

On parlait d’un homme qui faisait penser au prophète Elie, qui ne machait pas ses mots et qui disait que le royaume de Dieu était tout proche. Cela peut vouloir dire que quelque chose va se passer, qu’il y aura un jugement et pour entrer dans le royaume, il faut ne pas être comme enveloppé dans une gangue de péché. 

 

Alors pour que cette gangue disparaisse, Jean nous plonge dans les eaux du Jourdain, comme cela arriva jadis à Naaman le Syrien qui fut délivré de sa lèpre. Nous reconnaissons publiquement que nous sommes des pécheurs, nous nous humilions devant lui, et notre péché est effacé, la faute ou les fautes sont pardonnées, nous sommes des hommes neufs, des hommes nouveaux, mais à nous de ne pas retomber, et cela c’est difficile. 

 

Alors pour ne pas retomber, je suis resté avec lui et j’ai appris. Il y a eu des jours de jeûnes pour demander que le messie arrive, il y a eu de nouvelles prières à apprendre, et il y a même a eu des baptêmes à donner, avec Jean, car il y avait de grandes foules. 

 

Un jour, alors que Jean baptisait, quelque chose s’est passé. Il nous a dit avoir plongé un homme dans les eaux du jourdain. Il pensait que c’était comme moi un galiléen. Et il a vu comme une colombe venir sur lui et y demeurer alors que l’homme sortait de l’eau. Et cela, c’était le signe que lui Jean attendait. Mais l’homme avait disparu. Et Jean était presque désespéré. Pourquoi disparaître quand on est l’envoyé du très Haut ? 

 

Un peu après sont arrivés des envoyés de autorités du temple et aussi des pharisiens. Ils voulaient savoir qui était cet homme qui déplaçait les foules. 

 

Enfin eux, ils gardaient leurs distances. Ils lui ont demandé s’il était le Christ. Bien entendu il a dit non. Ensuite ils lui ont demandé s’il était Elie, et cela aurait pu l’être, puisque Elie doit revenir, mais là encore il a dit non, et non encore quand on lui a demandé s’il était ce prophète annoncé par notre père Moïse . I

 

ls lui ont alors demandé pourquoi il s’autorisait à baptiser puisqu’il n’était aucun ce deux-là. C’est oublier que si le Très Haut veut appeler un prophète, il le fait. 

 

Il leur a répondu par une citation du prophète Elie, les pharisiens ils ont besoin de ça ! Il a dit qu’il était la voix qui crie dans le désert, la voix qui ordonne de redresser le chemin du Seigneur. 

 

Je suis sûr qu’ils n’ont rien compris, qu’ils n’ont pas voulu entendre.  Et là Jean leur a dit que lui, il baptisait dans l’eau, mais qu’il y avait un homme qu’ils ne connaissaient pas, quelqu’un qui vient derrière lui, (ça je ne sais pas trop ce que ça veut dire)  et que lui Jean n’était pas digne de délier la courroie de sa sandale.  Je dois dire que cela m’a fait penser un peu à Moïse quand il a rencontré le très Haut qui était dans le buisson ardent . Lui, il a dû enlever ses sandales parce que le lieu était un lieu saint. Alors je me dis que cet homme que lui il a vu, est tellement saint, tellement rempli d’Esprit que lui Jean, que moi que je considère comme un juste, ne s’estime pas digne de toucher cette partie de lui qui touche à notre terre.   

 

Ils sont partis, et nous avons continué à l’écouter notre maître. Et quelque temps après, un soir, est arrivé près de nous, de notre groupe de disciples, un homme que nous n’avions jamais vu. Jean l’a regardé, et il était comme illuminé, lui qui semble souvent si renfermé sur lui-même. Il était transformé. Il nous a montré cet homme et nous a dit qu’ll était l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. Qu’il était cet homme sur lequel il avait vu l’esprit descendre et demeurer sous la forme d’une colombe, cet homme dont il avait dit qu’il n’était pas digne de délier la courroie de ses sandales. Et il a ajouté que c’était lui le Fils de Dieu. Alors quelque chose en moi s’est mis à bouillonner, à espérer, à désirer. 

 

Et si c’était vraiment lui celui que j’attends ?  Mais il avait disparu. Seulement le lendemain il était là, il nous regardait, il allait et venait. Et Jean l’a aussi regardé, nous a regardé nous les disciples et nous a dit voici l’agneau de Dieu. Alors l’envie a resurgi en moi, je voulais le connaître, je voulais le suivre. Il me fallait quitter Jean, quitter mes amis, mais l’appel était le plus fort et je l’ai suivi. Je lui ai demandé où il habitait, et il m’a dit, il nous a dit parce que nous étions deux, de venir et de voir. Et nous l’avons suivi et nous avons passé la nuit à regarder le ciel et les étoiles et à l’écouter, lui qui est la Lumière. 

 

Je ne pourrais jamais assez remercier Jean qui a permis cette rencontre et qui nous a laissé partir. Je crois que nos anciens amis nous regardent d’un mauvais œil mais peu importe. Jésus m’a choisi et moi je me suis laissé choisir et j’ai hâte de chercher mon frère Simon pour que lui aussi rencontre le Messie.

 

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Annexe

 

Jean le Baptiste dans les quatre évangiles

 

Matthieu 3,1

Marc 1, 2-

Luc 3 ,1

Jean 1, 6

01 En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée :

 

 

 

 

 

02 « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »

 

 

02 les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.

03 Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés,

.

 

06 Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

07 Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.

08 Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

 

03 Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : 

 

 

 

Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, 

 

rendez droits ses sentiers.

 

 

02 Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin.

.

 

3 Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, 

 

rendez droits ses sentiers

04 comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : 

 

 

 

 

Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, 

 

rendez droits ses sentiers.

 

 

05 Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ;

06 et tout être vivant verra le salut de Dieu

15 Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : «

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »

04 Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage.

 

 

06 Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

 

 

 

 

05 Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui,

 

 

 

 

 

 

 

 

06 et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.

 

04 Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.

 

05 Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissantpubliquement leurs péchés.

 

 

07 Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?

 

 

08 Produisez donc un fruitdigne de la conversion.

 

 

09 N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham

.

10 Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu

 

 

07 Jean disait aux foules qui arrivaient pour être baptisées par lui :

 

 « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?

 

08 Produisez donc des fruitsqui expriment votre conversion. 

 

Ne commencez pas à vous dire : “Nous avons Abraham pour père”, car je vous dis que, de ces pierres, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.

 

09 Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. »

 

 

 

 

 

 

11 Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion.

 

 

 Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi,

 

 

 

 

 

et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.

 

12 Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

 

 

 

 

 

07 Il proclamait : 

 

 

 

 

« Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ;

 

 

 

 

 

je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

08 Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ;

 il vous baptisera dansl’Esprit Saint. »

15 Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.

 

6 Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; 

 

mais il vient, celui qui est plus fort que moi.

 

 

 

 

 

 

Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.

 

17 Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

 

 

 

 

 

 

26 Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. 

 

 

 

Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ;

 

 

 

27 c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »

 

30 c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était.

 

31 Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »

 

32 Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui.

33 Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, 

 

celui-là baptise dans l’Esprit Saint.”

 

 

 


dimanche, novembre 12, 2023

Mt 25, les trois dernières paraboles. Introduction et généralités.

Ces trois dernières paraboles, le chapitre 25 de l’évangile de Matthieu, sont lues (et donc commentées) lors des trois derniers dimanches de l’année liturgique, le dernier dimanche étant celui du Christ-Roi. 


 

Il y a donc: la parabole des dix jeunes filles,les sages ou avisées et les sottes ou insensées; la parabole des talents (en Français la monnaie mentionnée - les talents - permet de faire un jeu de mots avec les talents qui sont les nôtres, ces talents donnés, mais cela doit être différent dans d’autres langues; et enfin la parabole du jugement dernier, mais est-ce une parabole?
Si on lit attentivement ces textes, on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une mise en garde sévère: ce qui est fait sur cette terre est fait, et on ne peut plus revenir dessus. Dans l’évangile de Matthieu, il a été dit à de nombreuses reprises que les premiers (ceux qui sont sûrs d’être des élus) risquent d’être derniers. On peut penser que ces textes s’adressent aux pharisiens, et peut-être même à ceux qui se sont convertis par la suite et qui sont dans la nouvelle église.

 

Généralités sur les trois paraboles

 

Dans un premier temps, je pensais écrire un texte, je veux dire trouver un conteur pour chaque péricope, chacune étant séparée, autonome en quelque sorte. Mais c’est là que les difficultés ont commencé.


 Bien entendu, je pouvais donner la parole à un disciple de Jésus présent à Jérusalem qui aurait entendu tout ce qui est rapporté entre les chapitres 21 et 25, à savoir (je résume exprès): les paraboles adressées aux grands-prêtres et aux autorités (21 et 22); les réponses faites à ceux qui veulent le mettre à l’épreuve (lui faire la peau en le lapidant) (22);  les reproches - qui viennent un peu comme un cri de tristesse de Jésus - faits à ceux qui connaissent la Loi, et qui permettent aussi de montrer ce que Jésus attend lui de ses disciples: qu’ils soient comme lui des serviteurs et prennent toujours la place du petit (ce qui renvoie à ce petit peuple, ce petit reste que Dieu fait naître pendant et après l’exil, ceux qui font confiance) (23). Et ce que nous appelons le discours apocalyptique (24). qui précède donc les trois paraboles.  


Seulement cela ne me plaisait pas, et la seule idée qui me venait était de faire parler une jeune fille éconduite, le serviteur qui a enterré son talent par peur du maître, et un de ceux qui n’a pas su regarder les petits et les pas nantis qui étaient sur son chemin, mais c’était juste une idée. Seulement ils n'ont pas d'existence propre, puisque ce sont des personnages de fiction, créés par Jésus. 

 

Alors je me suis mise au travail sur les versets, en espérant que petit à petit quelque chose naîtrait. 


Mais je voudrais déjà, avant de passer au travail habituel sur les versets, revenir sur certains mots qui m’ont interpellée lors ma lecture. 

 

Le premier, c'est la finale de la première parabole, avec cette phrase brutale: "Je ne vous connais pas..."

 

    Jésus dit aux jeunes filles qui frappent à la porte qu’il ne les connaît pas. Quelque part, je trouve que c’est terrible. C’est comme s’il leur disait: vous n’avez pas d’existence pour moi, il n’y a pas de relation entre moi et vous, parce que la relation vous n’en n’avez pas voulu;et, si on en croit Luc, parce que vous ne vous êtes pas ajustés à moi. 

 

Si je reprends le texte, les jeunes filles qui toquent à la porte, qui sont dehors, disent « Seigneur, Seigneur », avec le doublement. Cela renvoie à ce que Jésus dit à la fin du premier discours de sa vie publique (Mt 7, 21): «Ce n’est pas en me disant Seigneur Seigneur que l’on entrera dans le royaume des Cieux, c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. » 


Est-ce que ces jeunes filles, qui représentent une partie de l’humanité, une partie de ceux qui ont cru au message ou qui ont cru croire, ont fait la volonté du Père? Dans la suite du texte, on trouve un verbe qui m’interroge: connaître - Mt 7, 22: » Ce jour -là, beaucoup me diront, n’est -ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons chassé les démons, en ton nom que nous avons réalisé beaucoup de miracles ? Alors je leur déclarerai, je ne vous ai jamais connus, écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal. ».  

 

En d’autres termes, il me semble que pour être connu du Christ, avoir avec lui une vraie relation, pas une relation de surface, il faut être très vigilants, ne jamais se croire arrivé, et discerner si ce que l’on fait, même si cela paraît « bien », c’est pour Lui, pour que son règne arrive, ou pour nous, pour notre petit ego. 

 

Suit la parabole de l’homme prévoyant, celui qui construit sa vie sur les paroles dites par Jésus et qui les met en pratique.  Et cet adjectif, prévoyant (merci au Père François Lestang), est le même que celui est employé pour qualifier les jeunes filles. Être prévoyant, c’est bâtir sa maison sur le roc de la parole; c’est un travail qui se fait tous les jours. 

 

La lampe et l’huile pour la lampe

 

Si j’en crois le Ps 118 (119),  la lampe c’est la parole de Dieu. Mais pour que cette parole ne devienne pas lettre morte ou simple répétition, il faut que l’Esprit l’entretienne. 


Certes l’huile, c’est cette huile qui fait briller le visage de l’homme (ou l’adoucit - Ps 103,15), et aussi l'huile de l’onction du fils, futur Roi (Ps 45). Mais, je pense qu’il s’agit également de l’onction de l’Esprit, dont Paul dit qu’elle doit être renouvelée (2Tim 1,6). En d’autres termes, l’onction reçue doit être en permanence vivifiée, et c’est cela qui manque à cette humanité qui manque finalement de dynamisme (comme ce sera le cas du serviteur qui ne fait pas fructifier le don reçu). Cette huile-là, je ne sais pas si on peut en faire des provisions, et là encore c’est quelque chose qui ne se fait pas une fois pour toutes, mais qui se renouvelle. 

 

Le serviteur

 

Le chapitre 24 se termine par une description du serviteur chargé de donner aux gens de sa maison leur nourriture en temps voulu (en d’autres termes d’être l’intendant fidèle). Et là c’est une mise en garde, avec la nécessité de rester fidèle, de ne pas pactiser avec les ivrognes,  et surtout la nécessité de veiller. Au chapitre 25, si je schématise, car il est bien question de serviteurs dans la deuxième parabole, celle des Talents, on peut dire qu’on a les « bons » serviteurs, « les prévoyants » (première parabole), « les créatifs » (deuxième parabole), ceux qui font confiance, qui acceptent le don et le font vivre, et les « miséricordieux » (troisième parabole,) je dirais peut-être ceux qui ne sont pas aveugles au monde qui les entoure, qui s’occupent des petits, des malheureux, sans jugement, et les autres qui sont les «non prévoyants», les « craintifs » les « repliés sur eux-mêmes ».

 

La thématique du dehors et du dedans

 

Finalement les « bons » sont capables de sortir d’eux-mêmes, d’aller dans un autre espace, alors que les autres sont repliés sur eux-mêmes; ils restent dans un dedans mortifère. Alors à la fin des temps, ceux qui ont été capables de mouvements se trouvent dans un "nouveau dedans" décrit comme un lieu de relation avec le « l’Époux, » le « Maître » ou le « Roi », un lieu de lumière; de joie, et les autres sont propulsés dehors, et font la découverte d’un lieu de désespérance. Est-ce vraiment pour l’éternité ? Là j’aimerai dire comme Ézéchiel (Ez 37,3): « Toi Monseigneur, tu sais que ces os pourront revivre » (je change un peu les termes).

 

 

     Il y a un dedans ...

 

- Où vivront ceux qui ont gardé leur lampe allumée, et qui avaient de l’huile pour entretenir la flamme. 

- Où vivront ceux qui auront fait fructifier ce qui leur avait été donné par le maître.

-Et enfin ceux qui tout au long de leur vie se seront préoccupés de ceux qui sont considérés comme des petits, des pauvres, des humiliés, et même des mauvais: on peut être mis en prison pour un tas de raison, hélas. 

 

     Et un dehors, où se retrouveront,

 

-Les imprévoyants,  

-Ceux qui ont manqué de confiance en eux et qui avaient une fausse image de Dieu, 

-Ceux n’ont pas su ouvrir les yeux, qui sont restés centrés sur eux, qui n’ont pas su donner et se donner. 

 

Et ce dehors, celui auquel nous donnons le nom d’enfer, semble être un lieu où règne l’obscurité, donc la peur, mais aussi ces pleurs et ces grincements de dents qui évoquent une colère sans fin, une colère liée à la jalousie, à l’avidité, et peut-être à l’envie.

 

En d’autres termes, pour être sauvé, pour entrer dans le royaume, il ne s’agit pas tant de connaître la loi avec la tête, que d’agir avec son cœur.

 

Ce que nous disent aussi ces trois histoires, c’est que si dans la première, la moitié est sauvée, et les deux tiers dans la seconde, pour la troisième nous n’en savons rien, sauf que le critère ce n’est pas d’avoir respecté la Loi, mais d’avoir su mettre de la vie là où il n’y en avait pas ou plus, de ne pas laisser la mort avoir le dernier mot, et d’avoir su aimer et montrer de la miséricorde envers tous ceux qui souffrent. 

 

Qui sont les petits ?

 

Si je reste au texte, Jésus parle Mt 25, 40 de l’un de ces plus petits de mes frères,  ou c’est à moi que vous l’avez fait, ou l’un de ces plus petits.

 

Nous avons l’habitude de penser qu’il s’agit de ceux qui sont dans le besoin, quel que soit le besoin. Mais si j’en crois les Actes des Apôtres, quand Saül (Ac 9, 4-6) est renversé sur la route de Damas, alors qu’il s’y rend pour faire du mal à ceux qui sont les disciples de Jésus, Jésus s’adresse à lui, en lui demandant pourquoi il Le persécute. Les petits, ce sont les disciples, pas tous les hommes, mais aujourd’hui, cela s’est élargi, et les petits, les plus petits, ce sont ceux que l’on ne regarde pas ou peu, mais que Jésus lui, considère comme ses frères, et en qui est présent. 

 

 

La capacité.

 

Il est écrit que le maître donne à chacun selon ses capacités. Cela peut paraître un peu étonnant. Dans un premier sens, capacité va avec capable. Je te demande ce que je pense tu es capable de faire. En toi il y a la force de faire ce que je te demande. Du coup, on peut se dire que le maître demande à chacun ce dont il est capable. Et les capacités ne sont pas distribuées également. Sauf que parfois, même quand on en a, on ne s’en sert pas, elles peuvent même faire peur, peur de ne pas être à la hauteur. 

 

Mais la capacité, c’est aussi l’aptitude à contenir, c’est donc aussi être un contenant. Et du coup, pour moi cela évoque la phrase du Christ à Catherine de Sienne: « Fais toi capacité et je me ferai torrent » . Le troisième avait en lui la capacité à recevoir, mais il a renoncé à cette capacité, il s’est fermé sur lui-même, il s’est enterré avec ce don dont il n’a pas voulu. Alors que les deux autres ont accepté le don, ils l’ont fait leur; et avec cela, avec cette force là, ils ont pu créer.

 

Arrivée à ce premier stade de réflexion, je ne sais toujours pas qui pourra parler et raconter. Peut-être que le travail sur le texte pourra m’aider.

 

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Mt 25, les trois dernières paraboles. Travail sur les textes;

Travail sur les textes.

 

Parabole vierges sages

 

 

J'ai écrit trois textes sur cette parabole qui est tout, sauf une histoire simple. 

 

https://giboulee.blogspot.com/search?q=vierges+sages  2010

https://giboulee.blogspot.com/2013/09/a-propos-des-vierges-prevoyantes-et-des.html   2013

https://www.blogger.com/blog/post/edit/9807826/187882803740152511  2017

 

 

 

1: «Alors le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. 

2 Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes :

 3 les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, 

4tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. 

 

 

Le tableau est dressé et cela peut s’entendre comme une représentation de l’humanité. La première image est donc d’un groupe de dix jeunes filles, toutes sont belles, toutes désirent aller à la rencontre de l’époux. Elles veulent le voir, elles veulent entrer dans la salle des noces. Cela c’est leur désir. Et elles se mettent en route, avec une lampe pour voir dans la nuit, pour ne pas tomber. Elles sont invitées à des noces. Mais les noces de qui? Nous savons juste que Jésus parle du royaume, et ce n’est pas la première fois. Ce sera les trois dernières fois qu’il parlera du royaume dans cet évangile (52 occurrences). C’esr le lieu de la présence de Dieu, soit sur cette terre soit dans un ailleurs . 

 

Mais les unes partent, je dirais les mains dans les poches, alors que les autres se chargent de provisions pour leur lampe. Les unes ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Les autres se disent que cela pourra prendre un certain temps, et qu’il faudra bien se nourrir (elles ou leur lampe) et que, outre le pain, il y a la parole de Dieu qui est aussi nourriture: l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu). Et les prévoyantes, ce sont celles qui ont bâti et qui bâtissent leur maison sur le roc (Mt 7,24).

 

Ce qui me paraît étonnant, c’est que le mot « noces » ne figure pas dans le premier testament. Il est remplacé par Alliance. Il est question de fiançailles, de choix, mais pas de noces. Noces c’est un mot qui caractérise donc le nouveau testament, et qui renvoie à quelque chose dé définitif, lié à la nouvelle alliance. 


Dans le Premier testament, l’époux est le créateur: Is 54,5 "Car ton créateur est ton époux: L'Éternel des armées est son nom; et ton rédempteur est le Saint d'Israël: Il se nomme Dieu de toute la terre."  - Esaïe 62,4: "On ne te nommera plus délaissée, On ne nommera plus ta terre désolation; mais on t'appellera mon plaisir en elle, Et l'on appellera ta terre épouse; car l'Éternel met son plaisir en toi, et ta terre aura un époux.

 

Dans le Nouveau testament, dans les évangiles de Mc et Lc, on a la même définition: Jésus est l’époux : mais cela fait relativement peu d’occurrences: Luc 5:34 Il leur répondit: Pouvez-vous faire jeûner les amis de l'époux pendant que l'époux est avec eux ? Luc 5:35 Les jours viendront où l'époux leur sera enlevé, alors ils jeûneront en ces jours-là. Jean 3:29 Celui à qui appartient l'épouse, c'est l'époux ; mais l'ami de l'époux, qui se tient là et qui l'entend, éprouve une grande joie à cause de la voix de l'époux: aussi cette joie, qui est la mienne, est parfaite. 2 Corinthiens 11:2 Car je suis jaloux de vous d'une jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure. Apocalypse 21:2 Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux.

 

Autrefois on disait les vierges sages et les vierges folles. Sagesse et folie, cela évoque pour moi le livre des Proverbes, où le sot est opposé à celui qui fait bien les choses; il y a aussi ces comparaisons données par Jésus avec les serviteurs ou les intendants: il y a ceux qui veillent, et ceux qui cessent de veiller. Mais surtout il y a cet homme prévoyant qui a bâti sur le roc et non sur le sable, ce qui veut dire qu’il a travaillé dur, il n’a pas ménagé sa peine (Mt 7,24). Si la parole est la lampe, alors ce verset "l’homme prévoyant est celui qui entend mes paroles et les met en pratique" est bien le prototype de tous ceux qui ont écouté et mis en pratique, alors que les autres sont comme ce chemin sur lequel la graine n’a pas germé, ce champ qui n’a pas permis à la graine de s’enraciner et de donner du fruit. Au-delà de cette image de jeunes filles, il faut penser à l’humanité, qui a entendu, qui a produit du fruit ou pas. C’était bien la même parole, la même lampe, mais l’une avait ce qu’il faut pour l’alimenter, et sa lampe a brillé alors que la lampe de l’autre s’est éteinte. 

 

Dans le livre des Proverbes il y a une description de la femme parfaite, qui est celle qui prévoit tout.  Pr 31, 10-31. On peut penser que les jeunes filles prévoyantes seront ces femmes qui gèrent leur maison elles-mêmes, qui dirigent, qui pensent, qui agissent . 

 

 

5 Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. 

 

Et voilà, le voyage est plus long que prévu. Il faut dire qu’il n’est pas très bien élevé cet époux, mais c’est bien une image donnée souvent par Jésus, que ce maître qui s’en va en voyage, qui disparait et qui laisse la libre ceux auxquels il a laissé son héritage.

 

Il y a alors deux phases, s’assoupir, puis s’endormir. De fait il y a un premier temps où une certaine vigilance demeure, puis le sommeil prend le dessus, le sommeil profond. Est-ce le sommeil de la mort? Toujours est-il que de ce sommeil, un cri permet d'en sortir. Et là, les imprévoyantes ne perdent pas le nord, puisque d’emblée elles demandent de l’huile, de cette huile qui ne se partage pas.  Auraient-elles dû ou pu changer de comportement à ce moment là? On nous parle de marchands, mais qui vend de cette huile là? S'agit-il de l'église? 

 

On sait bien que lorsque des drames arrivent, beaucoup se souviennent qu’il y a un Dieu, et qu’il faut le prier. Revenir à lui avant qu’il ne soit trop tard. Est cela dont il est question? Est-ce qu’il y a une chance au moment du passage de la vie à la mort, de la mort à l’autre vie de trouver ce qui est nécessaire pour commencer une autre vie, une vie relation ? 

 

10 Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. 

 

Cela fait un peu penser à une morale: fin de l’histoire. Celles qui sont prêtes entrent dans cette salle mystérieuse; elles vont découvrir ce qui a été préparé, et la porte est fermée. On pourrait presque dire, fin.  Les gentils sont récompensés, les méchants (mais s’agit-il de méchants) sont punis. Ils resteront à tout jamais sur leur faim.

 

11 Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !” 

12Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.” 

 

Sauf que ce n’est pas fini. Qu’advient-il de celles (de ceux) qui sont allés se mettre en règle ? Elles peuvent penser que c’est tout bon. Alors elles frappent à la porte, et demandent que la porte leur soit ouverte. Sauf que la demande est entendue, mais non satisfaite, et que la réponse est terrible, cette réponse qui dit « Je ne vous connais pas ». Ne pas connaître, ne pas reconnaître, dire que celui qui frappe est un étranger. Et pourtant il a fait des efforts pour se mettre en règle, mais c’est trop tard. Et cela pose la question de cet « aujourd’hui de Dieu » ce temps favorable qu’il ne faut pas laisser passer. 


13 Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

 

 Finalement on pourrait presque dire, ce n’est pas au dernier moment que vous pourrez changer les choses. Si vous n’avez pas choisi de bâtir votre vie sur mes paroles et de les mettre en pratique, vous avez fait le mauvais choix, et vous ne pourrez pas changer les choses, malgré toute votre bonne volonté . 

   

 

Parabole des Talents

 

C’est une parabole qui a été traitée par Marie Balmary, psychanalyste, qui revient au sens des mots en grec. Il s’agit du livre "Abel ou la traversée de l’Eden". J’en retiens quelques idées pour l’étude du texte. Mais à utiliser les mots des autres, on perd les siens propres et après avoir fait une première lecture du texte, en me servant d’un travail « tout mâché », j’ai ressenti une grande insatisfaction, et je reprends plus avec mes mots à moi, en suivant le texte, tel que je le lis aujourd’hui. 

 

 

14: « Un homme qui partait en voyage appela ses serviteurs et leur confia ses biens. 

15 À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt ..

 

 

Il s’agit donc là simplement d’un homme riche, très riche, mais aussi qui sur le point de quitter son domaine, appelle ses serviteurs et leur confie ses biens. Ce qui veut dire qu’il donne tout. Il ne s’agit pas d’un prêt, mais d’un don total; c’est une transmission comme pour un héritage. On peut penser que partir et tout donner, c’est vraiment faire confiance. Il transmet les pleins pouvoirs sur ses biens, et il transmet la capacité de faire ce qu’il a fait lui, à savoir d’en devenir le répondant, le propriétaire. 

 

Que peut vouloir dire « à chacun selon ses capacités ». Pour Marie Balmary, il s’agit de quelque chose d’assez étonnant, à savoir la capacité à recevoir, à faire sien ce qui a été donné, à le faire œuvrer pour qu’il fructifie. Il donne à chacun selon sa capacité, sa propre force à faire sien ce qui lui est donné. On n’est pas dans une injustice. Mais cela veut dire que comme les deux autres, il est capable de faire quelque chose avec cette somme.  

 

Ceci dit, on trouve dans les Actes une parole de Jésus, disant qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir Ac 20, 35; or je trouve que parfois c’est bien plus facile de donner que de recevoir et je connais des personnes qui refusent tout don, parce que cela se termine mal d’après elles. 

 

Se pose pour moi la question de la place du aussitôt. 


Est-ce le maître qui donne et qui part aussitôt en voyage, qui fait comme le Dieu de la Genèse qui disparaît de la scène le septième jour ? Ce Dieu qui donne sa terre pour la faire fructifier, qui donne tout pouvoir sur les animaux de la terre et les oiseaux du ciel et qui laisse l’homme libre ? 

 

Ou bien, le aussitôt concerne ce que font les serviteurs, ce qui me semble plus cohérent. 

 

 

16 celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres.

17 De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres.

18 Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.

 

Il est évident que pour faire valoir ces sommes, il a fallu du temps, beaucoup de temps. Les deux doublent la mise et d’une certaine manière deviennent des égaux dans la manière de faire, puisque l’un comme l’autre doublent la mise. Peut-être même que parfois ils ont perdu de l’argent, mais cela ne les a pas empêchés de continuer, et d’arriver à beaucoup plus que ce qui avait été confié au démarrage. 

 

Par contre le troisième, qui n’a pas pu faire confiance, se faire confiance, va creuser la terre, et cache l’argent du maître. Jésus dans une parabole parle de l’homme qui a trouvé un trésor dans un champ et qui ne le rend pas au propriétaire du champ. Celui qui trouve a le droit de prendre, et de ce fait, si le trésor est volé, ce n’est pas de la faute de son propriétaire. Le troisième se dédouane complètement, se lave les mains, refuse. La somme est vraiment enterrée, mise en terre, pour mourir. Alors que les autres lui ont donné vie. 

 

 

19 Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes.

 

Demander des comptes. Cela donnerait raison au troisième qui se méfie du maître. Mais il faut, parait-il, entendre cela comme (parce qu’il y a le mot logos qui est employé), comme raconter ce qu’ils ont fait. Quand on rend compte, on raconte. Ce qui me parait important, dans cette interprétation, c’est qu’il n’y a pas de jugement, mais la demande de raconter ce qu’on a fait pendant le temps de l’absence. C’est une autre image du maître. Il s’absente, il donne du temps, et il s’informe. 

 

20 Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.”

 

Tel que c’est raconté, il ne présente pas les talents initiaux au maître. Je peux imaginer le nombre de brouettes remplies de pièces qu’il a fallu trouver. Mais c’est une image d’une certaine plénitude. 

 

21 Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.”

 

Et c’est les compliments. Tu es un bon serviteur, tu as été fidèle. Fidèle, c’est aussi une des caractéristiques de Dieu dans le premier testament, et cela caractérise aussi ceux qui ont été choisis et qui ont mené à bien leur mission : Moïse, Samuel, David. Et celui-là peut entrer dans la joie de son Seigneur. Il devient ainsi plus qu’un serviteur. Le maître se réjouit de ce que son serviteur a mené à bien. Et une promesse, en recevoir à nouveau .

 

22 Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.”

23 Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.”

 

Ce qui se passe pour le deuxième est analogue avec ce qui vient de se dire pour le premier. 

Quand ces serviteurs d’adressent à leur maitre, ils disent Seigneur, tu m’as confié. On est dans le dialogue, ce qui sera différent pour le troisième. 

 

24 Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.

25 J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.”

 

Le "j’ai eu peur", peut évoquer Adam, qui se cache après que ses yeux se soient ouverts. Mais là, c’est la représentation du maître, une représentation d'un Dieu qui fait peur, qui est tout sauf un Dieu qui aime sa création. Ce Dieu là, est avide et injuste, et on ne peut  pas faire confiance. 

 

 26 Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu.

27 Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts.

 

Le troisième n’a pas pu croire au don. Mais il pense connaître son maître, il a un savoir sur lui. Et savoir l’autre c’est en faire un objet et être pour lui un objet.

S’il avait placé l’argent, il aurait au moins pu faire un choix, choisir un banquier, 

 

28 Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix.

29 À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a.

 

30 Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »

 

 

Cet homme qui a mis en terre le don est déjà lui-même dans la ténèbre, mais la ténèbre intérieure. Le jeter dehors, c’est le mettre en relation avec d’autres, le sortir de lui et lui permettre peut-être de faire un autre apprentissage. Enfin ça c’est ce que dit Marie Balmary. 

 

Là, il s’agit bien de ne pas rester inactif durant l’absence du maître qui a tout confié, mais finalement de faire ce qui est demandé dans la Genèse: faire fructifier.  

Le dehors est un peu précisé: c’est un lieu où a priori il ne fait pas bon vivre. Alors si on pense morale, c’est peut-être aussi un message pour faire comprendre que si on vit dans la peur de l’autre, on vit dans le malheur. 

 

 

Parabole du jugement dernier

 

 

31 « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.

 

 

Comment entendre cette représentation de la fin des temps, surtout que cela est annoncé quelques jours avant la passion. Comment pouvoir imaginer que cet homme crucifié, cet homme pendu à une croix, sera un jour celui qui siège comme Dieu, sur un siège de gloire, ce que nous sommes incapables de nous représenter, enfin moi.

 

Est-ce une parole d’espoir pour les disciples? "Ne croyez pas que ce que vous allez voir. Souvenez -vous de ce qui je vous ai dit". 

 

32 Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs :

33 il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

 

Et là apparait la figure du Roi Berger, le nouveau David. Il y a séparation, et cela évoque la parabole de l’ivraie et du blé. La séparation est faite. Le bon et le mauvais ne sont plus mélangés. Il faut espérer que cela se passe aussi à ce moment-là dans le cœur de tous les êtres. 

 

34 Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. 

 

C’est l’appel, c’est la reconnaissance de leur justice. Ils sont les bénis de son Père, et ils entrent dans un lieu, prévu depuis que Dieu est Dieu. 

 

35 Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;

j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;

j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;

 

36 j’étais nu, et vous m’avez habillé ;

j’étais malade, et vous m’avez visité ;

j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” 

 

Le verset 35, peut évoquer les Béatitudes, car cette faim et cette soif de justice, beaucoup la ressentent et œuvrent dans ce sens. 

 Mais ne peut-on pas aussi penser à Jésus durant les heures de la passion et de la crucifixion , même si tout a été vécu en 24 heures?

 

Il n’a pas eu à boire, sauf ce vin aigre, il a eu faim (si on croit la chronologie de l’arrestation, du procès, de Pilate, Jésus ne mange rien après avoir donné le pain et le vin à ses disciples). Il est devenu comme un étranger: personne ne l’a accueilli; un inconnu. 


Il s’est trouvé dénudé, et cela c’est aussi la honte suprême. Il est important d’aider celui qui est nu, et cela peut s’entendre aussi autrement que physiquement, à trouver un vêtement, c’est-à-dire une identité, et bien entendu à ne pas souffrir du froid ou de la chaleur. 


Malade: là aussi, il y a beaucoup de formes de maladie. Si on lit bien les évangiles, la maladie pour Jésus est quelque chose qui vous lie, qui vous empoigne et que vous empêche d’être des vivants. Alors lutter contre la maladie, en allant voir ceux qui en sont porteurs, et ce, quelle que soit la maladie (somatique, psychique, acquise), c’est regarder l’autre comme d’abord un être vivant, qui a en plus une maladie. 


Et cela va avec la prison, car la prison c’est l’absence de liberté, et Jésus vient pour rendre libre, et cela, ce peut aussi être un message. Il ne s’agit pas de faire sortir de prison, mais d’aller vers celui qui est dans sa prison, quelle qu’elle soit. 

 

37 Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ?

tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?

tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?

38 tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?

tu étais nu, et nous t’avons habillé ?

39tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?”

 

40 Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”

 

En d’autres termes, Jésus est dans tous ceux qui sont humiliés d’une manière ou d’une autre, dans ceux que l’on ne regarde pas ou plus, dans ceux qui n’ont pas de place. Faire cela c’est donner déjà à l’autre, simplement par un regard et parfois par une action, une place. Est-ce arriver à voir en ces personnes Jésus dedans ? Moi je ne sais pas, je sais que ça je n’y arrive pas. Mais ce que je sais, c’est que cela me fait moi devenir plus comme on dit « frère en humanité ». 

 

41 Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.

42 Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;

j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;

43j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;

j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;

j’étais malade

et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”

 

44 Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?”

 

 

Finalement c’est étonnant, parce que c’est un peu comme si ceux qui ont fait le mal (et là il y a ce qu’on appelle le mal par omission: vous n’avez pas fait) ne comprennent pas. C’est comme s’ils disaient: mais non tu te trompes, le mal on ne l’a pas commis, on n’a rien fait de mal; on ne nous a rien demandé, alors pourquoi aurions--nous agi ?  Ils n’ont pas vu, ils ont peut-être manqué de temps pour tout un tas de bonnes raisons (essayer les bœufs qu’ils ont acheté, ou leur nouvelle maison, ou leur changement d’état, je pense à la parabole des invités à la noce dans l’évangile de Luc, mais dans celui de Matthieu, avec la maltraitance et la mise à mort des serviteurs, on est bien au-delà de l’oubli.   

 

Ils sont sont restés avec leur bonne conscience. Parfois, on peut ne pas faire, mais au moins quelque part, s’en vouloir un peu. Ce qui est aussi étonnant, c’est la phrase « sans nous mettre à ton service ». Ceux qui sont à gauche connaissent Jésus, mais cela s’est arrêté là. Peut-être qu’ils sont comme les pharisiens, ils savent, mais la miséricorde ce n’est pas pour eux, parce qu’ils se mettent des œillères. 

 

45 Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”

 

Cette identification de Jésus aux petits évoque pour moi ce qui se passe sur le chemin de Damas. Saul entend Jésus lui dire : Saul Saul pourquoi me persécutes-tu, et demande: Seigneur qui es-tu; Jésus répond : Je suis Jésus que tu persécutes. Ces petits ce sont les siens, ceux qui l’ont choisi. 

 

46 Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

 

Là, c’est presque plus simple que ce qui est dit aux « justes » . Ce n’est plus « le plus petit de mes frères » (ce qui renvoie à une communauté) mais c’est l’un de ces plus petits, l’un de ceux qui sont considérés comme sans valeur, comme bons à jeter. Et c’est la cécité, l’aveuglement et souvent la bonne conscience.