mercredi, juin 13, 2012

La veuve de Sarepta et la Samaritaine

La liturgie de semaine propose en ce moment la lecture de la "geste" du prophète Elie, (1R, 17-19) personnage que Jésus rencontrera lors de la Transfiguration.

Mais en entendant la phrase adressée à la femme de Sarepta: "peux tu me puiser un peu d'eau avec ta cruche pour que je puisse boire," j'ai pensé à Jésus qui demande lui aussi de l'eau à la femme de Samarie.  Et j'ai été frappée par la similitude du comportement de ces deux hommes.  D'ailleurs la femme de Samarie dira bien à Jésus: "tu dois être un prophète"..

L'un comme l'autre sont fatigués: Elie vient de quitter le torrent du Kérith pour arriver en territoire païen, ce qui fait quand même une certaine distance et Jésus lui est fatigué quand il arrive en Samarie.

Les deux lieux où ils se rendent sont des lieux occupés par des non juifs, des lieux où peut être les juifs n'ont pas bonne presse.

Les deux ont soif et entrent ainsi en relation avec des femmes qu'ils ne connaissent pas. Certes YHWH a dit à Elie qu'une veuve prendrait soin de lui, mais des veuves, il y en a certainement beaucoup.

Quant à Jésus, c'est une femme qu'il n'a jamais rencontrée et qui sera surprise de ce que ce Juif lui adresse la parole. La réaction est d'ailleurs similaire chez la veuve qui dira "je te jure sur ton Dieu" ce qui montre que son Dieu à elle n'est pas le même que le Sien à lui (même si apparemment elle en a entendu parler) et la samaritaine sera surprise qu'un juif juif, lui parle à elle qui certes reconnait le même Dieu mais pas la primauté de Jérusalem.

Une autre similitude est celle de la foi de ces deux femmes dans la parole adressée. Elles font confiance, elles tiennent pour vrai ce qui est dit.

C'est parce que la veuve qui entendu une promesse qui pour nous fait très ritournelle de comptine:  "Jarre de farine point ne s'épuisera, vase d'huile point ne se videra, jusqu'au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre." et qu'elle y croit, qu'elle accepte de faire cuire du pain pour Elie avant d'en faire pour elle, et que la promesse se réalisant, elle peut comprendre que l'homme qui va habiter chez elle un homme de Dieu. 


C'est aussi parce que la samaritaine comprend que celui là qui lui promet de l'eau vive et qui lui dit qui elle est,  qu'elle va en laissant sa cruche sur place annoncer que Celui la pourrait bien être le Messie. 

Deux femmes, deux actes de confiance, qui permettent de reconnaitre "le Dieu Vivant".

jeudi, mai 31, 2012

Les Psaumes

Avec une amie nous relisons le livre des psaumes en les prenant 5 par 5, ce qui permet la lecture sur un mois.

Les psaumes j'en lis un certain nombre dans la journée, mais je me suis aperçue que l'adresse du psaume (qu'on ne lit de fait jamais) est très importante et permet de mieux le comprendre. Par exemple: prière de David quant il fuit devant Saül. En d'autre termes il faudrait parfois relire l'histoire qui sous-tend le psaume pour mieux le comprendre.

Faire l'impasse du liminaire universalise certainement le texte, mais parfois aller rechercher dans les livres de Samuel et les livres des Rois de quoi il en retourne, est pour moi une bonne chose. Car la guerre de succession a été longue et la royauté par la suite n'a pas été si bien assuré que cela. Pas facile de prendre le pouvoir même si Dieu est avec vous, et de le conserver surtout quand vos fils vous font des crasses et veulent prendre votre place.

Je dois dire que cela donne une autre saveur et j'aime cette nouvelle saveur.

vendredi, mai 18, 2012

B comme baptême.


Représentation du baptême comme une naissance.

Quand un  bébé est dans le ventre de sa mère, il est dans le liquide amniotique, il est dans l’obscurité. Quand il vient au monde, il quitte le monde de l’eau pour aller dans le monde de l’air.

Le baptême, si l’on suit cette image, c’est passer par les eaux (où l’on est dans un certain mode de vie très limité) à un autre mode de vie, où l’on est baigné par le Souffle de l’Esprit. 

On quitte un monde (symbolisme de la mort en étant immergé dans l’eau) pour entrer dans un autre monde, celui de la respiration de Dieu.

C’est peut être cela renaître de l’eau et de l’Esprit.

C comme Compassion


C comme Compassion.




Il est possible que j’ai écrit autour de ce mot que j’aime bien, car pour moi, il n’y a pas de sensiblerie dans ce mot, mais la notion de souffrir avec. 

Mais dans la représentation de souffrir avec, il y a l’idée que soi-même on n’est pas dans cet état là (maladie, souffrance, pauvreté, solitude, abandon et que sais-je encore) et que d’une certaine manière on est dans une position « haute » par rapport à l’autre, l’objet de la compassion (si je puis dire) qui lui est en position basse.

Ceci d’ailleurs explique que souvent les personnes en souffrance ne veulent pas de pitié ou de compassion, elles ne veulent pas être des « objets » de notre mansuétude, mais elles veulent se savoir reconnues d’abord comme « sujet en souffrance certes, mais comme sujet ». 

Et ce que bien souvent nous avons à faire (j’allais dire à être) c’est cela : reconnaître en cette personne un sujet à part entière, avec son histoire, son passé, son présent et son devenir.

La compassion ce n’est pas avoir de la pitié pour quelqu’un, ce n’est pas essayer de lui donner ce qu’il y a de bon en nous pour en quelque sorte chasser le mauvais qui existe en lui (c’est déjà pas mal de faire cela) mais la compassion est quelque chose de beaucoup plus exigeant et en cela elle est transformante.

La compassion c’est non pas souffrir avec, mais d’une certaine manière souffrir comme. C’’est d’une certaine manière accepter de « se laisser » mettre à la place de l’autre (j’emploie exprès le passif). 
C’est de souffrir de sa souffrance, de se dire que même si on ne comprend pas pourquoi il a réagi de telle ou telle manière, c’est comme cela qu’il a réagi. 
C'est regarder cela sans jugement, sans critique. 
C’est être intimement convaincu que l’on ne sait absolument pas ce que l’on aurait fait ou ce que l’on serait devenu si on avait été confronté à la même situation.
C’est (et cela peut paraître un peu fou) d’une certaine manière se laisser prendre par l’autre, sans être lui (car il ne s’agit pas de rentrer dans une fusion mortifère pour l’un et l’autre) mais c’est de ressentir de l’amour pour lui, au point de vouloir le porter et porter ce qui l’a mis dans cet état.
Cela nécessite aussi une grande humilité.

Je crois aujourd’hui que quand on dit que Jésus qu’il « porte » le péché du monde (je pourrais dire toute cette souffrance qui est sous tenue par l' envie, par la jalousie, par le besoin de posséder) Il ne devient pas cela, mais prendre cela, porter cela, Lui donne d’être dans notre humanité. 

Il devient nous, Il prend sur Lui ce qui est de nous, Il le porte non pas à notre place mais avec nous, Il nous en libère, mais en aucun cas il n’est contaminé par cela  et c’est pour cela qu’Il peut l’enlever, ou du moins le mettre sur Lui pour que nous en soyons libérés, allégés.

Accepter de se laisser comme pénétrer par ce qui peut faire souffrir l’autre, c’est peut être cela le début de la compassion et cela nécessite une grande humilité, car c’est renoncer à faire pour essayer d’être.

Je ne pense pas que nous en soyons capables, je crois par contre que le souffle de Dieu peut nous permettre cela, mais petit à petit, un jour après l’autre, à son rythme à lui. Quand Il se met à faire vibrer en nous la corde de la compassion, peut être faut il d’abord qu’elle se brise pour être remplacée par une autre qui vibrera « juste » au cri de l’autre, en accord avec son « son » à lui. 

vendredi, avril 27, 2012

Avoir la vie éternelle ou être dans la vie éternelle.


la liturgie propose en ce moment une lecture du chapitre 6 de l'évangile de Jean, chapitre qui commence par la multiplication des pains (réponse au besoin biologique de l'être humain) et qui se continue par un long discours sur la manière dont Jésus veut donner une autre vie, à savoir se nourrir de Lui. Que ce discours reste très difficile à comprendre si on le prend au pied de la lettre certainement, car qu'est ce qu'un pain vivant? Est ce que comme dans les contes c'est un pain qui se régénère en permanence quand on l'a consommé?  Est ce un pain qui ne moisit pas? qui ne se dégrade pas?Est ce un pain qui comme le fruit de l'Arbre de Vie de l'Eden donne une vie qui n'en finit pas?Est ce le viatique que nous désirons tous: une énergie qui nous permettrait de ne pas être dépendant des nourritures terrestres? Bref, cela pose des questions, mais ne les résout pas.

Avoir ou posséder la vie éternelle est un peu l'obsession de toute la Bible et plus particulièrement des évangiles. Mais il est important de noter que dans les synoptiques, la question est: que faut il faire pour avoir la vie éternelle en héritage (donc après la mort). La réponse de jésus au "jeune " homme riche "Toi, vends tout ce que tu as et suis moi "Lc18, 22, montre que cette vie éternelle, peut déjà se commencer ici, même si le fait de vendre ses biens est une sorte d'assurance sur l'Au-delà, puisqu'elle est dans la relation qui se crée entre cet homme et Jésus. Cela se joue déjà dans le ici et dans le maintenant.

Et il me semble que c'est bien cela qui se dégage de l'évangile de Jean. Il y a 17 occurrences de ce terme "vie éternelle" ce qui est considérable.  Et l'obtention n'est pas liée à un faire  (ce qui ne l'exclue pas) mais à un "être avec". Elle est liée à la foi en cet homme qui dit être Fils du Père: "la vie éternelle c'est qu'ils te connaissent toi le véritable Dieu et Celui que tu as envoyé, Jésus Christ" jn 17,3.

Or cette connaissance là, elle commence dès ici bas, ce qui pour moi veut dire que la vie éternelle n'est pas pour un futur mais pour un présent. Je pense qu'il faut différencier "être en vie" qui renvoie au biologique et "être vivant", qui est bien différent, car c'est de relation qu'il est question.

A la limite, ce qui se passera après ma mort n'est pas un moteur, je veux dire que ce que j'essaye d'être n'est pas lié à un désir de survie, à une certitude de vivre "bien" après ma mort biologique. Ce qui m'importe c'est de vivre aujourd'hui (même si le biologique dit qu'une fin se profile comme pour tout être humain) d'une manière qui me permet finalement d'être en relation avec moi-même, avec les autres et avec Dieu (même si pour pour moi Dieu est plus ce qu'il n'est pas que ce que je peux en dire).

Ou pour le dire autrement:l'important pour moi, ce n'est pas d'avoir la vie éternelle comme une possession ou comme un dû, mais d'être dans la vie éternelle dans le ici et maintenant.

A la limite il s'agit de remplacer au moins partiellement la dimension temporelle (qu'en est il du temps après la mort biologique) par une dimension spatiale: que deviendra la relation établie ici bas dans cet autre monde? Ce que je veux dire c'est que ce qui est important pour moi c'est que se crée en moi petit à petit un coeur en expansion, un coeur qui se laisse conduire et modeler par l'Amour (ou la Parole) et d'espérer que cela continuera mais sous une autre modalité après la mort.





lundi, avril 23, 2012

brève...

On nous rappelle souvent que Dieu a passé Alliance avec Abraham puis avec le peuple (Moïse) et que ces alliances demeurent et que nous n'avons à faire comme si la nouvelle Alliance (la notre) détruisait ce qui avait été fait. Nous ne remplaçons pas le peuple Juif, nous ne prenons pas sa place. Oui il est bien question dans le premier testament d'une alliance nouvelle, d'une alliance écrite dans le coeur, une alliance nouvelle qui prépare l'alliance du soir de la Cène.

Mais je crois qu'il y a une différence fondamentale entre nous et le peuple juif, c'est la manière d'aborder les écritures.

Je veux dire que Jésus montre quand il discute avec les scribes qu'il connaît la manière de faire des érudits de l'époque (et le Talmud de Babylone était déjà élaboré en partie), mais quand on lit "il leur ouvrit l'intelligence à l'écriture" je crois qu'il se passe quelque chose de radicalement différent. Ce n'est plus la pensée qui fonctionne pour mettre en relation, mais c'est une pensée qui s'ouvre, qui interprète, qui comprend que par exemple (et c'est juste un exemple) on peut voir dans la ligature d'Isaac une préfiguration de ce que va vivre Jésus.

Les histoires rapportées dans la bible prennent alors un autre sens, une autre saveur et cela c'est le cadeau du  Ressuscité.

Cette intelligence là est autre. Elle est liée au don de l'Esprit et elle permet de comprendre autrement le dessin de Dieu et comment Jésus réalise les écritures. Et cette intelligence là (intelligence qui n'est pas une sagesse) permet de faire corps avec le texte, de le laisser prendre corps en soi et de comprendre comment elle révèle peu à peu, petit à petit, en se renouvelant.  souvent, en s'enrichissant avec le temps, le travail de Dieu, travail qui donne naissance aux hommes renouvelés, aux hommes vivants, aux hommes debouts.

P.S. Quand on parle d'Alliance dans le Bible est est question d'une Alliance entre un "très fort" Dieu et un "très faible" le peuple élu. Le petit pour obtenir et conserver la protection doit en quelque sorte se plié aux règles du Fort. Mais je me plais ) rêver que cette Alliance fait de nous des alliés avec Dieu et qu'il nous compte comme ses alliés dans le combat contre le Mal et que nous avons quelque chose à faire là dedans et que cette nouvelle Alliance qui fait de nous des frères de Jésus nous donne justement cette capacité là: être des alliés..

lundi, avril 16, 2012

Ça c'est une résurrection Ap 11, 8-13

Comme je l'ai déjà signalé, nous nous sommes attaqués (le terme n'est pas trop fort) à la lecture du livre de l'Apocalypse.

L'impression que j'ai aujourd'hui c'est que c'est du grand spectacle, même si parfois cela nous dépasse complètement. Il y a du combat dans le ciel, il y a du combat sur la terre, et d'une certaine manière les hommes en font les frais, même s'ils portent sur leur front le nom de l'Agneau. Si l'on peut faire constamment des parallèles avec les fléaux de l'exode et avec les autres apocalypses, il semble que ce qui est annoncé c'est que la peur renforcera les comportements mauvais et enfoncera au lieu de pousser à la conversion, mais que ceux qui ont reconnu (à travers d'autres signes moins tonitruants) que Jésus était le Fils de Dieu et qu'il était le Vivant n'ont pas à avoir peur.

Il me semble que le Jésus de l'Apocalypse est à la fois un Justicier qui va rendre chacun selon ses oeuvres, qui va enfin faire payer les dettes, et un guerrier, même si par ailleurs  il est l'agneau "égorgé". Je me suis d'ailleurs demandé si ce livre n'avait pas été bâti (dans son écriture) autour de certaines hymnes qui se chantaient dans les assemblées de cette époque. Il m'apparaît aussi que au travers de tous ces déchirements, de toutes ces destruction, de tous ce combats, est aussi l'histoire d'un enfantement, d'une mise au monde, d'un monde nouveau et que cet enfantement là se fait dans la douleur et dans les hurlements.

Par ailleurs, je trouve que ce fracas s'oppose à la simplicité des évangiles. Que de fois les pharisiens demandent des signes du ciel à Jésus, signes qu'il refuse de donner parce que justement il n'est pas le messie triomphant, le chevaucheur de nuées (du moins à ce moment là, dans ce temps là, à cette époque là). Il n'impose pas, il ne s'impose pas, et même la résurrection et l'ascension se font dans le relatif silence. Il faudra la Pentecôte pour que les choses s'animent.
Il s'éleva, et une nuée le déroba à leurs  yeux  Ac,1, 


De ce fait j'ai été un peu saisie par le texte suivant "Ap11, 11-13", qui rapporte la mise à mort des deux témoins (qui sont peut être des figures de Moïse et d'Elie) vaincus pas la Bête (le Mal), dont les corps sont  exposés sur la place publique d'une ville (qui peut être Jérusalem) pendant 3 jours et demi. Tout le monde se réjouit et se congratule de cette mort (comme peut-être le grand conseil s'est réjouit de la mort de Jesus).Ap11,11-13: Mais après ces trois jours et demi, un souffle de vie, venu de Dieu entra en eux et ils se redressèrent (résurrection). Alors une grande frayeur tomba que ceux qui les regardaient. Ils entendirent une voix forte qui du ciel leur disait: "Montez ici" (ascension). Et ils montèrent qu ciel dans la nuée, sous les yeux de leurs ennemis. A l'heure même, il se fait un violent tremblement de terre, le dixième de la cité s'écroula et sept mille personnes périrent dans cette catastrophe. Les survivants saisis d'effroi, rendirent gloire au Dieu du ciel.

Si l'on compare ce texte avec ceux des évangiles nous rapportent de la résurrection de Jésus et de son ascension, on ne peut qu'être surpris par la pauvreté des textes évangéliques. Tout se passe dans la discrêtion. Il n'y a pas de foule, il n'y a pas de manifestations dignes de l'Horeb et les compagnons de Jésus malgré le témoignage des femmes sont incrédules. Si la mort de Jésus a pu être constatée par le peuple, les événements qui suivent et qui sont l'essentiel de notre foi (il est ressuscité des morts et monté au ciel) ne sont vus que par peu de personnes, et même celles qui l'ont vu, bien que Jésus (Luc) leur ait ouvert l'intelligence à la compréhension des écritures (ils sont enfin devenus des rabbis) ne pourront témoigner qu'après la Pentecôte.

Certes l'évangile de Matthieu qui déjà au moment de la passion a fait ressusciter des morts dont personne ne sait ce qu'ils sont devenus en attendant la résurrection, parle bien de tonnerre, de gardes qui tombent au sol, d'un ange, mais on ne peut pas dire que cela ait effrayé qui que ce soit, ni surtout que cela ait entraîné une conversion. Tout le monde garde le silence. Même après que Jésus ait soufflé sur ses disciples (Jn20) ils continuent  rester entre eux...

Le Jésus de l'Apocalypse est peut-être là  pour donner de l'espoir à ceux qui sont persécutés parce qu'ils se réclament de son nom. Justice leur sera rendue. Mais ce Jésus, l'alpha et l'oméga, même s'il essuiera toutes larmes de leurs yeux reste très différent de ce Jésus qui n'est pas reconnu même par ses proches, qui est confronté à leur incrédulité et qui reste ce Jésus "doux et humble de coeur" qui n'a rien à voir avec le Christ triomphaliste (il vaudrait mieux triomphant) de l'Apocalypse.

Peut être faut il accepter que ces deux aspects puissent coexister et se compléter, mais je dois reconnaître que cela m'est difficile.




dimanche, mars 18, 2012

"Père pardonne-leur" Luc 23, 33


"Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font" Luc 23,33-34


Lytta Basset dans un de ses premiers écrits « guérir du malheur », explique que Jésus sur la croix, face au mal qu’il subit ( ne meurt il pas comme un un « vaut rien » ) demande à Dieu, qu’il nomme « Père » de pardonner, comme si – et cela m’avait paru très éclairant quand j’ai lu ce livre - il y avait des actes que l’humain ne peut pas pardonner, parce que c’est au dessus de ses forces.

Jésus qui ne s’est jamais privé de parler en son nom propre (On vous a dit, moi je vous dit et qui est réputé pour parler avec autorité), ne dit pas qu’il pardonne, mais qu’il remet d’une certaine manière le pardon à son Père.

J’ai donc cru, pour suivre la logique de l’auteur, que l’homme Jésus qui peut figurer toutes les victimes indiquait par cet acte qu’il y a des pardons que l’homme ne peut donner et que c’est pour cela qu’il remettait cet acte de miséricorde à son père. Aujourd’hui je n'en suis plus aussi sûre de cela.

Si on reprend les 7 paroles du Christ en croix, la relation au Père n'apparaît que dans l'évangile de Luc, qui est l'évangile de la miséricorde. Dans l’évangile de Jean (3paroles) le lien explicite au Père est absent, par contre Jésus reste jusqu’au bout le maître de la situation. Matthieu et Marc mettent le psaume 21 dans la bouche de Jésus,  qui au delà de la détresse montre que jésus reste en relation avec Dieu. Mais finalement quand on est sur le point de mourir n’est il pas normal de se tourner vers celui qu’on aime et parfois de lui demander comme une dernière faveur, à savoir ne pas imputer à ceux qui sont là, ce qui est en train d'advenir mais dont ils ne comprennent pas le sens, eux qui contemplent celui qu'ils ont transpercé?

Je pense et continue à penser qu’il y a des actes qui sont tellement destructeurs pour celui qui les subit, que pardonner à celui qui a fait de vous un objet, est extrêmement difficile voire impossible. Et je ne pense pas que Dieu puisse en faire grief. Dire qu’il « faut »pardonner, cela me semble un non sens. Et surtout ajouter que si on ne pardonne pas, Dieu ne vous pardonnera pas, c’est rentrer  à nouveau dans la logique de l’agresseur et  condamner la victime au lieu de l’aimer.
Je ne rentrerai pas ici dans le choix des versets de l’évangile qui justifient la pratique du pardon, je veux simplement dire que obliger une victime à pardonner alors que tout en elle dit non est une aberration.

Même si au fond de moi je crois que le pardon est (et il y a des groupes de parole aux Etats unis qui ont cet objectif) ce qui redonne à l’humain sa dignité, qui le sort de son statut de victime, qui le met debout au sens fort du terme, qui le ressuscite, je sais pertinemment que c’est le plus souvent impossible, et que déjà le « lâcher prise » est une réussite.

Il ne faut pas oublier que tout le psychisme et bien souvent le corps sont dévastés par le ou les traumatismes subis, et que l’idée même du pardon est impossible. Même quand la justice est passée par là, je ne suis pas certaine que cela soit suffisant pour pouvoir mettre dans le passé ce qui reste souvent très présent et qui empoisonne le futur.

Par ailleurs, dans la Bible, le pardon (comme la vengeance) appartient à Dieu ( voir par exemple la critique des scribes à Jésus quand il pardonne les péchés du paralytique :Luc 5,21 : Qui peut remettre les péchés sinon Dieu seul).

Alors que Jésus remette ce jour là le pardon à son Père, pourquoi pas ? Sauf que Jésus et son Père sont un seul et même Dieu. Et si Jésus dans ce même évangile de Luc promet à celui qui est condamné à juste titre qu’il sera « sauvé » c’est à dire qu’il entrera dans le royaume, c’est bien que pardonner, faire miséricorde, il peut le faire !

Si Jésus demande cela à son Père, c’est qu’Il sait bien que dans une certaine logique, certains péchés provoquent la colère de Dieu et que cette colère se traduit presque toujours par des actes violents de destruction.


L’histoire du peuple choisi peut être lue comme une histoire du lien entre lui et l’Eternel. Quand le lien est fort alors tout va bien. Quand le lien se rompt, soit parce que les hommes se détournent de Dieu, soit parce qu’ils font du mal à leurs frères, alors ils sont dans la tourmente. S’ils  "se " retournent vers Dieu (conversion) , si le lien (et on peut remarquer que souvent c’est Dieu qui prend l’initiative dans l’histoire telle qu’elle nous est racontée), se retisse, alors les choses vont mieux, même si elles restent dans la réalité difficile, mais l'humain n'est plus seul.

Ne peut-on alors pas penser que ce que Jésus demande c’est que le mal qu’il subi ne se transforme pas en mal commis (même si cela serait attribué à son Père). La rupture mal subi, mal commis est bien un de messages de la bonne nouvelle apporté par Jésus.

En d’autres termes ce que Jésus demande c’est que ce mal qui est en train de se commettre là sur sa personne, n’engendre pas une destruction des personnes qui sont présentes à ce moment là. D’une certaine manière il interdit de faire un lien entre ce péché (sa mise à mort) et ce qui arrivera dans le futur au peuple juif.
Et cette manière de voir me paraît un cadeau purement divin.

Si Jésus sauve le monde, s’Il donne le salut, si comme nous le disons si souvent il « enlève, efface » le péché du monde, alors quand le Père regarde vers l’humain, (je sais c’est anthropomorphique)Il ne voit plus toutes ces actions qui sont censées provoquer sa colère, mais son fils qui est là entre nous et Lui, et cela est vrai pour tous les hommes qui reconnaissent la divinité du Fils et le don de l’Esprit. Alors la colère de Dieu, quoiqu’en dise Paul dans le début de l’épitre aux Romains  n’a plus sa raison d’être .

Si Jésus est sauveur, il ne faudrait pas que sa mort provoque une destruction. Aussi intercède-t-Il pour les personnes qui étaient là ce jour là et qui pour beaucoup (peut être parce que le don de l’Esprit n’avait pas été donné) n'avaient rien compris, mais aussi pour nous, qui sommes encore si souvent des aveugles.

Peut-on dire que même si le mal demeure, le lien péché- colère divine  n’a plus sa raison d’être et ce qui prime c’est désormais l’Amour. Le fils de l’homme n’est pas venu pour juger le monde mais pour le sauver Jn3, 17



dimanche, mars 11, 2012

"Je suis l'Alpha et l'Omega"

Bien entendu l'Alpha vient avant l'Omega, mais je me demande ce matin si Jésus n'est pas l'omega (la fin) d'un certain type de relation à Dieu et l'alpha (la naissance, le début) d'une autre relation, celle où l'Esprit est donné à tous et permet de renaître d'en haut.

Je me demande d'ailleurs si le livre de l'apocalypse n'est pas l'histoire d'une naissance, mais j'y reviendrais.

mardi, mars 06, 2012

Du Dieu ogre au Dieu Autre

Réflexions un peu en vrac autour du texte du sacrifice d'Isaac: Gn 22.





Ce dimanche nous avons entendu (bien qu'elle soit assez caviardée, c'est à dire avec de grosses omissions dans le texte, mais il faut tenir compte je suppose de la capacité d'attention des personnes qui viennent à la messe le dimanche), l'histoire du sacrifice d'Isaac, que les rabbins appellent à juste titre "la ligature d'Isaac" puisque l'enfant (ou le jeune homme) est lié sur le bois du bûcher, bois qu'il a lui même porté.

A ce propos, on peut surement faire un parallèle avec un autre fils qui a aussi porté le bois sur lequel il devait être sacrifié et qui Lui savait ce qui allait lui advenir.

Le prêtre qui commentait ce texte a parlé de l'épreuve, des épreuves que nous traversons tous et qui souvent font que nous ne voulons plus croire en ce dieu qui nous prend tout ou presque tout (le dieu ogre si on peut dire). Et en l'écoutant je me disais que tel qu'est construit le récit Abraham avait le choix. Moi jamais je n'ai entendu une voix me disant je veux telle chose de toi. Et me connaissant il n'est pas évident du tout que je réponde par l'affirmative, du moins sans essayer de discerner. Je veux dire que l'épreuve lui était proposée, elle ne lui était peut être pas imposée.

Nous quand une épreuve nous tombe dessus, que ce soit la maladie, le chômage, la mort, nous n'avons pas le choix il faut faire avec. Jésus du moins tel qu'il est décrit dans les évangiles reste libre à chaque instant de dire oui ou non, et même si le oui est difficile (cf Getsémanie) il n'en demeure pas moins que sa liberté demeure. De ce fait je n'étais pas vraiment d'accord avec l'enseignement de l'homélie. Peut être que l'acceptation de l'épreuve transfigure, mais ce n'est pas si simple.

Et puis parfois, nous sommes très doués pour nous imaginer que Dieu nous demande des choses que Lui n'a pas demandées. De ces choses qui justement sont mortifères...Penser à la place de Dieu c'est si facile.

Alors je me suis posée des questions sur Abraham, cet homme qui est le père fondateur du peuple (même si ce sera Jacob son petit fils, qui donnera son nom "Israël" au peuple élu). Ce qui est étonnant c'est que ce qui fait en général d'un homme un héros, c'est qu'il est vainqueur d'épreuves (là c'est le cas) mais que ces épreuves le concernent  lui, pas quelqu'un de son sang. Or là, la vie d'Abraham n'est pas en danger (encore que la réaction de Sarah puisse être violente au retour quand elle apprendra ce qu'il a fait, mais n'a t elle pas condamné d'une certaine manière l'autre fils d'Abraham?),  puisque c'est le fils qui va mourir.

Ceci est quand même étrange et peut faire penser que peut être Abraham se crée une épreuve qui ne lui a pas été demandée. Alors moi, j'aime imaginer que que Dieu se sert de cela pour lui faire découvrir qu'Il n'est pas un Dieu ogre, mais le tout autre, celui qui pourvoit, qui pallie la faiblesse de l'humain quand celui ci se trompe de cible.

Certes l'obéissance est magnifiée, mais tout texte a un but et il faut bien que le Père fondateur soit un maître en la matière... Mais peut être pas n'importe quelle obéissance.

On nous dit dans la Genèse 22, que Dieu mit Abraham à l'épreuve. Cela nous lecteurs nous le savons, Abraham ne le sait pas. Par contre ce qu'il sait certainement, c'est qu'il vient d'éviter une guerre avec Abimelek. Alors peut être que pour remercier et mettre  pour toujours Dieu de son côté, il est bon de lui donner (sacrifier) son enfant. Comme Ismaël a disparu du décor, il ne reste que ce fils là, celui qu'il aime, peut être d'un amour possessif et jaloux. Et il imagine que c'est cela le prix de l'alliance qui Dieu veut qu'il paye. Obeissance oui, mais peut être autre chose. Car ce Dieu là, c'est le dieu qui prend tout, qui choisit ce qu'il y a de meilleur, et pour moi c'est le dieu ogre.

Alors peut être peut on penser que l'expérience d'Abraham est justement celle qui est demandé à chaque humain pour passer de Dieu là, qui est un dieu dévorant à un autre Dieu, qui est celui qui veille. Si cette montagne est nommée "Dieu voit" ou selon d'autres traductions "Dieu pourvoit" c'est peut être pour nous faire entendre et voir que Dieu (qui donnera son fils son aimé, son unique pour que nous devenions des fils pour lui) est présent et parfois nous évite de nous tromper de cible. Ses pensées ne sont pas nos pensées et c'est si facile de le faire penser comme nous;

Les rabbins racontent (et hélas ma mémoire est en défaut) que d'une part la Moriah est une montagne de sagesse et que donc si c'est sur cette hauteur que dieu veut se manifester, c'est pour que quelque chose soit appris. Ils expliquent aussi que le geste d'Abraham, ce geste interrompu par la voix de l'Ange est un geste très particulier, a t il saisi le couteau du sacrifice, sa main est elle encore dans sa poche, je ne sais plus. Ils insistent aussi sur le regard qui est échangé entre le père et le fils, le fils et le père. Et cela me semble très important. Mais j'ai toujours imaginé qu'avoir vécu cette horreur, avait provoqué chez Isaac un traumatisme majeur qui expliquera peut être qu'il ne rentre pas avec son père et son caractère(assez mou) par la suite. Si son prénom veut dire "il a ri" je crois que cette fois là, il a dû rire jaune...

Dans la bible il y a un autre exemple de quelqu'un qui comme le bélier se prend les cheveux dans les branches d'un arbre et qui est tué par quelqu'un qui croit bien faire. il s'agit d'Abasalon (cf 2° livre de Samuel). Cet homme qui a tué celui qui a violé sa soeur, qui a essayé de prendre la place de son père, reste envers en contre tout l'enfant aimé, et la douleur de David montre que que peut être l'amour d'un père pour un fils qui en soi (enfin de mon point de vue à est un sale type) est un amour qui est figure de l'amour de Dieu pour nous, je veux dire que jamais Dieu ne se réjouit de la mort du pécheur.


vendredi, mars 02, 2012

"Pécheresse".

Le féminin de pécheur c'est pécheresse. Avez vous déjà prononcé ce mot? On en a plein la bouche, à lui tout seul il pèse son propre poids.

Quand dans l'évangile on parle d'une "pécheresse "qu'il s'agisse de Marie de Magdala, de la Samaritaine, ou la femme adultère, c'est toujours de "sexualité qu'il est question. Le péché de la femme c'est soit de succomber à la convoitise d'un autre, soit de susciter la dite convoitise. Si certains juifs bénissent tous les jours Dieu de ne pas être une femme ce n'est pas pour rien!

Pourquoi cette introduction? Tout simplement parce que quand je pratique la prière du coeur, je dis "aie pitié de moi pécheur", ou logiquement puisque cette phrase est au singulier et que je la prononce non pas en groupe (là on pourrait dire que le masculin l'emporte sur le féminin dans notre belle langue française) mais individuellement, alors je devrais ou pourrais employer le mot au féminin.

Seulement voilà, je n'en n'ai pas du tout envie...

Si se dire (se reconnaître) pécheur est relativement facile, parce que c'est un peu se reconnaître comme un pauvre type, pas capable par lui même de faire le bien qu'il voudrait faire, se reconnaître comme pécheresse (mettez bien le son quand vous prononcez ce mot), c'est tout à fait autre chose, car c'est presque se reconnaître comme occasion de chute pour l'autre...

Conclusion, vaut mieux continuer à dire pécheur... Et ne pas trop se poser de questions.

mercredi, février 22, 2012

Petites réflexions sur le transfiguration





Quand on parle de la transfiguration on dit toujours que Moïse représente la loi et Elie les prophètes. Je dois dire que comme modèle du prophétisme j'aurais préféré Isaïe ou Ezéchiel, mais cela c'est une autre histoire. Mais peut être peut-on y voir une annonce de la mort et de résurrection.


La transfiguration est pour moi comme un tournant dans la vie de Jésus. Je pensais même ce matin en lisant l'épisode de la guérison de l'enfant épileptique que en descendant la montagne, (comme Moïse Ex 32) Jésus comme Moïse rencontre une manifestation de mal(malin) mais que la manière d'y répondre est radicalement différente. D'une certaine manière adorer le Veau en faisant beaucoup de bruit c'est de rendre sourd à la présence de Dieu et perdre la parole, c'est même si on fait beaucoup de bruit être possédé par un démon qui vous rend muet et sourd.


Pour en revenir  mon hypothèse, je me demande si ces deux figures qui vivent d'après les Midrash dans la cour du tout Puissant, ne font pas autre chose que représenter la Loi et le Prophétisme, car après tout Moïse qui est le parfait voyant, le parfait lieutenant de YHWH peut être considéré comme une figure  de prophète.


Alors peut être que la figure de Moïse annonce la mort de Jésus et sa mise au tombeau. Dt 34, 6: "Il l'enterra dans la vallée, au pays de Moab, en face de Beth-Péor, et personne n'a jamais connu son tombeau jusqu'à ce jour". Jésus meurt réellement, il n'est pas enlevé comme Elie tout vivant sur un char de feu. Cela Jésus va l'annoncer aux trois qui ont assisté à la transfiguration lors de la descente vers la Galilée. 


Mais ce "il ressuscitera le troisième jour"  que les disciples ne comprennent pas, peut tout à fait renvoyer à l'enlèvement de Elie sur ce char qui symbolise la puissance et la gloire de YHWH.  La figure d'Elie, évoque à la fois la résurrection et ce qui sera l'ascension, encore que celle ci soit beaucoup plus proche de la disparition de l'ange Raphaël dans le livre de Tobie.

Cette référence à Elie peut aussi préfigurer ce que sera le retour dans la Gloire, de celui qui devenu le Vivant, viendra juger le monde.

dimanche, février 12, 2012

"Et la lèpre le quitta" Mc 1,

J'ai rapproché cette petite phrase lue ce matin (évangile) de celle entendue il y a peu de temps et qui concerne la belle mère de Pierre:  "la fièvre la quitta".

J'ai aimé ce verbe: quitter.

Il semble que la maladie est vue comme quelque chose qui vient du dehors qui s'accroche à vous comme une espèce de tunique, de manteau, qui fait partie de vous, qui vous enveloppe et qui vous donne une identité (celle de malade) qui n'est pas la votre. Je pensais presque à un oignon avec ses différentes pelures.

La parole fait tomber cet espèce de parasite (c'est peut être pour cela que j'aime ce mot "quitter") et la personne redevient elle, libérée de cette entrave.

Je pense que c'est ce que l'on vit quand on sort d'un vécu dépressif, quand d'un seul coup le monde reprend ses couleurs, ou quand la fièvre tombe. je ne suis pas certaine que hélas ce soit vrai de toutes les maladies. Il y a des maladies qui d'une certaine manière s'incarnent en vous, qui vous modèlent. Peut être que la guérison c'est ne pas devenir l'esclave de la maladie. Et pourtant ceux qui vivent de guérisons vivent cela, cette liberté totale qui revient après l'entrave de la maladie.

Dans cette perspective, on peut comprendre la maladie comme quelque chose qui veut vous posséder, entrer en vous. Si elle reste en surface elle reste comme la pelure de l'oignon que l'on peut enlever, mais parfois elle essaye de vous déposséder de vous même, elle vous donne une autre identité, elle est comme un être vivant qui veut votre peau. Elle est figure du mal.

Etre guéri c'est de fait deux choses (au moins) c'est ne plus souffrir de la maladie en tant que telle (et tous nous avons l'expérience d'une fièvre qui tombe et du bien être qui suit), mais c'est aussi retrouver son identité non altérée et cela c'est loin d'être évident.

Le lépreux qui aurait dû obéir (va te montrer aux prêtres) ne peut pas faire autre chose que d'annoncer cette libération-résurrection qu'il a vécue et qui fait de lui un vivant, un autre différent de ce qu'il était.

Ce qui me semble aussi important c'est que la parole de Jésus est une parole qui permet le décollage, qui remet debout et qui permet donc de prendre sa croix  et de ne plus être écrasé par elle.

Or je pense que cette parole qui permet de mettre à l'écart l'identité de malade quand cette identité là, veut usurper l'identité profonde, elle peut être notre. On peut avoir une parole de guérison chaque fois que dans une personne malade nous voyons d'abord une personne entière qui a une maladie et non pas un malade qu'il faudrait guérir même si ce n'est pas dans notre possible, en oubliant qu'il est d'abord une personne avec une  histoire:

samedi, janvier 14, 2012

Dieu fort ou Dieu faible?

La plus part des chants qui s'adressent à Dieu créateur,  magnifient sa force et sa puissance. Je pense à un refrain tel que celui ci: "Dieu Saint, Dieu  fort, Dieu immortel, aies pitié de nous".

La question que je me suis posée est la suivante: compte tenu de notre origine, sommes nous capables de nous représenter un dieu autrement que avec de tels attributs de force, de puissance et par contre coup de violence.  Dans le monde animal, le mâle dominant est le plus fort. Il protège son troupeau, il le guide souvent, mais il doit combattre pour garder ce pouvoir et là, je dirai que tous les coups sont permis. Regarder un combat de cerfs montre bien que la violence est de mise.

Nous fonctionnons bien de la même manière, nous les humains. C'est le plus fort qui gagne, et celui là, qui a gagné son pouvoir qui possède la terre, donne aussi sa protection (enfin en principe) à ceux qui sont avec lui (ou qui l'impose à ceux qui ne veulent pas de lui, cf la mafia).

Cette conception elle est je crois dans nos gênes. Alors pouvons nous nous représenter un Dieu qui ne posséderait pas de tels attributs? Si on lit le livre des psaumes, ce qui est demandé au Seigneur, c'est de casser la figure des ennemis (qu'ils soient ou non extérieurs au peuple), c'est de se manifester par sa toute puissance (les montagnes qui fondent comme de la cire, le fond des mers qui est a nu, les arbres des forets qui sont déracinés) ou au contraire sa bonté (le juste fleurira, les enfants seront comme des plants d'olivier etc), Bref c'est un Dieu qui fait tout ce qu'Il veut, qui est le maître des éléments puisque c'est Lui qui les a crées.

Et pourtant, quand YHWH se manifeste à Moïse il est dans un feu qui ne détruit pas, quand il parle à Elie, prophète qui a manifesté la violence de Dieu il n'est pas dans les phénomènes naturels de destruction, et quand il nous montre qui il est en son fils, il est doux et humble de coeur.

On parle de la Khénose du Christ, de cet abaissement, de ce renoncement à la violence et à la toute puissance, alors pourquoi Dieu encore aujourd'hui est il présenté comme le Dieu de colère, de vengeance, de punition?

Il est quand même étonnant qu'un Dieu qui le jour de la Pentecôte n'utilise plus la foudre qui est pourtant un apanage du divin, se manifeste sous forme de langues de feu et que le feu là donne certes la force,mais aussi la fraîcheur, la douceur.

Jésus certes se décrit comme celui qui viendra sur les nuées (ce qui est différent de chevaucher les nuées comme le fait YHWH (ps68,4), mais n'est- Il pas le "Bon Dieu" celui qui guérit, qui donne la vie, qui fait miséricorde et qui se donne?

Certes il n'est que le Fils, mais l'image qu'Il nous donne de Lui, le "bon pasteur", montre que derrière le Dieu des victoires se trouve un autre Dieu, un Dieu qui se penche vers l'homme, un Dieu qui donne le souffle, un Dieu qui aime, celui que j'appelle le Dieu Relation.

Je pense que nous avons besoin au plus profond de nous d'une représentation d'un Dieu tout puissant, d'un Dieu qui prend fait et cause pour nous, parce que cela nous rassure, mais que petit à petit il est indispensable que ce Dieu là (qui est quand même un dieu de vengeance) cède la place à cette autre représentation qui est celle de la douceur.

Il y a je crois beaucoup de canadiens qui ont ce patronyme "ladouceur" comme nom de famille, moi j'aimerai bien que ce soit le patronyme de ceux qui se réclament aujourd'hui de Jésus.

vendredi, décembre 30, 2011

"Il en sorti du sang et de l'eau"Jn19,34

Je me demande s'il ne faut pas mettre en parallèle la déchirure du coeur avec ce qui est rapporté dans les synoptiques:le voile du temple qui se déchire.

Le voile du temple qui se déchire du haut vers le bas ou du bas vers le haut, peut renvoyer au verset " si tu déchirais les cieux" chez Isaïe. A la fois dieu de manifeste, mais quelque chose de neuf est en train de se produire, peut être que YHWH s'échappe pour se révéler au monde. Il n'est plus la "propriété" des juifs.

La déchirure cela renvoie aussi au vêtement que l'on déchire en signe de deuil. Deuil pour le Fils qui vient de mourir?

Quant à la déchirure du coeur de Jésus, d'où sort du sang et de l'eau*, n'est ce pas l'eau qui donne la vie (qui irrigue la terre desséchée que nous sommes), et le sang qui au dela du symbolisme du sacrifice (offrande pour être réconcilié) est le symbole de cette autre vie que nous pouvons désormais recevoir.

Un monde nouveau s'ouvre, à nous d'accueillir cela, même si ce n'est pas si facile de recevoir...

* le fait que ces liquides coulent après mort de Jésus m'a toujours étonnée. Certes cela prouve qu'il est bien un homme, mais normalement très peu de temps après un décès, le sang ne coule plus, il est figé. Alors peut être est ce une sorte de "miracle", Jésus mort, continue à être le vivant, et ce qui coule de Lui continue et continuera à couler.

mardi, décembre 20, 2011

"Elle pleurait comme une Madeleine".

Je suis Marie de Magdala, je suis le prototype de la pleureuse, de la femme qui ne sait faire que ça. Mais savez vous qui je suis et pourquoi j'ai pleuré? Car oui j'ai pleuré, mais aussi bien de tristesse que de colère.

Laissez moi vous raconter.

Je suis née dans une famille juive bien pratiquante, trop pratiquante. Alors quand nos parents sont morts, je me suis sentie libre de partir, de vivre ma vie dans une de ces citées grecques qui sont si nombreuses dans mon petit pays, la Palestine. Et mon nom vient de là, comme plus tard il y aura Paul de Tarse. Moi j'étais la Marie de Magdala. Là j'ai vécu en faisant ce que j'avais envie de faire sans trop me poser de questions. Oui, j'ai bien mangé, bien baisé, bien vécu, même si au fond de moi cela ne me satisfaisait pas. Mais je vivais bien mieux que dans ma famille, ficelée par des coutumes et des rituels. Pour eux, j'étais la sale, la prostituée, même si ce que j'ai fait, jamais je ne l'ai fait pour de l'argent, la pécheresse.

Et puis j'ai entendu parler de cet homme qui guérissait et qui parlait sans faite de distinction entre les riches et les pauvres, les malades et les bien portants, je veux dire de Jésus. Comme il allait de villages en villages un jour j'ai décidé d'aller voir par moi-même. Et là, tout a basculé. Je me suis rendue compte que dans cette recherche de liberté je m'étais trompée, que j'étais devenue un objet et que je m'étais abîmée. Alors là, oui j'ai pleuré, pleuré parce que Lui m'avait regardée et aimée et transformée. Tous les démons qui étaient en moi, Il les a chassé et j'ai aussi pleuré de joie. Il y a des larmes qui purifient..

Je suis revenue chez nous, ce qui n'a pas été facile, parce que ma soeur aînée m'en voulait d'avoir déshonoré la famille. Puis mon frère est mort, et là j'ai pleuré comme un tout à chacun. Mais au fond de moi, j'en ai quand même voulu à Jésus que nous avions fait prévenir et qui n'est arrivé qu'après la mort de mon frère.



Et puis il y a eu le retour à la vie de mon frère, retour à la vie qui signait par contre la mise à mort de celui que mon coeur aime tant. On a fait une grande fête et moi, j'ai eu comme une vision. J'ai vu son corps "mort" défiguré, plein de plaies. Alors cela a été plus fort que moi, je suis allée chercher un flacon rempli de parfum et je l'ai versé sur lui, comme pour l'embaumer et je pleurais car je le voyais mort. Naturellement Judas a râlé (et les autres disciples aussi) mais Jésus lui a bien confirmé ma vision car il a dit: des pauvres vous les aurez toujours, mais elle a fait cela en vue du jour où on me mettra dans la tombe.

Et ce que j'avais deviné est arrivé. Ils l'ont arrêté, battu, mis en croix. Quand Il est mort, j'étais là, mais pas tout près à cause des soldats. Pour pleurer quand il a rendu son souffle, oui j'ai pleuré. J'avais pleuré pour mon frère, je pleurais pour celui qui était mon amour.



J'ai dû attendre que la fête de la Pâque se passe et dès que j'ai pu, j'ai foncé au tombeau, pour le voir. Seulement voilà, quand je suis arrivée, quelqu'un avait roulé la pierre, et ça c'était mauvais signe. A la fois j'avais peur, à la fois j'étais en colère, comme enragée.  Et si on l'avait volé? Alors j'ai foncé prévenir Pierre et Jean. Ils n'ont pas réveillé Marie la Mère de jésus, parce qu'elle en avait trop vu. Ils sont juste venus tous les deux. L'un après l'autre ils sont entrés dans la grotte qui servait de tombeau, ils ne m'ont rien dit et ils sont repartis. Mais à voir leur tête, le corps n'était plus là. Et moi je restais là avec ma colère.

Je ne sais pas si on vous a déjà volé quelque chose à quoi vous tenez, mais  réfléchissez un peu à l'état dans lequel cela vous met. Alors peut être pourrez vous imaginer la colère qui était en moi. On avait osé me le piquer, me le voler. Alors oui je pleurais, mais de rage, de colère. j'aurais bien voulu tuer le monde entier. Je suis entrée dans le tombeau, il y avait des hommes qui étaient assis là où Il aurait dû être. Ils m'ont demandé pourquoi je pleurais, comme s'ils ne le savaient pas. Et qu'est ce qu'ils faisaient là eux, à la place de mon Jésus. Ce qui était quand même étonnant c'est que tout ce qui avait servi à envelopper le corps était là, bien plié... Celui qui avait volé le corps, dans quoi l'avait il mis? Et puis je suis sortie et j'ai vu une espèce de grand gaillard bien bâti. Peut être que c'était lui qui avait pris le corps. Il m'a demandé pourquoi je pleurais et ce que je cherchais. j'ai cru que c'était une mauvaise blague: s'il avait pris le corps, il devait me le rendre. C'est moi qui devais m'en occuper, le laver, l'embaumer, le rendre présentable. Là je ne pleurais plus, j'étais très en colère.


Et puis, celui que je prenais pour un employé de ce jardin où se trouvait la tombe m'a appelée par mon nom. Et là, ça a été comme lors de la première rencontre, je me suis sentie exister. Moi qui étais morte, je suis redevenue vivante et je le voulais pour moi. Je pleurais de nouveau mais d'émotion et de joie. J'étais passée des larmes de tristesse, de colère, de rage à des larmes qui me lavaient de tout ce que j'avais vécu.

Seulement, avant même que j'ai pu faire un geste pour le toucher, pour le sentir, pour être bien sûre que c'était Lui, Il m'a arrêtée en me disant de ne pas le toucher. Là je n'ai pas compris et ça m'a même fait mal, j'avais de nouveau envie de pleurer. Il a eu des drôles de mots qui parlaient de son Père et de son Dieu, comme si j'allais l'empêcher de faire ce qu'Il avait prévu de faire. Alors que j'avais juste envie de me rassurer en le touchant. Mais j'ai obéi parce que je sentais bien que mon Rabbi n'était plus du tout le même. Il était passé par la mort et il était vivant, mais pas comme mon frère. C'était différent.

Il m'a dit d'aller annoncer aux autres il a dit "à mes frères" la nouvelle et il a disparu. Je crois que c'était bien la première fois qu'il employait ce terme de frère, Lui qui se disait le fils de Dieu avait donc réussi à faire de nous des enfants de son Père et donc des frères pour Lui.

Et je suis partie...

Alors oui, je suis une pleureuse et après. Que celui qui n'a jamais pleuré me jette la première pierre...


samedi, décembre 03, 2011

"Histoires de Noces": Jn2 et Jn 19.

Nous travaillons en groupe l'évangile de Jean, nous en sommes aux derniers chapitres, ceux de la passion et de la résurrection.  Si on admet (ce que je pense de plus en plus) que l'auteur de cet écrit a "bâti" son texte, je me suis demandée s'il ne faut pas mettre en parallèle les noces de Cana (premier signe de Jésus et début de sa vie publique) et la crucifixion où l'on trouve au pied de la croix Marie et Jean. Là il se fait un autre miracle: de la mort sort la vie et c'est la fin de la vie "publique" car désormais ses manifestations seront quand même de l'ordre du "privé".

Peut être peut on opposer le "bon vin" de Cana au "vin aigre" que boit Jésus juste avant de répandre son souffle et si l'on veut aller encore plus loin "au vin doux" que les apôtres auraient bu le jour de la Pentecôte.

Les noces renvoient toujours à l'amour entre deux êtres, à une alliance. Epouser quelqu'un c'est dire que c'est avec celui ci ou celle la que l'on veut passer toute sa vie et qu'il n'y en aura pas d'autre. Sceller cet Amour par un acte socialisé: s'engager de vive voix (ou par un acte écrit) et ensuite faire la fête, offrir un repas spécial où tous participent à la joie des deux et où l'on donne du bon, du très bon.

A Cana, d'une certaine manière il y a plusieurs personnages: Jésus, ses disciples,  Marie et le groupe des serviteurs sans parler du narrateur. La manière dont Jésus réplique à sa mère qui attire son attention sur le manque, reste curieuse pour nous: "femme quoi entre toi et moi" trouve son répondant "femme voici ton fils"avec la même impossibilité à trouver une répartie.

Si dans l'épisode de Cana, on peut avoir l'impression que Marie "pousse" son fils à se manifester,  à agir, là c'est Lui qui dit ce qu'elle doit faire pour devenir la nouvelle Eve, la mère de tous les vivants. Si on nous parle dans les personnes présentes de "la soeur de Marie" c'est bien que Marie comme toute veuve ayant perdu son fils aurait dû vivre dans "sa famille biologique". Or cela Jésus ne le veut pas.

La phrase de Marie "tout ce qu'il vous dira faites le" c'est  exactement ce que Jean va faire après que jésus lui ait dit "Voici ta mère". Jean est le serviteur qui obéit, qui a compris et cela c'est bien la place du disciple serviteur.

A Cana, l'eau est transformée en vin. Bien entendu les noces n'auraient pas été annulées si ce miracle ne s'était pas accompli, mais il est le signe de  la présence de Dieu sur la terre d'Israël, il est le signe pour les disciples que le temps est arrivé, que les noces sont là. Au delà des noces de ce jour là, il y a une autre noce qui se prépare celle du Fils (Je suis) avec nous.

Au Golgotha (puisque l'écrivain donne le nom du lieu) il y a la signature du contrat si je puis dire. Les noces sont scellées dans et par le sang. Le sang qui coule, qui se répand, ne peut-on peut le voir comme  symbole de l'Esprit qui va être répandu en en abondance (comme le vin à Cana).

Au premier signe, l'eau transformée en bon vin, répond le dernier signe, le corps et le sang transformés en nourriture et ce en abondance, car il me semble que l'abondance est bien ce qui caractérise la présence du Fils qui répand son Esprit sur tous.


mardi, novembre 22, 2011

"Rendre un culte à"

Un certain nombre de chrétiens évangéliques pensent que les catholiques sont des idolâtres parce qu'ils détiennent chez eux des statues (en général de la Vierge) et que ces statues objet de dévotion prennent la place qui est celle du Dieu Vivant.



N'ayant pas le culte des statues je ne me suis jamais sentie concernée par cela. Pour moi les statues, les images, sont là pour aider nos sens à nous tourner vers, mais jamais une image ou une statue n'a en elle la moindre vie.

Et voilà que depuis quelques soirs, je regarde Vêpres à Notre Dame de Paris sur KTO. Et là, je dois dire que j'ai été choquée.

Indépendamment de la manière dont le prêtre est habillé (pour moi avec une débauche d'ornements qui n'ont plus de sens aujourd'hui, surtout si on pense aux personnes qui souffrent du froid),  dont les psaumes sont chantés (certes c'est beau, mais ce n'est pas de l'opéra), l'utilisation du latin  (le magnificat est toujours chanté en latin ainsi que d'autres hymnes comme le dies irae qui parle d'un Dieu qui n'est pas le Dieu que Jésus est venu annoncer) encenser la statue de la Vierge en fin d'office, là pour moi c'est de l'inadmissible.

Je suis gênée par la débauche de l'encens. Si faire brûler de l'encens  ce qui pour moi reste un geste de l'ancien testament, un geste qui ne colle pas avec la phrase que Jésus dit à la SamaritaineJn 4, "les vrais adorateurs adorerons en Esprit et en Vérité" ), peut cependant accompagner la phrase du psaume 141,2: "que monte ma prière, en encens devant ta face, mes mains que j'élève en offrande du soir" cela m'insupporte quand c'est tous les soirs et surtout quand comme je viens de l'écrire, il y a l'encensement de cette statue.

Je parlais des chrétiens évangéliques qui nous prennent pour des idolâtres, mais là, je ne suis pas loin de penser comme eux. Que ces gestes aient eu une importance dans l'histoire de l'Eglise, pourquoi pas, mais pourquoi les continuer aujourd'hui?

Ne faut il pas repenser nos gestes pour qu'ils prennent sens, nos liturgies pour qu'elles ne soient pas réservées à une élite (bien vieillissante par ailleurs) et pour que Dieu vers lequel nous nous tournons ne soit pas statufié donc mis à mort d'une certaine manière.

                          Ceci était un coup de gueule.

mercredi, novembre 02, 2011

Raisonnement par l'absurde!

Quand nous disons le Credo nous affirmons que "Jésus a été conçu du Saint Esprit, qu'il est né de la Vierge Marie", ce qui revient à dire qu'il a pris chair en elle et par elle. Or aujourd'hui, pendant ce temps où nous avons dit le Credo,il m'est venu un questionnement ( sans doute parasite) en ce qui concerne la "qualité" de la chair de Jésus. Après la résurrection Jésus devient le nouvel Adam. D'une  d'une certaine manière il touche "son nouveau corps" celui que nous sommes appelés à devenir, mais quand Jésus était dans le monde; puisqu'il est nous semblable en toute chose hormis le péché, peut-on imaginer que sa chair était différente de la notre?

Par certains côtés, on peut penser que oui: qui peut toucher un lépreux sans attraper la lèpre, qui peut marcher sur l'eau sans se noyer, qui peut rester 40 jours sans manger ni boire, qui peut passer ses nuits à prier et aller annoncer la bonne nouvelle le lendemain? Et en même temps on sait que Jésus est fatigué (puits de la Samaritaine) qu'il a faim et soif, bref qu'il a un corps avec des exigences normales. Mais les auteurs des évangiles ne sont pas dans le scientifique, ils veulent annoncer une grande nouvelle, Dieu est là aujourd'hui.

Mais pour en revenir à mon questionnement, si  Marie a été conçue sans péché, a-t-elle souffert durant son accouchement, puisque la souffrance de la naissance est conséquence de la chute?

O.K. c'est un peu stupide de se poser ce genre de question, mais si on se
réfère à la Genèse, la créature (Adam) est parfaite, puisqu'un Dieu parfait ne peut créer que du parfait. Elle ne devient imparfaite qu'après ce qu'on appelle la chute. Jésus a t il hérité d'une chair semblable à la notre ou du fait que le péché n'était pas en lui, a t il eu la chance d'échapper par exemple aux coliques du 3° mois, aux difficultés d'apprentissage de la marche, aux cauchemars, aux maladies infantiles, puisque normalement toutes ces choses par lesquelles nous passons tous, sont conséquences de la désobéissance.

Je sais bien qu'il y a eu des conciles qui ont "planché" sur la nature de Jésus,  n'empêche que se poser la question ce n'est pas la résoudre, sauf si on reconnait que que la Genèse est un mythe et qu'il ne faut pas prendre les choses au pied de la lettre de peur d'arriver à des absurdités, d'où le titre de ce billet!





lundi, octobre 31, 2011

Quel drôle de Dieu: impertinence

Nous sommes dans la lecture de l'épître aux Romains. Au chapitre 11, au verset 32 on peut lire: "Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous les hommes". 


Admettons que j'ai fait des études de médecine et que je sois un chirurgien orthopédique renommé. Vais-je casser les jambes de mes enfants pour qu'ils puissent reconnaître que je suis un excellent chirurgien? 


Il me semble que la réponse coule de source. Alors quel est ce Dieu de Paul sinon un Dieu foncièrement pervers? A vouloir parfois trop démontrer on finit par écrire des non sens.

dimanche, octobre 30, 2011

"Réflexions sur un devenir après la mort"

Une de mes amies qui a perdu son mari il y a un an et qui se trouve dans la période anniversaire de ce décès (et qui d'une certaine manière revit chaque jour ce qui a pu se passer l'an dernier) me disait: "jusque là je l'ai toujours senti présent avec moi, mais maintenant, je ne le sens plus. J'ai -ajoute t elle- entendu dire que les morts doivent oublier tous les liens qui ont rempli leur vie et cela me rend malade, parce que je me sens abandonnée". Cette  phrase "les morts doivent oublier les vivants" m'a posé question, car cela je ne l'avais jamais entendu dire.

Si nous demandons aux "Saints" d'intercéder pour nous, c'est bien que implicitement nous pensons que nos soucis, nos épreuves ont du sens pour eux, et que dans un acte d'amour, ils peuvent demander que ces épreuves nous fortifient au lieu de nous détruire, qu'elles nous fassent progresser dans l'amour. Ils ne sont pas des étrangers à ce que nous vivons, ils restent des compagnons.Je pense aussi que lors du décès d'une personne très importante pour nous, il y a des signes qui nous montrent qu'à leur manière ils sont là. Le livre de Lytta Basset: "Ce lien qui ne meurt jamais", pour ne citer qu'elle, en est un exemple.

Puis en lisant un livre de Tishani Doshi: "le plaisir ne saurait attendre", livre que j'ai beaucoup aimé parce qu'il décrit la vie à Madras en cette fin et début de siècle et qu'il parle de la foi des Jaïns, j'ai lu la phrase suivante qui concerne une personne qui vient de mourir: "elle ôtait tous les habits de l'illusion et s'accrochait au vent pour survoler le samsara - le monde humain et l'extraordinaire tromperie qu'il représentait- jusqu'à la demeure des dieux. Elle retirait toutes les couches accumulées par le karma, la poussière que recouvrait son âme, avant d'entreprendre son dernier pèlerinage. Elle coupait chaque lien, tranchait chaque attachement douloureux, se débarrassait de tous ses souvenirs. Fidèle aux commandements de sa foi, elle partait pour le pays immaculé ou la purification était instantanée".

Cela décrivait bien ce que mon amie avait entendu, mais ce qui est intéressant c'est que là, il s'agit d'un voyage de la personne décédée, d'un travail qu'elle doit faire lors du passage, passage facilité par les prières des vivants, mais qui si réincarnation il y a, permet de ne pas renaître avec des choses à traîner avec soi. Ce travail, peut être que nous le symbolisons par la notion de purgatoire, cette nécessaire purification(purification alors désirée et non pas imposée)  pour être un jour en présence de Celui que j'aime nommer "Le tout Autre".

Je pense, mais cela est très difficile à faire que quand quelqu'un que nous avons aimé (ou pas) est décédé, un service que nous pouvons lui rendre, c'est de le laisser "filer" là où il doit aller (ce que nous ignorons, même si nous parlons spontanément de lumière). Je veux dire par là, qu'il vient un temps (parce qu'il faut du temps) où l'on n'a plus besoin de s'accrocher aux souvenirs et où on peut lui donner le droit de "vivre" pleinement sa nouvelle vie. Un peu comme si nous devions couper la ficelle d'un ballon rempli d'hélium pour qu'il puisse être lâché dans le ciel ou comme si on ouvrait une cage pour que l'oiseau prenne son envol.Je dirai même que c'est le plus bel acte d'amour que nous puissions faire pour celui que nous avons aimé, le rendre libre. Cela ne veut pas dire que nous l'oublions parce que nous en sommes incapables, mais que nous désirons pour lui le meilleur, et si le meilleur doit passer par là, nous sommes prêts à le faire.

Quand Jésus dit à Marie Madeleine: "Ne me retiens pas, je dois aller vers mon Père" je pense qu'il s'agit de cela. C'est nous qui devons couper le lien qui en quelque sorte l'empêche de prendre son envol. Et cela est peut être nécessaire: arriver petit à petit couper la relation qui peut nous unir à quelqu'un (que nous l'ayons aimé ou haï ou les deux) pour qu'il aille là où il doit aller. Peut être que c'est cela que veut dire Jésus quand il dit "laisse les morts ensevelir les morts".

Mais si d'un côté Jésus demande de ne pas le retenir (il est bon pour vous que je m'en aille), il n'en demeure pas moins qu'Il nous a demandé de "faire mémoire de Lui" et ainsi de maintenir sa présence au milieu de nous.

Si nous sommes appelés à faire partie du "corps de Jésus" alors peut être pouvons nous croire que dans l'Au Delà, un certain nombre continuerons à veiller sur les terrestres et ne perdront pas le souvenir de ceux qu'ils ont aimé mais manifesteront leur sollicitude et leur amour d'une manière que nous ne comprendrons que lorsque nous les aurons (ou pas) retrouvé de l'autre côté;

Mais et c'est là où la différence est fondamentale, c'est que Jésus nous dit qu'Il est avec nous tous les jours  donc qu'Il ne nous abandonne pas, et surtout de "faire mémoire de lui". Faire mémoire, c'est ne pas lâcher le souvenir de l'autre, c'est Le faire exister dans le ici et maintenant.

Alors, et c'est peut être là notre foi, si quelqu'un meurt, cela ne fait pas disparaître la présence du Ressuscité , de celui que Paul appelle "le premier né" et en Lui, il est possible de rester dans un autre contact, un autre lien avec celui qui nous a laissé continuer notre chemin sur cette terre;


mercredi, octobre 12, 2011

"Conjugaison" tu, il, je


Conjugaison ; Je, tu il (elle)… L’identité.



Quand des personnes ont vécu un traumatisme grave qui porte (ou qui risque de porter atteinte à leur intégrité physique et/ou psychique) un très bon mécanisme de défense (qui fonctionne en automatique) est le clivage. Il permet en quelque sorte de conserver une partie saine qui est enfouie très profondément, pendant qu’une autre partie est détruite, abîmée. Les personnes victimes d’inceste au long cours disent souvent que malgré tout ce que leur corps a vécu, leur cœur lui est resté vivant, mais pour que celui ci se manifeste, il lui faut des conditions particulières, car cette partie qui ne se soumet pas, a peur de se faire détruire si elle se manifeste.


Certains disent qu’il y a en eux une sorte de dialogue incessant entre une partie qui gère le quotidien (parce qu’il faut bien faire semblant de vivre, d’être adapté, de faire comme si rien ne s’était passé) et une autre partie qui a sa propre existence et dont il est difficile de parler. Ce clivage ou plus exactement cette dissociation ne permet pas aux personnes de dire Je, même si dans la vie de tous les jours elles le disent. Elles ne sont ni psychotiques, ni autistes.  Le traumatisme a touché à leur identité la plus profonde et bien souvent elles ne sentent pas vivre : elles sont des survivantes avec parfois des réactions que personne ne comprend et qui de ce fait les isole d’avantage et renforce la dissociation.


Si on admet que l’espèce humaine a été confrontée pour survivre à d’innombrables traumatismes, il est envisageable de penser que ceux ci ont laissé des traces (on travaille beaucoup aujourd’hui sur ce que l’on appelle le stress post traumatique) qui peuvent aller de l’agressivité (violence brutale) au retrait et à la dissociation. En d’autres termes nous savons très bien nous dissocier, nous mettre un peu en rondelles, et j’en veux pour exemple cette capacité que nous avons de nous parler à la deuxième personne du singulier ou même à la troisième.


Combien de fois pouvons nous nous entendre nous dire : "tu es nul, tu vas faire ceci, tu vas faire cela", comme si persistait en nous alors que nous sommes des adultes, un parent qui nous commande et qui nous juge. Une grande partie du travail thérapeutique fait en Analyse Transactionnelle, consiste justement à ne plus se laisser dominer par ce « parent autoritaire » et le remplacer par un parent bienveillant. 


Quand on fait un peu attention à ce dialogue automatique intérieur, il est facile de passer de ce « tu » au « je » et de reprendre les choses à la première personne. Mais il y a des personnes qui se font maltraiter par cette instance surmoïque et qui auront tendance à répéter cela pour le bien de ceux ou celles qui vivent avec eux. 


Pour ma part, quand j’entends en moi ce « tu vas faire ceci ou cela », je le transforme en « je vais faire (ou ne pas faire d’ailleurs) ceci ou cela ». Quand aux phrases, tu es nulle, il y a belle lurette que je les transforme en : "ce truc là tu n’as pas su le réussir ou tu n’as plus la force de la faire, mais tu n’es pas nulle pour autant", mais il a fallu trois années d’analyse pour que j’en arrive là. Aujourd’hui je dirai que se regarder ainsi : "je n'y suis pas arrivée, ce n’est pas une catastrophe", permet même de se regarder avec une certaine compassion ce qui est bien préférable à un regard de colère ou de haine parce qu’on n’a pas été à la hauteur.


Je me suis rendue compte que au delà de ce « tu » bien connu des psy, puisque quand il perdure en soi (ne pas pouvoir dire Je ou Moi) il est signe d’autisme c’est à dire d’indistinction en soi et l’autre, il existe en tous les cas chez moi un autre pronom qui est le « elle ». Existe t il chez les autres ? Je ne le sais pas. Ce pronom est très présent chez les écrivains qui décrivent à distance des comportements de personnages qui sont des émanations d’eux–mêmes, mais parler de soi à la troisième personne, qu'est ce que cela veut dire? 


On trouve cela dans les évangiles quand Jésus affirme sa filiation divine, quand il se nomme "Le fils de l'homme"(1) Il dit à la fois ce qu'Il est déjà, mais aussi ce qu'Il sera après la résurrection. C’est Celui là que voit Etienne dans le livre des Actes 5, ,5 « Ah dit il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout ». Ce que je veux dire c’est que parler de soi à la troisième personne est un peu une manière de faire de soi un héros, quelqu’un d’un peu extraordinaire.

Je reviens à moi. Quand je dois recevoir quelqu’un, et que je pense à la manière dont je vais accueillir cette personne, automatiquement je m’entends penser : «  elle mettra telle nappe, elle fera telle entrée…etc ». Qui est cette « elle » qui n’est pas vraiment moi parce que de toutes les manières, finalement je ne fais jamais ce que cette « elle «  a décidé ? Je dirai que cette elle est une espèce de Moi idéal, devant laquelle les autres devraient penser : « qu’est ce que c’est bien, qu’est ce que cette femme fait bien les choses ». Cela paraît très infantile et je pense que ça l’est. Quand j’étais beaucoup plus jeune, cette partie là fonctionnait dans mes rêves éveillés où je pouvais enfin ne pas me laisser faire par mon père, ou même de m’imaginer en sauveur du monde (excusez du peu), mais il y avait cette dimension là dans le christianisme qui a été le mien autrefois.

Cette « elle » ou je suppose ce « il » pour un homme, est une sorte d’illusion, une sorte de personnage idéal, et il correspond peut être à ce qu’un enfant peut imaginer que ses parents attendent de lui. Quand j’ai appris à lire, la Sœur qui m’enseignait la lecture a dit devant moi à ma mère : «  Madame votre fille vous fera honneur ». Inutile de dire que je n’ai pas compris ce qu’elle voulait dire, sauf que ma mère était très fière et qu’elle m’a ressorti cette phrase bien des fois. En d’autres termes, le travail d’un enfant c’est de faire honneur (qui s’oppose certainement à faire honte) à ses parents, pour que ceux ci puissent soit être fiers, et s’enorgueillir d’avoir mis au monde un enfant pareil.

C’est peut être mettre en application le 6° commandement : « tes pères et mères honoreras, afin de vivre longuement ». Le « Honorer » ici étant faire honneur à  (et non pas le sens hébreux de donner du poids). Ce serait faire des choses dont les parents puissent être fiers. Alors peut être que dans la réalité on ne se sent pas tout à fait à la hauteur, on se crée un il ou une elle qui sera un sorte de super héros. Il permettra en tous les cas de se sentir un peu invulnérable, un peu glorieux, un peu extraordinaire et parfois cela fait du bien à l’égo, même si c’est de l’imaginaire et aussi aimé de ses parents ou de ses proches.

Cette troisième personne est finalement un sacré boulet. Elle voudrait vous obliger à être un « sur  quelque chose" que l’on ne peut pas être. Oui, j’ai appris à lire très vite, mais cela ne m’a pas coûté d’efforts, donc je n’ai pas rien fait de spécial pour faire honneur à qui que ce soit, sauf peut –être à l’enseignante que j’aimais bien.. En d’autres termes cette « elle », aujourd’hui je ne l’aime pas beaucoup, et j’ai tendance dès que je sens sa présence à lui dire d’aller se faire voir. Je n’ai pas à être parfaite, ni à faire honneur à qui que ce soit. L’important est que Je sois celle que je désire être aujourd’’hui.


Mais si d’une certaine manière mon Je englobe les injonctions du tu (tu dois faire, tu es nulle) et du « elle » (elle fera de la perfection) la question qui se pose est celle de l’unification. D’une certaine manière le "tu" peut renvoyer à ce qui ne va pas, à la culpabilité, à la faute. L’important est parfois de reconnaître que le « tu » a raison, mais de ne pas les laisser envahir l’espace et de ne pas lui donner de pouvoir. Quant au  « elle » il ferait basculer du côté de la toute puissance, de l’idéal et là aussi dans la mesure où il ne peut être atteint, cela peut conduire à une espèce de poursuite éperdue de perfection. Certes il peut être moteur, mais il peut aussi conduire à la dépression: ne pas être à la hauteur de...

Pouvoir dire « Je » c’est d’une certaine manière ne pas se laisser envahir par ces deux instances, c’est non pas faire comme si elles n’existaient pas, parce qu’elles sont là, mais ne pas les laisser dominer. Le Je devient une sorte de chef d’orchestre, qui sait demander des sourdines, mais pas forcément le silence.

Arriver à l’unification n’est pas aisé. La phrase de Jésus « qu’ils soient uns comme nous sommes un » s’entend certes à un niveau communautaire, mais aussi individuel, car si le mauvais est appelé le « diviseur » ce n’est pas pour rien. La diversité en nous n’est pas mauvaise, à condition qu’elle ne mène pas la barque. Peut être que le rôle de l’Esprit Saint, c’est d’être le chef d’orchestre de ce qui est en nous, pour que petit à petit la chant soit harmonieux, le chant d’un petit ruisseau qui murmure au fil du temps mais qui parfois peut se taire sous la neige, ce qui ne l'empêche pas d'exister.











(1) 29 fois chez Matthieu.

mardi, octobre 11, 2011

"La fin et les moyens"


Je viens de terminer un livre de science fiction: "l'épopée du Traquemort" de Simon R.Green, et dans le dernier tome, il y a une phrase qui dit à peu près"ils ont confondu la fin et les moyens". Ce qui leur avait été donné, était un moyen pas une fin en soi (fin qui permet toutes les cupidités, toutes les convoitises, toutes les dérives).

Et cela m'a fait penser à la parabole des vignerons homicides. La vigne leur a été donnée en gérance pour qu'ils la fassent fructifier, mais aussi pour que les fruits soient donnés à tous. Ils en ont fait leur chose et plus personne sauf eux n'avaient le droit d'en jouir.

Cette confusion, il me semble qu'elle est très fréquente et que c'est même un risque qui nous guette.

J'irai jusqu'à dire que tout progrès dans une recherche de vie spirituelle n'est jamais une fin, même si ce progrès à un moment donné apporte beaucoup de joie ou de paix. D'une certaine manière, certes cela nous appartient, mais nous appartient pour que nous puissions en faire quelque chose, pour nous, pour nos frères, pour le Seigneur.  Les fruits ne nous appartiennent pas...

jeudi, octobre 06, 2011

Breve: louange et prière

Deux mardis... Deux participation au groupe de louange de Tigery. La même impression de ne pas arriver à y prier, de ne pas y être. Etre spectateur , mais spectateur de quoi?

Cela crée un sentiment de mal-être et me pose question. Pourquoi est ce que finalement je n'arrive pas à "prier", pas à "être".

La réponse est: "il faut faire" de la louange, louanger comme fabriquer... Il faut faire et cela ne me va pas pas.

Autrement dit, la louange est elle là pour se décentrer et se tourner vers le Père, ou pour créer du groupe, c'est à dire de manifester aux personnes présentes que l'Esprit Saint est bien à l'oeuvre parmi elles, ce qui permet de "fabriquer" du groupe. Tel qu'il est mené, tout va vers le renforcement des liens des personnes entre elles, donc de la cohésion du groupe.

Cette utilisation de la louange pour fabriquer du groupe (même si dans les grandes manifestations, elle permet des guérisons) ne me convient pas vraiment. Ce n'est plus louer (même si cela en a toutes les apparences et si heureusement "ça loue" quand même), mais je n'y trouve pas ma place.

Et pourtant, qu'on ne s'y trompe pas, la présence de l'Esprit Saint, son travail au jour le jour en moi, son oeuvre, reste mon désir le plus profond.