vendredi, janvier 21, 2022

Marc 3, 10: " jésus gravit la montagne".

Marc 3, 13-20


13 En ce temps-là,  Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui, 

 

14 et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle 

15avec le pouvoir d’expulser les démons. 

 

 

16 Donc, il établit les Douze : Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –, 

17 Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –, 

18 André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote, 

19 et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

C'est l'appel des disciples dans l'évangile de Marc. Dans la périscope précédente, on a vu que Jésus est tellement pressé par la foule qu'il doit prendre de la distance avec la foule et monter dans une barque. L'impression que cela donne, c'est que cet évènement peut lui faire prendre conscience qu'il a besoin d'aide, et que comme Moïse qui a eu besoin d'instituer des juges, lui aussi doit choisir lesquels seront les plus à même de l'aider pour que le Royaume de Dieu soit annoncé. 

L'évangéliste emploie de verbe "gravir" et c'est le même verbe employé dans l'évangile de Matthieu au chapitre 5, quand Jésus ayant gravi la montagne, ouvre la bouche et instruit ceux qui sont autour de lui, et leur donne la charte des Béatitudes. Jésus le nouveau Moïse., sauf que Jésus ne répète pas des paroles entendues, mais qu'il donne La Parole. 

Gravir, ce n'est pas n'importe quel mot. Ce n'est pas simplement "monter" comme dans le livre de l'Exode quand le Seigneur demande à Moïse de monter sur la montagne où Lui-même Il se tient. C'est gravir, comme on gravit un escalier, mais pas n'importe lequel, l'escalier qui mène au Très Haut, et c'est un acte liturgique. Si Jésus gravit la montagne, c'est bien pour trouver son Père e poser par la suite un acte important.

On sait aussi, que Jésus passe souvent la nuit en prière dans des lieux "déserts". Cela n'est pas dit dans le texte de Marc. Puisque Jésus gravit, appelle et en institue douze pour être avec lui, un peu comme sa troupe d'élite, mais aussi pour annoncer la bonne parole et expulser les démons.

Alors je me suis un peu écartée du texte, pour parler de cette nuit que Jésus a pu passer avec son Père, avant d'appeler ceux qu'ils voulait. 

Comme je l'ai dit, c'est finalement ce verbe "gravir" qui a servi de départ à cette visualisation, méditation.

Jésus monte lentement, religieusement, calmement sur cette montagne qui domine le lac,  parce qu'il sait qu'il a besoin de conseil, de calme, de se retrouver et aussi de retrouver son Père. 


Et cette nuit là, il va comprendre que comme Moïse, il a besoin d'aide; ce qui vient de se passer, ces gens qui se jettent sur lui pour être guéris, pour le toucher, ces démons qui font que des hommes et des femmes se jettent à ses pieds et beuglent qu'il est le fils de Dieu, cela il ne le veut plus. 


Alors il prie, il demande à son Père ce qu'il doit faire. Et la réponse est là, fais comme Moïse, fais toi aider. Mais par qui va-t-il se faire aider, sachant ce qui l'attend? Et là aussi il a dû réfléchir, penser, peser le pour et le contre. 

 

Et jésus raconte…


Bien entendu, il y a ceux qui m'ont  suivi dès la première heure, mais que deviendront-ils dans la tourmente? Mais à chaque jour suffit sa peine. C'est aujourd'hui que j'ai besoin d'avoir des hommes autour de moi et avec moi.

 

Alors il y aura Simon, c'est peut-être celui qui me connaît le mieux. il m'a pratiquement donné sa maison à Capharnaüm.  il sera sera alors le roc, et je lui donnerai un nom nouveau. Il s'appellera Pierre, Il y aura André, son frère. Il y aura les deux autres, Jacques et Jean, mais ils sont un peu comme des chiens fous. Alors que feront ils de la force que je vais leur donner, cette force qui est en moi, quand ils seront contrariés? ? Ne se prendront-ils pas pour le prophète Eli, qui aimait tant faire tomber le feu du ciel? Mais n'ont-ils pas quitté leur métier, leur père, pour me suivre et ils sont toujours là?. 

 

Il y aura bien sûr Philippe et Barthélémy, et puis il m'en faut d'autres, parce que Père, ces hommes que je choisis pour que ton Règne arrive, ils seront comme les patriarches des douze tribus d'Israël, ils seront les fondements du nouveau Royaume., de ton Royaume. 

 

Et il y a Matthieu, que parfois on appelle seulement Lévi: il sera surement utile pour faire les comptes, et tant pis si les pharisiens continuent à voir en lui un homme aux mains sales. 


Il y aura Thomas, lui il a bien les pieds par terre., et encore Jacques, fils d’Alphée, Thaddée. Et puis pourquoi par cet autre Simon qui a fait partie de ceux qui veulent libérer le pays pas la force et enfin Judas, qui est de ce petit village. Je ne sais pas grand-chose de lui, mais c'est un grand sensible,. Peut-être qu'il ne sera pas un roc lui. Je sais bien qu'un jour l'un des douze me livrera, mais est-ce que ce sera l'un d'entre eux ou un autre quand ma tête aura été mise à prix? . Toi Père tu le sais, toi seul.

 

A ces douze, selon ton Désir ô mon Père, je donnerai le pouvoir d'expulser les démons, et d'annoncer la bonne nouvelle, mais surtout ils seront avec moi, ils seront ma famille et leur ferai connaître tour l'Amour que tu as pour les hommes.

 

Maintenant, je vais les appeler, et je leur donnerai le nom d'apôtre, car ils sont mes envoyés, tes envoyés. Je te demande de leur donner le pain dont ils auront besoin, de ne pas les laisser succomber aux ruses du diable et surtout de les délivrer de ce Mal qui est si présent, de ce Mal qui un jour croira être plus fort mais qui est déjà vaincu.

 


dimanche, janvier 16, 2022

Jean 2, 1-11. Remplissez d'eau les jarres.

 Les noces de Cana. 

C'est le début du chapitre 2. 

Jésus a été baptisé par Jean qui a reconnu et annoncé à ses disciples l'agneau de Dieu. Et il y a eu le "recrutement" des cinq premiers. Peut-être sont-ils venus à Nazareth faire la connaissance de la famille biologique de Jésus. Toujours est-il qu'ils sont invités avec Marie (qui devait être la vraie invitée) à Cana. Et Marie veille comme toujours, que ce soit sur son fils ou sur les autres. Et elle voit que le vin manque (ou va manquer) et elle se tourne vers son fils qui dans un premier temps ne lui répond pas très bien. D'ailleurs il n'y aura pas de mots entre elle et lui, sauf plus tard sur la croix, quand le sang deviendra vie neuve, vie nouvelle. Mais là, ce n'est que le début. Mais et cela c'est magnifique, Marie ne se démonte pas devant ce refus. Elle demande juste aux serviteurs d'obéir, même s'ils ne comprennent pas.

Et là il se passe ce que nous connaissons bien: la demande de Jésus aux serviteurs.. D'abord puiser de l'eau et remplir les jarres, ce qui a dû prendre un certain temps. Peut-être que c'est cela aussi l'important, faire peut-être quelque chose que je ne comprends pas. Puis puiser (dans ce nouveau puits) et faire constater que quelque chose s'est produit, mais que ce n'est pas du bon c'est du très bon comme dans la Genèse quand Dieu commence à créer du vivant. 

On connait la fin. Ce que je retiens, c'est peut-être le fait que remplir ces jarres, cela a pris du temps et que c'est parfois ce que le Seigneur nous demande, être des serviteurs. Et lui, ensuite, il peut agir et faire que c'est Lui qui est révélé et que je ne peux qu'être dans la louange devant ce qu'il a fait en toute discrétion.

Il y a aussi autre chose: ces jarres ce ne sont pas n'importe quelles jarres, elles servent pour les purifications, donc elles ne doivent contenir que de l'eau, et peut-être pas n'importe la quelle. Et voilà qu'elles contiennent le vin, du vin pour les noces. Alors peut-être que cela préfigure le sang qui sera versé pour l'humanité puisse être sauvée par l'agneau, et aussi le vin qui sera partagé le soir du repas pascal. Mais j'imagine qu'il a fallu ensuite du temps pour que les jarres reviennent à leur fonction première. Mais je crois que c'est l'avantage de la pierre, elle n'est pas poreuse, donc elle ne prend pas d'odeurs.

 

J'ai laissé (comme l'an passé) parler un serviteur, puis (c'est nouveau) le disciple qui a rapporté ce premier signe.

Un serviteur raconte.

 

Voilà ce que c'est quand on laisse au marié le soin d'organiser les noces. Ces jeunes ils croient tout savoir, mais s'il avait laissé faire son père, on n'en serait pas là, à manquer de vin. C'est sûr que les invités vont raconter à tout le monde ce qui s'est passé. Enfin c'est leur problème, sauf que nous aussi, on aime bien boire un peu de vin pour nous donner du cœur à l'ouvrage. 

 

Un homme est venu nous voir. On pensait qu'il voulait une amphore de vin, mais il nous a donné un ordre pour le moins étonnant, remplir d'eau les jarres de pierre qui sont prévues pour les rituels de purification. Une femme était venue nous voir quelque temps avant pour nous dire que si cet homme, son fils, nous demandait de faire quelque chose, il fallait le faire; On l'a regardée un peu de travers, mais bon, nous ne sommes que des serviteurs.

 

Et on a commencé à remplir ces jarres. Même à quatre, ça nous a pris un sacré bout de temps, et on en avait vraiment plein le dos. Enfin on a obéi. Après il nous a dit de puiser dans une des jarres et d'apporter l'outre au maître du repas. Et là, on s'est rendu compte que l'eau était devenue vin. Je crois que cela doit s'appeler un miracle. Et le maître a bu, et il semblait à la fois content et à la fois en colère, parce qu'il avait bien remarqué que le vin était sur le point de manquer. Il a interpellé le marié en lui disant que ça ne se faisait pas de garder le bon vin pour la fin.. Cela nous a fait rire, nous aussi on le trouvait vraiment très bon ce vin. Et la fête a continué. 

 

Seulement ça nous a fait quelque chose. C'était vraiment un miracle; moi, je suis allé parler avec ceux qui accompagnaient ce Jésus. Ils nous ont dit qu'il était de Nazareth, qu'il était le fils du charpentier, mais qu'il était aussi, parce que c'est ce que Jean le Baptiste leur avait dit, celui que l'on attendait, l'agneau de Dieu, l'agneau qui donnerait sa vie. Bon ça, ça nous dépassait un peu, pour ne pas dire beaucoup, mais cet homme, il fera sûrement de grandes choses. 

 

 

Jean le nouveau disciple de Jésus raconte.

 

 

Nous étions maintenant cinq autour de lui. Il y avait Simon et André, Philippe et Nathanaël et moi.  Il nous a conduits à Nazareth pour que nous puissions faire connaissance avec sa famille, mais surtout avec sa mère. Moi, je l'ai tout de suite aimée sa mère; comme une mère. Il fallait voir aussi avec quelle admiration elle le regardait. Elle était invitée à des noces à Cana et elle nous a invités à venir avec elle. 

 

Ce fut un beau mariage, avec comme dans tous les mariages, de la musique, de la danse, de la joie, et bien sûr du vin. Sauf que le vin il fallait un peu pleurer pour en avoir, comme s'il n'y en avait pas assez. Marie s'est renseignée, elle veille vraiment à tout cette femme. Et elle est allée voir Jésus pour lui dire qu'il y avait un problème, que le vin allait manquer. 

 

Lui, il a fait la tête, il n'y a pas d'autres mots. Il l'a envoyée bouler en lui disant une drôle de phrase que je rapporte, parce que je l'ai entendue. Il lui a dit, "Femme, que me veux-tu, mon heure n'est pas encore venue". Est-ce qu'on parle comme cela à sa mère? Et il est parti. Sauf qu'elle ne s'est pas démontée et qu'elle est allée voir les serviteurs en leur disant de faire tout ce qu'il leur demanderait; et elle l'a montré du doigt pour qu'ils le reconnaissent bien. 

 

Un peu de temps a passé; il est allé vers les serviteurs et il leur a demandé de remplir d'eau pure les jarres qui servent à contenir l'eau pour les bains de purification. À voir leur tête, ils n'étaient pas ravis. Aller chercher de l'eau, pour autant de jarres, cela en fait des allers et venues. Mais ils l'ont fait. Je crois qu'ils ont dû le trouver un peu fou. 

 

Quand les jarres ont été remplies, il leur a dit de puiser un peu, et d'apporter une coupe au maître de la noce. Là, j'ai vu qu'il s'était passé quelque chose, parce que le serviteur qui a fait cela était tout réjoui. L'intendant a goûté, et il s'est tourné vers le marié, presque en râlant. C'est sûr qu'il avait dû avoir peur que le vin ne manque, mais surtout il ne comprenait d'où sortait ce vin qui était aussi bon, parce qu'en général, quand les gens ont bien bu et ne sont plus trop capables de se rendre compte de la qualité du vin, on leur sert de la piquette. Mais là non, c'était du vin et du très bon vin. 

 

Alors nous, les cinq, on était dans une grande joie. En toute discrétion notre maître avait aidé un jeune couple, et il leur avait donné du vin, du vin excellent et cela c'était pour nous un signe, un signe merveilleux. Oui, celui que Jean le Baptiste avait appelé l'agneau de Dieu était bien l'envoyé, le Messie, et avec lui, nous ferons de grandes choses. Et surtout la Gloire du Très Haut se manifestait.

 

 


samedi, janvier 15, 2022

Marc 2, 1-12.La guérison du paralytique de Capharnaüm.

Mettre en parallèle les synoptiques quand ils décrivent un miracle cela a du bon, cela permet de voir ce qui est propre à chaque rédacteur. Là, par exemple, le "mon enfant" ne se trouve que chez Marc et chez Matthieu. Et c'est peut-être à partir de cela que j'ai raconté le vécu de cet homme. 

Le paralytique raconte.

Le paralytique raconte.

 

Il y a un petit bout de temps, ma femme a su qu'il y avait un homme qui guérissait à tour de bras. Il habite dans la maison de la belle-mère de Simon, le pêcheur, mais quand on a voulu m'y transporter, on nous a dit qu'il était parti et personne ne savait quand il allait revenir. L'ennui c'est que depuis que je ne peux plus me servir de mes pauvres jambes, j'ai pris du poids, je suis un vrai poids lourd, je dirai même un poids mort; mais on a des amis qui nous préviendront s'il revient. Et aujourd'hui, ils sont venus nous dire que Jésus, parce que c'est son nom était de retour. Alors quatre de mes amis sont venus à mon aide, et tous les cinq nous sommes partis. Arrivés devant la maison, impossible de rentrer et personne, je dis bien personne, n'a fait le moindre effort pour nous frayer un chemin pour nous permettre d'entrer.

 

Des fois, on se demande ce qu'ils ont dans la tête les gens, tous ces gens qui se disent pratiquants, et qui sont là pour écouter la bonne parole. Pas un, je vous dis. Alors mes amis ont eu une idée, passer la terrasse. Et là, il a fallu me hisser le long de l'escalier, arriver tout en haut. Ils en ont vu de toutes les couleurs mes amis, surtout qu'il faisait bien chaud. Ensuite c'est moi qui ai eu la peur de ma vie quand ils m'ont descendu sur mon brancard par le trou qu'ils avaient fait. Bon, le trou on le rebouchera, on fera même du plus beau plus tard, mais là, c'était dans l'urgence. Et me voilà aux pieds de Jésus. Il était assis. Et il y a eu un grand silence et mes amis sont arrivés eux aussi. Jésus les a regardés, m'a regardé. Et il ne m'a rien demandé, il m'a juste dit: "mon enfant, tes péchés sont pardonnés". 

 

Je m'attendais à tout sauf à ça, mais vous ne pouvez pas savoir ce que j'ai ressenti à ce moment là. Il m'a dit "mon enfant", à moi qui me sens tellement dépendant, tellement inutile, mais c'était plein de tendresse, comme un père peut le dire à son fils. Et surtout, c'était comme si un poids énorme m'avait été enlevé, et j'étais à deux doigts de me lever quand Jésus a pris la parole. Il s'est adressé aux scribes qui étaient là, et qui ne disaient pourtant rien, sauf que la désapprobation se lisait sur leur visage;

 

Je les connais les scribes, et je sais bien qu'ils pensaient que Jésus s'était pris pour Dieu, puisque Dieu seul, béni soit-il, a le pouvoir de pardonner. Mais il a bien dit que mes péchés étaient pardonnés, et j'ai pensé à notre père David, dont le péché a été pardonné et à la phrase du prophète Isaïe: "vos péchés seraient comme le cramoisi, ils deviendront blanc comme la neige, s'ils étaient rouges comme la pourpre, ils deviendraient comme la laine". Et il a eu une phrase étonnante, il leur a dit que pour qu'ils sachent que le Fils de l'Homme a le pouvoir de remettre les péchés, alors, il allait leur donner un signe et ce signe c'était ma guérison. Il se nomme "le fils de l'homme", alors qui est-il? 

 

Et là il s'est adressé à moi en me disant de me lever, de prendre mon brancard et de rentrer chez moi. Comme je l'ai dit, la force dans mes jambes, elle était là depuis que mes péchés avaient été ôtés, et j'ai obéi dans la joie. 

 

Je suis rentré chez moi, mes amis me suivaient et tous nous louions Dieu qui a donné un tel pouvoir à ce homme. Qui est-il vraiment? Certainement plus qu'un guérisseur. N'est-il pas le Messie que nous attendons, celui qui vient nous délivrer et nous donner la vie? 

  

mercredi, janvier 05, 2022

Marc 6, 45-52: les disciples pris dans la tempête.

C'est ce qui est rapporté par Marc tout de suite après la multiplication des pains. Ce que je retiens, c'est que même si Jésus n'est pas avec ses disciples dans la barque, il est attentif à ce qui se passe, du lieu où il se trouve (la montagne, le ciel). Quand il se rend compte que la mort est là, que le danger est grand, il n'hésite pas à quitter ce qu'il faisait (être avec son Père) pour venir à l'aide. 

Je remarque aussi que le danger peut faire qu'on ne le reconnaisse pas, je veux dire qu'on ne se rende pas compte que l'aide est là. Et que Jésus ne demande pas à la tempête de s'apaiser. Ce n'est que lorsqu'il peut monter dans la barque, qu'il a sa place avec nous, que le vent tombe. 

Mais la phrase qui résonne en moi c'est ce verset "Voyant qu’ils peinaient à ramer, car le vent leur était contraire, il vient à eux vers la fin de la nuit en marchant sur la mer, et il voulait les dépasser", parce que je trouve ce regard de tendresse tellement important; jésus voir qu'ils n'arrivent pas à ramer parce que les vents sont contraires. Et cela c'est tellement fréquent, et savoir qu'il nous regarde, qu'il est prêt à quitter le lieu de son repose pour nous, donne un tel espoir.

Mais la dernière phrase: ils n'avaient rien compris au miracle du pain car leur coeur était endurci, je la trouve assez dure. 


J'ai essayé de faire raconter le vécu de cette nuit, par un des disciples qui a dû reprendre la navigation en pleine nuit.

Un disciple raconte: 

 

Il aurait dû être content le Maître, notre Maître. Hier nous nous étions  bien démenés pour que tout le monde ait à manger, pour que tout le monde soit satisfait. je dois dire qu'on  s'était bien fatigué. On avait même trouvé des corbeilles pour ramasser tous les morceaux de pain qui restaient de ce repas improvisé d'hier soir. Du poisson il n'y en avait plus, et c'est bien dommage: on ne pouvait pas en mettre un peu de côté pour nous et pourtant c'était bien avec nos poissons qu'il a nourrit tout le monde. On aurait bien voulu passer un peu de temps avec lui, même s'il y avait encore du monde.

 

 Mais non, il n'a rien voulu entendre. Il nous a obligé à repartir pour aller à Bethsaïde, là où se trouve la maison d'André, pour arriver avant lui là-bas. 


On est parti, mais on grognait un peu, pour ne pas dire beaucoup. Et pour comble de malchance, le vent s'est levé, la tempête est arrivée, les vagues nous secouaient, nous malmenaient et on ne savait plus du tout où nous étions. on avait déjà essuyé un sacrée tempête, mais il était avec nous, et c'était différent. Là nous étions seuls dans cette nuit d'encre. on avait beau ramer, la barque avait du mal à avancer et pour la direction, ça on ne savait plus du tout où on était.

 

Et tout d'un coup, on a vu une espèce de silhouette qui se mouvait sur ces vagues, et là on était sûr que c'était l'esprit d'un de ceux qui ont péri dans le lac, un de ces esprit qui veut du mal, un fantôme sans sépulture. On avait tellement peur qu'on a hurlé, nous des hommes faits.


Et pourtant, en regardant bien, cette silhouette ce n'était pas un fantôme, c'était celle de notre maître. À croire qu'il avait vu combien nous avions de mal dans cette nuit d'encre. Il marchait sur la mer. Vous vous rendez compte. Il allait droit devant lui, il allait nous dépasser. Mais quand nous avons hurlé, la forme s'est arrêtée, et on crié "à l'aide". . On aurait dit qu'il n'attendait que ça. Et là, nous l'avons vraiment reconnu, mais croyez-moi, ce n'était si facile.. 

 

Mais ça soufflait toujours. Dans la tempête, il a ouvert la bouche, il nous a rassurés, demandé d'avoir confiance, et c'était bien son timbre de voix. 


On l'a aidé à monter dans la barque, parce que ça tanguait beaucoup. Et d'un coup le vent est tombé et nous avons accosté. 

 

Nous étions stupéfaits, bouleversés. Certes nous étions sains et saufs, mais comment avait-t-il pu nous voir de sa montagne, comment avait-t-il pu marcher sur ces vagues, comment avait-t-il pu donner à manger à toute cette foule. Parfois on comprend, mais parfois nous avons eus peu peur. Je dois reconnaître qu'on est dépassé. et il nous fait même un peu.peur. Le Très Haut n'est-il pas le seul à être le maître des éléments? Qui est-il vraiment celui qui nous a choisi? 

 

 

mardi, janvier 04, 2022

Marc 6, 34-44. Temps après l'Épiphanie. Première multiplication des pains.

C'est la première multiplication des pains. Jésus a "récupéré" ses disciples qui ont effectué leur première mission, ils sont partis sans provisions pour la route, avec leur bâton, pas de pain, pas de sac, pas d'argent dans leur ceinture. Ils partent, ils proclament qu'il faut se convertir, ils ont expulsé les démons et fait des onctions d'huile (ce que Jésus ne fait pas). Et là où est Jésus, les arrivants et les partants étaient si nombreux que l'on n'avait pas le temps de manger. C'est alors que Jésus leur propose de se reposer et donc de prendre la barque pour aller dans un lieu désert. Sauf que les "gens" ont compris où va Jésus et le précèdent et c'est l'épisode de ce jour.  

Un apôtre raconte. 

 

Il nous avait envoyé en mission, car c'est bien le mot. Mission de parler de lui, mission d'appeler à la conversion, mission de guérir, mission de chasser les esprits mauvais. Mais il nous a aussi envoyé sur les routes, sans rien. Je veux dire qu'il n'a pas voulu que nous prenions un peu d'argent avec nous, ou du rechange. Non juste nos bâtons. Et cela s'est bien passé, mais quelle fatigue tous ces gens qui vous entourent et demandent encore et encore. Parfois on a l'impression que ça ne finira jamais. Je me demande comment il fait Lui, pour garder toujours le sourire, pour guérir encore et encore. Et nous sommes rentrés. Mais il y avait tellement de monde, qu'on a eu du mal pour nous retrouver dans notre propre maison. Alors il nous a proposé de prendre la barque pour aller sur la côte un peu plus loin là où il y a une source, pour passer du temps avec lui, pour nous reposer. 

 

Et nous sommes partis. Seulement les autres, ils avaient entendu et compris où nous allions, ce qui fait que quand nous avons accosté, il y avait une véritable foule sur la plage. Je dois dire que nous n'étions pas contents du tout. Nous avions besoin de l'avoir un peu pour nous, lui raconter ce qui s'était passé. Et là nous avons cessé d'exister pour lui. Il s'est mis à leur parler, à les enseigner; Il était comme le berger qui rassemble ses brebis, qui leur fait comprendre qu'elles appartiennent toutes à un même troupeau, et qu'elles ont un seul berger. 

 

Et le temps a passé, et nous nous avions faim, mais vraiment faim. Alors comme la nuit allait tomber, on lui a demandé de renvoyer la foule pour qu'elle puisse acheter à manger, parce qu'ils étaient là depuis des heures. Mais il l'a mal pris. Il nous a dit qu'on n'avait qu'à s'en occuper nous-même. Et à nous non plus cela n'a pas plu. On a essayé de lui faire comprendre que l'argent ça ne poussait pas sous le sabot d'un cheval, qu'il faudrait le salaire de deux cent journées de travail et que cet argent bien entendu, on ne l'a pas. Il a soupiré et nous a demandé ce que nous avions nous, pour manger,  parce que c'est toujours nous qui pensons à cela. 

 

Nous avons cherché ce que nous avions pris un peu à la hâte, et lui avons répondu que nous avions cinq pains et deux poissons. Ce n'était pas énorme, même pour nous. Mais on le lui a donné.

 

Il nous demande de faire asseoir tout le monde; on se demandait ce qui allait se passer. Il a pris les pains il a regardé longuement vers le ciel, très longuement. Il a prononcé la bénédiction rituelle, "tu es béni Seigneur roi du ciel et de la Terre toi qui nous donne ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes", et  il a commencé à rompre le pain pour le partager. 


Et là, et là, il y a eu du pain à profusion, et des poissons à profusion et il nous a dit de distribuer à tous et à toutes et aux enfants. 

 

Nous étions comme transportés ailleurs. Nous n'avions plus faim, nous n'avions plus soif, nous étions dans la joie. Et de la nourriture il y en a eu plus que largement car on en rempli 12 corbeilles et pourtant il y en avait du monde, plus de cinq mille hommes. 


Nous avons mangé de ce pain-là, de notre pain. Nous avons bu de l'eau de la source, et nous avons mangé. Il nous a dit alors de repartir, de prendre la barque et qu'il se chargeait de renvoyer ceux qui étaient là. Et nous sommes partis dans la nuit, sur le lac.

lundi, décembre 27, 2021

Jn 20,8: il vit et il crut.

 Un texte un peu analogue à celui de ce jour a été publié l'an passé. Tant pis pour les doublets. 

Le disciple que Jésus aimait et qui aimait Jésus, raconte.

Encore une nuit où nous avions fort mal dormi. Les événements défilaient en boucle devant nos yeux, et il y avait cette question lancinante; allait-il revenir à la vie, lui que j'avais vu mourir sur la croix, lui dont le côté avait été percé par la lance d'un soldat romain (je l'aurais bien tué celui-là si j'avais pu), ce côté dont était sorti du sang et de l'eau? Et puis au petit matin, voilà que Marie de Magdala arrive, presque échevelée, dans tous ses états, pour nous dire que le corps a été enlevé, et qu'elle, et les autres qui étaient venues avec elle pour embaumer le corps, ne savent pas quoi faire.

 

Nous nous sommes habillés en grande hâte et nous sommes partis au pas de course vers le jardin, vers la grotte où le corps avait été déposé. Comme je suis un peu plus jeune que Pierre, je suis arrivé le premier. Mais je ne suis pas entré. J'ai vu, de l'entrée, que les linges étaient posés sur la pierre qui avait accueilli son corps. Pierre est arrivé, un peu essoufflé. Il a repris sa respiration, il est entré, il est sorti. Il n'a rien dit, ni à Marie, ni à moi. Plus tard il me dira que ce silence de mort lui a fait peur, et que de voir les linges à plat, et pas de corps, cela l'avait effrayé, et qu'il était en plein désarroi.  Qu'il se souvenait bien qu'un jour où il avait changé d'aspect devant lui et les fils de Zébédée, Jésus  avait annoncé qu'il devait souffrir, être mis à mort, et ressusciter le troisième jour; et qu'il ne fallait pas en parler. Mais là il ne savait plus que penser, que croire. 

 

Je suis entré à mon tour, il n'y avait que la lumière du jour pour éclairer la dalle sur laquelle le corps avait reposé. Mais de corps il n'y en avait pas. Il y avait par contre les linges qui avaient enveloppé le corps, bien pliés; et le suaire qui avait enveloppé son visage, posé là où sa tête avait reposé. Des linges bien pliés, cela montrait bien que ce n'était pas un voleur ou un pilleur de tombe qui était passé par là, parce qu'un voleur serait parti en laissant tout dans le désordre. Non cela voulait dire autre chose. Mais de corps il n'y en avait pas.

 

Et dans ce silence, dans cette semi obscurité, j'ai compris que ce qu'il nous avait dit s'était réalisé, que c'était vrai. Lui la vie, il était vivant, il était le vivant, lui la lumière qui luit dans les ténèbres, les ténèbres n'avaient pu avoir raison de lui, elles n'avaient pu le retenir, lui l'Amour, il était celui qui est. Une grande paix m'a envahi. 


Certes il n'était pas là, il n'était plus là, mais celui que j'aimais plus que tout était en vie, et il allait sûrement se montrer quand il le voudrait; car il nous l'avait promis juste avant d'être arrêté. 


Nous avons rejoint les autres et nous avons commencé l'attente, en ce premier jour de la semaine. 

vendredi, décembre 24, 2021

Luc 1, 57-80 Zacharie raconte la circoncision de son fils

 Même si ce soir, nous allons célébrer la naissance du fils de Marie, il n'en demeure pas moins que  c'est encore le temps de l'Avent, et que ce qui est proposé par la liturgie c'est le récit de la circoncision et ce que nous appelons le cantique de Zacharie. 


Zacharie raconte.

"Quand ma femme a ressenti les premières douleurs, heureusement que sa petite cousine Myriam, était encore là. Elle est allée chercher la sage-femme, qui n'en croyait pas ses oreilles, car nous avions gardé cela pour nous.
D'ailleurs depuis que l'ange a pris ma voix, m'a rendu muet, tout le village m'évite. Il est certain que je suis coupable de quelque chose, mais moi seul je sais que c'est d'avoir douté qui a provoqué cela. Déjà, à cause de la stérilité de ma femme, nous étions montrés du doigt, mais là c'est pire. peut-être que certains pensent que je suis possédé.. Possédé oui, mais possédé par Le Très Haut.
Nous étions sûrs que ce serait un garçon, parce que l'ange me l'avait dit, mais il a fallu qu'il soit là pour que je crois vraiment! Je sais, j'ai la tête un peu dure. Et puis, j'avais tellement peur qu'il n'arrive quelque chose à la maman. Donner la vie c'est parfois la mort pour la mère.
Alors nous avons vécu ce temps de l'enfantement comme une merveille. Marie nous a quitté; elle nous avait été très utile.
Quand est arrivé le jour de la circoncision, tous les hommes du village étaient là. J'ai l'impression que c'était comme s'ils venaient au spectacle. Pourtant j'aurais pu le circoncire moi-même, après tout Abraham l'a bien fait pour Ismaël et pour Isaac, mais je n'ai plus la main aussi sure.
J'avais fait comprendre à Élisabeth que le nom de l'enfant serait Johan, un nom nouveau, un nom donné par l'Ange. D'ailleurs Marie, nous avait dit que son enfant à elle se sommerait Jéshua. Dieu sauve. Alors ces deux enfants, à eux deux, peut-être qu'ils sauveront notre peuple qui comprendra enfin que Dieu en visitant son peuple, à nouveau fait grâce.
Je me doutais bien qu'ils seraient surpris quand ma femme leur donnerait le nom choisi par le Seigneur. Je n'ai pas été étonné quand ils se sont tournés vers moi, comme si la parole de ma femme n'était pas fiable. Simplement ils ont imaginé que j'étais sourd et muet, alors ils ont fait des gestes en montrant l'enfant, en me montrant, en montrant aussi Elisabeth. Ils m'ont donné une tablette.
Et j'ai écrit sur une tablette que Johan serait son prénom, pas Zacharie comme eux le voulaient. D'ailleurs pourquoi faire porter à un enfant miraculeux le nom de son père, comme pour d'emblée faire de lui un prêtre comme moi. Le destin de cet enfant n'est surement pas de faire du même, mais du différent et c'est ce qu'a dit l'Ange, et il sera prophète, l'envoyé du Messie, le nouvel Elie.
A peine ont-ils lu le nom de l'enfant, que j'ai senti que ma bouche se déliait, que ma voix m'était rendue, et moi le vieux Zacharie, je me suis mis à chanter, à chanter d'allégresse, à bénir Le très Haut et à lui rendre grâce.
En moi, mes mots coulaient tous seuls. J'ai remercié mon Dieu, qui tient ses promesses, qui n'oublie pas son peuple, qui allait faire surgir la force qui nous sauve du sein de Marie (mais ça je ne pouvais le dire) mais de la race de David son serviteur, celui auquel il avait promis de ne jamais enlever son amitié quoique fasse sa descendance.
J'ai loué sa fidélité, j'ai loué son amour, et j'ai en quelque sorte béni mon petit, j'ai appelé sur lui la bénédiction du très haut, car un jour il serait celui qui marcherait devant, ou à l'avant du Sauveur, pour préparer ses voies, pour aplanir les sentiers, pour tourner vers lui le cœur de peuple et que tout cela, c'était grâce à la tendresse et à l'amour de notre Dieu, Béni Soit-il.
La circoncision s'est faite, tous sont rentrés chez eux, étonnés et émus. Tous comprenaient que Dieu était à l'œuvre dans cet enfant, tous se demandaient quelle serait sa vie, mais tous louaient et bénissaient le Seigneur qui fait des merveilles.
A nous maintenant d'élever cet enfant donné et de le laisser suivre son chemin. Mais pour le moment réjouissons-nous.



dimanche, octobre 24, 2021

L'aveugle de Jéricho. Marc 10- 46b-51

 C'est un texte bien connu, retenu pour ce dimanche 24 octobre, texte qui qui je le suppose doit être facile à mimer, et qui dans l'évangile de Luc est suivi de la rencontre avec Zachée. 

Préalables.

Pourquoi ce texte me fait-il penser à la résurrection du fils de la veuve de Naïm? 


Peut-être parce qu'il y a ce mouvement de la foule.  Dans Lc 7, il y a les deux foules qui se croisent, celle des disciples et de la foule qui accompagnent Jésus et celle qui accompagne le mort et sa mère. 


Là, il y a une foule qui sort de la ville, et un homme assis, un homme seul, un homme un peu comme le fils de la veuve, qui est sur le chemin, qui est dans la nuit, qui est seul mais qui peut écouter, entendre, parler. Mais là aussi quelque part ça se croise.


Ce qui est étonnant c'est que finalement cet homme n'a pas vraiment une identité, il est le fils de Timée, Bartimée. Mais quelque part il n'a pas de nom et la finale du texte dira: et aussitôt l'homme retrouva la vue et le suivait sur le chemin, l'homme qui n'était que le fils. Peut-êtreque la vue retrouvée, lui permet de devenir celui qu'il est appelé à être. Il n'est  plus l'infime, le fils de Timée, il est lui-même et il décide de rester avec Jésus sur cette route qui va vers Jérusalem. 


Par ailleurs, ne peut-on pas dire qu'il vit quelque chose de l'ordre d'une résurrection?(Et c'est pour cela que le parallèle avec le fils de veuve de Naïm est présent, même si dans cette rencontre il n'y avait pas de demande, mais juste Jésus qui est pris de pitié). 


SI je je reprends les verbes qui sont utilisés par Marc il y a:

- il jette son manteau (comme on jette un linceul),  

- il bondit, comme on bondit en dehors de la tombe, 

- il se lève, 


Et pour moi, ce sont des mots de la vie, des mots de résurrection. 


Curieusement le prêtre qui commentait ce texte, disait que personne ne l'a aidé. Pour lui, c'était "tu as voulu qu'il t'entende, alors maintenant il t'appelles, alors débrouilles toi". Et cela m'a interloquée. Jamais je n'ai pu imaginer la scène comme cela. D'ailleurs dans le texte lucanien Jésus demande qu'on lui amène l'homme.


Certes jésus lui fait dire par d'autres qu'il l'appelle, et c'est à cet appel que répond l'aveugle, mais soit Jésus est tout proche, soit d'autres sont là pour le guider, lui l'homme plein de confiance, qui a crié du fond de la fosse dans laquelle il était, qui a crié jusqu'à plus soif et qui est entendu et qui a le choix de demander ce quelque chose dont il a besoin et qu'il désire. 


Ce qui est beau, c'est que Jésus ne dit pas: je le veux, vois, mais ta foi t'a sauvé, et sauvé c'est bien au-delà de retrouver la vue. 


C'est trouver ou retrouver la vue, mais aussi ouvrir les yeux du cœur et c'est bien pour cela que l'homme, qui a peut-être compris où va Jésus, et ce qui risque de se passe pour lui, se risque lui, le fils de Timée, lui l'homme, à suivre Jésus sur la route qui va de la mort à la résurrection.


Travail sur les versets.

 

46b En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. 

 

Ce n'est pas le même évangile, mais chez Luc et c'est la rencontre avec la veuve de Naïm, parce qu'il y a aussi la rencontre de jésus et ses disciples et une foule, et de l'autre le cortège avec le corps. Là c'est les disciples, la foule et un homme seul, assis, presque dans un tombeau. Mais cet homme, qui mendie, du coup change de discours. C'est Fils de David, Jésus, prends pitié de moi.

 

47 Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » 

48 Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » 


La phrase de cet homme sert de base à la prière du coeur: Jésus Fils de Dieu, aie pitié de moi. Ce qui est certain c'est que lui l'aveugle, il a compris que ce jésus c'est le Messie promis, le messie attendu, pas juste un faiseur de miracles. 

 

49 Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » 



50 L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.

 

Et là, c'est presque une scène de relèvement, de résurrection. Lève-toi, il t'appelle. Comme pour Lazare. Et la réponse, il jette son manteau, il bondit et il court. Ce n'est plus le mendiant assis, c'est déjà un autre homme. 

 

51 Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » 

 

52 Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.



Un disciple raconte. 

 

Nous sommes à Jéricho, cette ville qui est en dessous du niveau de la mer, de cette mer remplie de sel, cette mer morte. Ici il y a une oasis, et j'aurais bien aimé séjourner un peu ici, mais Jésus veut aller à Jérusalem, et nous le suivons. Il y a beaucoup d'autres, des inconnus qui sont là, qui suivent. Pourquoi sont-ils là? Qu'attendent-ils? Je ne sais pas. 

 

A un moment Jésus s'est arrêté. Dans ce cas-là, ça fait un peu de bousculade, et on se demande ce qui se passe. On a vu Jésus qui parlait à un homme, qui lui posait une question, et que l'homme qui se mettait à hurler de joie, s'est joint à ceux qui suivaient Jésus. Mais moi, je n'ai pas compris, j'étais trop loin, je ne voyais rien.

 

Et l'homme, qui était connu sous le nom de fils de Timée, m'a raconté lors d'une halte ce qui lui tait arrivé.


 Il était, comme tous les jours, assis à la sortie de la ville pour mendier. Il a entendu un bruit de pas, et il a eu un peu peur, lui qui était là à attendre le bon vouloir des passants, mais qui ne peut pas se défendre.Il avait peur d'être bousculé, écrasé. 


Ceux qui passaient lui ont dit que c'était Jésus qui prenait la route de Jérusalem, alors lui qui se sentait comme écrasé par le bruit des pas, s'est mis à crier très fort, parce qu'il voulait être entendu par Jésus quand il passerait à sa hauteur. Et il m'a dit qu'une phrase s'est imposée à lui, et la répétait sans cesse: "Fils de David, Jésus aie pitié de moi". 


Et cette phrase, il la répétait sans cesse, si bien que ceux qui étaient à son niveau voulaient qu'il se taise. Mais il ne pouvait pas se taire, il ne voulait pas se taire, il savait que le Maître, s'il l'entendait ferait quelque chose pour lui. Et le Maître est arrivé à son niveau, il a entendu et il s'est arrêté. C'est là que moi, j'ai commencé à me demander ce qui se passait. 

 

Il a demandé qu'on appelle la personne qui criait aussi fort; quelques mains secourables ont voulu l'aider, mais lui, il a jeté son manteau sur le sol pour aller plus vite, un peu comme on se débarrasse d'un poids trop lourd,  il a bondi sur ses pieds, il a été comme poussé devant Jésus. Il ne sait pas expliquer ce qui s'est passé, mais il sentait la présence de Jésus et il a entendu sa voix qui lui demandait ce qu'il pouvait pour lui. 

 

La question l'a un peu interloqué. Ce n'était une aumône qu'il voulait, mais bien que Jésus lui rende la vue, le guérisse de son infirmité. 


Et c'est ce qui s'est passé, mais lui, quand il en parle, il dit que c'est bien plus que cela qui s'est passé. Il est devenu certes un voyant comme tout le monde, mais il est sorti de la mendicité, il est devenu libre, et pour lui, il dit même qu'il est devenu vivant. 


Que la vie est en lui, que la vie est devant lui, mais que cette vie donnée (ou rendue) par Jésus, il ne veut pas la garder pour lui, il veut aller avec lui, avec nous à Jérusalem pour proclamer les merveilles de Dieu en Jésus, son Envoyé.

 


vendredi, juillet 30, 2021

Luc 10, 38-42. Jésus est reçu dans la maison de Marthe et Marie.

Luc 10, 38-42. Jésus est reçu dans la maison de Marthe et Marie.

 

C'est un texte que nous connaissons presque par cœur, avec l'éternel "Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée" ce qui n'est pas conforme paraît-il au grec qui ne met pas de comparatif, mais qui dit "la bonne part" et pour moi, le bon renvoie toujours au bon de la Genèse: et Dieu vit que cela était bon (tov). Alors Marie a choisi ce bon, et cela c'est pour elle, et personne ne le lui enlèvera. 


Des textes à la première personne sur ce texte, il y en a déjà eu beaucoup. Le premier texte qui reprend cet évangile, est né à la suite d'un partage de la parole sur ce texte, à la chapelle des Vernettes, qui est une chapelle de montagne en Savoie, là où nous passons nos vacances. J'ai ressenti une forte envie de prendre la défense de Marthe, que l'on prend pour une petite ménagère ronchon. Et je crois que mon envie d'écrire pour donner un autre regard est née, cet été là: https://giboulee.blogspot.com/search?q=Marthe+et+MArie


 

Pour arriver à faire parler un personnage, il y a d'abord le travail sur les versets, c'est ce qui va suivre, et mon désir d'en rester au texte de Luc, sans faire de références à celui de Jean (autre texte proposé par la liturgie) mais où les deux sœurs ont des attitudes très proches de ce qu'on lit dans l'épisode lucanien. Marthe envoie prévenir Jésus que Lazare est malade, elle prend l'initiative, comme elle prend l'initiative de recevoir Jésus, comme il ne vient pas, elle le guette car elle sait bien qu'il va venir, et dès qu'elle le voit apparaître (un peu comme la mère de Tobie qui attend le retour de son fils) elle se précipite vers lui avec la phrase: "si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort." Marie, elle est restée entourée d'amis qui partagent sa tristesse dans la maison, elle est assise là et c'est Marthe qui provoquera son mouvement: "le Seigneur te demande". Mais arrêtons la  la comparaison pour revenir au texte de Luc.

 

Travail sur le texte.

 

Avant tout, j'aime bien regarder ce qui s'est passé avant dans ce chapitre 10. Et ce chapitre c'est l'envoi des disciples, et surtout quelques versets plus haut  Lc 10; 21-22: c'est "jésus tressaillant de joie soir l'action de l'Esprit qui dit 'je te bénis Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange, ce que tu as  caché aux sages et au savants, tu l'as  révélé aux tout-petits; oui Père, car tel est ton bon plaisir.  Tout m'a été remis par mon Père. Personne ne connaît le Fils sinon le Père, et personne ne connaît le Père sinon le Fils et celui à qui il veut le révéler'.

 

Et peut-être que ce qui se passe entre ces deux femmes, ou pour ces deux femmes, c'est quelque chose de cet ordre.

 

38 Chemin faisant, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut.

Une femme le reçut, temps au passé simple en Français. Un peu comme si dans ce village, elle est la seule à ouvrir sa porte. Un peu si elle était comme la bien-aimée qui ouvre la porte à son aimé. Marthe le reçoit, mais sans doute, que Jésus n'est pas seul . Mais si on se fie à l'envoie des douze, il a fait reposer sa Paix sur cette maison. Donc elle le reçoit, et ensuite Jésus s'installe, et comme il le fait souvent, on peut imaginer qu'il se met à enseigner.  

39 Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.

Là, on apprend qu'il y a une sœur, qu'on imagine plus jeune, et qui décide de se mettre avec les autre, avec les disciples, aux pieds du Seigneur, que l'on imagine assise, et qui est captivée. Peut-être est –elle arrivée quand Jésus commençait à parler, et que là, elle s'est arrêtée et a décidée qu'elle voulait écouter, entendre, être remplie par la parole.  Et Marthe qui comptait sur sa sœur, se retrouve seule à tout gérer.

40 Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. »

Je pense que quand Jésus parle, ça dure un certain temps, et pendant ce temps là, Marthe s'active seule, et à un moment elle n'en peut plus, elle explose et au lieu de s'adresser à sa sœur, c'est à Jésus qu'elle parle. Le "cela ne te fait rien" peut faire écho à ce qui se passe lors de la tempête apaisée: Seigneur cela ne te fait rien que nous périssions". Est ce que Marthe est en train de dire qu'elle a besoin d'aide, qu'il y a trop, qu'elle n'en peut plus? On peut aussi entendre cela, et ne pas la juger.  Et le "dis lui donc de m'aider" c'est pour moi, "dis à mon frère de partager l'héritage avec moi. Sauf que Jésus quand on l'interpelle comme cela, je ne sais pas s'il aime tellement..

41 Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. 42 Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

 Et c'est la finale. Jésus s'adresse à Marthe; il reconnaît qu'elle se donne du souci pour que tout soit bien, qu'elle part un peu dans tous les sens, et qu'elle s'est laissée un peu dépassé par les évènements, par beaucoup de choses comme il dit. Et ce qu'il dit, c'est qu'à certains moments il faut faire le tri. Si comme le dit le Père Quesnel, il n'y a pas de comparaison, que Jésus dit; Marie a choisi la bonne part, et qu'elle peut à ce moment là, continuer à écouter, et donc Marthe a œuvrer.

 

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Pour le dire autrement.

 

Marthe a ouvert sa porte, elle a donné le meilleur d'elle même, et il y a parfois un autre meilleur, apprendre à discerner aussi quand il faut s'arrêter.

 

Bien que ce 29 Juillet soit la triple fête de 'Lazare, Marthe et Marie', je voudrais rester au texte tel qu'il est donné par Luc, un village, un simple village, qui n'est pas situé, même si nous pensons que c'est à Béthanie, ce village proche de Jérusalem, et ces  deux femmes. Je dois dire que si on rajoute Lazare, cela fait quand même, surtout à cette époque là, une famille étonnante, trois adultes célibataires, sans descendance. C'est un peu étrange. Alors je pense que rester au texte de Luc, tel qu'il est donné, est peut-être plus facile pour ne pas partir dans des délires psychanalytiques.

 

Il y a donc Jésus qui arrive dans un village, et peut-être que les disciples ont préparé sa venue. Si c'est le cas, il y a donc Jésus qui arrive, et cette femme, Marthe qui a entendu parlé de lui, et qui le reçoit. Recevoir cet homme, ouvrir sa porte, ouvrir la maison. Elle le reçoit. Il entre, seul ou pas, je peux imaginer qu'il donne la Paix à cette maison, et quelle Paix, puisque c'est la sienne, et cette Paix s'en vient reposer sur cette maison et sur ceux qui y vivent.

 

Et dans cette maison, Jésus se sent bien, et il fait peut-être comme chez lui (phrase banale: faites comme chez vous),  et il s'installe et se met à enseigner, car enseigner, c'est ce qu'il aime, témoigner de l'amour de son Père.

 

Et c'est la que Marie, entre en scène. Peut-être que lorsque Jésus est entré, elle pensait aider sa sœur à préparer le repas, mais là, quand elle le voit, quand elle l'entend, et peut-être qu'il lève la tête pour regarder qui arrive, et que ce regard là, l'atteint en profondeur, alors elle prend place avec les autres, parce qu'il y a des autres, elle s'assied, elle écoute, elle écoute, et le temps passe sans qu'elle s'en rende compte.

 

Seulement pendant ce temps, Marthe qui comptait sur sa sœur, se trouve à ne plus trop savoir où donner de la tête; le souci de la perfection c'est terrible. Et une colère monte en elle, et la paix reçue quelque temps avant s'en va.

 

Elle décide alors de cherchez sa sœur, (je me suis toujours demandée s'il n'y avait pas des serviteurs dans cette maison qui auraient pu faire, mais là encore la perfection c'est terrible, ne pas faire confiance. Et ce n'est pas sœur qu'elle interpelle, mais Jésus, et elle fait appel à son bon cœur (enfin tout est relatif). Il faut dire que la phrase est curieuse: cela ne te fait donc rien (toi qui est si bon, qui guérit tout le monde) de me laisser faire tout le travail? Dis lui donc de m'aider.

 

Or cette injonction évoque quelque chose qui se passe plus tard (Lc 12, 13-20), cet homme qui interpelle Jésus en lui disant: 'Maître, dis à mon frère de partager avec moi l'héritage que notre Père nous a laissé' à quoi Jésus répond, qui suis-je pour m'ériger en juge. Et il me semble que lorsqu'on demande à Jésus de donner un ordre à la place d'une autre personne, il ne le fait pas, et il refuse catégoriquement.

 

Et là c'est ce qui se passe. Il renvoie Marthe non pas dans ses fourneaux, mais à regarder ce qui se passe vraiment en elle.

 

Oui, elle  a du souci, comme toute maîtresse femme et elle s'agite pour bien de choses (et là peut-être y a t il un reproche sur le trop, sur tu te crées de obligations qui n'ont pas de sens, tu veux trop bien faire, tu es sans mesure et du coup, comme on dit le mieux est l'ennemi du bien, et tu te noies dans ce que tu fais, dans ces choses qui tu as choisies de faire, mais qui ne sont pas utiles. Et c'est la tempête en toi, mais cette tempête tu l'as créée.

 

Et surtout il ne demande pas à Marie, d'aider sa sœur, elle est là, elle écoute, elle se nourrit, et c'est bon et un jour elle nourrira les autres; sa part est bonne (et non pas la meilleure) et c'est sa part en ce jour là.

 

Alors j'ai laissé Marie raconter, mais je ne l'appelle pas Marie de Béthanie, parce que ce n'est pas dit dans le texte. Elle est juste la sœur de Marthe.

 

Marie, la sœur de Marthe, raconte.

 

Cela fait plusieurs semaines que des amis nous parlent de ce Jésus de Nazareth, ce prophète, détesté par les pharisiens, aimé par les petits, par les pauvres, par les pécheurs, par ceux qui sont si souvent méprisés et nous avons très très envie de le voir, de le recevoir chez nous, de l'écouter. Et voilà que le petit Moshelé toque à la porte pour nous dire que Jésus arrive avec quelques hommes. Aussitôt, ma sœur va à sa rencontre, pour le recevoir chez nous, un  peu comme si elle voulait être la première pour l'accueillir, mais en même temps, elle me fait un peu penser à la femme du cantique des cantiques qui cherche son bien-aimé. Ne me demander pas pourquoi, mais je crois que ma sœur, sans le connaître, elle l'aime déjà.

 

Et il est entré dans la maison. Il a donné la Paix à notre maison, et cette paix, je l'ai sentie comme un doux oiseau qui se posait sur nous. Naturellement après lui avoir donné de l'eau pour qu'il puisse se rafraichir, il s'est assis pour enseigner; et plein de personnes sont arrivées pour l'écouter; la maison était pleine. Bien sûr, moi j'avais pensé aider ma sœur; seulement après avoir entendu quelques mots, je n'ai eu qu'un désir, rester là en silence, l'écouter, me gorger de sa voix, de sa parole, de tout lui. Et j'ai perdu la notion du temps.

 

Mais d'un coup Marthe est arrivée dans la salle avec son air des mauvais jours. Je pensais qu'elle allait me sermonner devant tout le monde, mais ça a été pire. Elle s'est adressée directement à Jésus, un peu comme s'ils se connaissaient depuis toujours en lui demandant s'il trouvait normal que je ne fasse rien et qu'il devait lui dire de l'aider.

 

Seulement, il m'a regardée et je me suis sentie fondre, comme s'il me disait de ne pas m'inquiéter, que tout allait s'arranger, et il a dit à ma sœur qu'elle s'en faisait du soucis (et ça c'est bien vrai) et qu'elle en faisait des choses, et ça, c'est quand même son problème à ma sœur de vouloir en faire trop pour être la femme parfaite du livre des proverbes. Il a dit que pour cette fois, j'avais choisi la bonne place et que je ne devais pas la perdre, que je pouvais rester là, et que peut-être (mais ça il ne l'a pas dit) qu'elle pouvait en faire moins, parce que lui, ça lui était égal, qu'il n'était pas exigeant et que ce que pouvaient penser les voisins, ce n'était pas son problème.

 

Marthe est ressorti, un peu mortifiée je crois, sans me regarder, mais certains de ceux qui étaient là se sont levés pour l'aider et moi je suis restée à l'écouter parler et j'aurais tant voulu que ce moment soit éternel.

 

 Mais il est parti celui que mon cœur aime. Quand le reverrons-nous?

 

 


mardi, juillet 20, 2021

Mt 12,46-50: "Étendant la main vers ses disciples, il dit ... "

L'évangile de ce mardi 20 juillet, c'est la fin du chapitre 12 dans l'évangile de Matthieu. C'est l'épisode où Marie et les frères de Jésus viennent pour lui parler, mais certainement aussi pour le ramener manu militari à la maison, si on en croit l'évangile de Marc. En lisant hier le texte, je suis un peu tombée comme en arrêt devant ce geste de Jésus. C'est un beau geste, un très beau geste. 

Certes c'est montrer, mais c'est plus que cela. Et la phrase qui suit est réconfortante, pour nous. Sauf qu'en général, dans les homélies qui commentent ce texte, on parle de frères et sœurs, pas de mère... Et pourtant, c'est ce que dit Jésus. Il y a donc des personnes qui l'ont choisi, Lui, et avec les quelles il pourrait être lui, comme un fils.
Cela me fait un peu penser à des prêtres africains que je connais, qui voient en une de mes amies leur mère, et qui disent maman! Un autre lien que celui de la fraternité. Un lien plus intime, plus proche, plus affectueux aussi, mais qui dit aussi que Jésus a besoin de cette affection, et je trouve cela très important. 

Par ailleurs, même si on dit toujours que Marie, qui a fait la volonté du Père, est "la disciple parfaite", je ne peux m'empêcher de penser que cette phrase a dû être très douloureuse pour elle: cet enfant, elle l'a porté 9 mois en elle, elle l'a mis au monde! Et là, c'est quand même le groupe familial qui est comme mis à l'écart, comme mis dehors. Certes elle a pu le comprendre, mais pour moi, cette phrase là a bien dû lui transpercer le cœur. 

Bien entendu, comme c'est Matthieu, qui est très bref, on ne sait pas ce que sa famille souhaite; mais il y a bien ici une scission, une rupture. Jésus ne se laisse pas distraire de son chemin: qui ne passe pas, qui ne passe plus par Nazareth. 

Comme souvent, je travaille le texte verset par verset, et aujourd’hui cela a permis la naissance d'un petit texte qui essaie de laisser parler Marie, celle qui est Sa Mère et notre mère.

   
 Travail sur les versets. 


46 En ce temps-là, comme Jésus parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler.

 

Si on lit bien c'est très étonnant ce qui est décrit là. On peut imaginer que si Jésus parle "aux foules", c'est qu'il est dehors. Et Matthieu nous parle de la famille qui se tient "au-dehors", qui cherche à lui parler. Comme s'il y avait un autre au-dehors. Il y a le au dehors de ceux qui entourent Jésus, avec les disciples, et de ceux qui viennent l'écouter, et cela fait comme une sorte de corps. Et à l'extérieur, il y a la famille, qui "cherche" à lui parler, et qui ne sait pas comment faire, comment s'y prendre. Et pourtant… Et on peut imaginer qu'ils demandent à ceux de "l'enveloppe" de prévenir Jésus, que sa mère et famille sont là.

 

47 Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là, dehors, qui cherchent à te parler. »

48 Jésus lui répondit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » 

 

La transmission est faite et la réponse est pour le moins étonnante. 

 

49 Puis, étendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères.

50 Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

 

Il y a donc ce geste, que la famille doit voir… Et qui a peut-être été un crève-cœur pour Marie, parce que certes la volonté du Père, elle l'a faite, mais ça a dû être dur. 

Et cette annonce, pour nous, "celui qui fait la volonté de mon Père", c'est cela peut-être l'important: le "mon", qui montre bien que Jésus n'est plus dans la logique de la famille biologique, mais dans une logique autre.
Créer cette église d'amoureux.

 

 

    Marie raconte

 

Depuis que mon fils a quitté la maison pour se faire baptiser par Jean, il a pris son envol, son envergure. On nous a raconté tout ce qu'il fait, tout ce qu'il dit, mais aussi ses querelles avec les pharisiens. Et puis on a aussi appris que Jean avait été emprisonné et tué par Hérode; alors, nous avons peur pour lui. Nous voudrions qu'il arrête, qu'il s'arrête, qu'il ne se mette pas tout le monde à dos, bref qu'il rentre...

 

Je sais bien que cela il ne le fera pas, parce que le nom qui est le sien, "Dieu Sauve", c'est son destin, son rôle; mais la famille a tellement insisté, et insisté aussi pour que je vienne avec eux, parce que fils se doit d'honorer ses parents, et donc d'écouter sa mère, que je suis partie avec eux, sans trop y croire.

 

Nous sommes arrivés à Capharnaüm. Il était dehors, assis, avec tellement de gens autour de lui qu'on ne le voyait pas; on entendait juste sa voix. Et cette foule, il fallait la traverser, et elle était tellement dense que cela faisait comme un mur qui le séparait de nous. Nous, sa famille, nous étions comme dehors, à la porte. On a demandé à un homme, qui nous regardait avec une certaine curiosité, de lui faire dire que sa mère et ses frères voulaient lui parler. Et cela a été transmis de bouche à oreille et certains se sont un peu déplacés pour que nous puissions passer.

 

Mais le temps que nous arrivions, il avait déjà été prévenu et là, rien ne s'est passé comme la famille l'avait prévu, et ça ne m'a pas étonnée; sauf que malgré tout ça m'a fait mal.

 

 À celui qui lui transmettait le fait que nous étions là, il a montré ses disciples qui étaient proches de lui, ses disciples qui - nous l'avions entendu dire - avaient en son nom expulsé des esprits impurs, guéri des malades et proclamé que le royaume était tout proche; et il a dit que ceux-là, qui faisaient la volonté de son Père qui est dans les cieux, ceux-là étaient pour lui une mère, des frères, des sœurs.

 

Alors j'ai repensé à cette fête de la Pâque, alors qu'il venait d'avoir 13 ans, où après l'avoir cherché trois jours, nous l'avions retrouvé parmi les docteurs, discutant avec eux, et nous disant "pourquoi me cherchiez vous, ne saviez vous qu'il me faut être chez 'mon' Père? ".

 

Et là, c'était la même chose: et c'était à nous aussi de laisser faire, pour que la volonté de son Père puisse s'accomplir.

 

Je sais que ses frères étaient très en colère, mais nous avons pris le chemin du retour. En moi, il y avait à la fois une grande fierté, mais aussi une certaine tristesse, de ne pas avoir pu rester auprès de lui. Mais, quand il a parlé 'd'être pour lui une mère,' son regard s'était posé sur moi, et j'ai senti son amour, cet amour qu'il donne sans compter. Et au fond de moi, je me suis réjouie.

 

Merci Seigneur de nous accepter dans ta famille, de faire de nous tes mères, tes frères, tes sœurs; et apprends-nous à faire toujours plus la volonté de Ton Père qui est dans les cieux.