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dimanche, août 04, 2024

JEAN 6, 24-35. 18° DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE. DISCOURS SUR LE PAIN DE LA VIE. AOÛT 2024

 

JEAN 6, 24-35. 

 

Le discours que nous nommons le discours sur le pain de la vie, ou l'enseignement donné dans la synagogue de Capharnaüm, est distillé sur les quatre dimanches du mois d'Août. Du coup, on perd complétement l'évangile de Marc, ce qui est bien dommage! Redémarrer au chapitre 7 en septembre, ne va pas être simple…

 

Du fait de ce découpage, la question qui se posait pour moi, était de trouver comment faire raconter et par qui, en montrant bien les difficultés de ce texte, qui ri nécessite de "croire" en Jésus, pour entendre ce qu'il veut faire comprendre (sans grand succès) à ses auditeurs.  

 

Je pense choisir des conteurs différents, mais à chaque semaine suffit sa peine. 

 

Pour Jésus, ce qui s'est passé sur "l'autre rive" ce pain donné en abondance, est un signe, c’est-à-dire qu'il nous faut trouver comment passer du pain qui permet de répondre à la faim, à un autre pain qui lui permet de répondre à une autre faim, une faim "spirituelle", mais une faim qui va bien au-delà, puisqu'il s'agit dès notre présent d'être dans ce que Jésus appelle la vie éternelle. Mais il est évident que dire "celui qui mange ma chair et boit mon sang' (je fais exprès de ne pas mettre la suite ou les suites) est plus que choquant. 

 

Bien sûr, il y a bien la parole du deutéronome et que Jésus a renvoyé au Satan, que l'homme ne se nourrit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu, qui montre bien que le pain n'est pas suffisant, que l'homme est plus que ce qu'il donne à voir. 

 

Quand nous mangeons ou buvons quelque chose, ce quelque chose devient nous, ou du moins nous permet de vivre au niveau biologique. Quand Jésus dit à la Samaritaine que celui qui boit de l'eau que lui, donne à boire, cette eau devient source d'eau jaillissante en vie éternelle, que faut-il entendre? Il me semble que c'est le verset que nous ne lisons pas cette semaine, mais que nous entendrons la semaine prochaine: "celui qui mange sa chair et boit son sang demeure en lui et lui en eux". E

 

t c'est cela la nouveauté. En l'incorporant,  nous devenons lui, nous devenons partie de lui, corps de lui, chair de lui, et par cela nous passons dans l'Être. Et surtout nous demeurons en lui (mais cela ne sera dit que vers la fin, donc j'anticipe).

 

 

Un homme de bonne volonté, raconte.

 

 

Moi, je suis de Capharnaüm, c'est ma ville. Le Jésus de Nazareth, cela fait un certain temps qu'il vient chez nous. Il guérit les malades, il enseigne, il a même guéri le fils d'un fonctionnaire royal, sans même aller lui imposer les mains. Il parait qu'à Jérusalem il a guéri un paralytique le jour du Sabbat et que comme ce dernier portait sa civière pour rentrer chez lui, les pharisiens en ont beaucoup voulu à Jésus. Je pense qu'il est là, pour mettre de la distance entre lui et eux, parce qu'ils ont la langue bien pendue et la pierre facile. Lui, il dit que ce ne sont pas des miracles, mais des signes. Moi, je veux bien, mais signes de quoi? Il faudrait voir quelque chose de plus? 

 

Des amis m'ont raconté qu'hier il a nourri cinq mille hommes avec quelques pains d'orge et deux malheureux poissons. Ils disent aussi qu'ils ont mangé à satiété, ce qui m'a fait penser à une phrase de psaume: ils ont mangé et ils ont été rassasiés. C'est un psaume que j'aime, qui parle du juste persécuté, qui est celui par qui le peuple reviendra au Seigneur. 

 

Alors avec d'autres nous sommes partis en bateau vers ce lieu, en espérant le trouver. Mais là il n'y avait personne. Mais c'était étonnant. Juste des gens venus comme nous d'un peu partout. Les disciples d'après ce qu'on m'a dit étaient partis, lui, il était resté quelque part dans une grotte, alors comment avait il fait pour partir, pour disparaître? 

 

Nous nous sommes mis à sa recherche. Il n'était pas loin de notre rive, et au lieu de lui demander comment il avait fait pour se retrouver là, quelqu'un lui a demandé, quand il était arrivé, parce que malgré tout, entre la montagne où il avait donné le pain et la ville, il faut du temps, surtout à pied. Et que par ailleurs il y avait eu une sacrée tempête pendant la nuit. 

 

Il parait qu'il répond rarement aux questions. En cela c'est un vrai rabbi. Et il a juste dit, que si on le cherchait, c'était pour avoir à nouveau le ventre plein et pas parce que quelque chose d'étonnant avait eu lieu, quelque chose qui aurait dû nous dire quelque chose. C'est là où il a reparlé de signe. Puis il nous a dit de travailler pour une nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que donnera le fils de l'homme. 

 

Je dois dire que là, j'étais complétement perdu. Nourriture, pour la vie éternelle, qu'est-ce que cela peut bien vouloir signifier? Déjà avoir de la nourriture pour la vie de tous les jours ce n'est pas si simple, croyez moi. Alors une nourriture qui d'une certaine manière serait toujours là, inépuisable, comment l'imaginer? 

 

Certains lui ont demandé ce qu'il fallait faire, il a répondu simplement croire, croire en lui. Bon ça je veux bien, mais après, qu'est ce que cela va changer pour moi. Croire c'est important, et moi je crois que notre Dieu, est le Dieu unique, qui nous a sorti de l'esclavage et j'ai de la reconnaissance, saut que ce Dieu, il me fait un peu peur. 

 

Enfin je dis ça, mais si je réfléchis un peu, ce qu'il a fait là, même si je ne l'ai pas vu, c'est donner de la nourriture, du pain à beaucoup, nettement plus que le prophète Élisée qui a donné à cent alors qu'il n'y avait que pour vingt. 

 

Et c'est autre chose que ce qu'a fait notre Père Moïse dans le désert, sauf que lui n'a rien fait, il s'est contenté de transmettre au Très haut les récriminations du peuple qui voulait retourner en Égypte, et la manne est alors tombée du ciel, comme un pain tombé du ciel. Moïse n'a-t-il pas parlé d'un prophète qui viendrait après lui et qui serait plus grand que lui? Est-ce que ce serait ce Jésus de Nazareth? 

 

Seulement s'il est ce prophète, il faudrait qu'il le prouve. Enfin là, j'exagère parce que ce qu'il a fait, ça montre bien que la Présence du très haut est en lui, ce qui s'est passé là, ce n'est pas l'ouvre d'un homme. Mais c'est bien ce que les autres lui ont demandé, qu'il accomplisse une œuvre qui prouve qu'il est bien ce qu'il dit être. Serait-il plus grand que Moïse qui d'après les écrits a donné à manger le pain venu du ciel?

 

Et là, à mon avis il a voulu, encore comme un vrai rabbi les faire réfléchir, parce que ça commençait à s'agiter pas mal. Il leur a fait comprendre que dans le désert, les hommes avaient certes mangé ce pain mais que ce n'était pas Moïse qui avait donné ce pain. Et là, il a dit que c'était son Père, qui donnait le vrai pain venu du ciel, et que ce pain c'était celui qui descend su ciel (est ce qu'il parle de lui, auquel cas, il est quand même un peu "gonflé", et qui donne la vie au monde. Donner la vie au monde, je n'avais jamais entendu une phrase pareille dans toutes les écritures, et elle s'est inscrite en moi. Donner la vie au monde.

 

Certains lui ont alors demandé de leur donner de ce pain-là (cela voudrait dire lui, et là je ne vois pas trop comment), mais ils étaient vraiment sincères dans leur demande.

 

Il leur a dit, que le pain qui donne cette vie, c'était lui. Que celui qui venait à lui, n'aurait plus jamais faim (il serait comblé, il serait rassasié) et que celui qui croyait en lui ,n'aurait plus jamais soif. 

 

Alors là, il veut dire que ceux qui le suivent, ceux qui en lui croient, dès aujourd'hui, sont comme transformés, vivent autrement et cela peut paraître fou, mais deviennent comme lui. Je ne peux pas expliquer, mais c'est ce que j'ai ressenti. Sauf qu'accepter cela, c'est faire un acte complétement fou;

 

Puis, il a eu un ton un peu désabusé Il a dit que cela il l'avait déjà dit, mais que personne ne l'avait cru. Peut-être qu'il avait dit cela ailleurs, mais moi c'était ma première fois.

 

Il a affirmé que lui, l'homme que nous voyons, était descendu du ciel, parce que c'était la volonté du très Haut, pas sa volonté à Lui, que celui qui l'avait envoyé voulait que ceux qui le suivent soient ressuscités au dernier jour. Ressuscité au dernier jour, cela veut dire que la vie continue après la mort, comme le croient d'ailleurs les pharisiens. Ce serait finalement avoir un avenir. 

 

La condition serait simplement de voir en lui, non pas simplement l'homme Jésus, mais le fils du très haut, béni soit-il, et de croire en lui , croire qu'il est la Présence de notre Dieu sur notre terre d'Israël, mais il me semble aussi, que ce n'est peut-être plus le Dieu de Moïse, ce Dieu qui suscite la crainte. C'est comme s'il parlait d'un autre Dieu, ce Dieu de tendresse et d'amour. 

 

Mais je doute que ce qu'il dit, puisse être entendu. Pour moi, ça a pris sens, mais je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que j'en avais besoin, parce depuis des années, j'avais envie de quitter un dieu qui fait peur, un dieu qui demande de faire, un dieu qui demande de se conformer à tous ces commandements qui bien souvent ne riment plus à rien,  pour trouver un dieu amoureux, et de rencontrer quelqu'un qui saurait nous parler de de Dieu là..

 

 

 

Le texte.

 

Comme souvent, il me parait quand même nécessaire de mettre les versets qui précèdent le texte, à savoir cette tempête qui s'abat sur les disciples, et Jésus qui marche sur les eaux, et qui symbolise peut-être ce que les disciples vivront après la passion. Les versets qui suivent le texte entendu, permettent de mieux comprendre les récriminations de ceux que Jean appelle les juifs, qui sont très très forts pour récriminer dès que les choses ne se passent pas, comme elles le devraient. Le pauvre Moîse en a fait le sfrais plus d'une fois, et cela lui a couté son entrée dans la terre promise. 

 

17 Ils s’embarquèrent pour gagner Capharnaüm, sur l’autre rive. C’était déjà les ténèbres, et Jésus n’avait pas encore rejoint les disciples.

18 Un grand vent soufflait, et la mer était agitée.

 

19 Les disciples avaient ramé sur une distance de vingt-cinq ou trente stades (c’est-à-dire environ cinq mille mètres), lorsqu’ils virent Jésus qui marchait sur la mer et se rapprochait de la barque. Alors, ils furent saisis de peur.

 

20 Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez plus peur. »

 

21 Les disciples voulaient le prendre dans la barque ; aussitôt, la barque toucha terre là où ils se rendaient.

 

Il y a l'autre rive, il y a les ténèbres, il y a la tempête, la perte des repères et l'abandon. Et c'est ce qui se passera si on relit Jn 20. Et même quand Jésus se manifeste, il est pris pour un fantôme. Mais dès qu'il se manifeste, la terre ferme est là, le solide est là. 

 

 

+++++++

 

24 En ce temps-là, quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.

25 L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »

 

Tel que c'est rédigé, Jésus se retrouve à Capharnaüm, d'abord au bord du lac, et je pense que c'est à ce moment qu'on lui pose la question du quand, puis, il va dans la synagogue. Peut-être qu'il reste en arrière- plan la proximité de la Pâque. 

 

Je ne comprends pas trop pourquoi Jean insiste tant sur l'autre rive, puisqu'au final tout se passe à Capharnaüm, mais il y aura une autre rive, celle de son passage par la mort. Je me dis aussi, que parfois pour trouver Jésus, il faut de la persévérance. Jésus ne se laisse trouver si facilement.

 

À la question du quand, qui est une bonne question, Jésus ne répond pas. 

 

 

26 Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés.

27Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. »

 

Jésus ne répond pas, comme si c'était sans importance; il fait un reproche : vous ne me cherchez pas parce que vous avez vu un signe de la Présence de Dieu parmi vous, mais parce que vous avez eu le ventre plein. Là, il y a insistance sur le mot "pain" qui va vers nourriture, celle qui se perd et celle qui sera donnée (futur) par lui, le Fils de l'homme, marqué du sceau.

 

28 Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »

29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

 

La bonne volonté continue. Une bonne question, que faut-il faire? On a la question et la réponse comme dans un livre de catéchisme, avec la centration sur "croire en lui".

 

30 Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ?

31 Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : ‘Il leur a donné à manger le pain venu du ciel.’ »

 

Là, arrive la question du signe. Moïse a parlé d'un prophète qui ferait des signes plus grands que ceux qu'il a fait. Et là, on insiste sur le fait que lui a donné le pain venu du ciel, la manne. Or jésus a pris du vrai pain donc ce n'est pas pareil.

 

32 Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel.

33 Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »

 

Moïse n'a rien fait de lui-même, il a prédit parce que Dieu le lui avait dit, que le peuple aurait désormais du pain tous les jours. Mais là, il s'agit d'un autre pain, et c'est lui qui se désigne sous ce vocable. Il est le pain qui vient d'en haut et qui donne la vie au monde. 

 

34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »

 

Évocation de ce qui s'est passé avec la samaritaine: donne -moi de cette eau-là: Jn 6, 14-15

 

14 mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »

15 La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. » 

 

Mais, pour elle, c'est pour cesser de de faire un travail qu'elle déteste. C'est du pratique. 

 

 

35 Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

 

Jésus complète ce qui commence à se dire de son identité. Il est le pain qui permet la vie, et il rassasie celui qui croit en lui et qui n'aura plus si faim ni soif.  

 

Le texte suivant nous dira que les juifs récriminent, puis se querellent; et se posent la question de l'identité de celui par parle. En fait ce qui est sous-jacent, c'est est ce qu'on peut vraiment croire que cet homme que nous connaissons et bien que plus que ce que nous voyons (il vu et il cru, dira l'évangéliste après la résurrection quand le disciple entre dans le tombeau et voit les linges pliés).

 

++++++

 

Les versets suivants, manquants;

 

36 Mais je vous l’ai déjà dit : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas.

 

37 Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors.

 

38 Car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé.

(N'est ce pas ce que Jésus dira au jardin des oliviers). 

 

39 Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour.

40 Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

 

Qu'est ce que les auditeurs pouvaient entendre de ce verbe ressusciter? Ce qui est étonnant, c'est que Jésus ne parle pas de lui, mais de nous. 

 

 

 

dimanche, juillet 28, 2024

JEAN 6, 1-15. Multiplication des pains.17° dimanche du temps ordinaire. Juillet 2024

 JEAN 6, 1-15. Multiplication des pains.17° dimanche du temps ordinaire. Juillet 2024


Préambules.

 

J'aurais préféré le texte de Marc, que je résume.


Jésus a envoyé les apôtres en mission; il les accueille à leur retour. Aujourd'hui on parlerait de débriefing, mais comme c'est impossible parce que du monde afflue en permanence, Jésus les conduit dans un endroit "désert". Je dirais un endroit du type petite plage sympa, parce qu'il y en a au bord du lac. Ces plages un peu cachées, où certains se retrouvent le dimanche (enfin le samedi). Seulement ce lieu, il est peut-être désert, il n'est pas inconnu, et voilà les gens qui partent et arrivent avant lui. Peut-être que les disciples ont eu un petit temps agréable pendant la traversée. Mais à l'arrivée, ils ne sont pas seuls et Jésus a "compassion de cette foule, qui est pour lui comme "un troupeau de brebis sans berger". Contrairement au récit johannique, ce sont les disciples - qui ont peut-être hâte de retrouver leur maître pour eux tous seuls, qui lui demandent de les renvoyer pour qu'ils puissent trouver à manger. Et c'est là où Jésus les prend à rebrousse-poil en leur disant (ordonnant) de leur donner à manger, eux. On peut imaginer leur tête. Puis c'est une question: essayer de trouver qui a quelque chose. Peut-être qu'il s'agit de leurs propres provisions qui seraient restées dans la barque. Et c'est le miracle, mais qui est raconté avec des mots que l'on retrouvera le soir du Jeudi saint. Les restes sont importants, et c'est Jésus qui renvoie les disciples en barque, et qui congédie la foule. Suivra la tempête. 

 

L'évangile de Jean, lui, sert de prélude au discours sur ce que nous avons l'habitude d'appeler le discours sur le pain de vie, parfois j'aimerais dire le pain de la vie, le pain qui fait de nous des vivants. Jésus vient de quitter Jérusalem, parce que ça va mal pour lui. Il n'est pas compris, il n'est pas entendu, et le mettre à mort est un projet qui peut être facilement réalisé. 

 

En lisant ce texte ce matin, j'ai buté sur le verset "il disait cela pour le mettre à l'épreuve"; il c'est Jésus, lui, c'est Philippe, un appelé de la première heure, un appelé qui en a appelé un autre, Nathanaël. Mettre à l'épreuve, si je me réfère à Abraham que Dieu met à l'épreuve, c'est bien voir, évaluer, ce qu'il en est de la foi. Alors il m'a semblé que ce serait bien de laisser Philippe raconter comment il a vécu ce temps. Mais je dois dire aussi que ce chapitre 6 met bien souvent ma foi à l'épreuve. 

 

Si je peux me permettre un souvenir personnel, le voici. Je suis allée en Terre sainte, en 1963, donc à une époque où on parlait de Palestine, et où Israël était tout petit. Nous étions sur le lieu de la multiplication des pains. Nous dormions dehors, sous d'immenses eucalyptus. C'était au mois d'août. Je m'étais baignée dans le lac, avait failli me faire cogner par une barque qui passait là, et je dormais du sommeil du juste. Il faut ajouter que j'étais responsable d'un groupe de 30 jeunes filles. Quelqu'un est venu me réveiller pour me dire qu'une des filles de mon groupe avait été mordu par une vipère. Je ne vais pas entrer dans les détails, parce que j'en ai beaucoup oublié, mais si elle n'est pas morte, c'est un miracle. Elle a été évacuée vers l'hôpital de Capharnaüm et sauvée au bout de beaucoup de jours. Et le matin qui a suivi cet accident, tout en lavant son duvet qui était souillé, en m'occupant finalement comme je pouvais, j'avais en moi, tout ce discours sur le pain de vie. Je ne sais pas si j'ai été mise à l'épreuve, mais c'était quand même croire en l'impossible, car la vipère qui avait mordu cette jeune fille était une vipère dont le venin est mortel., 

 

Philippe raconte

 

À Jérusalem, ça ne s'était pas bien passé. Il avait guéri un homme paralysé depuis 38 ans, et lui avait dit de rentrer chez lui en portant son brancard. Sauf que c'était un jour où légalement c'est interdit de faire cela, de porter quelque chose de lourd; c'est considéré comme un travail.. Alors les pharisiens lui étaient tombés dessus pour dire que c'était mal; et lui, il avait dit que c'était celui qui l'avait guéri qui le lui avait ordonné. Il ne savait pas que c'était Jésus. 

 

Quand Jésus s'est fait reconnaître, l'homme a prévenu les pharisiens, et du coup ils ont commencé à persécuter Jésus, parce qu'il avait fait travailler cet homme. Et Jésus ne sortait plus beaucoup: ils lapident facilement.

 

Ils n'ont pas compris que c'était la guérison, pas de porter ou de ne pas porter.

 

Ils lui en voulaient aussi, et encore plus, parce qu'il disait que Dieu était son père; et que Lui, il faisait comme son père, qui était toujours à l'œuvre. Il y a eu un grand débat, ça discutait haut et fort, et finalement il les a plantés-là en leur disant que s'ils croyaient en Moïse, ils croiraient aussi en lui; et ça, ça les a exaspéré.

 

Quitter Jérusalem était question de vie ou de mort, et nous sommes partis. 

  

À Capharnaüm aussi ce n'était pas simple et nous avons pris la barque pour aller ailleurs. 

 

Nous avons débarqué, et nous sommes un peu montés sur une colline, mais pour nous c'est une montagne. On surplombait le lac. Cette petite ascension, toute petite, c'est comme si nous accompagnions Moïse à l'Horeb. Enfin c'était mon impression: Jésus, le nouveau Moïse. 

 

Lui, une fois arrivé, semblait absent. Il était assis, les yeux fermés. Seulement les gens nous avaient vus partir, et ils s'étaient donnés le mot; et ils arrivaient aux aussi d'un peu partout. Je crois que bruit l'a sorti de sa torpeur, et en ouvrant les yeux, il a vu tous ces gens qui arrivaient, arrivaient arrivaient, les uns en barque, les autres à pied. 

 

Il a parlé, parlé, parlé. Les gens l'écoutaient, fascinés. Le soir allait tomber. Il m'appelle et me demande où on peut acheter du pain pour les nourrir. Je l'ai regardé comme s'il était fou. Là, dans un endroit désert, trouver à manger. Et payer avec quoi. Il y avait bien plus de 5000 personnes si on compte les femmes et les enfants. C'était vraiment insensé. Et pourquoi m'a-t-il demandé cela à moi? J'étais perdu et presque en colère contre lui. Des sous, nous n'en n'avons pas. Et aller où pour trouver une telle quantité de pain?

 

Là-dessus, André est arrivé. Il avait dû demander qui avait à manger, peut-être pour partager avec ceux qui n'avaient rien, qui étaient partis tôt, pour voir Jésus et pour l'entendre, pour le découvrir. Il a dit qu'il y a un jeune garçon qui avait cinq pains d'orge et deux poissons. Les pains d'orge, je ne sais pourquoi, cela m'a fait penser aux pains que les prêtres mettent tous les jours sur l'autel, et à la fête de pâque qui approche, cette fête de la libération et du partage. 

 

Et puis, j'avais l'impression qu'il y avait des gens qui n'étaient pas contents et ils me faisaient penser aux hébreux dans le désert qui récriminaient contre Moïse, parce qu'ils avaient tout quitté et qu'ils avaient faim: faim de pain, faim de viande.

Mais je continuais à me demander pourquoi il m'avait demandé ça à moi et pas à Simon ou à Judas qui tient la bourse commune.

 

Jésus a pris les pains. Il a pris les poissons. Il nous a dit de dire à la foule de s'asseoir. Beaucoup étaient déjà en train de partir. Ils sont revenus, ils se sont assis dans l'herbe. De la belle herbe, de l'herbe verte comme celle du psaume que Jésus aime tant: "sur les prés d'herbe verte il me fait reposer".

 

Les pains, il les avait dans ses mains. Il a rendu grâce, comme nous faisons avant chaque repas et là, croyez-moi ou non ce n'était plus cinq pains mais des pains, beaucoup de pains, des centaines de pains. 

 

À Cana l'eau était devenue vin. Là, les pains étaient devenus des pains. Et pourtant il n'avait prononcé aucune autre parole que la bénédiction. Ces pains il les a distribués et moi, je regardais, sans comprendre. Avec les poissons il a fait de même. Que s'est-il passé entre son Père et lui, qu'a-t-il demandé? Je ne le sais pas. 

 

 Les gens ont mangé; les pains et les poissons, et il y en avait trop, à tel point qu'on a ramassé douze corbeilles. Mais entre eux, une sorte de rumeur s'enflait à propos de Jésus. Certains voyaient en lui, le prophète annoncé par Moïse, d'autant qu'il venait de les nourrir comme Moïse avait nourri le peuple avec la manne dans le désert. 

Mais lui il n'a pas retransmis une parole du très Haut, qui avait parlé à Moïse et à Aaron pour annoncer ce que le peuple aurait à manger; non, il a rendu juste grâce. Et je me demandais moi quelle était la force de ce lien qui était entre lui et celui qu'il appelle son père et que nous, nous osons appeler Adonaï.  Et certains autres voyaient en lui le descendant de David, le nouveau Roi; et ceux-là voulaient s'emparer de lui et le faire leur roi. 

 

Moi, j'avais cru que ce ne serait possible de trouver du pain, et de nourrir une foule avec ce peu. Mais ce que j'avais vu, sans rien comprendre, me prouvait le contraire .  

 

Il lui était possible de transformer de l'eau en vin, de convertir toute une ville de Samarie, de guérir sans se déplacer le fils d'un haut fonctionnaire, de mettre debout un homme paralysé depuis dix-huit ans, alors pourquoi ne pourrait-il pas nourrir une foule avec cinq pains et deux poissons, et les rassasier? 

 

Alors j'ai commencé à voir en lui, en lui qui un jour m'avait dit de le suivre, celui qui était la lumière du monde. 

 

Jésus, qui sait tout ce qu'il y a dans l'homme, alors que la nuit tombait vraiment, a disparu dans la montagne, dans une grotte dont lui seul connaissait l'existence; et nous nous sommes retrouvés, seuls, à ne pas savoir ce que nous devions faire, ce qu'il attendait de nous. Mais tous, nous avions vu ces pains et ces poissons et cette foule. Nous avons vu ce signe, mais nous ne l'avons pas compris, cela nous dépassait. Il y a parfois du trop qui remplit de crainte et qui fait peur.
Qui est-il, celui que nous suivons? 

 

 

Travail sur le texte.

 

1 En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade.

2 Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades.

3 Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples.

4 Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.

 

 

 Aucune transition entre la guérison du paralytique et cet épisode. Sauf que Jésus a bien raison de quitter Jérusalem. Maintenant, qu'est-ce que Jean nomme "l'autre côté"? Une autre rive qui serait dans une découpe de la côte, ou carrément en territoire dit païen? Sauf que ça ne colle pas vraiment avec les synoptiques; un endroit désert est pour moi un endroit sans habitations, en dehors des villes.

 

Je trouve que le "Jésus gravit" est très "majestueux" et que cela met d'emblée Jésus, dans la position de Moïse. Cela condense la finale du chapitre 5,46-47: "Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est à mon sujet qu’il a écrit. Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles?" Et aussi la référence à la manne que l'on trouvera par la suite.

 

Étonnant, le mot "signe". Est- ce que les foules voient vraiment cela, ou plutôt un homme qui guérit, qui fait des miracles; et lui courent après pour en avoir encore plus. Là il n'est pas question de ce "il les enseigna longuement" que l'on trouve chez Marc, mais bien de la proximité de la Pâques (libération, repas de célébration).

 

5 Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui.

 

Un peu comme si Jésus avait finalement débarqué avant que la foule n'arrive, et qu'il se repose. Peut-être a-t-il les yeux mi-clos? On a l'impression que quand il lève les yeux et découvre la foule, c'est comme s'il émergeait. Je crois qu'on retrouvera cette formulation en Jn 17,1: Ainsi parla Jésus; puis il leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie.

 

Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »

6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.

 

Jésus s'adresse donc à Philippe, avec une question qui parait folle, qui est là pour le mettre à l'épreuve, donc pour tester quelque chose. Et ce commentaire du rédacteur; il savait ce qu'il allait faire. Jésus maître de sa destinée.

 

 

7 Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. »

La question de Jésus, est: "où". La réponse est sur le "comment". On n'a pas de sous, et même si on en a, on n'en n'a pas assez, et ce serait comme une miette. Ce qui va s'opposer à l'abondance des douze corbeilles.

 

Jésus se centre d'emblée sur le repas. Il ne demande pas à la foule ce qu'elle veut. Je pense au chapitre précédent (Jn 5), qui rapporte la guérison de l'homme qui n'avait pas la force de se plonger dans l'eau pour guérir. Se plonger dans l'eau, c'est le baptême. Là c'est la foule qui n'a pas ce qui faut pour manger. Et elle va avoir plus que ce qu'elle prend uniquement pour du pain. J'ai souvent pensé que les premiers chapitres de l'évangile de Jean étaient une catéchèse. 

 

8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :

9 « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! »

 

Très curieux, cette intrusion d'André dans le dialogue. Comment a-t-il fait pour voir? Est-ce que la question de la faim se pose dans la foule? Qui est ce jeune garçon, et quelle est la taille des pains qu'il a? Pour moi les pains d'orge évoquent, pas seulement le pain des pauvres, mais le pain de la Pâque. 

 

 

10 Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes.

 

Un ordre: les faire asseoir. Est-ce qu'il y a du mécontentement dans la foule, comme jadis parmi les hébreux dans le désert? 

 

11 Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient.

 

Là, il y a cette prière normale. Mais il n'y a pas de demande de faire quoique ce soit. Simplement remercier et bénir celui qui donne tout. Et c'est l'abondance.

 

12 Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. »

13 Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.

 

Garder ce qui est en trop, pour en faire quelque chose (donner à qui ensuite)? 

Phrase curieuse: "pour ceux qui prenaient cette nourriture". Est-ce que certains l'ont refusée?  

 

14 À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. »

13 Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.

 

 

Ce qui vient de se passer prend sens, et renvoie à la prophétie de Moïse, "Je mettrai parmi vous un prophète comme moi". Mais là, en Jésus, ils voient plus qu'un prophète, ils voient un roi. et il préfère se sauver, comme il le fait dans le temple.

 

15 Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

 

Je suis toujours étonnée par le "de nouveau". Sauf que le verbe se retirer, on le trouve plus d'une fois, comme si, à certains moments, Jésus retirait son épingle du jeu, parce qu'il est trop tôt. Quand ça va trop mal, il se retire.

 

            ANNEXE: COMPARAISON ÉVANGILES DE MARC ET DE JEAN. 

 

 

 

MARC 6,  34—45

 

 

JEAN 6, 1-16

 

34 En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.

 

 

01 Après cela, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade.

02 Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades.

 

 

03 Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples.

04 Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.

 

5 Déjà l’heure était avancée ; s’étant approchés de lui, ses disciples disaient : « L’endroit est désert et déjà l’heure est tardive.

 

36 Renvoie-les : qu’ils aillent dans les campagnes et les villages des environs s’acheter de quoi manger. »

 

 

 

37 Il leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répliquent : « Irons-nous dépenser le salaire de deux cents journées pour acheter des pains et leur donner à manger ? »

 

 

 

 

 

 

 

 

05 Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »

 

 

06 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.

07 Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. »

 

 

8 Jésus leur demande : « Combien de pains avez-vous ? Allez voir. » S’étant informés, ils lui disent : « Cinq, et deux poissons. »

8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :

09 « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! »

 

 

9 Il leur ordonna de les faire tous asseoir par groupes sur l’herbe verte.

40 Ils se disposèrent par carrés de cent et de cinquante.

 

 

0 Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes.

 

 

41 Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction et rompit les pains ; il les donnait aux disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre eux tous.

 

 

11 Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient

 

 

2 Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés

 

 

 

.

 

43 Et l’on ramassa les morceaux de pain qui restaient, de quoi remplir douze paniers, ainsi que les restes des poissons.

 

 

12 Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : 

 

« Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. »

 

13 Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.

 

44 Ceux qui avaient mangé les pains étaient au nombre de cinq mille hommes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

45 Aussitôt après, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, vers Bethsaïde, pendant que lui-même renvoyait la foule.

 

14 À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. »

15 Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

 

 

16 Le soir venu, ses disciples descendirent jusqu’à la mer.

 

 

dimanche, juillet 07, 2024

MATTHIEU 9, 2-5; 20-22.DEUX GUÉRISONS.

MATTHIEU 9, 2-5; 20-22 : DEUX GUÉRISONS

 

Contrairement à ma manière de faire habituelle, c'est-à-dire de travailler les textes verset après verset (ce qui a été fait: blog Intimes: https:// obsidiennes.blogspot.com), pour ne pas alourdir, j'ai ici simplement raconté les réflexions réflexions soulevées en moi par ces textes, en restant "collée" à l'évangile de Matthieu, puis laissé venir, ensuite, les récits racontés par les bénéficiaires. 

 

Ce que me disent ces récits

 

 Ces deux guérisons ont été proposées en lecture de semaine. Jésus revient au pays des Gadaréniens, en Décapole, où somme toute, ça ne s'est pas très bien passé pour lui (nettement mieux pour l'homme qui était habité par une légion de mauvais esprits), puisqu'en bon français, Jésus s'est fait virer - pas manu militari mais presque - de cette contrée:  ("Ils le suppliaient de quitter leur ville", comme d'ailleurs les démons l'ont supplié de les faire aller dans le troupeau de porcs).  Jésus remonte donc dans sa barque, et retourne dans sa ville. 

 

            La guérison du paralytique

 

Le récit est très sobre, surtout si on le compare à celui de Luc (voir annexe ) . On ne sait pas combien il y a de porteurs, on sait juste que des hommes présentent à Jésus un paralytique sur une civière. On nous dit que Jésus, voyant "leur" foi, s'adresse à l'homme impotent et lui dit: mon enfant, tes péchés sont pardonnés. Peut-être que c'est l'insistance des amis qui a permis le miracle, peut-être que c'est la foi conjuguée des uns et autres qui est à l'œuvre. C'est, pour Matthieu, l'importance de la communauté, celui qui a besoin d'aide et qui a confiance, mais aussi la confiance de la communauté toute entière.

 

Beaucoup de commentateurs insistent sur la foi des porteurs, comme si le paralysé, lui, comptait pour du beurre. Or cela m'insupporte, parce qu'une fois de plus c'est faire d'un malade une chose qui n'a pas la parole. Et ce que dit Jésus est quand même étrange. Il lui dit "confiance mon enfant" (d'autres traductions disent "mon fils") ce qui introduit d'emblée un lien très particulier. 

 

C'est comme si Jésus établissait d'emblée un lien affectif avec cet homme qui est peut-être rejeté, parce qu'il est vécu comme un fardeau.  Jésus l'introduit dans cette nouvelle famille qui est celle qu'il crée, cette famille avec des appelés de tous bords (il appellera Matthieu juste après): des gens de bonne volonté qui lui font confiance. Et ce qu'il dit est étrange, puisqu'il lui dit que ses péchés sont pardonnés, alors qu'on s'attend à une guérison de la pathologie. Jésus ne répondrait-il pas à une autre demande, non formulée, mais quand même la plus importante? Se reconnaître pécheur, reconnaître la force de la paralysie liée à la présence du mal qui est en nous?  

 

En général Jésus demande à ceux qui viennent ce qu'ils veulent, (c'est ce qu'il fait avec le lépreux qui lui demande de le purifier); mais, avant d'embarquer pour Gérasa, Jésus a guéri tous ceux qu'on lui présentait: possédés et malades, "il les guérit tous", dit le rédacteur. Là, ce qui se passe est différent.  

Il me semble que cela peut poser la question de la relation entre le péché (culpabilité) et la maladie qui vous est tombée dessus, or il n'est pas du tout exclu que ce soit le cas de cet homme qui est peut-être persuadé que le mal qu'il a pu faire est responsable de ce qu'il vit dans sa vie: la paralysie étant une punition. La petite phrase "Qu'est -ce que j'ai bien pu faire au bon Dieu?", que l'on entend encore si souvent, traduit bien cela. 

 

Sauf que cet homme qui est "maintenant" un enfant aimé, un enfant reconnu, est délivré de ce qui l'entravait, et cela c'est déjà une guérison, celle dont il avait besoin, celle qui répond à son besoin, même si ce n'est pas une guérison somatique. Est-ce que l'homme aurait retrouvé la motricité une fois sur le chemin du retour, comme les dix lépreux qui sont guéris dans un second temps, nous ne le savons pas, puisque la phase de Jésus provoque la polémique. 

Qui est-il celui-là, pour qui se prend-il se disent les scribes qui connaissent leurs écritures. Il faut dire que cette question, d'autres se la sont déjà posée lorsque la tempête a été apaisée: "qui est-il celui-là, que même la mer et le vent lui obéissent"? Ici il n'y a pas de crainte, mais de la colère, et l'accusation: "Il blasphème". 

 

La réponse de Jésus, qui se contente de parler de ces "mauvaises pensées qui sont dans leur cœur," de ces pensées qui sont bien plus paralysantes finalement que la maladie somatique, parce qu'elles enserrent, rigidifient, bloquent, étouffent finalement, est simplement d'affirmer son identité en tant que Fils de L'Homme; donc de pardonner les péchés sur cette terre, et de guérir, ce qui montre bien la puissance de Vie qui est en lui. 

 

Jésus espère que cette guérison va leur ouvrir les yeux, mais il me semble qu'il n'en est rien. 

 

C'est alors le relèvement du malade, avec un ordre: se lever, prendre sa civière et rentrer chez lui. Des porteurs, il n'est plus question. Ce qui me semble important, c'est la succession des ordres. Lève-toi, toi qui étais allongé; mets- toi debout, sois vivant: le poids qui pesait sur tout ton corps est parti. Mais cette civière qui a fait partie de ta vie, ne la laisse pas là en plan. Elle est à toi, elle est un peu toi, ramène là avec toi, chez toi, c'est ton passé; à toi maintenant de bâtir ton présent. Je dois dire que cela me semble important: Jésus nous guérit avec tout ce que nous sommes, et même si du coup le passé semble passé, il est là dans notre présent, et il peut servir aussi à quelque chose, ne serait-ce que de témoigner de ce qui est advenu. 

 

Voilà donc cette première guérison, avec ce qui a été important pour moi, ces mots "mon enfant", mots qui font écho avec ce qui se passe pour la femme qui perdait du sang: "ma fille".

Là encore la version matthéenne, est presque lapidaire.

 

            La guérison de la femme hémorroïsse

 

Elle intervient alors que Jésus est en route pour la maison de ce notable qui vient de perdre sa fille, ce qui est différent des autres récits où la jeune fille est certes à l'article de la mort, mais vivante quand le père, joue le tout pour tout. Tout est centré sur la femme, qui elle aussi joue le tout pour le tout: s'approcher malgré la foule (qui ici n'est pas mentionnée), par derrière pour ne pas être vue; se courber pour toucher furtivement la frange du manteau ( ce qui d'après ce que j'ai lu, fait que Jésus n'est pas contaminé par l'impureté de la femme); et croire que la force de bonté qui est Jésus peut agir, que le simple fait de le toucher, cette source de vie, permettra à la source du mal de se tarir. 

Là, apparemment il ne se passe rien. Simplement Jésus se retourne, la voit qui essaie peut-être de se sauver (peut-être déçue car il ne s'est rien passé, elle n'a rien ressenti), et qui lui adresse ces mots "confiance ma fille, ta foi ta sauvée". Et c'est là que la guérison se fait, que la source se tarit. C'est une parole qui lui rend son identité de fille, de celle qui appartient à cette nouvelle famille de ceux qui croient. C'est une parole de vie, qui la reconnaît, et qui la guérit.

 

En écoutant résonner en moi ces deux récits et ces phrases, "confiance mon enfant, tes péchés sont pardonnés" et "confiance ma fille ta foi t'a sauvée", que l'envie de laisser parler ces deux personnes est venue. 

 

Je précise à nouveau que, dans ces récits, je ne tiens pas compte des apports des autres évangélistes; j'essaie de rester la plus fidèle possible au texte proposé par Matthieu, ce qui explique que la guérison de la femme hémorroïsse puisse paraître un peu étonnante.

 

Le paralytique de Capharnaüm raconte

 

J'ai entendu parler d'un certain Jésus de Nazareth qui est maintenant à Capharnaüm, et qui est un guérisseur. Seulement il n'est pas le guérisseur attitré de cette ville, il bouge beaucoup et il paraît même qu'il est parti en Décapole. J'espère qu'il va revenir et que je trouverai des personnes qui voudront bien me conduire à lui, parce que je n'en peux plus de mon impotence. Tous les jours on me dit que je suis un poids, que je ne sers plus à rien et surtout que c'est bien fait pour moi. Et au fond de moi, je suis bien d'accord avec cela. Cette maladie c'est ma punition pour tout ce que j'ai fait de mal dans ma vie, et cela me ronge à petit feu. Il est bien dit que le Seigneur punit les impies, ceux qui font du mal aux pauvres et aux petits. S'il guérit des possédés, il pourra bien me guérir de mes péchés.

 

Quand mes proches ont su qu'il était rentré de la Décapole, la hâte m'a pris: il fallait que je le rencontre, que je sois touché par lui, qu'il m'impose les mains. Je ne sais pas si je veux être guéri - au fond de moi je sais qu'il peut le faire, lui qui aurait apaisé une tempête - mais ce dont j'ai besoin, c'est de paix.

 

 Deux hommes de ma famille ont bien voulu me transporter jusqu'au lieu où il réside avec des disciples. Ce deux-là, ils ont déjà vu Jésus, et ils lui font confiance; ce sont eux qui m'ont parlé de lui, et donné cette envie de le voir. 

 

Jésus était sur le pas de la porte quand nous sommes arrivés. Les gens s'écartaient pour nous laisser passer. Il y avait ses disciples, mais aussi des scribes. Je me demandais ce qu'ils faisaient là. 

 

Il nous a vus arriver. Il m'a regardé, et m'a dit "Confiance mon enfant, tes péchés sont pardonnés". Et là, j'ai ressenti, dans tout mon être, que ce que l'on appelle l'amour et la miséricorde de Dieu, cela passait par lui, et se donnait en lui. Et je me suis senti libre, comme je ne l'avais jamais été. 

 

Seulement les scribes, eux, ils ne pouvaient pas deviner ce qui s'était passé pour moi, ils ne pouvaient pas savoir qu'être appelé "mon enfant", cela m'avait bouleversé, ils ont commencé à faire une tête pas possible. Ce que je veux dire, c'est que moi qui suis rejeté, là je me suis senti accueilli, comme si je rentrais dans une nouvelle famille, sa famille à lui. Les scribes, ils n'avaient entendu que la finale, que mes péchés étaient pardonnés. D'ailleurs il n'a pas dit que lui pardonnait mes péchés mais que mes péchés étaient pardonnés, ce qui n'est pas la même chose, sauf que les scribes, ils entendent ce qu'ils veulent.

 

Jésus savait très bien ce qu'ils pensaient, que personne ne peut pardonner les péchés: c'est bien le Très Haut qui a pardonné à David, et pas le prophète Nathan!

 

Alors il leur a parlé, il leur a dit que c'était aussi facile pour lui de pardonner les péchés que de guérir. Là, il s'est adressé à nouveau à moi, en me disant de me lever, de prendre ma civière et de rentrer chez moi. 

 

Je me suis levé, car cela je pouvais le faire, puisque je sentais en moi une force qui me prenait par la main et me mettait debout, tout allégé que je l'étais du poids de mes péchés. 

 

J'aurais bien laissé là ma civière, mais lui ne le voulait pas, et je suis rentré dans la maison. Ma vie a repris, on pourrait dire comme avant, seulement pour moi c'est autre chose: il m'a libéré de mon esclavage, de mon Égypte intérieure, celle qui m'empêchait de vivre, et c'est bien de cette paralysie-là qu'il m'a sauvé.

 

 

La femme qui perdait du sang raconte

 

Cela fait douze longues années que du sang s'écoule de moi en permanence. En permanence je suis impure, en permanence j'ai mal, en permanence je me cache et je dais faire attention à ne frôler personne, surtout pas un homme qui deviendrait impur à mon contact. 

 

Des médecins j'en ai consulté, des guérisseurs aussi, parce qu'au bout d'un certain nombre d'années, on ne sait plus à qui se vouer! 

 

J'avais entendu parler de ce nouveau guérisseur, qui serait originaire de Nazareth et qui habite maintenant à Capharnaüm. En moi, une sorte d'espérance est née: si j'arrivais à m'approcher de lui, à toucher simplement son vêtement, je serais guérie. Je pensais au prophète Elisée, qui dans sa tombe a donné vie à un mort qui avait jeté et qui avait touché ses ossements. Je savais aussi qu'il était plus qu'un guérisseur, j'avais entendu qu'il avait parlé de ceux qui avaient un cœur de pauvres, de ceux qui avaient un cœur pur, et moi de la pureté, j'en avais une soif intense.

 

Ce jour là, un notable de la ville lui avait demandé de venir chez lui, pour toucher sa fille qui venait de mourir, et ainsi lui redonner vie. Beaucoup, beaucoup de monde les suivaient pour voir ça. Et moi, je me suis dit que c'était peut-être le bon jour pour moi. Il y avait beaucoup de monde, je pourrais me fondre dans la foule, m'approcher de lui en douce, le toucher et peut-être que la force qui est en lui tarirait la source de mon mal et me rendrait ma pureté. 

 

Me fondre dans la foule, je l'ai fait. M'approcher de lui par derrière je l'ai fait; toucher la frange de son vêtement, malgré des regards réprobateurs, je l'ai fait. Partir en arrière, j'étais en train de le faire quand il s'est retourné… Nos regards se sont croisés, il s'est arrêté de marcher, il m'a dit: Confiance ma fille. Personne ne m'appelle ma fille depuis des années, même ma mère ne me connaît plus. Confiance, ma fille. Cela résonnait en moi. Il a ajouté: ta foi t'a sauvée; et là, j'ai senti que la source en moi était tarie, asséchée. J'étais propre dedans, j'étais propre dehors, et cela c'était lui qui l'avait fait. 

 

Je n'ai pas pu lui dire merci, parce qu'il était déjà reparti, et peut-être que cela aussi m'a fait du bien je veux dire procuré du bonheur. Il n'attendait pas de moi des dons, des offrandes, ma joie lui suffisait, et ma foi en lui, en tout ce qu'il pourra dire et faire est celle d'une petite fille qui sait que son père peut tout pour la rendre heureuse. En lui, est la Présence de l'Éternel, il m'a permis d'y goûter, loué soit-il.

 

 

 

Annexes.

 

Guérison du paralytique de Capharnaüm

 

Matthieu 9, 1-

Marc 2,1-2

Luc 5, 17-26

01 Jésus monta en barque, refit la traversée, et alla dans sa ville de Capharnaüm.

 

 

 

 

 

 

 

 

02 Et voici qu’on lui présenta un paralysé, couché sur une civière. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »

 

 

03 Et voici que certains parmi les scribes se disaient : « Celui-là blasphème. »

 

 

 

 

 

 

 

04 Mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda : « Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ?

 

05 En effet, qu’est-ce qui est le plus facile ?

 Dire : “Tes péchés sont pardonnés”,

 

 ou bien dire : “Lève-toi et marche” ?

 

 

06 Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés… 

 

 

– Jésus s’adressa alors au paralysé 

 

– lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison. »

 

 

 

 

 

07 Il se leva et rentra dans sa maison

 

 

 

 

 

 

08 Voyant cela, les foules furent saisies de crainte, et rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.

 

 

01 Quelques jours plus tard, Jésus revint à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison.

02 Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte, et il leur annonçait la Parole.

 

03 Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes.

 

 

 

04 Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.

 

 

 

 

 

05 Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfanttes péchés sont pardonnés. »

 

 

 

06 Or, il y avait quelques scribes, assis là, qui raisonnaient en eux-mêmes :

07 « Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »

 

 

08 Percevant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils se faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ?

 

09 Qu’est-ce qui est le plus facile ? 

Dire à ce paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, 

 

ou bien lui dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ?

 

10 Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… 

 

 

– Jésus s’adressa au paralysé –

 

 

11 je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison. »

 

 

 

12 Il se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. 

 

 

 

 

Tous étaient frappés de stupeur et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »

 

1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8 Arrivent des gens, portant sur une civière un homme qui était paralysé ; ils cherchaient à le faire entrer pour le placer devant Jésus.

 

19 Mais, ne voyant pas comment faire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et, en écartant les tuiles, ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu devant Jésus.

20 Voyant leur foi, il dit : « Homme, tes péchés te sont pardonnés. »

 

 

 

21 Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner : « Qui est-il celui-là ? Il dit des blasphèmes !Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »

 

 

22 Mais Jésus, saisissant leurs pensées, leur répondit : « Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ?

 

 

 

 

23 Qu’est-ce qui est le plus facile ? 

Dire : “Tes péchés te sont pardonnés”,

 

 

ou dire : “Lève-toi et marche” ?

 

 

24 Eh bien ! Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité sur la terre pour pardonner les péchés, 

 

 

– Jésus s’adressa à celui qui était paralysé 

 

 

–je te le dis, lève-toi, prends ta civière et retourne dans ta maison. »

 

 

25 À l’instant même, celui-ci se releva devant eux, il prit ce qui lui servait de lit et s’en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu.

 

 

26 Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu. Remplis de crainte, ils disaient : « Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui ! »

 

 

 

-On peut noter que Jésus ne dit pas je te pardonne, mais dit "tes péchés sont pardonnés", ce qui évoque ce qui se passera sur la croix quand il dire: père pardonne leur Luc  23, 34. 

-Les trois évangélistes notent que Jésus, parle de lui, comme le Fils de l'homme, qui a le pouvoir dès maintenant de remettre les péchés, sur la terre. Enfin que les foules sont saisies de crainte (ce qui peut faire penser à l'Exode, quand le Seigneur de manifeste soit à Moïse (Ex 3) soit au Sinaï. 

-Selon les traductions, Jésus s'adresse au paralytique en disant mon enfant ou mon fils. La version grecque dit enfant, la vulgate dit fils. Quant Luc, il dit "homme".

-peut-être que l'on peut faire un parallèle avec Jn 5, la guérison du paralysé de la piscine de Bethzatha, où c'est le fait de voir cet homme porter son brancard le jour du Shabbat qui provoquera l'ire des pharisiens. 

 

 

 

 

Guérison de la femme qui perdait du sang. 

 

Matthieu 9,20-22

Mc 5, 25-34

Lc 43-48

20 Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement.

 

 

21 Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée

25 Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… –

26 elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –

27 cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement.

 

28 Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »

 

 

29 À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.

 

43 Or, une femme qui avait des pertes de sang depuis douze ans, et qui avait dépensé tous ses biens chez les médecins sans que personne n’ait pu la guérir,

 

 

 

 

 

44 s’approcha de lui par-derrière et toucha la frange de son vêtement. 

 

 

 

 

 

 

 

À l’instant même, sa perte de sang s’arrêta.

 

 

30 Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortiede lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? »

 

 

 

 

45 Mais Jésus dit : « Qui m’a touché ? »

 

31 Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” »

.

Comme ils s’en défendaient tous, Pierre lui dit : « Maître, les foules te bousculent et t’écrasent. »

 

 

46 Mais Jésus reprit : « Quelqu’un m’a touché, car j’ai reconnu qu’une force était sortie de moi. »

 

,22 Jésus se retourna et, 

 

 

 

 

 

 

la voyant, lui dit : « Confiance

ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée.

32 Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela

 

33 Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.

34 Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »

 

 

 

 

47 La femme, se voyant découverte, vint, toute tremblante, se jeter à ses pieds ; elle raconta devant tout le peuple pourquoi elle l’avait touché, et comment elle avait été guérie à l’instant même.48 Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix. »

 

-Chez Marc et Luc, c'est le fait de toucher qui provoque la guérison. De fait chez Matthieu, on ne sait pas, mais il me semble que la parole soit nécessaire. Cela fait un peu penser à un jeu de cache-cache entre Jésus et la femme, surtout chez Marc et Luc. 

-Le récit qui reprend ensuite (la fille de Jaïre), permet à la femme de rester dans son anonymat.