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samedi, février 25, 2023

Mt 4, 1-11. Les tentations. Premier dimanche de carême. Février 2023

 Mt 4, 1-11. Les tentations après le baptême.

 

 

Curieux, ce texte, qui rapporte un épisode où les spectateurs étaient absents. Alors, que veut nous faire entendre le narrateur? Certainement l'importance du combat qui va se jouer entre le tentateur et le Fils du Très Haut, ce combat qui se joue encore et encore, avec tous ceux qui veulent être les maitres du monde, et qui se joue certainement en nous. Mais peut-être peut-on aussi faire un lien entre ce texte qui est à l'ouverture des évangiles synoptiques, juste avant le début de que l'on appelle la vie publique de Jésus, et un autre texte, qui lui non plus n'aura pas de spectateurs (ceux-ci étant endormis), à savoir la nuit à Gethsémani, nuit qui ouvre le temps de la passion. C'est cette nuit où Jésus subit à nouveau, avec sa mort toute proche, la tentation d'utiliser peut-être son pouvoir de Fils de Dieu et de faire sa volonté. Nuit qui inaugure un autre temps, un temps nouveau. 

 

On peut supposer que c'est Jésus qui a raconté cela à ses disciples. Ne nous dit-on pas souvent que Jésus les enseigne en privé. Et qui d'entre nous n'aimerait avoir été une petite souris pour écouter ce qui a été dit dans le secret? 

 

Comme je l'ai écrit dans le passé, on peut se demander s'il s'agit de tentations ou d'une sorte de mise à l'épreuve, ce qui évoquerait ce qui s'est passé pour Abraham, qui s'est trouvé sur une montagne, avec un choix à faire. 

 

Je renvoie à des textes antérieurs, très centrés sur cette notion d'épreuve, qui vont de  2009 à 2013. https://giboulee.blogspot.com/2009/11/les-tentations-de-jesus-au-desert.html

https://giboulee.blogspot.com/2013/05/epreuve-ou-tentation.html


 Le dernier billet, la complainte du diable; avec un peu d'humour on pourrait dire "damned".  

 


Ce que l'on sait, quand on reprend les écrits, c'est que Jésus vient de recevoir le baptême, qu'il y a eu une théophanie, même si elle est très discrète, et que ce sera avec la présence de l'amour du Père et de l'Esprit saint que Jésus s'affrontera au malin, qui va jouer sur la convoitise, sur l'orgueil, pour essayer d'empêcher le dessein de Dieu de prendre vie et force. Le combat est donc signifié clairement à ce moment où Jésus entre véritablement dans l'histoire.

 

Travail sur le texte

 

1 En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert pour être tenté par le diable.

2 Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.

 

La manière dont Matthieu rapporte cet épisode montre qu'il y a là comme un passage obligé (on retrouvera cela autrement à Gethsémani). Il y a bien une lutte. Et, comme Moïse dans les temps anciens, Jésus sur la montagne, en présence de Dieu, ne se nourrit pas, pendant quarante jours et quarante nuits. Cela évoquerait ce deuxième temps dans la vie de Moïse, Ex 34, 27-28 . De la faim de Moïse il n'a jamais été question. Mais cela montre que Jésus est pleinement homme et qu'il a ses limites, même si la durée a une valeur symbolique.   

 

3 Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »

4 Mais Jésus répondit : « Il est écrit : ‘L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.’ »

 

Il y a ce "si", comme si le tentateur n'était pas tellement sûr. Peut-être que ce "si" fera écho à ces demandes de guérison où l'on sent le doute: "Si tu veux, guéris-moi de la lèpre", "Si tu peux, fais quelque chose", "viens à notre secours" dira le père de l'enfant épileptique. Mais le diable étant ce qu'il est, il s'agit bien de pousser Jésus dans ses retranchements. Quant à ce changement de structure, des pierres qui deviennent des pains, il m'a toujours fait penser à un conte de Grimm: petite table couvre toi, mais aussi à ces cœurs de pierre qui grâce à Jésus deviendront cœurs de chair.

 

5 Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple

6 et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : ‘Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre.’ »

7 Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : ‘Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.’ »

 

 

Là, ca bascule un peu dans le grand spectacle. Voilà Jésus qui se retrouve à Jérusalem, et au sommet du Temple. En fait, c'est difficile à imaginer. Peut-être au-dessus soit de la Géhenne soit du Cédron, mais on peut imaginer un bel à pic. Jette toi en bas: si tu es un homme tu te tues, si tu es le fils, tu n'as rien à craindre. Et la réponse de Jésus, qui répond à des citations par une citation, laisse le tentateur sur la faim. Jésus n'est pas Icare, Jésus ne se prend pas pour Dieu, Jésus est Dieu. 

 

8 Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire.

9 Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. »

10 Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! Car il est écrit : ‘C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte.’

 

Et la chevauchée continue; voila une très haute montagne. Curieusement on peut penser au Mont Nébo, mais peut-être est-ce en dehors d'Israël. Et c'est la tentation de dominer le monde. Mais si cela c'est le but du mauvais, ce n'est en rien le projet de Jésus, et c'est encore un échec pour le Tentateur. Cette gloire là n'a aucun intérêt. 

 

11 Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

 

Quand je lis le début de ce verset, je pense à ce qui se passe pour la belle-mère de Pierre, "et la fièvre la quitta", fièvre qui signe de la présence maléfique. Et là, c'est ce qui se passe. Le mal s'en va. Et la place libérée permet à ces êtres d'en haut de servir celui qui sera le serviteur. 

 

Interprétations bibliques des tentations

 

La revue Christus: https://www.revue-christus.com/article/les-tentations-de-jesus-1114 fait remarquer que les tentations suivent ce qui est rapporté dans le livre du Deutéronome, après les évènements de l'exode. Dt8,3 renvoie à la manne; Dt 6,16 renvoie à l'épisode des eaux de Mériba où le Seigneur a été mis à l'épreuve, a été tenté; et enfin Dt 6,13 renvoie à la condamnation du culte des faux dieux: "Le Seigneur ton Dieu tu adoreras et à lui seul tu rendras un culte". 

 

Une autre interprétation https://www.gotquestions.org/Francais/tentations-de-jesus.html montre que les tentations de Jésus suivent trois modèles communs à tous les hommes:

 

La première tentation est celle de la convoitise de la chair (Matthieu 4.3-4), qui comprend tous les désirs physiques. Notre Seigneur avait faim et le diable l’a incité à changer les pierres en pain; Jésus a répondu en citant Deutéronome 8.3

 

La deuxième tentation était celle de l’orgueil de la vie (Matthieu 4.5-7). Ici, le diable a voulu se servir d’un passage des Écritures contre lui (Psaumes 91.11-12), mais le Seigneur a répondu par un passage contraire (Deutéronome 6.16), déclarant qu’il aurait tort d’abuser de son pouvoir. 

 

La troisième tentation était celle de la convoitise des yeux (Matthieu 4.8-10). C’était la meilleure voie possible vers la messianité, sans passer par la passion et la crucifixion pour lesquelles il était venu. Le diable, qui contrôlait les royaumes du monde (Éphésiens 2.2), était prêt à tout donner à Christ pour obtenir son allégeance. La nature divine du Seigneur frémit rien que d’y penser et il répondit fermement: «C’est le Seigneur, ton Dieu, que tu adoreras et c’est lui seul que tu serviras» (Matthieu 4.10, Deutéronome 6.13

 

Mais il me semble bien que la tentation la plus importante, serait bien d'affirmer dans le ici et maintenant sa divinité: changer les pierres en pain, et se jeter du faîte du temple, sont pour Jésus deux tentations qui ne sont que les médiations de la vraie tentation à laquelle il se trouve confronté: se prévaloir du titre de Fils de Dieu pour agir en conséquence. Or, manifester par des prodiges sa filialité divine reviendrait pour lui à succomber à la tentation fondamentale: « devenir comme des dieux » {Gn 3,5), décidant de tout souverainement.

 

Pour ma part, en me référant à ma formation de psychologue,  j'aurais tendance à dire aujourd'hui que l'on peut se référer aux stades qui structurent toute l'évolution de l'enfant, le stade oral, le stade anal et le stade phallique, qui sont tous sous-tendus par la toute puissance, la convoitise, le désir de posséder, d'être le plus fort, d'être invincible, pour oublier la dépendance et le relationnel.  

 

Ou pour le dire autrement: avoir à manger quand on veut, sans attendre (pas de frustration) et ne pas être dépendant. 

Tout dominer en étant le maître du monde, prendre de fait la place du père, et l'adulation de la mère, ce qui pourrait évoquer le stade anal, où l'enfant donne ou ne donne pas.

Et enfin, faire de son corps ce que l'on veut, ne pas être soumis aux lois communes, ce qui évoque un peu le stade phallique.

 

Mais comme cela est bien souligné dans les textes cités, la tentation serait bien de se servir de cette place de fils de Dieu pour manifester sa puissance, ce qui est contraire à la place du serviteur qui sera celle du Fils.


 

Comparaison des textes dans les synoptiques

 

Ce qui est un peu compliqué c'est que Matthieu et Luc, tout en étant très proches, ne mettent pas les tentations dans le même ordre. De ce fait, j'ai choisi, dans la deuxième colonne, d'inverser le texte de Luc, pour que l'on voit mieux le parallèle, le texte initial se trouvant dans la troisième colonne.  La deuxième tentation est en rouge et la troisième en bleu, ce qui permet aussi de les visualiser

 

Matthieu 4, 1-11

Luc 4, 1-11: modifié

Luc 4-11 normal

Marc 1, 12-13

01 Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable.

02 Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.

 

01 Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert

02 où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.

 

01 Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert

02 où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.

 

12 Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert

03 Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »

04 Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

 

 

03 Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »

 

04 Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. »

 

03 Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »

 

04 Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne pas seulement de pain. »

 

13 et, dans le désert, il resta quarante jours

05 Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple

 



06 et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas; 

 


car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : 

 

 

 

Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »

 

 



07 Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

 

09 Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple

 

et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ;

 

10 car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ;

 

 


11 et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »

 

12 Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

 

05 Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre.

 

 

06 Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux.

07 Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »

 

8 Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieuque tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. »

 

tenté par Satan

 

 

 

 

Il vivait parmi les bêtes sauvages.

08 Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire.


09 Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai

 

 

 

 

 

 

si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. »

 

 

 

 

 

10 Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. »

 

 

05 Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre.

 



06 Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux.


 

07 Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »



 

 

08 Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. »

 

09 Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple


 

et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ;

10 car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges, l’ordre de te garder ;

 

11 et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »


 

 

12 Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

 

 

11 Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

 

 

3 Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

3 Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé

et les anges le servaient.

 

 

 

Jésus raconte à ses disciples 

 

Je m'étais mêlé à la foule de ceux qui voulaient recevoir ce baptême donné par mon grand cousin Jean: ce baptême de purification, et qui montre que le désir de changer de vie est profond. Quand il m'a vu, il ne voulait pas que je participe à cela, puisqu'il n'y a pas de péché en moi et que personne ne pourra me convaincre de péché.


Il m'a même dit que c'était lui qui devrait être baptisé par moi, entrer dans les eaux du Jourdain, être totalement immergé pour faire cette expérience de mort et de retour à la vie, pour vivre cette transformation, mais je lui ai dit de laisser faire, que c'était le dessin de Dieu. Je suis entré dans les eaux de ce fleuve, qui va vers la mer de sel et qui essaye de l'assainir. Un jour, et cela c'est le prophète Ézéchiel qui l'a dit, cela sera possible, cette saumure sera transformée en eau saine: et c'est pour cela que j'ai été envoyé. J'ai été plongé dans cette eau, et c'était l'eau qui donne la vie.

 

Au moment où je sortais des eaux, j'ai vu comme une colombe venant du ciel se poser sur moi, cette colombe qui avait apporté un rameau d'olivier à Noé pour lui faire comprendre que la vie était là, cette colombe qui a été immolée pour moi au Temple de Jérusalem, cette colombe qui est bien plus qu'un oiseau, puisque c'est le souffle de mon Père qui est en elle, et qu'elle est l'Esprit. 


Cela Jean ne l'a pas vu, mais comme moi, il a entendu une voix venant du ciel qui disait que j'étais le Fils bien-aimé de mon Père, et qu'il trouvait toute sa joie en moi. Je sais que ma maman a exulté de joie quand elle a rencontré sa cousine Elisabeth et que l'Esprit s'est comme emparé d'elle, de Jean et de sa cousine. Et en moi aussi, savoir que je faisais toute la joie de celui qui m'a envoyé, cela faisait comme un torrent d'exultation un torrent d'amour. 

 

Je pensais retourner à Nazareth, mais en moi est née la certitude que je devais aller dans le désert, que je devais en quelque sorte refaire ce temps qui a été un temps où le peuple que mon père s'était choisi, ce peuple qui devait être comme son fils, avait durement appris l'obéissance. Et puis c'est aussi ce temps où notre père Moïse, a passé ces quarante jours durant lesquels la loi de vie lui a été donnée. Alors je suis parti.

 

Le désert, c'est bien sûr du sable, et des rochers. Et les étoiles la nuit, et le soleil qui cogne le jour. Le désert c'est le cœur à cœur. Le désert est lieu de révélation. Le désert, c'est le lieu de séjour du peuple qui venait d'Egypte; le désert c'est quarante ans de solitude et d'errance. 

 

Je savais que, comme Moïse, je ne devais ni manger, ni boire, devenir totalement dépendant de mon Père. 

 

Les nuits et les jours ont passé, et la faim est venue, une faim dévorante, une faim énorme. 


Il m'a alors semblé que je n'étais plus seul. Il y avait quelqu'un qui s'approchait de moi, que je devinais, et je me demandais si c'était réel ou pas. Et ce quelqu'un m'a adressé la parole. Il a dit que si j'étais le fils de Dieu, je pouvais transformer les pierres qui étaient autour de moi, ces pierres qui délimitaient le lieu que j'avais choisi, en pain. Et l'odeur du pain était là. 


Alors là j'ai su qui était ce quelqu'un. C'était celui qui avait proposé à Eve de consommer le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, celui qui était sans cesse à l'œuvre pour faire du mal, pour tenter. Et il y avait ce "si tu es le fils de Dieu", comme si lui-même en doutait ou comme s'il voulait que je m'en serve, ce qui aurait mis à mal toute la sagesse de mon Père. 


Alors la phrase de la Torah, la phrase écrite par Moïse, est venue toute seule, cette phrase qui dit que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais toute parole qui sort de la bouche de Dieu. C'est ce qu'a affirmé Moïse à mon peuple quand il lui parlait de cette nourriture donnée au temps du désert. C'est bien cela, cette parole,  qui avait été ma nourriture durant ces jours. Mais quand cette parole s'était tue, alors ma faim de pain est apparue


Comme mon peuple, je me suis nourri de la parole de mon Dieu, et elle m'a rassasiée; et un jour c'est moi qui deviendrai pain de vie pour mon peuple. Le diable ne peut pas le comprendre, mais il s'est tu, du moins le temps de trouver autre chose, car il ne voulait pas me lâcher.

 

Il m'a emmené dans le lieu qui est le lieu du repos de mon Père, le temple de Jérusalem; et du haut de la muraille, celle qui domine le Cédron, il m'a dit que si j'étais le fils de Dieu, je pouvais me jeter en bas, parce que les anges viendraient à mon secours, car Dieu ne voulait pas que mes pieds heurtent la pierre, que je m'écrase. Je dois dire que cela aurait pu me faire rire, si je n'avais pas été quand même aussi fatigué. Qu'il se serve de la parole des chants de louange pour me tenter, c'est comme s'il me singeait: je lui avais cité la Parole, et lui faisait de même. Je pense qu'il voulait savoir si je pouvais résister à la soif d'immortalité qui est en tout homme. Mais moi, je suis là pour que vous puissiez l'avoir cette immortalité, pour que vous soyez dans la vie; et pour cela je donnerai ma vie. 

 

Comme il avait échoué, il est encore revenu à la charge. Là, il m'a proposé de me donner tous les royaumes de la terre. Je reconnais qu'il m'a donné une vision de toutes ces grandes villes qui sont sur la surface de la terre, et que c'était très beau. Mais la condition, c'était que je prosterne devant lui. 

 

Quand j'ai entendu cela, mon sang n'a fait qu'un tour. Me prosterner devant lui! Il n'a vraiment rien compris. Qu'aurais-je à faire de cette prétendue gloire, de cette gloire terrestre, moi qui ai en moi la joie et l'amour de mon Père? 

 

Je l'ai chassé, comme je le chasserai chaque fois que cela me sera demandé par ces personnes qu'il a infecté de sa présence; et je l'ai chassé en lui disant dit que le seul que nous devons adorer et auquel nous devons rendre un culte c'est le Très Haut, le Créateur. Certes j'ai un peu modifié ce que Moïse nous avait ordonné, mais je dois dire que j'étais très en colère contre cet imposteur. 

 

Il s'est alors sauvé ce Satan, ce menteur dès les origines. Je sais que la guerre entre nous est une guerre sans relâche et qu'il fera tout pour me nuire.

 

Je me suis retrouvé seul dans le désert; et des anges sont venus; ils se sont mis à mon service, comme moi, je suis à votre service, vous qui êtes mes amis, vous qui avez abandonné qui sa barque, qui son champ, qui sa famille, pour vous conduire vers mon Père et son amour. 

 

Mais quand l'ultime tentation sera là, serez-vous avec moi?

dimanche, novembre 08, 2009

Les tentations de Jésus au désert.


Une question s'est posée dans notre groupe "Autour de la Bible": comment savoir si cet épisode (qui se trouve plus ou moins développé dans les synoptiques) est réellement arrivé puisqu'il s'agit d'un épisode sans témoins.

En fait c'est une question que l'on peut se poser souvent, en particulier pour les "appels" des prophètes, de tous ces hommes qui sont à l'origine de l'histoire du peuple choisi, mais aussi de l'agonie de Jésus au jardin des Oliviers.

Si on admet que l'Esprit Saint a été présent lors de la rédaction des évangiles, on peut alors supposer qu'il y a une réalité différente d'une réalité historique telle que nous la concevons aujourd'hui.Et puis, on peut aussi supposer que Jésus a pu raconter à ses amis ce qui lui est arrivé après son baptême par Jean.


Après le baptême de Jean, Jésus appelé "le fils bien aimé" devient d'une certaine manière le nouvel Israël. Il va lui être demandé de vivre une épreuve, passer un temps dans le désert, comme jadis le peuple élu.

Il me semble important que Jésus "disparaisse" au yeux du monde au début de sa mission comme il disparaîtra dans le tombeau à la fin.

Il me semble aussi important qu'il y ait d'emblée l'obéissance du Fils: "poussé par l'Esprit il alla dans le désert". Ceci montre la différence entre l'Israël qui est sorti d'Egypte et l'Israël qui prend naissance en Jésus.

Ce lieu n'est pas n'importe lequel. Nous avons des écrits des premiers siècles qui relatent les tentations des pères du désert.Que les tentations décrites soient d'ordre charnelles ne change rien. Ils ont eu à se débattre contre des images qui les assaillaient, et reconnaître que ces visions étaient envoyées par le diable.

Le désert avec ses mirages, est le lieu des "images" des fausses images.

On peut tout à fait admettre que Jésus au cours de son jeûne est assailli par des images, des visions et qu'il lui faut à chaque fois faire une sorte d'effort pour comprendre que ces visions ne viennent pas l'Esprit mais du démon.

Je m'explique.

Première vision: les pierres qui se transforment en pain. Jésus a faim. Il regarde autour de lui et il a l'illusion les pierres se changent en pain. En lui monte cette certitude, oui je suis le fils de Dieu, l'Elu, donc je pourrais par la seule volonté transformer les pierres en pain. Je suis tout puissant comme mon Père. Et aussitôt il comprend que ce n'est pas cela qui est attendu de Lui. Son rôle sera de nourrir l'humanité des paroles qui sortent de la bouche de Dieu et non pas d'utiliser la puissance pour son usage personnel. C'est cela être le Fils du Père.

Deuxième vision: il se voit sur le pinacle du temple. Comment va t il se sortir de cette drôle de situation.Comment va t il descendre de là? On racontait que Salomon se déplaçait sur un tapis volant. N'est Il pas lui, plus grand que Salomon? Ne lui suffit il pas de sauter, puisque normalement des anges doivent le soutenir? Etre un homme volant n'est ce pas un des plus vieux rêves de l'humanité? Lui le Fils n'en est Il pas capable? la tentation peut être forte, mais Jésus ne cède pas à cette vision. Il sait qu'invoquer Dieu pour le mettre à son service n'est pas possible.


Troisième vision: il se voit dans les hauteurs d'une montagne, il voit des villes, des contrées des royaumes. S'Il est le Fils, alors tous les royaumes sont à Lui. Seulement là encore cela serait abdiquer ce que Dieu attend de Lui. La royauté certes, mais pas celle de dominer sur les autres. Et la phrase qui résonne alors en lui, "si tu prosternes devant moi" lui montre bien qu'il s'agit d'une tentation, que cela ne vient pas de son Père mais du Malin qu'Il peut alors nommer en disant: écarte toi de moi Satan...


Les visions peuvent être à double sens: discerner si elles viennent de Dieu ou d'un autre n'est pas toujours facile, car comme dira Jésus Satan est le maître du mensonge, de l'illusion.

Vainqueur des illusions jésus peut alors commencer son travail: "annoncer que le royaume est tout proche".

mercredi, mai 15, 2013

Epreuve ou tentation


"Ne nous soumets pas à la tentation" Prière de Jésus.

En travaillant l’épitre de Jacques, où il est écrit (Jc 1,13) : « Que nul, s’il est tenté, ne dise : ma tentation vient de Dieu, car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et ne tente personne. Chacun est tenté par sa propre convoitise », nous nous sommes posés la question de la phrase de la prière de Jésus « ne nous soumet pas à la tentation, mais délivre nous du mal », prière qui est adressée au Père et qui pose quand même question, question qui demeure même si on revient à l’ancienne traduction : ne nous induis pas en tentation (comme on pourrait dire ne nous induis pas en erreur ou encore donne nous de discerner entre le bien et le mal).

La phase telle qu’elle est écrite pourrait renvoyer à un Dieu pervers, qui passerait son temps à vouloir nous tester pour savoir ni nous continuons à lui obéir, à le préférer à nous même. 

La tentation est une sorte de fil rouge dans toute l’écriture. On la trouve dès la genèse, on la retrouve avec Jésus.

Traditionnellement la tentation est l’œuvre du démon (du diable, du satan, du serpent) qui veut détourner l’homme de dieu et qui pour cela emploie un certains nombres de moyens (je vais y revenir). La base de la tentation comme le dit Jacques est la convoitise et si on reprend les commandements donnés à Moïse, ceux de la deuxième tablette (ne pas tuer, ne pas convoiter la femme de voisin etc) montrent bien la place de la convoitise.

Seulement dans la bible, il est aussi question d’épreuves, et les épreuves bien souvent sont envoyées par Dieu. C’est le cas de la ligature d’Abraham Gn 22 car même si on imagine que Abraham a « cru » entendre cette demande, il l’a mise dans la bouche de Dieu. Il aurait pu choisir de ne pas donner son fils, ce choix il ne l'a pas fait: il a été jusqu'au bout de son acte, de son choix. Et du père d'Isaac il est réellement devenu le Père du peuple que Dieu s'est choisi.

Les épreuves subies par Job (Dieu acceptant le pari avec le satan) ont pour but de tester sa foi et d’une manière générale on peut dire que les épreuves vont dans ce sens là.

Quand dans le nouveau testament on parle des épreuves subies par les communautés ou par les apôtres, il s’agit bien  d’événements qui ont pour but de les détourner de leur foi, de les obliger à rentrer dans le droit chemin. 

Quand nous rencontrons les épreuves de la vie, la question qui se pose est bien de savoir comment nous allons les affronter, car nous ne pouvons pas les rejeter, alors que normalement la tentation, elle peut être rejetée. Il me semble que la tentation s’adresse directement à nos « sens » et que c’est bien le travail du serpent (le plus rusé des animaux dit la Genèse) d’utiliser insidieusement nos sens, pour nous faire voir autre chose que ce qu’il y a à voir, et à le désirer tellement que plus rien d’autre ne compte. A ce moment là, il est évident que nous faisons de nous notre propre dieu et que satan à gagné, puisque son but est bien de nous détourner de ce qui nous tourne vers le Tout Autre.

Pour éclairer cela, j’ai eu envie de comparer deux récits, celui de la tentation du couple Eve/Adam et le  récit de la tentation tel qu’il est raconté par Luc. Peut être faut il ne pas oublier que dans le récit de l’évangile, personne n’est là pour voir ce qui se passe il s’agit peut être de montrer la différence entre Jésus le nouvel Adam et le premier Adam (après tout si Luc a été disciple de Paul, il a bien dû entendre cette comparaison).

A noter quand même que dans la Genèse l’homme (que ce soit dans le premier ou le deuxième récit de la création) n’a la stature d’un héros. Il est là soit pour dominer la terre et la remplir, soit pour cultiver (soigner le jardin) et servir ce qui n’a rien d’héroïque. Il n’a pas l’étoffe du héros ce qui n’est pas et de loin le cas de Jésus qui par son simple nom est le sauveur.

Dans la Genèse, Dieu crée l’homme et met en lui son haleine de vie. Le divin est donc en lui ou pour le dire autrement il y a du dieu en lui (contrairement aux animaux); Jésus reçoit la plénitude de l’Esprit (sous la forme d’une colombe). Adam recevra une parole : celle de l’interdit fondateur (qui doit lui permettre de ne pas mourir); Jésus, lui, est reconnu et intronisé comme fils aimé du père.

 Adam est mis dans un jardin (pas dans le désert), ce qui ne fait pas de lui un héros, mais un homme ordinaire. Jésus lui est conduit dans le désert, qui est un lieu sec, où réside le mal.
Passons ensuite sur la création des animaux et de Eve pour arriver au cœur de la tentation. Mais peut être que si l’homme n’avait pas vu en la femme la chair de sa chair et l’os de des ses os, mais un être différent, complémentaire, peut être que les choses auraient pu être différentes, mais cela est une autre histoire.

Le serpent pose certes une question tendancieuse mais surtout il titille les sens d’Eve : « elle vit que l’arbre était bon à manger, séduisant à regarder, précieux pour agir avec clairvoyance ». Tous les ingrédients sont là puisque tous les sens sont d’une certaine manière stimulés, et particulier la vision et le gout, le toucher. Elle ne voit plus ce qui spécifique de cet arbre (connaissance du bien et du mal) elle ne voit plus que son apparence, elle ne sent plus que son parfum, toute sa pensée est capturée par ce qu’elle imagine de lui. Or l’interdit elle le connaissait et elle ne le respecte pas. Elle suit son instinct, ses sens, et elle ne résiste pas à la tentation qui est bien la convoitise :attraper, cueillir, manger, encore et encore. Que cette tentation renvoie à l’oralité  n’a rien d’étonnant puisqu’il s’agit d’un récit mythique. Mais on voit bien là que la tentation (et le serpent est et sera toujours très fort pour trouver le point faible au niveau du sensoriel) sera toujours au niveau du désir de l’avoir, alors que l’épreuve touchera au niveau de l’être.

Mais revenons à Jésus. Là aussi le diable s’adresse aux sens. A noter qu’elles commencent toutes par « si tu es le fils de Dieu » ce qui peut montrer que durant ces 40 jours c’est bien là que s’est joué le combat spirituel de Jésus, son épreuve.

-       Changer les pierres en pain, c’est à la fois faire voir du pain dans des pierres (le visuel) faire saliver (le goût) et donner la sensation de tenir. Jésus ne tombe pas dans le panneau, et sa réponse montre bien que pour lui il s’agit d’une mise à l’épreuve de sa foi/ se nourrir de la parole qui sort de la bouche de Dieu.
-       La deuxième tentation touche le regard : voir tous les royaumes de la terre,  avoir leurs richesses. Il y a aussi une parole donc l’ouie est sollicitée et la phrase est là pour créer l’envie  (ce qui est très semblable à ce qui se dit dans la genèse): « ce pouvoir m’a été remis et je le donne à qui je veux », c’est faire croire quelque chose de faux, c’est induire l’autre en tentation au sens fort du terme. Là encore Jésus en ne tombant pas dans le panneau, transforme la tentation en épreuve, puisqu’il fait comprendre au démon qu’il ne possède rien mais que seul Dieu doit être adoré.
-       Quant à la troisième tentation c’est faire miroiter quelque chose qui est plus ou moins le désir de tout humain : être plus fort que la pesanteur, se moquer des règles. C’est tous les sens qui sont comme pris par cette vision. Là encore Jésus quitte le registre de la tentation pour le renvoyer à celui de l’épreuve : ne pas mettre Dieu à l’épreuve, avoir suffisamment foi en lui pour savoir qu’il n’est pas bon de l’obliger à montrer da puissance pour croire en lui.  

Il me semble pour dire les choses autrement que la tentation intervient quand on doute de tout avoir : la convoitise est un moteur bien puissant. Ce que montre le récit de la genèse, c’est que l’homme succombe, et qu’il n’est pas le « héros » auquel on aurait pu s’attendre (si on se réfère au chapitre 2, l’homme est destiné à soumettre le monde et non pas à être soumis par lui, ce qui se passe dans la réalité). Son échec fait qu’il perd ce à quoi il pouvait prétendre. Lui qui devait être le maître du monde, il se retrouve tout nu…

Jésus (qui est dans le manque) aura à faire face à la même tentation (même si elle est multiforme) à savoir être « comme » Dieu, prendre sa place, ne plus être dans le lien de soumission ou de dépendance. Car les tentations de Jésus peuvent s’entendre comme étant un appel à se servir d’une toute puissance qui fait de l’homme un Dieu. Alors, là où le premier Adam a échoué, le deuxième lui a réussi, mais il n’en demeure pas moins que la tentation/épreuve semble être une nécessité pour que l’homme puisse advenir.

La tentation a donc de multiples facettes. Si on admet que le serpent est le plus rusé de tous les animaux, on peut comprendre que pour chacun la convoitise sera différente et adaptée à ce qu’il est. Elle s’adresse toujours aux sens, elle passe par eux.  Elle déforme la réalité, elle fait voir le monde autrement. Il s’agit toujours de faire un choix. Se choisir ? Choisir ce qui procure du plaisir de la puissance ? Choisir de rester dans une parole ?  

Peut être est il possible de dire que quand il y a convoitise sous quelle que forme que ce soit, il y a du « serpent » du  «  malin » dans l’air, mais il y a d’autres épreuves, qui peuvent ressembler à des tentations et qui permettent d’éprouver l’homme comme le feu du creuset et ces tentations/ épreuves, elles peuvent venir de Dieu. C’est le cas pour Abraham (Gn22). Nous savons par le texte qu’il s’agit d’une épreuve : va t il ou non obéir, sacrifier son unique, ou refuser purement et simplement. Sortir vainqueur de cela, va faire de lui non pas le père d’un seul, mais le père d’un peuple et en cela il est bien un héros. Jésus qui vient de recevoir le baptême des mains de Jean le Baptiste va changer durant ce temps passé dans le désert, où il est « soumis » à la tentation qui, elle, émane directement du Satan. Celui qui était le fils du charpentier devient le Fils de Dieu.

Et nous là dedans ?

Quand on veut transformer le minerai de fer en métal, le moins que l’on puisse dire c’est qu’on le soumet à beaucoup d’épreuves… Le passage dans les hauts fourneaux n’est pas rien  (quelle purification) et si on veut transformer le métal en lame ou en fil quel travail…
Pour devenir ce que nous sommes, les épreuves sont je crois indispensables, mais si Dieu désire que nous devenions de plus en plus lumineux à l’image de son fils, peut être faut il comprendre qu’il y a un enfantement permanent, mais que compte tenu de notre fragilité, le risque est toujours grand de baisser les bras.

Dire que la tentation vient du diable, rappelle qu’il y a un combat entre le bon et le mauvais et que ce combat se joue encore et toujours ; Jésus donne par son Esprit Saint, qui nous revêt de sa puissance, la force de résister à ce qui peut nous souffler de faire notre bon plaisir, de nous croire tout puissants  et il est plus facile de penser que ces pensées qui peuvent se traduire en acte viennent de celui qui ne veut pas que la lumière luise dans les ténèbres, car si la lumière luit, alors on verra qui il est, le tentateur, le jaloux. Quand Jésus dit à Pierre que tout ce qu’il liera sur terre sera lié dans le ciel, peut-être peut on comprendre que comme Jésus, nous pouvons lier les forces du mal pour délier ceux qui en sont prisonniers, que cela c’est la force du « nom de Jésus » et que cela c’est notre travail, car il y a un lien entre le ici de la terre et le là-bas du ciel, et que cela c’est la manifestation de la présence de Jésus jusqu’à la fin des temps .

Eprouvés nous le sommes tous. Que cela puisse se transformer en tentation certainement. Tentés nous le sommes tous, car nos sens sont là et souvent ils nous font voir les choses autrement, avec de l'envie, donc de la convoitise. 

Pouvons nous réussir à faire des tentations et des épreuves un chemin qui nous permette de choisir Dieu?

 Il me semble que le don de l’Esprit Saint c’est justement cela: de donner un autre sens à ce qui nous arrive et peut être de passer, comme dit le psalmiste, du cri à la louange.