samedi, mai 21, 2011

S comme "sacrifice".

Lors d’une célébration eucharistique de semaine, le célébrant qui est un prêtre âgé a prononcé après la consécration la phrase suivante: « de rassembler tous les hommes pour qu’ils  puissent t’offrir un sacrifice digne de te plaire… ». Je ne suis pas sûre que cette phrase soit dans le canon car elle m'a fait sursauter (preuve que j'écoutais). Comme parfois il a fait un mélange de formulations, ce que je peux excuser compte tenu de son âge, mais cette phrase a levé beaucoup de questions.  

Est-ce cela le désir de Dieu, que nous lui offrions un sacrifice ou des sacrifices ? En a-t-Il besoin ? Le demande-t-Il? Ne s'agit-il pas d'une projection de nos propres fantasmes sur ce Dieu qui serait le Tout Autre mais que bien souvent nous modelons à notre image? Peut être parfois en a-t-Il assez qu’on lui rappelle que son Fils est mort à cause de nous… Comme s’Il ne le savait pas, comme s’Il oubliait, comme si d'une certaine manière il était un peu sénile. Et quand on pense que des messes sont certainement célébrées à chaque instant de la journée, cela doit être terrible d’entendre sans arrêt des phrases comme «faisant ici mémoire de la mort de ton fils».

Pour revenir à mon ressenti, je dirai même que cela a provoqué une vraie colère. Qui est ce Dieu qui attend qu’on lui offre un sacrifice. C’est quoi un sacrifice? C'est faire du sacré, oui, et alors? Et on en revient toujours à cette notion de réconciliation opérée par Jésus, comme si Dieu avait demandé une mort pour nous ayons la vie. Dans une des prières eucharistiques, je crois la troisième, il est question d’une offrande vivante ou d’une vivante offrande. C'est quoi une offrande vivante? Eh bien moi à chaque fois, j’imagine que l’offrande elle se met à frétiller pour montrer qu’elle est vivante et quelque part je ne trouve pas cela satisfaisant. 

Ne lit-on pas que «ce que Dieu veut, c’est un esprit brisé, un cœur ouvert qui tienne compte de lui»? Ne lit-on pas: « tes sacrifices je les ai tout le temps devant moi, et je les ai en horreur… Si j’ai faim, irai-je te le dire, tous les animaux sont à moi » (je cite de mémoire).  Quant au sacrifice du fils, ce don de vie qui nous permet de vaincre ce qu’il y a de mort en nous, il a eu lieu une fois pour toutes. Que nous ayons besoin de commémorer, de faire mémoire certainement, mais quel est le Dieu qui nous est ainsi présenté ?

Alors j’ai osé écrire ce que j’aimerais aujourd’hui entendre du Dieu de Jésus, du Dieu qui donne son souffle, son Esprit. Je sais que c’est parfaitement iconoclaste une fois de plus, mais c’est une de mes manières d’écrire et je ne pense pas que le ciel va me tomber sur la tête.
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Oui je suis Dieu..  Oui j’ai demandé autrefois à un peuple de faire comme tous les peuples de la terre, de m’offrir des sacrifices parce que tous les peuples le faisaient et parce qu’ils devaient avoir un Dieu protecteur, mais aussi - et je l’ai crié sur tous les toits et sur tous les tons - , un Dieu jaloux, un Dieu qui voulait leur amour, un Dieu qui voulait montrer au monde qu’il était possible de vivre autrement. Et pour cela j’ai sanctionné les fautes, les déviations. J’ai peut être cogné un peu fort, mais le peuple que je me suis choisi, oui il avait la tête dure, l’oreille bouchée et les yeux fermés sur lui-même. Il se regardait lui, il ne me regardait pas Moi. Alors oui j’ai voulu qu’ils lèvent la tête, qu’ils me regardent, qu’ils tiennent compte de moi - mais vraiment compte, pas dans la peur, mais dans l’amour.


Oui, je le reconnais je suis responsable de ce sentiment de culpabilité de mon peuple Israël, mais ils n’ont pas compris que ce que je voulais c’était qu’ils évoluent, pas qu’ils se vautrent dans leur culpabilité et qu’ils s’en fassent presque un titre de gloire.


Mais si, un jour du temps, j’ai envoyé mon fils pour qu’ils comprennent ce que aimer veut dire, ce qu’est l’amour et comment l’amour est plus fort que la mort (ou fort comme la mort comme c’est dit dans le Cantique des Cantique), alors pourquoi ceux qui aujourd’hui se disent les frères de mon fils s’obstinent ils à m’offrir «le sacrifice»  de mon fils? Il est mort comme un agneau le jour où l’on commémorait la nuit qui avait été une nuit de libération jadis pour mon peuple quand il était esclave en Egypte.


La sortie de l’Egypte c’est la sortie de l’esclavage et le Mal tient le monde en esclavage, parce que la convoitise est omni-présente. Alors mon Fils il est venu pour donner au monde la possibilité de sortir de cette domination, il a donné par sa mort mon souffle et il a montré ce qu’aimer pouvait vouloir dire.


Lui, il leur a dit de «faire ceci en mémoire de Lui». Ils devaient faire mémoire d’un repas, d’un don, d’une mort, d’une résurrection, mais pas me mettre sous le nez en permanence la mort de celui qui est partie de moi, qui est en Moi et Moi en Lui. Je sais très bien que c'est cette mort qui a permis que je travaille vraiment en l’homme, que mon souffle lui permette de devenir ce que je désire qu’il devienne, quelqu’un à mon image et à ma ressemblance. 


Dans vos homélies vous parlez beaucoup d’humanisation, de frères en humanité. Ne serait ce pas plus simple de dire que désormais il est possible de sortir de l’animalité? Mais à voir le monde, rien n’est gagné.


Vous parlez de réconciliation, ne serait ce pas d’abord une réconciliation avec vous-mêmes? Qui avez vous fait de moi? Vous parlez d’un Dieu de miséricorde, et pourtant vous faites de moi un être cruel, qui de fait se détourne de vous et qui attend encore et toujours des sacrifices. La recommandation de mon fils n’est-elle pas que vous appreniez à vous aimer les uns les autres comme lui Il a aimé ? Il n’a jamais parlé de sacrifices que vous devriez m’offrir.


Moi qui n’ai pas voulu la mort du fils d’Abraham (il pensait peut être qu'ainsi il obtiendrait mes faveurs, ma protection comme le croyaient les autres peuples de son temps) comment me réjouirais-je de la mort de mon Unique ? Fonctionnerais-je comme ces dieux qui accordaient leur faveur à celui qui lui offrait le «plus gros» sacrifice ? Serais-je comme ces dieux anciens, alors que mon Fils est venu pour mettre en route le monde nouveau? Ce n’est pas des sacrifices que je désire, mais que votre cœur se tourne vers… vers l’autre, vers Moi. C'est cela la conversion, pas autre chose.

Peut-être que vous devriez refaire votre copie concernant ce que vous appelez la liturgie de l’eucharistie. Il est bon de bénir, de me bénir de faire mémoire, mais peut-être pourriez vous en tenant compte des sensibilités culturelles de chaque église, assemblée, communauté, cesser d’utiliser un vocabulaire et des mots que peu comprennent, qui s’adressent à des initiés.


Si mon fils est mort, c’est pour que vous ayez la vie, que vous l’ayez en abondance, pas que vous rentriez dans un discours trop souvent mortifère. Vous avez mon esprit, vous l’avez en plénitude, alors soyez dans la création et vous serez dans mon amour. 

lundi, mai 16, 2011

M comme Miséricorde. Mt 18,27


Miséricorde, miséricordieux.




J'accorde ma bienveillance à qui je l'accorde,
 je fais miséricorde à qui je fais  miséricorde Ex 33, 19        

C'est la miséricorde que Je veux, et non le sacrifice.
Mt,9,13

Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde.Rm11, 22

Et s’il m’a fait miséricorde, c’est pour qu’en moi, le premier, Jésus manifestât toute  sa patience, faisant de moi un exemple pour ceux qui doivent croire en lui en vue de la vie éternelle : 1 Tim 1, 16

Que Dieu tout puissant vous fasse miséricorde,
qu’il vous pardonne vos péchés
et vous conduise à la vie éternelle

J'aurais pu faire une recherche sur l'adjectif miséricordieux, mais j'avais en tête ce mot "miséricorde" qui finalement me pose question parce que souvent (peut être trop souvent) employé dans la liturgie et les homélies. 

Ce billet se veut donc être une réflexion sur ce mot, sur ce substantif. Ce mot est d'ailleurs rarement sujet. S'il est en filigrane dans toute la bible, c'est que si le peuple avec lequel Dieu a choisi de faire alliance, perdure dans le temps malgré ses infidélités, c'est bien parce que Dieu fait miséricorde, a eu pitié, a eu compassion. Or si la compassion est quelque chose que nous les hommes nous pouvons assez facilement concevoir, il n'en va pas de même pour la miséricorde. Celle ci sauve de quelque chose de mauvais (la mort) mais elle sous entend que cela est fait par amour ce qui autre chose que de donner une simple grâce (ce que peut faire une  loi d’amnistie). Et  puis ne faut il pas reconnaître que spontanément le dieu miséricordieux que nous aimerions avoir serait un dieu qui nous aiderait dans les épreuves, qui nous en sortirait, qui serait surtout bienveillant. Cela ce serait une sorte de dieu providence dont nous rêvons tous, mais un dieu imaginaire qui ferait à notre place, et c’est pour cette raison que je n’ai pas mis de majuscule à dieu.

En fait en tant que substantif, il est peu présent (souvent remplacé par pitié ou compassion); par contre comme je le notais, il est très employé dans l'église:(en particulier au début de chaque eucharistie ou le prêtre dit: Que Dieu tout puissant vous fasse miséricorde,qu’il vous pardonne vos péchés et vous conduise à la vie éternelle) ou dans les homélies.On entend souvent dire qu'il s’agit d’une pitié qui vient des entrailles, du plus profond de soi, qui vous remue. On pourrait presque dire un amour qui part du plus profond de soi, un amour qui meut et qui s’émeut, un amour capable de voir en l'autre (celui qui est souffrance) un quelqu'un de différent, de transformé, de transfiguré. 

Ce mot est relativement récent dans notre vocabulaire. Il date du 12° siècle, et vient du latin: misereo (avoir pitié)  et carde (cœur). Par certains côtés (mais est ce que faire des clivages en ce qui concerne Dieu a un sens) serait de dire que cette miséricorde renvoie à un amour maternel, qui vient des entrailles, du ventre, du lieu où l'enfant a été porté. 

S'il me semble que je peux être parfois capable de compassion, je ne suis pas certaine d'être capable de miséricorde. La miséricorde renvoie au pardon, un pardon qui efface réellement, un pardon qui n'est pas que du lâcher prise, un pardon qui redonne à l'autre toute sa dignité d'humain.  Or cela j'en suis incapable et cette incapacité me renvoie à ma finitude.

Et pourtant les prophètes et les psaumes disent bien que ce que Dieu désire de l’humain ce n’est pas qu’il offre des sacrifices pour se dédouaner de ses fautes, mais qu’il pratique la miséricorde. S’il s’agit de ne pas se venger, c’est possible, mais pratiquer la miséricorde c'est tout à fait autre chose. 

 Dans les  citations tirées de la bible, le mot miséricorde est pratiquement synonyme de pitié, de pardon. Il s’agit presque à un niveau juridique de lever la sanction liée à la faute, à la désobéissance. La miséricorde divine semble consister à nous pardonner nos péchés c’est à dire à ne pas les retenir contre nous dans un jugement. Les péchés vus comme des désobéissances ou des attaques, provoquent d’après Paul de sa colère, et nous condamneraient après notre mort à être dans un lieu en dehors de Sa présence et donc(puisque le pardon est donné)  à nous faire entrer dans la vie éternelle c’est à dire nous donner quelque chose que aujourd’hui je suis incapable de définir, mais que je peux comprendre comme la promesse d’une autre vie après l’extinction du souffle, une vie où la relation est basée sur l’amour, une vie où je pourrais voir en toute clarté ce que Dieu donnera à voir de Lui.


Il me semble qu’un véritable exemple de la miséricorde est donné dans la finale du chapitre 18 de Matthieu. Ce chapitre démarre par un questionnement sur qui est le plus grand, répond à la question du pardon et qui se termine par la parabole du serviteur insolvable. Au verset 27, on peut lire « Ému de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et il lui remit sa dette ».(Segond), ou  « Apitoyé le maître de ce serviteur le relâcha et lui fit remise de sa dette » (BJ).

Ce qui est certain c’est que le maître est ému, qu’il se laisse toucher par la détresse de cet homme qui pourtant a vécu bien au dessus de ses moyens en supposant que personne ne lui demanderait des comptes et qui a accumulé des dettes absolument énormes.  Il n’applique pas la sentence. Il n’est rien demandé au serviteur sauf de faire de même vis à vis de ses frères. C’est parce qu’il n’agit pas comme son maître, parce qu’il manque de compassion, qu’il est  -lui et sa famille - jeté en prison.


A lire le texte, il me semble que ce qui signe la miséricorde, c’est l’émotion qui va avec, cet affect qui étreint le maître et qui le pousse à lever la sentence. Et je pense que c’est cette émotion qui fait que ce n’est plus de la pitié, mais autre chose. Mais je repose la question, en suis-je capable? 


Dans notre langue, le mot miséricorde n’est pas seulement un sentiment, mais une chose, un objet. Et j’ai eu besoin de réfléchir sur cette miséricorde pour comprendre un tout petit peu mieux ce que aujourd’hui je pouvais mettre sous ce mot théologique en lui donnant une plénitude.



Une miséricorde est une sorte de console placée sous le siège relevable d'une stalle d'église et servant, quand ce siège est relevé, à s'appuyer tout en ayant l'air d'être debout. (Les menuisiers des XVe et XVIe s. les ont sculptées de mascarons ou de petites scènes d'une grande fantaisie.)


En d’autres termes cela permet de s ‘appuyer sur quelque chose, d’être étayé par un objet de manière à limiter la fatigue, voir la souffrance de devoir rester debout trop longtemps. C’est une aide discrète, qui est là, qui permet ainsi de moins ressentir la fatigue lié à la position debout. 


Si on pense aux moines qui passaient de nombreuses heures dans leur stalles à chanter les offices, peut être peut-on penser que cette miséricorde, puisque pour chanter il faut être debout pour que souffle sorte bien , sert uniquement à retrouver (à maintenir la bonne qualité) son souffle. 


Elle permet de souffler et peut-être que par sa miséricorde envers nous, à un moment donné, Dieu nous permet de souffler, de reprendre notre souffle.


Peut on dire que la miséricorde de Dieu c’est ce qu’Il a trouvé pour que nous ne soyons pas accablés par notre souffrance de vivre dans un monde dur et difficile, qui ne nous permet pas (trop souvent) de laisser vivre le « bon » en nous et qui fait que nous ployons sous le poids de nos péchés. 


Car la miséricorde de Dieu a à voir avec le péché, avec le mal. Au lieu de nous mettre en prison (la dette) il nous en libère, elle ne pèse plus sur nous, elle nous laisse souffler, respirer, être. .


Il y a chez Isaïe une jolie phrase « quand arrêterez vous de fatiguer mon Dieu » Is 7,13. Alors peut être peut on imaginer que le créateur se serait inventé une miséricorde pour supporter la fatigue que lui occasionnent les enfants des hommes (qui sont aussi ses enfants) , un lieu pour souffler ?

Alors peut être pourrait-on entendre dans ce mot « miséricorde » comme un second souffle qui nous serait accordé, on pourrait dire pour une une nouvelle naissance. Ce souffle là, cette nouvelle respiration me permet de revivifier ce mot et de le décaper de utilisation trop stéréotypé. Dieu on ne l'enferme pas dans un mot si beau soit-il.

samedi, mai 07, 2011

"Grogne"

L'évangile du jour est celui de Jésus marchant sur les eaux(Jn 6,16-21)  après la multiplication des pains. Texte pas si facile car il y a la finale: ils voulurent le prendre dans la barque mais ils touchèrent terre... J'aurais bien aimé en entendre parler et au lieu de cela l'introduction à la célébration a été (d'où ma grogne): "les apôtres sont pris dans un orage (bon, où il vu ça lui, on parle de vent en bourrasque), ils sont peur... Ils ont oublié le miracle de la multiplication des pains. Nous aussi nous avons peur, nous oublions que Jésus est là (et bien non, justement il n'était pas là, et toutes belles phrases  dans cet évangile sur la présence de Jésus, elles viendront plus tard: Jn 14-17), alors nous devons demander pardon pour la peur que nous éprouvons quand le ciel nous tombe sur  la tête, pour oublier que Jésus peut nous sauver. Oui il le peut, mais les épreuves, elles sont pour nous.

Alors là bravo. Pour culpabiliser on ne fait pas mieux. La peur est normale, elle est naturelle, c'est la confiance qui ne l'est pas. Apprendre à faire confiance cela demande toute une vie et on n'a pas à se sentir coupable si la peur est là. 

Après dans l'homélie on a eu droit dans le même tabac à: "on doit demander pardon d'être triste. Quand je suis triste je me replie sur moi même et je ne fais pas ce que je pourrais faire pour les autres. Mais ne vous inquiétez pas (dit-il), Jésus vous donnera d'autres occasions pour aider les autres". Je me demande vraiment où est l'amour quand un prêtre se permet de dire des choses pareilles. Alors la culpabilisation gratuite, non et non. Cela me donne envie de prendre la fuite.

Quant au commentaire de l'évangile, il n'a rien arrangé...Il y a de quoi avoir peur sur ce lac qui est dangereux, il y a de quoi se sentir en colère: pourquoi reste Il sur sa montagne et nous laisse t Il face aux éléments? C'est bien beau de prier, mais nous là dedans...  C'est facile de dire qu'ils ont oublié ce que Jésus a fait. Ils peuvent très bien s'en souvenir et se sentir morts de peur, vivre un abandon. Pour ma part je trouve ce petit bout de texte très proche de l'apparition de Jésus le 1° jour de la semaine. Il y a la même peur, la même difficulté à le reconnaître, le même besoin de paroles, de gestes. Peut être que le fait de toucher terre est une sorte de miracle comme toucher Jésus et recevoir son Esprit en est un autre encore plus extraordinaire. Mais toucher terre c'est être sauvé, toucher (ou se laisser toucher par) Jésus c'est bien être sauvé au sens de "être vivant".  

Le seul bonus de cette messe a été que le célébrant a choisi le canon "pour les enfants" que j'aime beaucoup et j'ai enfin compris que le terme "coupe de salut" veut dire coupe qui contient le vin-sang qui est signe du sang versé et de l'amour qui nous sauve.


N'empêche que ça continue à grogner encore bien fort... Je déteste cette culpabilisation et je ne vais pas demander pardon pour cette colère. 

samedi, avril 30, 2011

"Ne sois pas incrédule" Jn20



Réflexions sur Thomas surnommé le "jumeau"(1).


Il est quand même étonnant que le même Thomas qui a pu dire lors de la mort de Lazare « Allons, nous aussi pour mourir avec lui »Jn 11, 16 soit devenu pour nous le modèle de l’incrédulité… « Ne sois pas incrédule mais croyant »Jn20, 27… Enfin grâce à lui, nous avons une béatitude qui nous concerne tous : « Heureux 
sommes nous de croire alors que nous n’avons pas vu ».

Mais ce qui est raconté dans le chapitre 20 de l’évangile de Jean et que nous entendrons ce dimanche (dimanche de la miséricorde) m’a  donné l’envie de raconter un peu « autrement » cet épisode où je ne suis pas sûre de trouver Jésus très miséricordieux avec Thomas celui que l’on surnomme le jumeau, ce qui en soit pose d’emblée une question d’identité. Qui est –il ce Thomas. Est il notre jumeau avec son incrédulité ?

Le soir du vendredi, après la mort de Jésus, les apôtres se demandent ce qui va leur arriver: vont ils être poursuivis, emprisonnés ? Ils sont galiléens dont avec leur accent ils sont reconnaissables. Seulement voilà, quitter Jérusalem c’est impossible puisque le Shabbat de la Pâque est là. Et un jour de Shabbat on n’a pas le droit de faire plus de 2000 pas, alors rentrer à Capharnaüm pour se mettre à l’abri ce n’est pas possible. Et puis il faudrait peut-être si les choses se tassent faire de vrais funérailles au Maître. Il faut bien trouver un lieu en attendant, survivre et se serrer les coudes.

Traditionnellement on imagine que le lieu où vivent les apôtres après la mort de Jésus est le Cénacle, la salle du dernier repas, la salle de la Pentecôte, mais il me semble que c’est une hypothèse. J’imaginerai bien une salle avec peu de fenêtres, une salle un peu comme une cave, pas une chambre haute.  

Passe le samedi, arrive le dimanche. Là il y a des nouvelles : Marie-Madeleine prévient Jean et Pierre qu’Il a disparu. Ces deux là sont allés au tombeau, ont vu la pierre roulée, les linges pliés. Jean « voit et croit » mais on ne nous dit pas ce qu’il croit. On nous dit juste que « ils ne savaient pas encore que d’après l’écriture il devait ressusciter d’entre les morts » et pourtant ces deux là, avaient assisté à la transfiguration.  On nous dit qu’ils s’en retournent chez eux. Et là se repose la même question, où est ce chez eux ?

Ce que nous savons c’est que le dimanche soir, dans ce lieu que l’on assimile souvent à la pièce où a été célébrée la Pâque, mais nous n’en savons rien, les apôtres sont enfermés. On pourrait même dire que eux sont dans la tombe. La pièce est verrouillée (alors que la pierre a été roulée) il fait nuit, ils sont dans l’obscurité de la foi, car il ne semble pas que les allégations des femmes leur aient ouvert les yeux. Ils sont enfermés dans cette pièce et en eux-mêmes. Si Jésus est sorti du tombeau, eux ils y sont bien enfermés.

Peut-être que la faim se faisant sentir, Thomas sort pour acheter ce qu’il faut et peut être aussi pour « humer » l’air du dehors, voir si les choses se sont calmées, s’il sera possible de quitter Jérusalem, de rentrer chez soi. Et Thomas sort dans la nuit, à pas de loups et les autres ferment bien la porte derrière lui et peut-être même lui donnent ils un mot de passe pour quand il rentrera.  Et les voilà à attendre le retour de Thomas. 

Mais ce n’est pas Thomas qui revient, c’est brutalement Jésus qui se trouve au milieu d’eux. Il est le centre, il est au centre, il est le personnage central, un peu comme lorsque la femme adultère est mise « au milieu » bien en vue par les pharisiens (Jn8,3). Jésus est entré dans leur tombeau.  Il leur donne sa Paix, Mais on dirait que ce n’est pas suffisant, que sa voix ne provoque pas grand chose en eux (un peu comme avec Marie- Madeleine qui dans un premier temps ne reconnaît pas la voix de Jésus quand elle le prend pour le jardinier).

Alors Il montre ses mains et son côté et là enfin il se passe quelque chose, ils ne doutent pas de leur vision, ils sont remplis de joie, ils sont sortis de leur tombe. Jésus leur donne l’Esprit Saint et la capacité de remettre en amitié (réconcilier) avec son Père ceux qui le veulent (il ne s’agit plus de chasser les démons ou du guérir mais de  remettre les péchés ce que Jésus avait fait avec le paralytique (Lc 5, 20) et d’étendre ce qui avait été donné à Pierre seul (Mt 16,16). Jésus leur donne ce pourquoi Il a donné sa vie, il fait d’eux des vivants. 

Mais quand Thomas rentre avec peut-être la peur au ventre, pourquoi les croirait-il ? Comment un homme peut il rentrer dans une pièce hermétiquement close ? Cela fait penser à ces romans policiers où un crime est commis alors que la pièce est verrouillée de l’intérieur, les fenêtres fermées. Bien sûr ils ont vu ses mains et son côté, mais ils n’ont pas touché.. Et si c’était une illusion ? Si leur peur avait vraiment disparu, auraient ils eu besoin de continuer à verrouiller la porte ? Alors Thomas va avoir une réaction « saine » normale. Il a vu Jésus sur la croix, il a vu ce qu’a fait le centurion en perçant son côté, alors il va dire une phrase curieuse si on l’analyse : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas ». Non seulement il veut voir, mais il veut toucher, comme s’il ne se fiait pas à ce qu’il aurait vu.  Peut-être que en disant cela Thomas ne nie pas que « quelque chose se soit passé » mais comment savoir si ce quelqu’un est bien Jésus. Après tout si Marie Madeleine le prend pour un jardinier c’est que les plaies ne sont visibles. Lui il veut être sûr que ce n’est pas une imposture et lui n’a pas reçu l’Esprit qui permet le discernement, doute, ne fait pas confiance et en cela il est bien comme nous.

Et 8 jours passent. Les apôtres auraient peut-être pu quitter Jérusalem, entre deux shabbat on peut abattre des kilomètres, mais dans cet évangile, ils restant enfermés, verrouillés dans leur tombeau (2). Ils n’osent pas parler de ce Jésus qui leur est apparu, ils restent dans la mort. Et voilà que Jésus à nouveau est là, là au milieu d’eux.

Pouvons nous imaginer la tête de Thomas lorsque Jésus cite pratiquement mot pour mot ce que lui Thomas a dit dans le secret de cette pièce en insistant sur les gestes : » Porte ton doigt ici, voici mes mains. Avance ta main et mets là dans mon côté, et ne sois plus incrédule mais croyant ».
Il m'est possible d'imaginer la stupeur de Thomas, voire même sa peur: comment a t Il pu savoir, comment a t Il pu entendre ce que j’ai dit il y a 8 jours,

Comment l’absent a t il pu rester présent, invisible pour les yeux? Qui est-Il, Qui est-Il devenu ? Ceci a certainement dû provoquer un changement total en Thomas (comme plus tard pour Paul sur la route de Damas), une ouverture des yeux et du cœur et qu’il n’a pas besoin de toucher pour croire.

Dans le psaume 139 il est écrit : « La parole n’est pas encore sur ma langue et voici Seigneur, tu la sais toute entière »… Alors si Thomas peut dire: «  Mon Seigneur et mon Dieu » c’est peut-être parce que il a compris dans sa chair que ce que Jésus disait avant sa mort : « Qui m’a vu a vu le Père » était là, arrivé pour lui.  Et Thomas qui au soir du jeudi Saint disait ne pas connaître le chemin qui mène au Père a trouvé ce soir là ce que serait son chemin: annoncer la bonne nouvelle de la résurrection bien loin de Jérusalem.


(1) http://giboulee.blogspot.com/2006/05/thomas-dont-le-nom-signifie-le-jumeau.html
(2)Il faut dire que suivant les évangélistes il faut soit aller en Galilée, soit rester à Jérusalem. 

dimanche, avril 24, 2011

"Se pardonner à soi-même"

"Refaire surface"

Faire le deuil de soi? 
Est ce que le fait de dire «Je te demande pardon » permet de refaire surface?

J’ai regardé les deux premiers épisodes de la nouvelle série Docteur House et je dois dire que depuis je me pose des questions sur la question du pardon. Est ce que le fait de dire : je te demande pardon, je reconnais que j’ai fait quelque chose de mal permet vraiment de ne plus se sentir coupable, de repartir dans la vie débarrassé de ce poids et d’être « debout » ? C’est une question qui s’est posée à moi après avoir regardé le deuxième épisode.


Je résume ce que j’ai retenu : il s’agit là d’un travail thérapeutique entre House et le psy responsable du service dans lequel House se retrouve et qui arrive dans un premier temps à lui faire dire qu’il veut être heureux et qu’il en a assez de saborder tout ce qui pourrait être bon pour lui. En soi le simple fait que House passe de l'opposition à une certaine obéissance, qu'il devienne capable d'ouvrir son oreille à un autre que lui est déjà une victoire. C'est si facile de fermer son oreille à l'autre et de se prendre pour celui qui sait. 


Puis dans le déroulement de l’épisode, House provoque en grande partie par orgueil mais aussi par désir de bien faire un accident qui aurait pu tuer un résident de l’hôpital. Quand cette personne retourne dans le service psychiatrique, House va essayer de « réparer » or le psy va lui dire de demander simplement  « pardon » ce qui  paraît à House (un peu comme un tout à chacun ) un peu simpliste, un peu absurde. 


Il lui explique alors que qu’il n’est pas Dieu et qu’il ne vit pas dans un monde où il peut annuler ce qui a été fait. Au passage on lui fait comprendre qu’une certaine gentillesse qui est une forme de réparation n’est pas bonne parce qu’elle maintient dans la culpabilité et ne permet pas de tourner la page.


Bien sûr parce que l’Amérique c’est l’Amérique, House en récupérant « une boîte à voix » qui est en fait une boîte à musique  et en la donnant à la personnne qui est en morceaux et qui ne parle plus,  va en posant l’acte « vocal » du pardon permettre de profondes modifications pour certains personnages de l ‘épisode,

Certes dans un premier temps le fait de dire « je te demande pardon » ne rend pas la parole, mais par la suite comme si quelque chose avait été mis en mouvement chez ce patient qui ne bouge plus, la parole va revenir. Et il est fort possible que ce soit ces changements qui permettent à House de devenir un vivant. 


Articuler le pardon (le dire à haute voix et devant des tiers) , c’est aussi reconnaître que l’autre a le droit d’accepter ou de refuser, c’est reconnaître qu’une erreur a été faite, mais c’est aussi dire que le regard posé sur l’agressé va changer. Peut être que ce n’est plus le considérer comme  "sa"   victime mais comme "une" victime et de ce fait poser un autre regard sur lui, supposer aussi que l’autre après tout peut « pardonner », même si cela semble presque impensable. Mais c’est arrêter de penser à la place de l’autre.


J’ai lu récemment un commentaire sur « prendre sa croix » avec une insistance sur le mot prendre. Il ne s’agit pas d’être passif, écrasé, mais debout et actif, donc vivant. Ce qui est proposé par le psy (mais qui ne peut se réaliser que parce que la confiance a pu s’établir entre ces deux hommes, parce qu’une relation de dominant/dominé a déjà pu se modifier) c’est bien de vivre et de ne pas être un mort vivant (comme l’autre sur son fauteuil) parce que cela ne sert finalement à rien.

Que le but d’un psy (d’un thérapeute) soit à un moment donné, de permettre à son patient de vivre le mieux possible, de cesser de se détruire, certes oui. Mais est ce qu’il suffit de demander pardon pour que le deuil de l’acte soit réalisé?


 Ce qui semble proposé ici c’est de ne plus se laisser plomber par cet acte dans la vie de tous les jours, c’est  aussi (et c’est peut être cela l’important) se reconnaître faillible, faible, mais de ne pas s’en sentir coupable.Autrement dit ce qui est proposé là en disant les mots à haute voix c’est de faire le deuil d’une certaine image de soi, image qui est celle de quelqu’un finalement de tout puissant.


On parle beaucoup de vertus thérapeutiques du pardon dans les groupes de personnes victimes, mais même si on fait une distinction entre lâcher prise et pardon, même si effectivement le pardon donné à son agresseur peut permettre de vivre enfin sans traîner un fardeau, c’est un acte qui reste difficile, car il s’agit aussi de laisser de côté définitivement tout ce qui est de l’ordre du ressentiment, du pourquoi, de l'incompréhension et finalement de pouvoir regarder l’agresseur comme quelqu’un avec lequel on n’a plus rien à voir. 


C’est être libéré de lui et cette libération là pour moi est de l’ordre autant du spirituel que du travail psychologique.


Ici, pour en revenir à ce que je crois avoir compris, il l s’agit d’une certaine manière de se mettre du côté du responsable (de l’agresseur, même s’il s’agit d’un acte involontaire qui aurait pu demander réparation au niveau de la justice) et de voir comment l’aider lui à s’en sortir. D’ailleurs le simple terme « s’en sortir » montre bien qu’il s’agit de ne pas demeurer sur place, de faire un chemin d’aller vers un ailleurs. 
.
Peut-être qu’un certain discours religieux insiste trop sur la faute en elle-même, et pas assez sur la nécessité de se reconnaître dans sa finitude, dans sa limite. La phrase de Paul  (Rm7,15): «  Je ne fais pas le bien que je veux mais le mal que je hais » nous pouvons tous la prendre à notre compte. L’important serait de reconnaître que cela c’est notre condition humaine et que seul l’Esprit Saint donné en abondance par Jésus peut permettre d’en sortir ou du moins de lâcher une culpabilité trop souvent mortifère.

 En ce temps de Pâques, je dirais bien que c’est ce chemin là qui est proposé à tous les humains, redevenir (ou devenir) vivant, ouvrir tout grand tous ses sens au grand vent de l'Esprit.




mardi, avril 19, 2011

"les deux lavements des pieds" Jn 12, 1-12; Jn 13,1-15

Après avoir entendu ce que j'aimerai appeler non pas "l'onction à Béthanie", mais le premier lavement des pieds Jn 12,1-12, j'ai d'une part compris la réaction de Juda et surtout je me suis demandée si le geste de Marie n'avait pas permis à Jésus d'inventer cet autre geste au cours duquel il appellera ses disciples "ses amis".

Mais revenons au début...

Si la famille de Lazare est une famille amie, on peut bien penser qu'elle aide financièrement cet homme Jésus. Après tout Luc ne dit il pas que des femmes aident financièrement Jésus dans sa mission? Après le cadeau qui vient de lui être fait (la résurrection de Lazare), il serait bien normal que cette famille fasse un geste pour manifester sa reconnaissance. . 

Alors quand Marie arrive avec ce vase, pourquoi ne pas imaginer qu'elle va le donner au "Maître" pour que celui ci l'utilise pour sa mission. Seulement voilà, Marie fait un geste fou, elle verse (gaspille) le contenu sur les pieds de Jésus et dans un même mouvement la bonne odeur va des pieds de Jésus à ses cheveux, à elle,  comme si cela ne formait plus qu'un, comme si ses cheveux servaient de linge pour essuyer les pieds. D'une certaine manière ce qu'on peut voir c'est une sorte d'indistinction entre la femme Marie et l'homme Jésus, entre la tête de l'une et les pieds de l'autre. Peut- être qu'à ce moment là il se passe quelque chose pour Jésus, quelque chose qu'il reprendra dans le geste du lavement des pieds.

Certes il va dire à Judas: Jn12, 7:"Laisse-là garder cela pour le jour de mon enterrement" (NBS) ou "laisse là, c'est pour le jour de ma sépulture qu'elle devait garder parfum"(BJ), comme si Jésus disait à Marie, ce parfum que tu as versé aujourd'hui tu en auras besoin bientôt, mais comment deviner que dans six jours Jésus ne sera plus là.

Mais pour en revenir au parfum, oui cela aurait pu être donné aux pauvres (d'autant que si Jésus a été acheté pour 30 pièces d'argent, là il y avait de quoi acheter 10 Jésus, donc une vraie fortune....), Je me dois de reconnaître que c'est une réflexion que je me fais (dans mon petto) lors de certaines cérémonies où les prêtres portent des ornements surchargés de pierreries, où les calices sont rutilants. Oui je me dis pourquoi ne pas vendre cela pour en donner l'argent à tous ceux qui ont le ventre vide, qui tendent la main à la porte de l'église. Pourquoi cette magnificence alors que Jésus ne l'a jamais demandée.

Seulement peut être que celui qui a donné des pierres précieuses pour orner  ce calice ou ce ciboire, voir ces habits liturgiques,  a été aussi fou que la Marie de l'évangile, il a pensé que c'était important de donner ce qu'il y a de mieux pour contenir le vin qui est figure du Sang ou les hosties figures du corps ressuscité. Il y a peut être là une folie qui révèle quelque chose de l'amour pour Celui qui a donné sa vie pour que nous soyons des vivants. La folie de Marie était finalement sagesse...Serai-je capable de faire une telle folie? Je suis loin d'en être sûre.

Le geste rapporté en Jn 13,1-15 est finalement du même ordre. C'est un geste fou. Je ne dirai pas un geste gratuit parce que ce geste apprend quelque chose aux compagnons de Jésus. Un Maître qui fait un travail réservé aux serviteurs, un maître qui prend le temps d'essuyer les pieds de chacun et qui dans ce geste, - la main qui tient le pied et l'essuie-  reprend cette communion qu'il a vécu avec Marie fait un geste de communion qui ne prendra de sens que plus tard.

Il ne s'agit pas seulement de "comprendre" que ce geste que Jésus a fait ce soir là, signifierait  seulement  que ceux qui se réclament et se réclameront de Lui doivent se faire les serviteurs (les esclaves) des autres, mais de ne pas oublier  la phrase que Jésus dit à la tête de mule qui s'appelle Pierre : "si je ne te lave pas tu n'auras pas de part avec moi"Jn 13, 8.

Marie a lavé (oint) les pieds de Jésus, elle a anticipé ce qu'elle viendra faire le matin de Pâques et elle est déjà d'une certaine manière en union avec le Ressuscité.


Jésus en lavant les pieds de tous ses disciples avec de l'eau anticipe le sang qui va couler dans quelques heures, le sang qui donnera la Vie et qui permettra à ceux qu'Il a choisi de devenir ses amis  et de demeurer en Lui.  

samedi, avril 16, 2011

"Se convertir"


« Convertissez vous, le royaume de Dieu s’est approché » disait Jean le baptiste Mt3, 1 aux foules qui venaient se faire baptiser dans le Jourdain, « Convertissez vous, le royaume de Dieu s’est rapproché » dira Jésus juste après l’épisode de la tentation Mt4,17 avant d’appeler ses premiers disciples. 

Ce mot « convertissez vous » (TOB) est remplacé par « repentez vous » dans la Bible de Jérusalem, or je ne pense pas qu’il y ait équivalence de ces deux mots.

J’aimerai consacrer ce billet au mot « conversion » qui est un mot dont on use et on abuse dans les homélies.

Il faudrait me semble t il passer sa vie à se convertir, c’est à dire à reconnaître qu’on n’est pas très doué pour laisser Jésus être maître de notre vie (donc se reconnaître un peu nul sur les bords, en d’autre terme pécheur) et donc à prendre ou à reprendre « la voie étroite », bref se ressaisir et être d’avantage en accord avec le message de Jésus. 

Il faudrait se sentir « coupable »(1) de nos imperfections. Peut être que c’est cela se repentir, mais je ne suis pas sûre que ce soit extrêmement positif. Etre lucide oui, mais s’auto-flageller non… Dans notre quotidien nous sommes habités par du bon et du moins bon, nous avons notre hérédité, notre manière de vivre. L’important me semble t il, c’est simplement de prendre conscience que l’on n’aime pas assez et demander que l’Esprit Saint vienne nous aider dans notre vie de tous les jours.

Mais on ne convertit pas, on est converti. C’est quelque chose que l’on reçoit. Il s’agit d’une expérience, pas d’un acte où la volonté serait première. On se trouve à un moment donné de sa vie devant une situation (un événement, une expérience intime)  qui provoque une conversion, c’est à dire un changement. Que cette expérience provoque ensuite une autre manière de vivre, oui, mais c’est la conséquence de quelque chose qui a été donné gratuitement. Et si l’on a reçu gratuitement, alors on peut donner gratuitement… (Mt 10,8)

On prend souvent pour expliquer ce mot de conversion l’exemple de la conversion des skieurs. Pour l’avoir pratiquée (ce qui ne se fait plus maintenant compte tenu de l’évolution de la structure du ski) la conversion est le seul moyen de ne pas partir dans le décor.. Pour rester sur la piste, il fallait après une traversée et quand la pente était trop raide pour un skieur moyen, faire cette conversion qui permettait de pouvoir repartir en traversée. Pour continuer la descente, c’était alors le seul moyen, il n’y avait pas le choix, sauf d’être un meilleur skieur et de descendre schuss…

Certes il y a comme le dit la définition de ce mot la notion de changement par retournement, mais d’une certaine manière il faut faire cette rotation si on veut continuer à vivre. Je me souviens lors d’une descente récente à ski me trouver presque au bord de la piste avec la peur de tomber et avoir entendu une petite voix, très impérative me disant « tourne » et j’ai fait le virage qui m’a non pas sauvé la vie, mais qui m’a permis de ne pas tomber et de continuer mon chemin. Le choix c’était obéir ou tomber…

Quand Paul est sur la route de Damas et qu’il entend Jésus lui parler, a t il le choix de se convertir ? Nous parlons nous de conversion parce que à partir de ce moment là, Paul cesse de persécuter les juifs qui croient en la résurrection de Jésus, mais la conversion de Paul c’est de pouvoir utiliser le zèle pour Dieu qui le dévorait, pour l’annonce de la bonne nouvelle.

On ne se convertit pas par un acte volontaire. On est converti (et on peut parfaitement refuser cette expérience parce que l’on peut percevoir qu’elle va demander des efforts,) et cette expérience qu’il n’est pas toujours facile de faire partager aux autres,  provoque des changements.

Ces conversions, elles n’ont pas lieu tous les jours… Elles ont lieu une fois ou deux par vie, elles sont des appels à autre chose, à reconnaître la présence d’un autre et effectivement à changer quelque chose. Quand on a vécu cela on ne se pose pas vraiment la question du quand et du comment du pourquoi. Quelque chose s’est manifesté, quelque chose s’est éveillé, et il est nécessaire d’agir pour rester éveillé et pour faire partager cela à d’autres. Mais c’est aussi faire l’expérience du Tout Autre, de Celui que l’on ne maîtrise pas, qui souffle où il veut et comme il veut. Le brave Claudel quand il est entré à Notre Dame un soir de Noël ne savait pas qu’il allait faire une expérience qui allait le changer…

Ensuite il s’agit - et c’est cela le difficile - de rester sur la voie choisie, mais pour moi ce n’est plus « se convertir ».

C’est parce que l’on a été converti (et je crois que Paul dirait « par grâce ») qu’il devient nécessaire de demander l’aide de l’Esprit pour que nos yeux, nos oreilles, notre cœur, s’ouvrent autrement. Pour que petit à petit, un jour après l’autre, sans chercher le grandiose ou l’extraordinaire, le changement continue à s’opérer en soi et à opérer dans la communication et la relation avec les autres.
On peut peut-être s’en vouloir parce que l’on perçoit que l’on ne fait pas tout ce qu’il faudrait faire, mais cela ne n’est pas ma manière de voir. Dieu sait ce qu’il y a en nous, et de quoi nous sommes fait. Le difficile est d’accepter de devenir d'une certaine manière dépendant de Celui qui nous a fait vivre cela, alors que tout dans notre éducation nous conduit à l’autonomie et à l’indépendance. 

La conversion c’est peut être juste cela, comprendre que seul on ne peut pas laisser vivre et de développer le souffle, l’haleine de vie que Dieu a donné à tout être humain.




(1) Je viens de découvrir dans le lévitique au chapitre 5, qu'il y a tout un rituel intitulé sacrifice pour la culpabilité: il s'agit de fautes commises "sans faire exprès". Peut être est il important de sortir d'un pareil système.  

dimanche, mars 27, 2011

1 Jn 2, 2 victime de propitiation pour nos péchés: début

Propitiation
Quand un mot me travaille, il faut que j'aille voir son sens dans un dictionnaire et ce fut le cas de ce drôle de mot «propitiation ». Je pensais qu’il venait de l’épître aux Hébreux, mais je me trompais. Il est  employé dans la première épître de Jean: 1 Jn 2, 2 « C'est lui qui est victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » et 1Jn 4,10: «  En ceci consiste l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés ». Ce mot est employé dans la bible de Jérusalem, mais d’autres bibles (BFC, Nouvelle Bible Segond, TOB) emploient la phrase : «  offert en sacrifice pour le pardon de nos péchés ».


plaque d'or qui recouvrait l'arche d'alliance et sur laquelle on offrait des sacrifices.
La définition de ce mot serait: « Victime offerte pour obtenir les complaisances (les faveurs) d’un Dieu ». Ceci se trouve dans beaucoup de religions, c’est ce que l’on voit avec le sacrifice d’Iphigénie par exemple. On peut supposer que plus le sacrifice a de la valeur, par exemple le fils ou la fille d’un roi (ceci étant reproché à certains rois de Samarie), ou plus il est important en nombre (je pense là au nombre de taureaux offerts en sacrifices lors du transfert de l’arche dans le temple 1R 7, 63) par Salomon, plus les faveurs du Dieu seront acquises.

Le livre du Lévitique montre bien le rôle du sacrifice des animaux, pour obtenir à la fois le pardon des péchés (qui sont responsables des malheurs collectifs ou individuels)  et s’attirer la bienveillance ce Dieu. Pourtant, il me semble que ceci est une manière bien anthropomorphique que de projeter sur Dieu nos propres manières de fonctionner. Dans le psaume 50 ne lit-on pas :
8Ce n'est pas pour tes sacrifices que je te fais des reproches ; tes holocaustes sont constamment devant moi.
9Je ne prendrai pas un taureau de ta maison, ni des boucs de tes bergeries.
 10Car tous les animaux de la forêt sont à moi, toutes les bêtes des montagnes, par milliers ;
11je connais tous les oiseaux des montagnes, et tout ce qui se meut dans les champs m'appartient.
12Si j'avais faim, je ne te le dirais pas, car le monde m'appartient, avec tout ce qui s'y trouve.
13Est-ce que je mange la viande des taureaux ? Est-ce que je bois le sang des boucs ?
14En sacrifice à Dieu, offre la reconnaissance ; acquitte-toi de tes vœux envers le Très-Haut.
15Invoque-moi au jour de la détresse : je te délivrerai, et tu me glorifieras.




En d’autres termes, pour se concilier la bienveillance de Dieu, ce n’est pas l’abondance  qui est nécessaire, ni la soumission au rituel sacrificiel, mais c’est la manière dont le rite est accompli. S’il n’y a pas de relation entre celui qui offre le sacrifice et son Dieu, d’une certaine manière le sacrifice est vain. Ce qui importe c’est la confiance et la foi.


Je dois dire que si Jésus est une victime offerte en propitiation, c'est à dire pour obtenir les "complaisances" de Dieu, et bien je peux me poser des questions. D’une certaine manière son sacrifice est un échec. Le monde dans lequel nous vivons n’est pas un monde où la vie est facile. 


La mort de Jésus n’a rien modifié aux famines, tremblements de terre, guerres (sans parler des guerres faites en son nom). Le mal (si on ouvre un peu les yeux) est omni présent et lutter contre lui reste difficile. Le mal est certes en dehors de nous, mais aussi à l’intérieur de nous. Cela nous avons souvent tendance à l’oublier. Compte tenu de notre évolution, il reste encore beaucoup de pulsions animales en nous. Ces pulsions ont certainement permis à l’être humain de survivre, mais aujourd’hui, dans notre culture et  notre civilisation,  si elles demeurent trop vivaces, elles nous conduisent à notre propre mort (et trop souvent à la mort des autres). Quand quelqu’un dans une série télévisée dit « je n’avais pas le choix, je n’ai pas pu faire autrement, alors qu’il vient de tuer quelqu’un, on peut se demander si cela n’est pas un esclavage, esclavage de la convoitise, esclavage d’une certaine représentation de soi. 



Et je pense que c’est de cet esclavage là dont Jésus est venu nous libérer. Cela peut s’appeler le péché et se décliner sous beaucoup de mots, mais cela c’est aussi le Mal et si on lit un peu autrement les évangiles, on peut dire que au dela des guérisons, des miracles, de la résurrection il s’agit bien d’un combat contre le Mal et que le sacrifice de Jésus nous permet non pas d’en être vainqueur mais de lutter contre lui jour après jour en utilisant la force qu’Il nous donne. 

1 Jn2, 2 victime de propitiation pour nos péchés suite.

Propitiation suite

J’ai toujours eu du mal à comprendre (même si une partie de moi est capable de raisonner) que Jésus soit venu sur terre uniquement pour nous « réconcilier » avec Dieu. Si Jésus est le libérateur (ce que je crois profondément), c’est qu’il y a une rançon à payer à celui qui nous retient en otage, à savoir le Mal.

Le combat de Jésus contre le Mal (le Monde) symbolisé dans l’évangile de Jean par la lumière qui ne peut être engloutie par la ténèbre, est un combat qui se termine par la victoire de la Vie sur la mort, mais il y a bien eu mort d’homme pour que la rançon soit en quelque sorte payée.



 Si on accepte de penser que Dieu a donné son propre fils en rançon pour que nous puissions enfin être dégagés des pulsions animales qui sont en nous et qui nous poussent à la destruction, tant la notre que celle des autres, alors la phraseJn 3,16 « Dieu a tant aimé le monde, qu’Il lui a donné son Fils Unique » prend pour moi encore plus de sens. Un Dieu qui accepte de s’amputer, même si ensuite la partie amputée redevient vivante, est vraiment un Dieu que l’esprit humain ne pouvait pas imaginer, et en cela il est vraiment le Tout Autre.


Ce que Dieu n'a pas demandé à Abraham, Lui est capable de la faire. 
Jésus a payé la rançon qui nous sauve des forces qui ne nous permettent pas d’être à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le combat contre le Mal est maintenant possible car la rançon a été payée une fois pour toute. Le don de l’esprit nous permet maintenant de nous débarrasser du vieil homme et de laisser vivre en nous l’homme nouveau dont Jésus est figure.

Il me semble qu’une lecture des 13 premiers chapitres de l’évangile de Jean, (ce qui l’on appelle le livre de Signes) permet de comprendre comment Jésus libère et comment fonctionne la force de l’Amour.

Dans les noces de Cana, Jésus fait les choses discrètement, pas avec un bâton comme Moïse, il le fait certainement par amour pour ce couple qui l’a invité lui et ses disciples, mais aussi pour les yeux de ses disciples s’ouvrent. Jésus n’est pas le Dieu de la crainte, mais le Dieu de l’Amour.

Avec la samaritaine, là encore on est dans le familier. Ce qui se dévoile c’est bien le désir de Dieu de donner aux humains cette eau vive qui les fera vivre autrement, qui les lavera de leur sécheresse, qui les fera fructifier.

Les  guérisons tant du fils de l’officier royal, que du paralytique de la piscine de cinq portiques, ou de l’aveugle né, montrent bien que d’une part l’être humain a quelque chose à faire (lève toi, ou va te laver) mais que cette paralysie et cet aveuglement nous en sommes tous porteurs. Quant à la résurrection de Lazare qui clôt ce livre, peut être que nous ne nous rendons pas compte qu’il y a quelque chose de mort en nous, quelque chose qui nous pourrit et de cette mort, Jésus fait naître la vie.


C’est pour nous donner cette vie que Jésus s’est laissé mettre à mort, (car cette mort, il ne l’a pas subie, mais il l’a provoquée un peu comme in provoque un adversaire dans un combat). Cette mort nous a donné le don de l’Esprit, celui que nous appelons le défenseur, le libérateur. Les forces d’amour qui sont en nous peuvent fructifier et la vie éternelle c’est cela.

Si dans la Genèse il était écrit : Gn3,22 : « Que maintenant il ne tende pas la main pour prendre aussi de l'arbre de la vie, en manger et vivre toujours ! » ce qui renvoie à la convoitise, vivre pour vivre, juste pour ne pas mourir, ce qui n’est pas un fin en soi, maintenant nous pouvons nous appuyer sur Jn 7, 37-39 « « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, 38 celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : Des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur. »  et la vie éternelle n’est ce pas cela ?




Alors que le sacrifice de Jésus sur la croix soit réconciliation ou victoire contre le mal, à la limite peut importe. Par la résurrection et par le don de l’Esprit, nous entrons dès aujourd’hui dans le royaume et dans la connaissance d’un Dieu capable de donner son fils pour que nous entrions dans sa joie.







mardi, mars 22, 2011

Eve: Gn 2,6: "elle en mangea, elle en donna à son mari et leurs yeux s'ouvrirent.




Comme je réfléchissais à l'arbre de vie, celui qui est au centre du jardin et qui sera interdit après la consommation du fruit de l'arbre de la connaissance et qui signifie d'une certaine manière la possibilité d'une vie sans finitude, je suis retournée au texte et... quelque chose m'a posé question: pourquoi quand la femme mange le fruit donc avant qu'elle n'en donne à Adam, ses yeux à elle ne s'ouvrent pas? 
Voilà ce que dit le texte:  Gn2 6La femme vit que l'arbre était bon pour la nourriture et plaisant pour la vue, qu'il était, cet arbre, désirable pour le discernement. Elle prit de son fruit et en mangea
elle en donna aussi à son mari qui était avec elle, et il en mangea.7Leurs yeux à tous les deux s'ouvrirent, et ils surent qu'ils étaient nus.
Si la femme avait vu la nudité de son mari et aussi la différence des sexes dès l'ingestion du fruit, ne lui aurait elle pas signifié? 


Cette ouverture des yeux, qui d'une certaine manière fait changer de stade infantile (la différence des sexes étant la sortie du stade anal et précédant l'entrée dans le stade oedipien), ne se fait que si l'un et l'autre passent par le même évolution. C'est peut être ce qui signifie le changement de nom de la compagne du premier homme: Gn 2, 23 Celle-ci, on l'appellera « femme », et Gn320L'homme appela sa femme du nom d'Eve (« Vivante »), car elle est devenue la mère de tous les vivants. 


Celle qui a été tirée du côté est désormais non plus une identique, un morceau de l'homme, mais celle qui parce qu'elle a un sexe différent peut engendrer. Elle n'est plus miroir, mais autre, et peut être alors que cela valait la peine qu'elle prenne l'initiative de goûter et de faire partager. 


Et puis, peut être que la femme (qui ne s'appelle pas encore Eve) a toujours su (en français si on inverse le mot "savoir", cela donne "voir ça" )que elle et l'homme étaient différents, mais elle n'en faisait pas tout un fromage...



jeudi, mars 10, 2011

Très brève: Jn3,14 "Et comme Moïse a élevé le serpent..."





En réfléchissant ce matin, je me disais qu'une tumeur cancéreuse peut parfois arrêter son oeuvre de mort si on bouche tous les canaux qu'elle a crée pour l'alimenter et pour diffuser. Elle se sclérose et meurt. Je ne suis pas sûre que cela ait été réalisé, mais c'est une piste de recherche.


D'une certaine manière la tumeur attire tout à elle.  Elle se nourrit de tout l'organisme, elle le colonise et elle finit par faire mourir celui qui en est porteur. Peut être peut on y voir une sorte de représentation du mal. Pour que celui ci soit vaincu, il faut d'une certaine manière cesser de l'alimenter, boucher les canaux, combler. 


Alors je me suis demandée si quand Jésus dit Jn3, 14 "Et comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l'homme soit élevé"en ne tenant pas compte du verset suivant), s'il ne faudrait pas regarder Celui qui est sur la croix est une représentation du mal (après tout le serpent en est une). Il attire ainsi sur le Lui le mal (Paul ne dit-il pas que Jésus s'est fait péché pour nous) ce qui nous en délivre. Mais être comme un malfaisant c'est être un mauvais. 


Si Jésus attire ainsi le mal en Lui, un peu comme un paratonnerre, alors il nous en délivre, et il est conforme à ce qu'écrivait le prophète Esaïe dans le 4° chant du serviteur Es 53. 


Voir en cet homme une représentation du Mal c'est comprendre que Jésus en prenant le Mal sur Lui et en Lui , en en mourant, est Celui qui nous donne "La vie éternelle" (verset 15) vie qui commence dès aujourd'hui avec la Présence de Dieu en nous.


La résurrection étant comme la preuve que le Mal peut être vaincu, que la tumeur peut être asséchée et que l'homme peut vivre.


Sauf que le combat est loin d'être terminé, mais que le don de l'Esprit Saint permet jour après jour, heure après heure, seconde après seconde de travailler à assécher cet autre "qui rôde cherchant qui dévorer".