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dimanche, avril 03, 2022

Jn 8, 1-11. "Va et ne pèche plus".

Cinquième dimanche de Carême: la femme adultère, ou la mort de Jésus se programme.

On dit parfois que ce texte aurait pu appartenir à l'évangile de Luc, mais je trouve qu'il a bien sa place ici. A Jérusalem, l'étau se resserre de plus en plus.

J'ai déjà écrit deux billets, très éloignés dans le temps, sur cette péricope. Le premier, 2013, https://giboulee.blogspot.com/search?q=la+femme+adultère, fait parler la femme, et ce qu'elle a vécu; et le second, 2019, Jésus lui-même: https://giboulee.blogspot.com/2019/04/jesus-raconte-la-femme-adultere-jn-8-1.html

Ce matin, en travaillant ce texte, je voyais un premier cercle autour de Jésus, avec "la foule" et quelques disciples, car l'heure est matinale; puis un deuxième cercle, mais plutôt une sorte d'ellipse, avec deux foyers: la femme jetée en pâture, et Jésus qui risque d'être lui aussi jeté en pâture, et autour les pharisiens et quelques disciples qui sont restés, et peut-être quelques curieux, mais plus grand monde. Et à la fin à nouveau un cercle, Jésus et la femme sont au centre, il reste peu de monde autour.

 Et c'est un de ses disciples qui va raconter ce qui s'est passé ce matin là.

Les postures physiques de Jésus dans cet épisode m'interrogent toujours. Il est assis, la position du maître qui enseigne. Il se baisse et écrit sur le sol, comme s'il se mettait dans une bulle, comme s'il s'isolait. Il se relève pour donner quelques mots, là c'est une parole qui suit l'écrit, mais peut-être que c'est un moyen de vivifier ce que lui a écrit sur le sol, que nous ne connaissons pas; et à nouveau il se sort de ce qui se passe, il ne regarde pas, il n'influence personne, il est là. Et ce n'est que dans un nouveau silence qu'il s'adresse à la femme, et là, je le vois debout. 

Un disciple raconte

La dernière rencontre avec les bien-pensants, ceux qui utilisent la Loi comme un bouclier, s'était mal terminée. Ils auraient même voulu que notre maître soit arrêté, mais par un vrai miracle les gardes ont été subjugués par sa parole et n'ont pas porté la main sur lui. Un peu de temps avait passé, mais je pensais bien qu'ils chercheraient un moyen pour prouver qu'il n'était pas un bon juif et pour le faire lapider. Ils ont la pierre facile à Jérusalem. Il faut dire qu'ici les pierres ce n'est pas ce qui manque. 

Jésus avait passé comme souvent la nuit dans le jardin des Oliviers, ce jardin qu'il aime tant. Et comme souvent il était arrivé au Temple dès le lever du soleil, pour le chant des psaumes. Des gens s'étaient rassemblés autour de lui, et il avait commencé à leur parler. Ils étaient suspendus à ses lèvres. Il était donc assis, et nous et quelques autres autour de lui en cercle. 

 

Et tout à coup, il y a du bruit, des pas, des pleurs étouffés. arrive une jeune femme, en larmes, tenue par deux pharisiens et suivie par beaucoup d'autres. Ses gardiens, car c'en était, l'ont poussée devant Jésus, presque jetée à terre, mais elle est restée debout. Ils ont dit qu'ils avaient surpris cette femme en délit d'adultère, que la loi de Moïse prescrivait de lapider ces femmes, et que lui, il était sommé de dire ce qu'il fallait faire.

 

Pour un piège c'était un piège et du coup, mon maître était en aussi mauvaise position que cette pauvre femme, parce que s'il disait qu'il fallait obéir à la loi de Moïse, cela le discréditait aux yeux de tous ceux qui croyaient en lui et qui voyaient en lui le sauveur attendu, celui qui communiquait avec le Très Haut, qu'il appelait son père, et s'il disait qu'il ne fallait pas, alors il manquait à la loi de Moïse, et il était lui passible de lapidation. C'était vraiment un vrai traquenard. Et je me sentais là, en spectateur, totalement impuissant.

 

Lui, il était toujours assis. Il avait son regard triste, ce regard que je connais bien quand quelque chose le peine. Et de la compassion pour cette jeune femme il en avait. D'ailleurs normalement elle n'aurait pas dû être seule. Son compagnon aurait dû être là, mais lui, il avait sûrement réussi à sauver, ou alors elle n'avait rien fait et c'était un coup monté. Enfin c'est ce que j'ai pensé à un moment. 


Jésus ne disait rien, ne répondait rien, comme s'il se murait dans le silence; et il s'est mis à écrire sur le sol, enfin à tracer des lettres. J'étais trop loin pour lire ce qu'il écrivait. Il me semble quand même qu'il avait écrit le nom d'Adonaï, et celui de Moïse. Il ne regardait personne. La femme était debout, lui assis, regardant le sol. Le silence était pesant. 

 

Ils sont revenus à la charge, et là, il s'est redressé, il les a regardés, avec toujours cette infinie tristesse, je dirais presque qu'il avait des larmes dans les yeux; et il a juste prononcé une phrase. Il a dit: "Que celui qui est sans péché lui lance la première pierre". 


Et là il y a eu un autre silence. On ne lapide pas dans le Temple, on lapide hors de la ville, et eux ils avaient des pierres avec eux. Comme si tout était prévu à l'avance. Seulement là, ils ont baissé la tête. Après tout, l'écriture ne dit-elle pas que le juste pèche sept fois par jour? Alors les uns après les autres, en commençant par le plus âgé, ils sont partis. Qu'ont-ils pensé? Ont-ils reconnu qu'ils étaient aussi mauvais que ces vieillards des temps anciens qui avaient voulu faire condamner la jeune Suzanne? Étaient-ils furieux après Jésus? Je ne sais pas, mais un autre silence était là. Et Jésus avait continué à écrire.

 

Il s'est enfin redressé, un peu comme s'il s'éveillait d'un mauvais rêve. Il a regardé la femme, et il a dit "Femme où sont-ils? Puis il a ajouté, comme s'il était surpris: "Personne ne t'a condamnée?". Elle a répondu: "Personne Seigneur". 


Et là, Jésus a souri. Un pauvre sourire. Je crois qu'il était très secoué par ce qui venait de se passer. Il s'est remis debout, il l'a regardée, et il lui a dit "Va, et ne pèche plus". Alors bien sûr elle est partie, sans trop demander son reste, mais elle était devenue autre. Elle s'était redressée, elle n'était plus perdue, elle était belle, belle comme tous ceux que notre maître fait renaître. 

 

A notre tour nous avons quitté le Temple, et nous sommes partis à Béthanie.

 

 

lundi, avril 11, 2022

Jn 12, 1-11. L'onction à Béthanie

 Jn 12, 1-11, L'onction à Béthanie.

 

Lundi de la semaine sainte. 

 

Je me suis toujours demandée si ce qui s'est passé là, à Béthanie, n'a pas permis à Jésus d'utiliser ce geste avec ses disciples en Jn 13 pour le lavement des pieds.


Bien sûr, c'est très différent. Pour moi, le geste de Marie est un geste d'amour, presque maternel, d'une femme qui embrasse, parfume le corps de son tout petit, et qui ce faisant est enveloppée dans son odeur à lui, et lui de son odeur à elle, puisque c'est elle qui a choisi. 

 

Jésus, lui, va faire un geste paternel avec ses disciples, un geste d'homme. Certes un geste qu'il est demandé d'entendre en termes de service, mais il me semble que cela va bien au-delà. Jésus, en faisant ce geste, devient "un" avec celui auquel il lave les pieds: sa pureté à lui enserre l'impureté du disciple et la dissout dans sa sainteté. 

 

Commentaire du texte.

 

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts. 

2 On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus. 

3 Or Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum. 

 

On est inséré dans le temps; la Pâque est proche. On est inséré dans un lieu, Béthanie, qui est près de Jérusalem. Et on a des personnages: Jésus, Marthe, Lazare, Marie. 

 

Pour moi, Lazare, quand il se réveille d'entre les morts, est guéri de la maladie qui l'avait emporté. Il n'est pas un squelette, comme je pense l'avoir lu autrefois, un malade convalescent qui n'a que la peau sur les os. 

Marthe, fait le service. Comme dans l'évangile de Luc.

Marie n'est plus assise aux pieds de Jésus, mais elle s'occupe des pieds de Jésus. Et l'odeur du parfum les enserre l'un et l'autre dans un même cocon d'odeur; peut-être même que toute la maison en est remplie. Elle ne pleure pas comme la pécheresse de Luc, non. Elle essuie avec ses cheveux, par un geste qui est maternel. Ils sont presque comme la mère et son enfant. Ensemble, inséparables dans la mort qui va advenir.

Par ailleurs la maison, pour la psychologue que je suis, c'est un contenant qui renvoie à l'image maternelle. Alors cette maison qui est embaumée, qui embaume, elle est peut-être aussi à l'image de ce qui sera le tombeau de Jésus dans quelques jours.

 

4 Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : 

5 « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » 

6 Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. 

 

Et voilà Judas qui entre en scène, comme il entrera en scène lors du lavement des pieds. 


J'aime bien le "on". On peut presque l'entendre comme une critique de Lazare. Après ce qu'on a fait pour lui, n'aurait-il pas dû remercier plus qu'avec un simple repas? Donner de l'argent pour les pauvres? Et on sait qu'il exprime tout haut, ce que les autres disciples disent aussi dans les synoptiques. Seulement c'est le coup de patte de Jean à Judas, qu'il doit détester cordialement;

 

7 Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! 

8 Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » 

 

Et là, où la zizanie aurait pu arriver, je veux dire que Lazare aurait pu faire des reproches à Marie, ou même Marthe, Jésus apaise. "Laisse-là", elle m'oint en vue de ce jour où je vais être mis au tombeau. Si c'est 6 jours avant la Pâques, on est le dimanche. 

 

9 Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts. 

10 Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare,

11 parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.

 

Et là, on passe à autre chose. On sait que la mort de Jésus est décidée, mais si on tue Lazare aussi, la preuve en quelque sorte que cet homme est un homme de Dieu, un prophète comme Elie ou Élisée, alors on aura gagné, plus personne ne désertera le pouvoir des prêtres.

 

 Jean, le disciple bien-aimé, raconte

 

Jésus avait redonné la vie à Lazare. Au bout de quatre jours, il était sorti vivant du tombeau, il était sorti peut-être aveuglé par la lumière du jour, mais vivant et je dois dire guéri. Moi qui m'étais attendu à voir quelqu'un décharné par la maladie, il n'en n'était rien. 

 

Peu de jours après, il nous a invités, nous les disciples, à un repas, je dirai plus qu'un repas de remerciements, un repas d'action de grâce. Et comme d'habitude, il en avait laissé l'organisation à Marthe. Et voilà, que Marie, celle avec laquelle Jésus avait pleuré quand il s'était rendu sur la sépulture de Lazare, est entrée dans la salle. Elle avait avec elle un flacon de parfum, un de ces parfums qui est réservé aux riches, et elle l'a versé sur les pieds de Jésus. Une odeur s'est répandue sur ses pieds, mais sur lui, autour de lui, et elle a pris ses cheveux comme pour caresser ses pieds. Elle aussi était tout imprégnée de cette odeur. Cela pour moi évoquait une mère en train de l'occuper de son petit, elle et lui étant inséparables, enveloppés dans la même odeur, dans la même senteur, absents du reste du monde.

 

Et voilà que Judas a rompu le charme. Il s'est étonné que l'on ne lui ait pas donné ce parfum qu'il aurait pu revendre pour avoir de l'argent pour les pauvres. En fait, comme c'est lui qui gère les finances de notre groupe, je sais très bien que cet argent il l'aurait en grande partie gardé pour lui. Mais c'est un peu comme s'il interpellait Lazare en lui faisant remarquer qu'il devrait faire attention à cette folle de Marie.

 

Heureusement que Jésus a pris la parole. Il l'a fait taire en lui faisant remarquer que des pauvres, il y en aurait toujours et hélas c'est bien vrai, mais que lui, non, il ne serait pas là pour toujours et que ce geste-là, il était pour lui, pour lui seul, et que c'était un vrai geste d'amour. La mort de Jésus, je me dis que Judas, il doit bien souhaiter que cela lui arrive et qu'il fera tout pour ça. Jésus a ajouté que ce geste, c'était comme pour anticiper ce qui allait de passer. Mon cœur s'est serré quand il a parlé d'ensevelissement. Mais au fond de moi, je sais bien que ça va mal se terminer.

 

Le repas s'est terminé, mais le charme était rompu. En rentrant à Jérusalem, j'ai appris que les grands prêtres, qui voulaient que Jésus leur soit livré, avaient aussi décidé de tuer Lazare, parce qu'à cause de lui de nombreux pharisiens se détournaient d'eux et apprenaient à vivre d'une manière plus conforme à la volonté de celui que Jésus appelle son Père. Ils sont vraiment odieux. Enfin s'ils s'imaginent que ce meurtre changera quoique soit au dessin du Très-Haut, ils se trompent.

  

dimanche, avril 07, 2019

Jésus raconte la femme adultère: Jn 8, 1-11

C'est le cinquième dimanche de Carême. L'évangile propose la femme adultère; et même si j'ai déjà écrit plusieurs textes sur ces versets, j'ai eu envie de laisser Jésus raconter. Mais j'ai eu aussi envie de remettre ce texte dans le contexte de mort: car, si je puis dire, quand Jésus est en Judée, il est "wanted", sa tête est quasiment mise à prix. Il dérange trop. Et dans cette histoire, il est bien question d'arriver enfin à se débarrasser de ce type qui est tellement gênant.

Ce qui se passe là, c'est aussi cette manière qu'a Jean de reprendre les synoptiques à sa manière. Car si on ne présente pas, dans les synoptiques, une femme ayant (soit-disant) commis l'adultère, cette question de l'adultère sera évoquée autrement, quand les pharisiens demanderont à Jésus si un homme a le droit de renvoyer sa femme, ou quand les sadducéens poseront la question de savoir avec lequel de ses époux la femme qui a épousé les sept frères vivra après la résurrection. Mettre Jésus à l'épreuve pour pouvoir le tuer..


Jésus raconte sa rencontre avec cette femme dont on ne connaît pas le nom...

C'était pendant la semaine de la fête des Tentes. J'avais hésité à monter au Temple, mais mon Père m'a dit que je devais y aller, être un juif qui obéit aux prescriptions de Moïse. Et une fois dans ce lieu, qui est le lieu ou qui devrait être le lieu de la Présence, j'ai enseigné; et les foules de ceux qui aiment m'entendre sont venues. J'aime leur parler, j'aime les enseigner. Ils commencent à se demander qui je suis.

Ils sont un peu empêtrés avec ce que disent les scribes sur le Messie: parce que pour eux je suis de Nazareth, et Nazareth est en Galilée. Et de Galilée, d'après leur manière de scruter les écritures, rien ne peut sortir de bon, surtout pas un prophète; et encore moins le messie. Ils ne savent pas que je suis pourtant de la descendance de David, et que j'ai vu le jour à Bethléem; mais c'est important qu'ils ne le sachent pas. Ils doivent me reconnaître comme le Fils, non pas à cause de mon origine géographique, mais parce que, comme mon Père, j'agis pour le bien et pour le bon. Et si j'ai guéri ce paralytique un jour de Sabbat, ce n'est pas pour transgresser, mais pour permettre à cet homme de vivre en fils, et n'est ce pas cela l'important? 

Mais si la foule m'apprécie, par contre les scribes et les pharisiens, et même les anciens qui siègent au Sanhédrin, sont tellement en colère contre ce que je suis, qu'ils ont même envoyé des gardes pour m'arrêter; tout ça, pour cette guérison. Mais au-delà, ils ont peur. Et ils ne savent pas de quoi. Du coup, ils refusent d'ouvrir les yeux de leur cœur et ils se servent de la loi comme d'une arme contre moi. Seulement, les gardes, qui sont des gens simples, n'ont pas porté la main sur moi, et ils en ont été pour leur frais; mais je suis sur "mes gardes", ils vont trouver quelque chose pour me mettre à mort.

Et aujourd'hui, après avoir passé la nuit dans le jardin des oliviers, ce jardin où il y a ce grand cimetière mais aussi ces arbres qui me font penser à cette phrase "et moi je suis comme un bel olivier planté dans le jardin de mon Dieu", je suis allé chanter les psaumes dans le temple et j'ai commencé à enseigner. Bien sûr mes disciples sont là, et déjà une petite foule. Et ils sont arrivés., ils je veux dire les "bien pensants", les "purs", les "justes". 

Avec eux, il y avait une jeune femme, elle me faisait penser à ma maman, elle était toute jeune. Surement une de ces femmes accordée à un homme bien plus âgé qu'elle, et qui est un peu une esclave, quoiqu'on en dise. Elle n'avait pas son voile; elle était vêtue à la hâte et il y avait des larmes qui coulaient. 

Ils m'ont interrompu, ont placé la femme en plein milieu devant moi. Ils m'ont dit qu'elle avait commis l'adultère, et qu'ils voulaient que je leur dise ce qu'ils devaient faire... Alors là.. SI je dis qu'il ne faut pas la lapider, ils diront que je ne respecte pas la Loi, et ils me lapideront avec elle. Et si je dis qu'il faut la lapider, ils diront que moi qui prêche la miséricorde des pécheurs, je ne suis pas cohérent, et je n'aurai plus aucun crédit auprès de ceux que j'aime tant enseigner. 

Alors je me suis assis, je suis comme rentré en moi-même, et je parlais à mon Père. Il m'a dit d'écrire sur le sol la loi que moi je devais mettre dans leur cœur, cette loi dont parlaient Jérémie et Ezéchiel, cette loi d'amour. Cette loi je l'ai écrite sur le sable, parce que le temps de l'écrire dans le cœur n'était pas venu: "Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés". Et eux, ils discouraient toujours, et elle, elle était de plus en plus terrorisée. Certains avaient déjà commencé à ramasser des pierres. Moi, je cherchais les mots pour exprimer la nouvelle loi, celle que je leur donnerai. 

Ils se sont à nouveau adressés à moi, et là je me suis redressé; et les mots sont sortis tous seuls: "Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre!" Je n'ai pas vraiment réfléchi, les mots se sont formés en moi. Et eux qui connaissent si bien la Tora, ils savent bien que le juste pèche sept fois par jour, alors eux.. Je ne juge pas, je suis triste à en mourir pour eux; mais cette femme, cette petite fille, qu'elle ait ou non commis l'adultère, n'est-elle pas aussi comme tout ce peuple qui n'écoute plus mon Père? Et moi je suis venu pour qu'ils aient la vie, pas la mort. 

Alors ils ont baissé les yeux, eux tous, tels qu'ils sont; et ils sont partis les uns après les autres, en commençant par les plus âgés. Et elle est restée seule, dans ce cercle vide. Elle et moi. Moi assis, elle debout. Elle n'osait pas me regarder. 

Je lui ai demandé où ils étaient - j'ai fait cela pour qu'elle revienne dans le présent, pour qu'elle sorte de son mutisme. Elle a ouvert la bouche pour dire qu'ils étaient tous partis. Je lui ai dit qu'elle pouvait partir, rentrer (mais où?); et qu'elle devait résister au péché. 

Il s'est alors passé quelque chose. Son regard s'est comme illuminé; je crois qu'elle m'a vu tel que je suis, sans péché. Et au lieu de partir, elle a regardé mes disciples.

Jean, celui qui a ses entrées auprès des grands-prêtres lui a souri, et lui a fait signe qu'elle pouvait venir avec nous. Un jour, un autre jour, c'est ma maman que je lui confierai, mais ce jour n'est pas encore là, même s'il n'est pas loin. 

samedi, avril 29, 2023

Jn 10, 1-11. Le bon pasteur. 4° dimanche après Pâques. Avril 2023

 SEMAINE DU 30 AVRIL AU 6 MAI. ÉVANGILES

 

DIMANCHE 30 AVRIL. Jn 10,1-10



Le texte proposé est le début de ce chapitre. Or le chapitre lui-même n'est pas du tout, du moins au premier abord, en lien avec ce qui s'est passé avant: la guérison de l'aveugle de naissance. Et il sera suivi par le dernier signe: la résurrection de Lazare. Avant de travailler le texte proposé lui-même, j'ai voulu lire et donc retravailler un peu tout le chapitre, de manière à essayer de mieux le comprendre.


        La première partie: Discours aux pharisiens qui ne comprennent pas.

 

Étonnant donc ce texte, qui semble n'avoir aucun rapport avec ce qui s'est passé avant, sauf ces clivages permanents chez les juifs (pharisiens surtout) qui ne savent pas trop s'ils veulent ou ne veulent pas suivre ce Jésus qui pose trop de problèmes: Qui est-il, au nom de qui parle-t-il, est-il un possédé? Pourquoi ne respecte-t-il pas la règle élémentaire du sabbat?

 

Je me demande si Jésus ne s'adresse pas, ici, à ceux d'entre eux qui se lamentent de perdre des disciples: et il se présente comme l'unique Pasteur; ce qui veut dire aussi qu'il est Dieu, puisque Dieu se présente comme cela, dans le livre d'Ézéchiel (Ez 34), quand Il reproche aux prêtres de ne pas s'occuper correctement du troupeau qui leur a été confié. 

 

Jésus, de fait, attaque ceux qui viennent, par derrière, dire du mal de lui à ceux qui le suivent. Et il les traite de voleurs et de bandits (lui-même sera crucifié comme un bandit). Mais cela fait aussi penser à ce qui se passera dans l'église des premiers temps, où - si on lit Paul - des juifs viennent pour ramener les nouveaux croyants sous le rituel juif (circoncision essentiellement); ou dans les épitres de Jean qui parlent d'hérésies. 

 

Il y a une nécessité, passer par la porte. 

 

Or à Jérusalem, il y a bien une porte qui se nomme ainsi. La porte des brebis, pas loin de la piscine aux 5 portiques, là où Jésus a guéri un paralysé, et ce un jour de Sabbat. Or ces brebis sont destinées au sacrifice, à la mort. Et Jésus, lui, propose que ces brebis qui le suivent soient vivantes, et surtout qu'elles soient dans la liberté: elles peuvent aller et venir, elles ont donc le choix, ce qui n'est pas le cas des brebis du troupeau des pharisiens. 

 

Si on lit le chapitre en entier, on voit qu'il se termine mal…

 

En fait dans le chapitre, il y a ce premier discours qui arrive sans préavis, puis ce qui se passe au moment de la fête de la dédicace. 

 

La première partie se termine par l'affirmation que Jésus est le maître de sa propre vie; qu'il est aimé du Père, et qu'il annonce ce qui va advenir de lui. Il donne sa vie, et il la recevra à nouveau, ce qui peut paraître bien obscur. Et c'est à nouveau la division sur qui est Jésus: un envoyé ou un possédé.

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16 J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos: celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix: il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.

17 Voici pourquoi le Père m’aime: parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau.

18 Nul ne peut me l’enlever: je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau: voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

 

     La deuxième partie, la Fête de la Dédicace.

 

Le spectacle est assez étonnant. On voit Jésus qui marche, qui va et vient, sous la colonnade de Salomon. Le "aller et venir", c'est ce qui s'est passé lors de l'appel des premiers disciples. Et la colonnade de Salomon, c'est un lieu qui peut évoquer la Sagesse et la Royauté. 

 

Et voilà le groupe des pharisiens qui arrive, et qui fait cercle autour de lui. Jésus devient le point de mire, le centre. On ne sait pas où sont ses propres disciples. Mais c'est presque une attaque: seul au milieu de tous, seul contre tous. Et la question qui les empêche de dormir, c'est: Qui es-tu? Es-tu celui qui est attendu, le Christ? C'est la même question qui a été posée à Jean le baptiseur. Et il y a eu une réponse de ce dernier, disant que quelqu'un était là, qui était l'Oint.

 

La réponse de Jésus est désabusée. À quoi ça sert, ce que je vous dis, puisque vous ne voulez pas ouvrir les yeux; vous êtes comme cet aveugle, que j'ai guéri. Et il passe à l'attaque en le disant qu'ils ne sont pas ses disciples, que ses disciples à lui, ses brebis, elles, elles le croient, et qu'elles ont déjà la vie éternelle. Et à nouveau le conflit latent: mes brebis, vous n'arriverez pas à les enlever de ma main, de mon troupeau, quoique vous fassiez. Et l'affirmation qui va mettre le feu aux poudres: le Père et Moi, nous sommes UN. 

 

La réaction est immédiate: lui jeter des pierres et le tuer, par il se fait l'égal de Dieu, lui qui est un homme. Ce qui redonne un de ces dialogues rabbiniques (un peu énervants), où Jésus montre qu'il a parfaitement le droit de dire qu'il est divin puisque c'est ce que dit un psaume. Et cela se termine par ce qu'on pourrait appeler une clé de lecture: regardez les œuvres que je fais, et si cela ne vous oblige pas à voir en moi, le Christ, c'est cela qui vous ouvrira les yeux et vous permettra de comprendre ce que vous refusez: que je suis dans le Père et que le Père est en Moi. 

 

Seulement quand on ne veut pas voir, on ne voit pas; et à nouveau c'est le désir de le faire taire qui est là, la lapidation; et la fuite de Jésus. On peut se demander si le dernier signe, le relèvement de Lazare n'aurait pas dû leur ouvrir les yeux, sauf que cela a l'effet contraire, car cela va jeter la peur dans le grand conseil.

 

 

 

 

Le texte de ce dimanche: Jn 10, 1-11.

 

 

En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.

 

Tel que c'est rapporté, cela semble une banalité. Mais de qui Jésus veut-il parler. Au chapitre 9, il y a eu la guérison de l'aveugle, et la question des pharisiens. Est-ce que Jésus veut leur faire comprendre que eux, qui lui en veulent parce qu'il se fait plus de disciples qu'eux et qui voudraient peut-être les reprendre - surtout si des pharisiens sont partis, sont des voleurs et des bandits? 

 

Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.

Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.

Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.

5Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

 

Voilà, comment lui, il fait: il entre par la bonne porte. Mais qui est le portier? Son Père?  Il y a une relation de confiance et non de peur entre lui et les brebis (disciples?). Et la peur de l'étranger? 

 

Il y a bien le portier, mais il y a la relation, qui est une relation d'amour entre Jésus et ses disciples;

 

Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. 

 

D'autres traductions disent parabole. Ce qui veut dire que Jésus s'adresse aux pharisiens, et qu'il veut leur faire comprendre quelque chose qui manifestement les dépasse. Donc, en bon pédagogue, il reprend.

 

C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis.

 

La porte des brebis (c'est une réflexion que je me suis faite) c'est la porte par laquelle on fait entrer les brebis qui vont être immolées dans le Temple. Donc elles vont à la mort; or Jésus, lui, conduit à la vie.

 

Cela évoque aussi ce que Jésus dira à Thomas: qu'il est le chemin. Une porte, cela met une limite entre un dedans et un dehors; quand on ouvre la bonne porte (par exemple quand on choisit un métier qui vous correspond) on va vers la vie. Il y a des portes qui conduisent vers la mort, la porte de la drogue, de la prostitution, etc. Choisir de suivre Jésus, c'est aller vers la vie, car lui, il donnera sa vie pour ses brebis.

 

Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.

 

Là encore de qui s'agit-il? Dans quel passé? Et une affirmation: ses brebis à lui n'ont pas écouté les discours des autres. 

 

Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer, et il pourra sortir et trouver un pâturage.

10 Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance

 

Jésus affirme que lui, il est celui qui mène les brebis vers la vie, contrairement à ceux qui viennent pour piquer les brebis de son pâturage à lui - et qui n'aiment  pas les brebis.. » La vie en abondance, c'est un rappel de la multiplication des pains, les douze corbeilles qui restent. Ce n'est pas une petite vie étriquée qu'il propose, mais une vie en abondance.

 

Si je reste juste au texte proposé ce dimanche, par qui peut-il est raconté? Je pense par un pharisien. 


 

Un pharisien raconte

 

Jésus, ce drôle de type qui fait des guérisons le jour du Sabbat, alors qu'il pourrait les faire n'importe quel autre jour de la semaine, qui vient de rendre la vue à un aveugle de naissance, et cela impossible de dire le contraire, est là, ce matin, au Temple, comme bien souvent.

 

Beaucoup sont autour de lui et boivent ses paroles comme du petit lait. 

 

Qui est-il cet homme? Autrefois, quand Jean le Baptiseur était vivant, nous étions demandés si c'était lui le Messie, mais il avait dit que non mais qu'il y avait quelqu'un qui était là, bien vivant et qui lui serait le Messie. Ce Jésus, beaucoup croient que c'est lui le Messie, mais pas nous, car le Messie, lui, respecterait vraiment la Loi et la ferait respecter. Et cela, nous ne nous privons pas de le dire et de le répéter à ceux d'entre nous qui se déclarent des disciples. 

 

Et voilà qu'il nous regarde et déclare qu'un ton péremptoire, mais curieusement avec une certaine tristesse, que ceux qui entrent dans l'enclos des brebis, sans passer par la porte, sont des voleurs et des brigands. Nous nous sommes regardés sans comprendre. 

 

Il a alors ajouté que celui qui entre par la porte, celui-là c'est le berger, qu'il est reconnu par celui qui gère l'enclos, et surtout que ses brebis le connaissent bien, qu'elles écoutent la voix; que lui connaît chacune par son nom, qu'il les guide en dehors de l'enclos, qu'il leur parle et qu'elles connaissent sa voix; et qu'elles ne suivent pas d'autres qui se feraient passer pour des bergers. Lui il est sûr que les brebis sont intelligentes, moi, je n'en suis pas si sûr.

 

Je pense qu'il s'adressait à nous, parce que comme je l'ai dit il nous regardait, et que c'est vrai que nous nous posons beaucoup de questions et que nous essayons souvent d'empêcher les nôtres de le suivre. D'ailleurs nous avons exclu de notre groupe cet aveugle-né et même ses parents, parce qu'ils disaient que cet homme était le Fils de l'homme. Je dois dire que ce qu'il disait me faisait penser au prophète Ézéchiel quand il fustige les responsables de ne pas être de bons bergers. Mais nous, nous faisons tout pour respecter la loi dans ses moindres détails, pour être des descendants de Moïse. Je ne comprends pas.

 

Il a dû se rendre compte qu'on ne le comprenait pas, et je dois dire que ce n'est pas la première fois que ça arrive; on a toujours l'impression qu'il nous prend pour des idiots, incapables de comprendre ses propos. Mais quand il dit qu'il va donner sa chair à manger et son sang à boire et que c'est cela qui nous donnera la vie éternelle, comment voulez-vous que nous puissions le croire? 

 

Bref il a recommencé à parler. Il a affirmé qu'il était la porte des brebis. Comment un homme peut-il se transformer en porte? Et moi, la seule porte que je connaisse, c'est celle de ce grand enclos où l'on parque les brebis qui vont être immolées. Alors cette porte là, elle peut faire un peu peur. Mais je dois sûrement ne pas comprendre. Une porte, cela sert à entrer quelque part. Alors peut-être qu'il veut dire que lui, il est capable de faire entrer ses brebis dans les bons pâturages, et là, cela veut dire qu'il est le Très Haut, car comme le dit le roi David, "Le Seigneur est mon berger, dans les verts pâturages il me fait reposer". 

 

Ensuite il a parlé de ceux qui étaient venus avant lui, il les a traités de voleurs, et a dit que les brebis ne les avaient pas écoutés. C'est vrai que des messies ce n'est pas cela qui manque. J'espère qu'il ne parle pas de nous, ça serait un comble. Il dit que ses brebis à lui ne les ont pas écoutés. Bon, admettons, et alors?

Puis il a dit à nouveau qu'il était la porte. Et là, ça c'est un peu éclairé pour moi. Une porte c'est un peu comme un chemin, ça peut mener vers la vie ou vers la mort. C'est un peu ce que nous disait notre Père Moïse, quand il nous demandait de choisir la vie. Mais est ce que cet homme est vraiment celui qui va donner la vie? 

 

Il a ajouté que ceux qui le choisissaient seraient sauvés, qu'ils seraient libres d'aller et de venir (or cela je reconnais que cette liberté nous l'avons perdue avec tous ces préceptes qui nous enferment), et qu'il était venu pour que les brebis aient la vie et l'aient en abondance. 

 

Et bien, tout pharisien que je sois, cette phrase a résonné en moi. Avoir la vie, la vie en abondance. C'est tellement ce que je désire? Vivre de la vie du Très Haut, vivre dans la Paix. 

Il a alors ajouté qu'il était le bon pasteur, qu'il connaissait ses brebis et que ses brebis le connaissent, et qu'il donne sa vie pour ses brebis. 

 

Alors là, je ne sais pas ce que penseront les autres - mais je dois dire que cela ne compte pas: Je comprends maintenant pour tant d'hommes le suivent sans se poser de questions! Un tel berger, un tel pasteur, ne peut être que le Messie, et celui-là je le suivrai maintenant, quoiqu'il arrive.

 

 

Quand j'ai commencé à écrire ce texte, je n'imaginais pas du tout qu'il allait en quelque sorte m'échapper et se terminer par le retournement de cet homme. Mais c'est ainsi, et cela montre bien combien la parole est transformante pour celui qui veut bien ouvrir ses oreilles et qu'elle est bien source de vie.

dimanche, septembre 10, 2006

"Pierre, Moïse, Isaïe et d’autres"

Catherine Lestang

"Pierre, Moïse, Isaïe et d’autres".

En entendant hier ce que l’on nomme l’appel des 4 premiers disciples en Luc 5,1 – 11, plusieurs pensées me sont venues. La première est d’ordre bêtement technique: si les pêcheurs lavent leurs filets sur le rivage,c’est qu’il n’y a pas de filet dans la barque et que je doute fort que Simon ait eu le temps de remettre les filets en place, d’autant que la pêche se fait de nuit.Bon, petit point de détail.

La deuxième qui est un peu du même ordre est de me demander comment dans une petite barque (ceci est souligné par Luc) on peut se prosterner sur un tas de poissons glissants et frétillants sans se casser la figure et sans faire chavirer la barque qui s'enfoncait.

Mais surtout il y a la phrase que Simon adresse à Jésus: « Eloigne toi de moi Seigneur, car je suis un homme pêcheur, car la crainte l’avait envahi lui et tout ceux qui étaient avec lui à cause du coup de filet qu’ils venaient de faire.»

Curieusement ce "éloigne toi de moi", je l’ai entendu comme«quoi entre toi et moi», comme si Simon avait ressenti une « trouille » intense devant cet homme qu’il croyait pourtant connaître comme un gentil guérisseur et un gentil prédicateur.Bien sûr Jésus avait guéri sa belle-mère et cela, ça arrangeait tout le monde, bien sûr il avait guéri toute sorte de malades et chassé des esprits mauvais, mais là, il se passait quelque chose d’un autre ordre.Je crois que si Pierre avait pu se sauver, se mettre à distance, il l’aurait fait. Car comme Moïse et d’autres avant lui, il rencontre celui qu’on ne regarde pas les yeux dans les yeux.

Car qui peut ordonner à des poissons de se laisser prendre en plein jour? Qui est le maître des êtres qui glissent, si ce n’est celui qui les a créés?( Gn1,23) Alors là brusquement Jésus change de statut (de stature) aux yeux de Simon et de ses proches. D’une certaine manière « il » devient « Il », le Tout autre, celui qui commande à ce monde qui vit dans la mer. Alors, la peur apparaît et peut-être un désir de se mettre à distance, de se protéger de cet homme qui possède de si grands pouvoirs.

La réponse de Jésus«Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras» n’est pas forcément très rassurante ni très compréhensible pour cet homme dint le métier est la pêche. Est-ce à ce moment-là le désir de Simon ? J’en doute fort! La mission reste quand même assez sibylline.

Et il faudra du temps pour que cela s’intègre, puisqu’il faudra l’effusion de l’Esprit pour que Simon devenu Pierre se mette à pêcher.

Et j’ai repensé alors l’appel de Moïse et à celui de certains autres prophètes. Ce que j’aime tant chez Moïse, c’est son désir de savoir, de comprendre et aussi ses discussions avec « Celui qui est » pour accepter la mission qui sera la sienne: s’affronter à Pharaon et faire sortir le peuple d’Egypte pour le conduire dans un autre lieu. Il y a de quoi avoir peur et d’essayer par tous les moyens de se défiler.

Si on relit Ex3, 1-6, on assiste à une scène très vivante. Moïse voit ce buisson qui brûle sans se consumer (ce qui est contraire à toutes les lois de ce monde), il veut voir, il veut comprendre. Il fait un détour et là il entend une voix, qui comme souvent lors des appels du futur héros est un doublet de son nom. Il répond « me voici » (Présent à l’appel, pourrait-on dire). Et là d’une certaine manière les choses se gâtent, car Yahvé se révèle en demandant de se déchausser et en se situant comme le Dieu des Pères fondateurs. Comme quoi la curiosité n’est pas toujours une bonne chose. Moïse alors se voile la face car «il craignait de fixer son regard sur Dieu ». Mais il reste debout, en face. Et j’aime cette attitude de l’homme debout.

Se voiler la face, c’est un peu l’équivalent de ce que fait Pierre, se mettre à distance.… Quand on se prosterne, on ne regarde plus l’autre. On est sous le regard, sous sa dépendance de l’Autre. Et puis, il y a des Divinités qui ont«le mauvais œil» (je pense à la méduse des Grecs) et dont il vaut mieux se protéger.Car le voile peut avoir cette double valence: avoir peur et reconnaître la Toute Puissance. Plus tard, ce même voile servira à masquer la « Gloire » de YHWH qui affole le peuple.

Être sous le regard de Dieu n’est pas forcément un cadeau. D’ailleurs toute la suite du texte montre bien comme Moïse essaye de ruser, de se sortir de ce mauvais pas, malgré la puissance que YHWH lui délègue.

Pour Isaïe et d’autres prophètes, les choses sont un peu différentes, car elles se passent dans une vision. Mais la phrase d’Isaïe (Is6,4): « Malheur à moi, je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures » traduit à nouveau la peur face à un certain divin, un certain sacré. Lui, par contre résiste beaucoup moins que Moïse. Quant à Jérémie, on retrouve un peu la réticence de Moïse: « Je ne sais pas parler car je suis un enfant », mais comme dans l’appel de Pierre,il lui est signifié de ne pas avoir de crainte."N’aies aucune crainte car je suis là pour te délivrer"Jr1,8. Bien plus tard, Jérémie reprochera presque ces paroles dites:»Vraiment tu es pour moi comme un ruisseau trompeur,aux eaux décevantes »Jr 15, 18 .

Il reste un autre appel celui de Paul en Actes 9,3-10. Comme pour Ezéchiel (dont je n’ai pas parlé) il s’agit d’une vision qui fait tomber, qui est renversante. On ne peut y résister. Certainement c’est ce dont Saul avait besoin compte tenu de sa psychologie. Comme Moïse, il questionne, comme Moïse et les autres il reçoit une mission (ou un début de mission) se relever, faire confiance à ceux qui l’accompagnent et apprendre à leur faire confiance. Les trois jours qui suivent et qui ne sont pas sans évoquer les 3 jours qui mènent à la résurrection, sont des jours qui semblent être hors du temps, mais ces 3 jours-là font de Saul l’apôtre Paul, qui lui aussi sera un pêcheur d’homme.

Mais d’une certaine manière l’expérience qui fonde Paul paraît assez proche de ce que l’on appelle maintenant les NDE (near death experience), alors que l’expérience que fait Simon, lors de cette pêche miraculeuse, est la première d’une série qui se développe dans le temps (je pense à la transfiguration où la peur est présente) et qui permettra à Pierre de dire à Jésus:« tu sais bien que je t’aime »Jn 2 1,17. Et la peur est vaincue.


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lundi, décembre 11, 2023

Marc 1, 1-6. 1° dimanche de l’Avent. Jean 1, 6-8 19-24. 2 °dimanche de l’Avent. Décembre 2023

 

Marc 1, 1-6. 1° dimanche de l’Avent. Jean 1, 6-8 19-24. 2 °dimanche de l’Avent. Décembre 2023

 

 

Introduction.

 

J’ai participé à la fin du mois de novembre, à une journée consacrée aux évangiles de l’Avent, L’orateur avait présenté les figures de l’avent: Jean et Marie. Je dois dire qu'il m'a  réconciliée avec la figure de Jean Baptiste. 


Les fêtes de ce grand prophète et ambassadeur de Jésus, (je dis ambassadeur en ce sens qu’à la fois il l’annonce mais que déjà il le représente), rapportent bien souvent ce qu’on appelait autrefois, la décollation de Saint jean Baptiste. Aujourd’hui on dit martyr. Or pour moi, cette mort est liée, non pas au fait qu’il ait annoncé la venue du Christ, mais parce qu’il a été prophète comme l’avaient été avant lui, Isaïe, Elie, Élisé ou Jérémie pour ne citer que les plus connus. 

C’est bien ce que fait Jean quand il dit à Hérode qu’il n’a pas le droit de prendre pour femme Hérodiade, la femme de son frère. Et c’est pour cela qu’il est d’abord emprisonné, puis mis à mort, par traitrise. Mais pour moi, cette mort, on pourrait dire cet assassinat, n’est pas lié à l’annonce ou au message évangélique. Et c’est cet aspect qui m’éloignait un peu de ce saint. Or insister sur le doute qui prend Jean quand il est dans sa prison et qu’il envoie des disciples demander à ce Jésus de Nazareth, sur lequel il a pourtant vu l’Esprit descendre, s’il est bien celui qui doit venir ou s’il faut en attendre un autre, m’a fait sortir de mes représentations, dont celle du tableau de Léonard de Vinci, que je n’aime pas.

 

Or parler de cet homme comme un homme qui peut douter m’a fait je dois dire beaucoup de bien et m’a aidée à regarder cet homme autrement. 

 

Le deuxième dimanche de l’Avent, de l’année B, l’année Marc, présentent une description un peu sommaire de Jean (Mc 1, 1-6), mais elle est suivie de l’entrée en scène de Jésus. Si je résume, il y a d’abord Jean qui parait, puis Jésus qui vient de Nazareth, se fait baptiser et qui s’en va au désert. Le récit peut alors commencer. 

 

Par contre la description donnée par Jean l’évangéliste, est beaucoup plus étoffée et montre bien la différence entre celui qui est envoyé dans le monde et celui qui témoigne. C’est le questionnement des représentants des autorités du Temple, qui est à l’origine du récit de Jean. 


Mais il y a eu aussi, une autre découverte. Dans les synoptiques, dès que Jésus est baptisé, il est conduit au désert pour y être tenté. Dans l’évangile de Jean, il me semble que c’est différent. Un jour Jean voit une colombe descendre et demeurer sur un homme qu’il n’a jamais vu. Il comprend alors que cet homme c’est celui qui est choisi. Mais cet homme ne reste pas, il s’en va (on peut supposer qu’il s’agit de ce temps dans le désert) et ce n’est que quelque temps plus tard, qu’il revient à Béthanie, que Jean le reconnaît et le désigne à ses disciples comme l’agneau de Dieu. 

 

Ce que je veux signifier, c’est que Jean a dû vivre un temps qu’il est difficile de se représenter ; il sait que le Sauveur est là, mais le Sauveur en quelque sorte se sauve et Jean doit attendre qu’il revienne, qu’il se montre, et il est dans l’attente. 


Peut-être que cette attente peut rejoindre la notre durant ces semaines qui précèdent la venue. Cela peut évoquer ce qui se passe après la résurrection avec les disciples d’Emmaüs, Jésus se révèle et dès qu’il est reconnu il disparait aux regards.


Quand je laisse la parole à un quelqu’un qui a vécu un évènement avec Jésus, j’essaye toujours de rester dans le texte reçu, je veux dire ne pas me servir des parallèles ou des autres évangiles, mais là, pour parler de Jean il est difficile de faire abstraction des évangiles de l’enfance. J’y fais un peu allusion quand même, car si on admet que Jean et Jésus sont cousins, il parait difficile que Jean ne le « connaisse » pas, mais si Jésus est parti en Égypte et si les parents de Jean sont morts et que lui-même a été conduit dans le désert, il devient alors possible d’imaginer qu’ils ne se connaissaient pas. 

 

 

Ce billet présentera les textes des deuxièmes et troisièmes dimanches de l’avent, et le travail sur les versets. Il sera suivi par deux textes qui se ressemblent un peu, le premier est mis dans la bouche de Jean le Baptiste : qui suis-je et le second dans la bouche d’André, le frère de Simon, qui raconte sa vie de disciple du baptiste. C’est ce texte qui a été rédigé en premier. Le second, lui ressemble, mais pas totalement, c’est pourquoi je me permets de garder les deux récits.

 

Marc 1, 1-6 Deuxième dimanche de l’Avent, 

 

L’évangile de Marc commence directement par l’évocation de cette figure de Jean Le Baptiste. Si on le compare avec les autres récits (voir annexe en fin de texte), il est et de loin le plus bref. Mais le but de l’évangile de Marc est bien de nous permettre de reconnaître en Jésus, celui qui est porteur de la bonne nouvelle, qui est rempli de l’onction de l’esprit Saint et qui est le Fils de Dieu. 

 

Travail sur le texte: Mc 1, 1-8

 

1 Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu.

 

Traditionnellement ce premier verset est extrêmement lapidaire, surtout si on compare aux autres récits, est à mettre en parallèle avec la déclaration du centurion après la mort de Jésus : cet homme était le fils de Dieu. Tout l’évangile de Marc se propose de conduire le lecteur à faire sienne cette affirmation: Jésus, l’Oint, le Messie, le Fils du Très Haut.

 

Le premier qui a reconnu cela, c’est Jean, le prophète, celui dont Jésus dira : Mt 11, 11 : «Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'en a point paru de plus grand que Jean Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui.»

 

 

2 Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin.

 3 Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers

 

Ouvrir le chemin quelle belle mission. 

 

Cette citation du prophète Isaïe (Is 40,3) peut être entendue comme la définition du rôle de cet homme. Être la voix qui crie, être la voix qui dit qu’il est temps de préparer le chemin que le Seigneur va prendre pour entrer dans son pays. Être la voix qui demande que des travaux soient faits.  Il faut ouvrir un chemin, préparer ce chemin et rendre droits ses sentiers. Quand on y pense c’est un travail titanesque. Mais crier dans le désert, est ce que cela a un sens ? De quel désert s’agit-il ? 

Le désert traditionnellement c’est le lieu où Dieu se révèle. C’est donc un lieu bien particulier. C’est là que peut se poser la question de la ponctuation du texte d’Isaïe, comme le fait remarquer le Pasteur Nouïs (regards protestants 

 https://regardsprotestants.com/rubrique/bible-theologie/evangile-du-dimanche/?utm_source=Newsletter+Regardsprotestants&utm_campaign=126ad0aa11-La+sélection+du+week-end+-+08+12+2023&utm_medium=email&utm_term=0_42931e4494-126ad0aa11-72779197) :

 

Si l’on écrit : "voix qui crie : dans le désert préparer le chemin du Seigneur", là les choses deviennent plus faciles. C’est dans ce lieu là qu’il faut préparer le chemin du Seigneur, peut-être dans ces lieux en nous qui sont désertiques.

 

Si on prend la suite du texte du prophète : 04 Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissée ! que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée !

05 Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé. » on comprend que la voix qui crie se doit d’annoncer la venue du Très Haut. Et cela c’est la mission de Jean et c’est une bonne nouvelle. Dieu vient visiter son peuple.

 

 

4 Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.

 

Celui qui est en quelque sorte le maître d’œuvre, c’est Jean, celui qui baptise (qui plongea dans les eaux du Jourdain, ces eaux qui ont purifié Naaman le syrien de sa lèpre au temps du prophète Élisée) ) et qui proclame un baptême ce conversion pour le pardon des péchés. 

 

Or là, il me semble que cette rémission des péchés, c’est quelque chose de radicalement nouveau. Dans la Torah le pardon des péchés est codifié, il a lieu un jour par an, et ce sont les prêtres qui agissent, qui ont le rituel du bouc émissaire. Là c’est quelque chose de différent qui est proposé. Une parole se reconnaître pécheur, un geste : être plongé dans les eaux, et un changement à mettre en œuvre. 

 

Ce qui est annoncé là, c’est une très bonne nouvelle. Il s’agit bien d’une sorte de renaissance. On sort des eaux de la mort pour aller vers la vie, en laissant derrière soi tout le poids de son péché.

 

 

5Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés

 

Cette bonne nouvelle proclamée par cet homme est entendue en Judée et dans la ville de Jérusalem. Mais tel que l’exprime Marc, cela reste relativement spécifique. Le royaume de Juda semble le seul concerné.  Avec Jésus la bonne nouvelle sera donnée à tous.

 

6 Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage

 

Jean est alors présenté comme le successeur du prophète Elie, car comme lui, il est vêtu de poil de chameau. Par contre, il est présenté comme un ascète, se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage. Il utilise ce qui se trouve dans le lieu où il vit. 

 

 

7 Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. 

8 Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

 

Jean annonce la venue d’un autre. Cet autre pour le moment est derrière lui (peut-être comme un disciple), mais il est plus fort que lui, (quel sens faut-il donner à cet adjectif), puissant ? Est-ce que jean se considère comme fort ? 

 

Mais Jean se considère- t-il comme puissant ? Peut-être peut-on entendre qu’il y a en lui la force de Dieu, la force de l’Esprit. Et cet homme, lui Jean déclare ne pas être digne de s’abaisser pour dénouer la courroie de sa sandale. Cela pour moi évoque le buisson ardent, celui qui va venir, est le très haut, ce buisson qui brûle sans se consumer, et on ne peut pas, on ne doit pas le toucher, même la partie de lui qui touche le sol. C’est un peu comme si Jean disait, devant cet homme je ne peux que me voiler le visage comme Moïse le fit jadis. Et c’est cet homme, en qui demeure l’esprit, qui baptisera dans l’Esprit Saint ; qui le communiquera, qui le fera brûler en tout homme. Or celui sur lequel repose l’esprit et ses dons, c’est le serviteur : Is 11, 2 

 

La figure qui est proposée par Marc est celle d’un prophète, qui accomplit les écritures, et qui se présente comme celui qui doit préparer la venue du Messie. Mais malgré son succès, il reste celui qui attend un autre, plus fort que lui (et là il faudrait savoir en quoi consiste cette force), et qui est tel que Jean ne se sent pas digne de toucher la sandale qui enveloppe ses pieds. Il est celui qui annonce ce baptême dans l’Esprit, baptême qui sera donné à tous, contrairement à ce que l’on trouve dans la tradition.

 

 

 Jean 1, 6-8 19-24 3° Dimanche de l’Avent. Décembre 2023

 

Jean nous apprend beaucoup de chose sur cet homme envoyé par Dieu, et dont le nom est Jean, Johan : « Dieu fait grâce ». Cet homme dont Luc raconte la naissance aurait pu, à la suite de son père, être prêtre. Mais son appel est autre. Il est celui qui prépare, mais il est aussi celui qui n’est pas. 

 

Travail sur le texte

 

Comme souvent, les liturges et cela se comprend ont du faire des coupures, sélectionner des versets pour que lors de la proclamation du dimanche, les choses soient limpides pour le peuple de Dieu. Mais il m’ a paru intéressant de reprendre les versets exclus, car ils peuvent apporter quelque chose à la compréhension.

 

-Début du texte (proposé par la liturgie)

 

6 Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.

7 Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.

8 Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

 

 

Le rôle de Jean c’est d’être témoin, simplement être témoin, rendre témoignage si on pose des questions. Et c’est bien ce qu’il va faire dans la suite du texte. De fait les versets qui suivent montrent la différence entre le Verbe et celui qui annonce. Le verbe préexiste au monde, c’est de lui que le monde nait, existe, et pourtant ce monde crée, n’est pas capable de le reconnaître. 

 

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-Versets non retenus par la liturgie versets 9-18

 

 

J’ai remarqué qu’une partie de ces versets, sont à l’imparfait, comme si quelque chose s’était passé dans le temps , alors que d’autres sont au présent. 

 

09 Le Verbe était la vraie Lumière,

qui éclaire tout homme en venant dans le monde.

10 Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence,

mais le monde ne l’a pas reconnu.

11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

 

 

12 Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom.

13 Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.

14 Et le Verbe s’est fait chair,

il a habité parmi nous,

et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

 

Cela c’est l’aujourd’hui de Dieu. 

 

On peut commencer à percevoir la différence entre ce que Jean donne par le baptême de conversion et ce que Jésus va donner à tous ceux qui le reconnaitront comme la Lumière qui vient dans ce monde. Devenir enfants de Dieu, fils et filles mais aussi frères et sœurs de celui qui est le Fils . On peut noter que cela est au présent. 

 

 

15 Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »

 

16 Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ;

17 car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.

18 Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

 

Ce qui m’intéresse ici dans ces versets, c’est que Jean témoigne. Il a vu (et il dira plus tard ce qui s’est passé) qu’il a vu, car pour témoigner il faut voir. Il a vu quelqu’un qui est passé devant ses yeux, et en ce quelqu’un il a reconnu la plénitude. Et annonce que cette plénitude elle est pour tous , et qu’il y a de l’universel désormais. 

 

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-Reprise du texte : Jn 1, 19-28

 

19 Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? »

20 Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. »

21 Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. »

 

 

Là, nous apprenons ce que Jean n’est pas. Il n’est pas le Messie, il n’est pas Elie, dont le peuple attendait le retour, ni même ce prophète annoncé par Moïse. 

 

22 Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés.

Que dis-tu sur toi-même ? » 

 

23Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »

 

 

Arrive là, la définition de ce qu’il est, de sa charge. Être la voix, de celui qui crie dans le désert : redressez le chemin du Seigneur. 

 

Cette phrase d’Isaïe nous la connaissons par cœur, mais a-telle encore un sens pour nous ? Car elle peut s’entendre au sens propre, pour que le Seigneur puisse venir, passer, il faut préparer un chemin comme cela se fait pour les plus hauts dignitaires, un chemin droit, sans pierres. Ce tapis rouge que nous mettons sous les pieds des personnes dans haut rang, pour que leurs pieds ne foulent pas la poussière. Il faut préparer une route, et cela veut dire de grands travaux. Mais cela c’est le sens littéral. Au sens symbolique, si nous voulons que le Seigneur entre chez nous, fasse son chemin en nous, alors il y ce chemin d’humilité et de conversion. Reconnaître qu’en nous, c’est plein de pierres, de ronces, et que nous sommes loin d’être parfaits, et ensuite de commencer à faire le ménage. C’est ce que ce temps de conversion et de reconnaissance de son péché. Et c’est loin d’être facile. Une vie entière peut-elle y suffire ? Souvent j’en doute. 

 

Quand on posera des questions analogues à Jésus, qui es-tu, pourquoi fais-tu cela, Jésus ne dira pas qu’il est la voix, mais qu’Il EST. Et ce sera bien l’affirmation d’une identité autre.

 

24 Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens

25 Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » 

 

On a eu les scribes et les prêtres, maintenant on a les pharisiens, qui eux posent d’avantage la question de pour qui te prends-tu pour faire ce que tu fais, si tu n’es pas celui que nous attendons. 

 

 

26 Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; 

 

 Cette phrase se trouve dans tous les récits. Et il y a le verbe connaître. Or Jean connaît vraiment Jésus ? Lui il a vu l’esprit descendre sur lui, les autres, sont aveugles. Ils voient en lui et verront en lui, pour la plupart, peut-être un guérisseur, peut-être un exorciste, peut-être un prophète, mais ils ne verront pas l’union qui existe entre lui et son Père, ils ne le reconnaîtront pas comme l’envoyé. Et c’est bien parce que Jésus est celui sur qui repose l’Esprit que Jean peut dire cette phrase qui clôt le chapitre mais qui se trouve aussi ailleurs : qu’il n’est pas digne de délier la courroie de sa sandale.

 

 

27 c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. » 

28Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.

 

Ce verset montre que Jean a vu Jésus, mais que pour le moment, il n’y a pas eu d’échange entre les deux hommes. Une précision géographique pour les lecteurs. 

 

Et c’est après ce témoignage que Jésus arrive et que Jean le reconnaissant va pouvoir dire à ses disciples que cet homme est l’agneau de Dieu (image du serviteur d’Isaïe 53)  et de lui faire en quelque sorte don de deux de ses disciples. 

 

 

 

Les récits.

 

Jean le baptiste raconteQui suis-je ?

 

Je suis le fils d’Elisabeth et de Zacharie, le fils de leur vieillesse, celui qu’ils n’attendaient plus. Ils avaient prié pour avoir une descendance, mais ils ne l’avaient pas obtenue et ma pauvre mère avait été montrée du doigt, elle la femme d’un prêtre de la tribu d’Aaron. On l’avait nommée la stérile. Elle s’était renfermée sur elle-même et n’osait plus sortir de chez elle. Elle aurait dû être honorée pour son âge, mais au lieu de cela on se moquait d’elle. Il a fallu que Marie, la petite cousine de Galilée vienne jusqu’à elle, pour qu’elle ose croire vraiment croire que j’étais en elle, qu’elle allait enfanter comme toutes les femmes, et que j’aurais un rôle important car le très haut ne laisse pas le hasard. Elle m’a racontée que lorsque Marie était entrée chez nous et l’avait saluée, le son de la voix avait produit comme une décharge en elle, qu’elle m’avait senti bouger et qu’elle avait su que la petite cousine attendait celui qui était promis par le prophète Isaïe. Je sais aussi que mon prénom a été voulu par le très Haut. 

 

Jésus est mon cousin, mais je ne le connais pas. Je veux dire qu’après sa naissance à Bethléem il a dû fuir en Égypte pour échapper à la colère du roi Hérode qui voulait le tuer, lui et ses parents; et quand ils sont revenus, moi j’avais déjà été conduit par l’Esprit dans un lieu qu’il avait choisi pour moi et où j’ai appris à écouter, et à me remplir de la parole du Très Haut. 

 

Un jour, la phrase du prophète Isaïe a pris racine en moi, j’ai compris que j’étais la voix qui annonce la venue du Très Haut, que les temps étaient accomplis et que les cœurs devaient changer pour se préparer à cette venue, à cet avènement. La phrase était: Dans le désert préparez un chemin pour notre Dieu. Dieu qui vient dans le désert, n’est-ce pas son lieu de prédilection, lui qui a dit Israël C'est pourquoi voici, je veux l'attirer et la conduire au désert, et je parlerai à son cœur. (Os 2, 16).

 

Je me suis établi sur les bords du Jourdain et j’ai proposé, à tous ceux qui m'entendaient, ce message de conversion. Mais je n’y allais pas par quatre chemins, je leur disais que la cognée du Seigneur allait s’abattre, que ce qui est mauvais serait passé par le feu. Beaucoup entendaient et changeaient de vie, des gens de partout, des publicains, des soldats, des pharisiens et des sadducéens. Mais les grands -prêtres de Jérusalem ne sont jamais venus. 

 

Comme le prophète Élie je porte un vêtement en poils de chameaux, et une ceinture en cuir. C’est inusable et cela tient chaud quand les nuits sont froides. Je me nourris avec ce que je trouve, du miel du rocher et des sauterelles. Certains pensent que je suis un ascète, mais ce n’est pas cela. Je n’ai pas de temps à perdre pour m’occuper de moi, j’ai mieux à faire. Préparer, préparer…

 

Il m’a été donné de comprendre qu’un jour un homme demanderait comme tous les autres cette immersion, mais que lui n’aurait pas besoin de conversion, parce qu’il était celui qui doit venir; mais il ferait cela comme tous les autres. 

 

Je savais aussi que ce jour-là, je verrais l’Esprit Saint descendre sur lui sous la forme d’une colombe et y demeurer, et que cet homme serait celui qui donnerait cet Esprit à notre peuple. Que la connaissance de Dieu emplirait enfin le pays. Je savais aussi que cet homme était un homme de notre peuple, mais je ne le connaissais pas. Je savais qu’il viendrait, et que je n’étais pas digne de délier la courroie de ses sandales; il était ce buisson ardent, empli du feu de la Présence. 

 

Un jour, j’ai vu la colombe se poser, j’ai vu les cieux s’ouvrir, mais l’homme, croyez- le ou non, je n’ai fait que l’entrevoir. Il a disparu. Et j’attends son retour pour attester qu’il est la Lumière venue dans le monde. 

 

Je l’attendais comme le fiancé attend sa fiancée. Ce sont des envoyés des autorités du Temple qui sont venus, me demander qui j’étais. Ils s’imaginaient que je pouvais être soit Elie, ce prophète qui annonce la fin des temps et qui doit revenir, soit ce prophète dont parle notre père Moïse, soit un des prophètes; je leur ai dit que je n’étais pas un de ceux- là. 

 

Ils m’ont alors demandé de quel droit je baptisais, de quel droit j’appelais à conversion. Je leur ai répondu que moi je baptisais dans l’eau pour le pardon des péchés, mais que mon rôle était de préparer la venue de celui qui allait baptiser dans l’Esprit. Car cet homme était là, au milieu de nous, mais qu’il ne s’était pas encore manifesté. Ils sont partis. 

 

C’est peut-être parce que je porte le même vêtement que celui d’Elie et que je me nourris de miel sauvage et de sauterelles qu’ils ont imaginé cela. Allez savoir avec eux, ils ont une manière assez particulière d’interpréter les écritures. Tout ce que j’ai pu leur dire c’est que j’étais la voix de celui qui crie: "dans le désert redressez les voies"; et que quelqu’un allait venir, et que je n’étais pas digne, tout prophète que je sois, de délier la courroie de sa sandale. Et ils m’ont laissé tranquille, mais je sais qu’ils se moquent de moi, parce que je ne suis pas comme eux, dans le Temple, et que ma manière de vivre les choque. 

 

Comme cela ils savent un peu qui je suis, la voix, mais surtout qui je ne suis pas.

 

Quelque temps après celui que j’avais baptisé est venu près de moi, je l’ai bien reconnu, et j’ai dit à mes disciples que c’était lui l’agneau de Dieu, lui l’agneau pascal, l’agneau dont le sang sauve le peuple et lui donne le salut. Deux d’entre eux l’ont suivi, grande a été ma joie de lui faire ce cadeau. 

 

Peu de temps après j’ai été mis en prison par Hérode, parce que je proclamais haut et fort que vivre avec Hérodiade la femme de son frère Philippe c’était mal. Je ne sais pas combien de temps il me laissera la vie sauve. Mes disciples, m’ont dit que Jésus de Nazareth proclame, lui aussi, qu’il faut se convertir, que le règne de Dieu est tout proche, et qu’il faut croire à la bonne nouvelle. 

 

Comment va -t-il se faire entendre ? Comment sera-t-il entendu ? Comment sera-t-il suivi ?

 

J’ai été la voix, j’ai été celui qui a vu l’Esprit, j’ai été celui qui a été choisi dès le ventre de sa mère, j’ai été. Et maintenant, lui, il est. Il est celui qui était auprès de Dieu, il était la Lumière et il donnera à tout homme de devenir enfant de Dieu, pleinement, totalement.

 

 

 

André raconte.

 

Comme je l’ai dit, ce texte a été écrit en premier. Il m’a donné du mal, alors que le deuxième texte, lui est sorti tout seul. Mais je l’ai quand même laissé. C’est un autre regard. 

 

Moi qui ai une barque à Capharnaüm, une famille, un frère Simon, je me trouve aujourd’hui à Béthanie sur les bords du Jourdain, avec mon maître Jean. J’étais monté à Jérusalem pour une des fêtes et j’avais entendu parler de lui. 

 

On parlait d’un homme qui faisait penser au prophète Elie, qui ne machait pas ses mots et qui disait que le royaume de Dieu était tout proche. Cela peut vouloir dire que quelque chose va se passer, qu’il y aura un jugement et pour entrer dans le royaume, il faut ne pas être comme enveloppé dans une gangue de péché. 

 

Alors pour que cette gangue disparaisse, Jean nous plonge dans les eaux du Jourdain, comme cela arriva jadis à Naaman le Syrien qui fut délivré de sa lèpre. Nous reconnaissons publiquement que nous sommes des pécheurs, nous nous humilions devant lui, et notre péché est effacé, la faute ou les fautes sont pardonnées, nous sommes des hommes neufs, des hommes nouveaux, mais à nous de ne pas retomber, et cela c’est difficile. 

 

Alors pour ne pas retomber, je suis resté avec lui et j’ai appris. Il y a eu des jours de jeûnes pour demander que le messie arrive, il y a eu de nouvelles prières à apprendre, et il y a même a eu des baptêmes à donner, avec Jean, car il y avait de grandes foules. 

 

Un jour, alors que Jean baptisait, quelque chose s’est passé. Il nous a dit avoir plongé un homme dans les eaux du jourdain. Il pensait que c’était comme moi un galiléen. Et il a vu comme une colombe venir sur lui et y demeurer alors que l’homme sortait de l’eau. Et cela, c’était le signe que lui Jean attendait. Mais l’homme avait disparu. Et Jean était presque désespéré. Pourquoi disparaître quand on est l’envoyé du très Haut ? 

 

Un peu après sont arrivés des envoyés de autorités du temple et aussi des pharisiens. Ils voulaient savoir qui était cet homme qui déplaçait les foules. 

 

Enfin eux, ils gardaient leurs distances. Ils lui ont demandé s’il était le Christ. Bien entendu il a dit non. Ensuite ils lui ont demandé s’il était Elie, et cela aurait pu l’être, puisque Elie doit revenir, mais là encore il a dit non, et non encore quand on lui a demandé s’il était ce prophète annoncé par notre père Moïse . I

 

ls lui ont alors demandé pourquoi il s’autorisait à baptiser puisqu’il n’était aucun ce deux-là. C’est oublier que si le Très Haut veut appeler un prophète, il le fait. 

 

Il leur a répondu par une citation du prophète Elie, les pharisiens ils ont besoin de ça ! Il a dit qu’il était la voix qui crie dans le désert, la voix qui ordonne de redresser le chemin du Seigneur. 

 

Je suis sûr qu’ils n’ont rien compris, qu’ils n’ont pas voulu entendre.  Et là Jean leur a dit que lui, il baptisait dans l’eau, mais qu’il y avait un homme qu’ils ne connaissaient pas, quelqu’un qui vient derrière lui, (ça je ne sais pas trop ce que ça veut dire)  et que lui Jean n’était pas digne de délier la courroie de sa sandale.  Je dois dire que cela m’a fait penser un peu à Moïse quand il a rencontré le très Haut qui était dans le buisson ardent . Lui, il a dû enlever ses sandales parce que le lieu était un lieu saint. Alors je me dis que cet homme que lui il a vu, est tellement saint, tellement rempli d’Esprit que lui Jean, que moi que je considère comme un juste, ne s’estime pas digne de toucher cette partie de lui qui touche à notre terre.   

 

Ils sont partis, et nous avons continué à l’écouter notre maître. Et quelque temps après, un soir, est arrivé près de nous, de notre groupe de disciples, un homme que nous n’avions jamais vu. Jean l’a regardé, et il était comme illuminé, lui qui semble souvent si renfermé sur lui-même. Il était transformé. Il nous a montré cet homme et nous a dit qu’ll était l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. Qu’il était cet homme sur lequel il avait vu l’esprit descendre et demeurer sous la forme d’une colombe, cet homme dont il avait dit qu’il n’était pas digne de délier la courroie de ses sandales. Et il a ajouté que c’était lui le Fils de Dieu. Alors quelque chose en moi s’est mis à bouillonner, à espérer, à désirer. 

 

Et si c’était vraiment lui celui que j’attends ?  Mais il avait disparu. Seulement le lendemain il était là, il nous regardait, il allait et venait. Et Jean l’a aussi regardé, nous a regardé nous les disciples et nous a dit voici l’agneau de Dieu. Alors l’envie a resurgi en moi, je voulais le connaître, je voulais le suivre. Il me fallait quitter Jean, quitter mes amis, mais l’appel était le plus fort et je l’ai suivi. Je lui ai demandé où il habitait, et il m’a dit, il nous a dit parce que nous étions deux, de venir et de voir. Et nous l’avons suivi et nous avons passé la nuit à regarder le ciel et les étoiles et à l’écouter, lui qui est la Lumière. 

 

Je ne pourrais jamais assez remercier Jean qui a permis cette rencontre et qui nous a laissé partir. Je crois que nos anciens amis nous regardent d’un mauvais œil mais peu importe. Jésus m’a choisi et moi je me suis laissé choisir et j’ai hâte de chercher mon frère Simon pour que lui aussi rencontre le Messie.

 

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Annexe

 

Jean le Baptiste dans les quatre évangiles

 

Matthieu 3,1

Marc 1, 2-

Luc 3 ,1

Jean 1, 6

01 En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée :

 

 

 

 

 

02 « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »

 

 

02 les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.

03 Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés,

.

 

06 Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

07 Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.

08 Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

 

03 Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : 

 

 

 

Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, 

 

rendez droits ses sentiers.

 

 

02 Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin.

.

 

3 Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, 

 

rendez droits ses sentiers

04 comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : 

 

 

 

 

Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, 

 

rendez droits ses sentiers.

 

 

05 Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ;

06 et tout être vivant verra le salut de Dieu

15 Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : «

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »

04 Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage.

 

 

06 Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.

 

 

 

 

05 Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui,

 

 

 

 

 

 

 

 

06 et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.

 

04 Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.

 

05 Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissantpubliquement leurs péchés.

 

 

07 Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?

 

 

08 Produisez donc un fruitdigne de la conversion.

 

 

09 N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham

.

10 Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu

 

 

07 Jean disait aux foules qui arrivaient pour être baptisées par lui :

 

 « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?

 

08 Produisez donc des fruitsqui expriment votre conversion. 

 

Ne commencez pas à vous dire : “Nous avons Abraham pour père”, car je vous dis que, de ces pierres, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.

 

09 Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. »

 

 

 

 

 

 

11 Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion.

 

 

 Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi,

 

 

 

 

 

et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.

 

12 Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

 

 

 

 

 

07 Il proclamait : 

 

 

 

 

« Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ;

 

 

 

 

 

je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

08 Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ;

 il vous baptisera dansl’Esprit Saint. »

15 Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.

 

6 Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; 

 

mais il vient, celui qui est plus fort que moi.

 

 

 

 

 

 

Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.

 

17 Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

 

 

 

 

 

 

26 Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. 

 

 

 

Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ;

 

 

 

27 c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »

 

30 c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était.

 

31 Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »

 

32 Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui.

33 Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, 

 

celui-là baptise dans l’Esprit Saint.”