lundi, août 01, 2022

Matthieu 14, 13-36. Multiplication des pains et tempête sur le lac.

 Chapitre 14: Multiplication des pains et tempête sur le lac.

 

La lecture plus ou moins continue de l'évangile de Matthieu propose, sur deux jours, la multiplication des pains et le récit de la nuit sur le lac dans la tempête.

Le chapitre 14, démarre par le récit de la mise à mort de Jean le baptiseur, et les conséquences de cet acte sur Jésus: partir, aller ailleurs, aller au loin.

 

 Dans un premier temps, Jésus quitte un endroit sans doute dangereux pour lui parce que trop proche d'Hérode, dont on sait qu'il prend Jésus pour une réincarnation de Jean, donc quelqu'un de dangereux pour lui. Il va,, en barque, dans un endroit loin des villes et villages, et ce sera la multiplication des pains; puis il va ailleurs, sur l'autre rive, et ce sera la tempête apaisée. Puis il ira encore plus loin, dans le territoire de Tyr et de Sidon, et ce sera la rencontre avec la femme cananéenne. Quel que soit le lieu, Jésus est maintenant reconnu et sollicité.

 

Ce qui m'a étonnée (enfin pas vraiment, parce que l'évangile de Luc que nous avons entendu dimanche, va pour moi un peu dans le même sens) c'est que d'habitude on ne donne pas d'ordres à Jésus; c'est lui qui prend l'initiative, et parfois il peut refuser (ce qu'il fait avec l'homme qui lui demande de dire à son frère de partager son héritage). Or là, ce sont les disciples qui demandent à Jésus de renvoyer la foule (leur désir). Mais pour Jésus ce n'est pas le moment. La foule, il la renverra bien, mais plus tard et quand il sera sûr que cela ne sera pas dommageable pour elle.

 

C'est sur cet aspect de maîtrise que j'ai centré le récit de la multiplication des pains et de la tempête apaisée. Jésus, maître des circonstances et des événements.

 

Un disciple raconte.

 

Les disciples de Jean étaient venus voir notre Rabbi, et lui avaient raconté comment leur maître avait été assassiné par la traitrise d'Hérodiade. Est-ce que maintenant Hérode n'allait pas s'en prendre à notre Jésus? Alors il a décidé de quitter ce lieu un peu trop proche du pouvoir, et nous sommes partis en barque vers un endroit loin des villages et des villes. 

 

Seulement quand nous sommes partis, il y avait des gens qui traînaient là, et ils se doutaient bien du lieu où nous irions. Alors quand nous sommes arrivés, il y avait déjà plein de monde sur la plage. Et parmi eux, des malades et des possédés. Jésus n'a pas résisté à son bon cœur. Il a guéri, guéri, guéri. Le temps a passé, et le soir commençait à arriver.

 

Nous, je reconnais que nous en avions un peu assez de voir tous ces gens qui arrivaient sans arrêt. Nous avions besoin de nous retrouver au calme avec lui. Alors nous lui avons demandé, puisque le soir commençait à tomber, de dire à toute cette foule, de partir, de trouver à manger et de revenir demain. Seulement ça, Jésus l'a mal pris. Je me suis bien rendu compte que s'il y a quelque chose qu'il n'aime pas, c'est qu'on décide à sa place de ce qu'il doit faire. 

 

Il nous a regardés et nous a dit que c'était à nous de leur donner à manger. Là, j'ai cru qu'il était devenu un peu fou. Nous, leur donner à manger? Alors que nous n'avions en tout et pour tout que cinq pains et deux poissons! C'est ce que nous lui avons répondu quand il nous a demandé ce que nous avions. Il nous a dit de lui apporter les pains et les poissons.

 

Il a regardé la foule et lui a ordonné de s'asseoir; ils ont obéi comme de gentils petits agneaux. Il nous a regardé, nous; il a pris les pains et les poissons, et a levé les yeux vers le ciel: cela c'est ce qu'il fait quand il prie. Il a prononcé la bénédiction que nous prononçons sur le pain. Et ce qui s'était passé avec Elisée autrefois s'est reproduit.: des pains et des poissons, il y en avait à profusion. 

 

Et il nous a dit de les distribuer, et c'est ce que nous avons fait. Et, croyez-le ou pas, mais tous ont mangé, les cinq mille hommes, sans parler des femmes et des enfants. Et on a eu des restes: vous vous rendez compte, douze corbeilles pleines. 

En moi chantait la phrase du cantique: "Ils mangeront et seront rassasiés, ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent". Ce cantique chante un juste qui se pense abandonné par le Très Haut, qui souffre mille morts, et qui est sauvé, et peut chanter et louer le très Haut en pleine assemblée. 

 

Puis la nuit est vraiment tombée et là, alors que nous pensions enfin être tranquilles, il nous a obligés à remonter dans la barque, de partir sur l'autre rive, pendant que lui renverrait enfin la foule. Peut-être qu'il voulait être seul, et prier son Père, lui rendre grâce. Toujours est-il que nous sommes partis; et que le vent s'est levé. La mer s'est mise en colère sous la force du vent, et nous ne savions plus ce que nous allions devenir. Les tempêtes en pleine nuit, elles font parfois des morts. 

 

Tout à coup, au petit matin, enfin à la fin de la nuit, nous avons vu comme une ombre qui s'approchait. Et nous avons tous hurlé, sauf que l'ombre c'était Jésus, qui nous a dit de ne pas avoir peur. Sauf que, malgré tout, on ne voyait pas bien; et les vagues étaient toujours là. Alors Simon a joué le tout pour le tout, il voulait une preuve que c'était bien Jésus: que ce n'était pas un fantôme qui voulait qu'on le prenne pour lui et qui nous ferait sombrer. 

 

Il lui a dit: si c'est bien toi, ordonne-moi de venir à toi. Et celui que nous pensions bien être Jésus, lui a dit: "viens". Et Simon a enjambé la barque et s'est mis à marcher vers Jésus. Là, nous étions sans voix. Sauf que d'un coup, il a commencé à s'enfoncer. Il s'est mis à crier, il a appelé Jésus au secours en lui disant "Seigneur, sauve-moi"; et Jésus l'a pris par la main, il lui a dit d'un ton pas content: "Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté," et ils sont montés tous les deux dans la barque, comme si la mer sous eux était un plancher. Le calme est revenu, mais un calme presque surnaturel.

 

Alors quelque chose s'est passé en nous. Cet homme, ce Jésus, notre maître, celui qui nous a choisis, il est bien plus qu'un homme. Il est le Fils de Dieu, le Messie que nous attendons, et nous nous sommes prosternés devant lui, lui qui est bien plus que tout ce que nous pouvons imaginer, lui qui est le maitre des vents et de la mer, lui qui guérit, lui qui délivre les possédés. 

 

Nous avons accosté, nous étions à Génésareth. Tout de suite, Jésus a été reconnu, et une fois de plus des malades sont venus pour être guéris. Il y avait tellement de monde! Ils ont demandé s'ils pouvaient simplement toucher la frange du vêtement du maître pour être guéris; et ils l'étaient. Que notre maître est grand! Que Dieu soit loué de se manifester ainsi parmi nous!

Nous sommes ensuite partis beaucoup plus loin, en plein territoire païen, espérant que là, nous serions enfin tranquilles, et aurions le Maître pour nous.

 

 

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