dimanche, juillet 31, 2016

"Elle a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée" Lc 10, 42


Luc (Lc10, 42) nous rapporte que Marie, la sœur de Marthe, « a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas enlevée ». Si on se remémore la scène, on sait que Jésus s’est invité dans la maison de Marthe, que celle ci s’affaire à la préparation du repas et que Marie, sa sœur, reste paisible au pieds de Jésus et l’écoute. Jésus dit que cette place ne lui sera pas enlevée dans le ici et maintenant de ce repas qui se prépare, mais pourtant cette place lui a été ravie, enlevée. N’a t elle pas perdu son Seigneur le jour de la mort de celui-ci et plus encore en découvrant que son corps avait disparu ? On peut dire que certes à ce moment là, Marie avait choisi en étant aux pieds de Jésus une certaine place, la meilleure place, mais que cette place a été temporaire, le temps de la préparation d’un repas. Par la suite, ce contact, ce corps à corps avec son Seigneur il lui a été arraché, volé, pris. De cette perte, elle ne s’en remet que lorsque Jésus se manifeste à elle en l’appelant par son prénom et lui donne une mission : aller annoncer qu’il est vivant. Et de la place contemplative (ou passive)qui semblait être la sienne, elle prend une place active, comme si l’un et l’autre étaient complémentaires et nécessaires.

Ce terme « enlevé » ou « ôté » dans certaines traductions, a fait écho en moi et j’ai voulu le retrouver dans les différents évangiles, car un même mot peut avoir plusieurs sens.

- On le retrouve dans les synoptiques quand les disciples des pharisiens reprochent à Jésus de ne pas imposer de jeûnes à ses disciples, par exemple en Mt 9, 15 : « les compagnons de l’époux peuvent-ils mener le deuil tant que l’époux est avec eux ?Mais viendront des jours où l’époux leur sera enlevé alors ils jeuneront ». Ici ‘enlevé’ s’entend dans le sens de parti, absent, disparu. jésus annonce qu’il ne demeurera pas toujours là. Sil prend à son compte ce terme d’époux, mot par lequel Jean Jean le Baptiste l’avait désigné, il me semble qu’il se situe comme celui qui est Dieu présent dans son peuple. Les disciples sont les compagnons que l’époux,  qui attends sa fiancée (et l’on peut penser aux textes des prophètes, Amos en particulier), mais la fiancée, c’est la croix, c’est la victoire apprente du mal, c’est la mort, la peine, la tristesse. Et cela ne peut être compris à ce moment de la vie publique. Jésus ressuscité n’a plus rien à voir (ou peu à voir) avec si je puis dire « leur » Jésus de la vie publique. Et peut –être que cette relation là leur manque.  Une certaine représentation imaginaire de Jésus leur sera enlevée, ce jour là ils seront dans la peine et dans le deuil mais une autre image la remplacera quand le temps de l’Esprit sera advenu. Enlevé ici revoie au départ, à l’absence, autant qu’à la mort.

- C’est dans le même sens qu’on retrouve ce mot chez Luc au moment de l’Ascension, Lc 24, 51 : «  Pendant qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et fut enlevé au ciel » Il est question de disparition de celui qui était déjà présent sous une forme autre.

- Ce mot se trouve dans un sens beaucoup plus terre à terre, dans le sens de prendre, «  à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a »Mc 4,25.  

- Et enfin au sens de volé Lc11,52 « Malheur à vous les légistes, parce que vous avez enlevé la clé de la science ! » Mais aussi le même sens quand Marie dans l’évangile de Jean se plaint qu’on ait enlevé le corps du Jésus. Là il y a perte, il y a vol.

L’inverse d’enlevé pourrait être gardé, retenu, possédé. Seulement voilà, Jésus on ne le garde pas, on ne le retient pas, on ne le possède pas... Et c’est bien ce qui sera signifié à Marie lors de sa rencontre avec celui qu’elle prend pour le jardinier : « ne me retiens pas »..

Alors oui, Marie a eu une place « bonne », cette place elle a dû la laisser, l’abandonner pour en découvrir une autre, et cela c’est un chemin qui nous avons tous à faire. Les temps de béatitude (je pense que nous en avons tous connus) avec le Seigneur, ne durent parfois que l’espace d’un instant, même si c’est un instant d’éternité, mais ils sont dans le temps, ils passent. Il en reste le souvenir, ces cailloux de joie qu’il faut déterrer quand on a l’impression d’avoir perdu la saveur de la présence, cette meilleure part que nous pensions être la notre..




dimanche, juillet 24, 2016

Elisée raconte.

La liturgie a proposé un certain nombre de lectures tirées du premier livre des Rois et racontant les hauts faits du prophète Elie. Or ce prophète, qui se manifeste par des œuvres de violence, ou du moins que je perçois comme tel, j’ai du mal à le reconnaître comme le modèle des prophètes et je me demande pourquoi Dieu l’a enlevé de son vivant sur un char de feu, sans connaître la mort. Je suppose que pour l’histoire d’Israël, cet enlèvement était important, comme pour nous l’enlèvement de Jésus après la résurrection est important et qu’il signe un temps autre. Mais quand on lit les « exploits » de ce prophète, il est certain que les signes donnés pas Jésus ne font pas le poids. Bien sur Jésus a guéri, Jésus a nourri, mais Jésus n’a pas fait tomber le feu du ciel que ceux qui venaient l’arrêter, il n’a pas provoqué la chute des romains, il a œuvré comme les prophètes pour changer le cœur de ses concitoyens, et en cela il a réussi à faire ce qu’aucun d’entre eux n’avait réussi à faire à donner l’Esprit du Père à tous ceux qui le reconnaissaient comme le Fils.

M’est alors venue l’envie d’écrire, raconter l’histoire de ce prophète, enlevé nu sur son char de feu, au travers de ce que celui qui avait été choisi pour le remplacer a pu percevoir de cette personnalité pour le moins complexe.

Elisée le prophète.

J’étais en train de labourer le champ de mon père Chafath près de la ville d’Abel Mehola dans le territoire de la tribu de Manassé. C’était un grand champ, 12 arpents, et j’arrivais enfin au bout de mon travail, quand un homme est apparu dans mon champ de vision. Il portait un pagne de peau et un manteau en poils d’animaux.

Cet homme, j’en avais entendu parler. Il avait une réputation curieuse : à la fois prophète et homme de Dieu, osant parler au roi et lui reprocher sa conduite, mais faisant du mal autour de lui. Par sa faute, ou par sa parole, la pluie n’était plus tombée depuis trois ans en Israël, et les récoltes étaient maigres pour ne pas dire nulles et même nous, nous en souffrions de cette famine. Ne venait-il pas de tuer de sa main, tous les prêtres de la reine, qui avait mis sa tête à prix ? Alors que venait-il faire là, près de moi, dans mon champ ?

Il ne m’a pas dit un mot, pas une parole. Il a enlevé son manteau, l’a jeté sur moi comme pour m’en recouvrir, le manteau a glissé sur le sol, il l’a repris. Quelque chose en moi m’a soufflé que par ce geste, il me revêtait de sa puissance, qu’il m’appelait à devenir comme lui, un prophète de son Dieu, (mais son Dieu, je ne le connaissais pas vraiment, parce que chez nous ces dieux de la fécondité, ces dieux qui font pousser l’orge, ces dieux qui protègent les brebis, les troupeaux sont importants et nous leur offrons aussi des sacrifices) et que je devais le suivre.

J’ai juste dit que j’allais partir avec lui, mais que je voulais prendre congé de mes parents. Mon père est âgé, je suis son aîné, c’est à moi que devait revenir la propriété, et voilà que je vais partir suivre cet homme rude, sale, qui me fait un peu peur. Elie m’a répondu que je pouvais faire ce que je voulais, que cela ne le concernait pas, alors, je n’ai pas pas aimé du tout sa réponse. Je pouvais comprendre que pour lui, c’était tout de suite, mais quand même. Alors pour montrer que je comprenais, au moins un peu, j’ai tué deux des bœufs qui m’avaient aidé dans mon travail, j’ai fait bruler le bois de ma charrue, et tous mes serviteurs me regardaient comme si j’étais devenu fou, et j’ai offert pour eux et pour moi un sacrifice à ce dieu que je ne connaissais pas vraiment et je suis parti avec lui.

Etre son serviteur, son disciple, n’a pas été facile, parce qu’un serviteur, il en avait déjà un. J’ai fini par comprendre que lorsqu’il avait fuit les hommes de la reine Jézabel, lancés à sa poursuite, il était parti vers l’Horeb et qu’il avait voulu mourir. Là, sur son chemin, Dieu lui avait envoyé un ange avec de quoi manger. Son Dieu est vraiment un Dieu secourable, puisque pendant tout le temps de la famine, il lui avait fait porter à manger par des corbeaux sur les rives du torrent du Kerrith. Il avait mis quarante jours pour arriver à la montagne de Dieu. Je dis la montagne de Dieu, parce qu’il m’a expliqué qu’aux temps anciens, notre père Moïse avait demandé à Dieu de se montrer à lui, et que ce dernier lui avait dit que c’était impossible, parce que l’homme ne peut contempler Dieu, mais qu’il lui montrerait sa Gloire et lui donnerai son nom. Pour ne pas être aveuglé par la toute puissance, Dieu avait dans sa douceur posé sa main sur les yeux de Moïse et lui avait parlé. Et mon maître, avait cherché cette grotte où Moïse avait en quelque sorte conversé avec son Seigneur.

Cette grotte il l’avait trouvée et y avait passé la nuit  Puis au cous de la journée suivante, la montagne s’est mise comme à frémir. Elie s’est réfugié au plus profond de la grotte. Il y a eu un ouragan,  mais Elie savait que cela ce n’était pas la présence de Dieu, son Dieu était un Dieu fort, le maître des éléments, mais il n’était pas un Dieu de destruction. Puis la terre s’est mise à trembler comme si elle était prise de peur, et les pierres volaient de partout, mais, Dieu n’était pas là. Puis il y au eu du feu qui dévorait tout, mais Elie s’était rendu compte, que lui qui avait tomber le feu sur le taureau offert en sacrifice lors de son combat contre les prêtres de la reine, que son Dieu n’était pas un Dieu incendiaire, mais le Dieu du buisson ardent.

Et puis un silence s’est fait, un grand silence, un beau silence, un silence qui chante, un silence qui prie et là, dans ce silence, il y avait comme une brise légère, une brise que l’on sentait à peine, et là, Elie a su que Dieu, que son Dieu se manifestait à lui, qu’il se donnait à lui l’homme qui venait de tuer d’autres hommes. Il s’est souvenu que jadis, Dieu prenait plaisir à parler avec Adam à la brise du soir, et il s’est dit que Dieu voulait lui parler à lui, Elie.

Et mon maître est sorti de la grotte, il a voilé son visage en signe de respect et Dieu s’est adressé à lui, en lui demandant ce qu’il faisait là, lui l’homme dans ce lieu de la présence du Tout Puissant. Elie a eu du mal à répondre, mais il a expliqué que lui seul, parmi tous les prophètes avait défendu l’honneur du Dieu d’Israël, du Dieu de ses pères et que cela l’avait conduit à devenir un homme « mort ». Alors Dieu lui avait confié trois tâches : oindre Hazaël comme roi de Syrie, consacrer Jéhu comme roi d’Israël, et me chercher moi pour lui succéder. Or cette demande là, pour Elie elle fut une épine dans sa chair. Me chercher cela voulait dire que don travail allait prendre fin, que je lui succèderai. Et il ne me connaissait pas, et il doutait de moi ; et ce doute, n’a jamais cessé et a été pour moi très lourd à supporter. Je pense que choisir son successeur de son vivant cela doit être dur, car cela veut dire que la mort est proche. C’est peut-être pour cela que notre vie en commun a été si difficile d’autant qu’Elie avait son propre serviteur, celui qui l’avait accompagné sur le mont Carmel et qui scrutait le ciel pour voir si la pluie allait enfin tomber ;

Le temps a passé. Nous avons été dans la montagne du Carmel où nous avons alors retrouvé l’autre serviteur, celui qu’Elie avait choisi.  Nous avons appris que le roi Achab avait obtenu pas mal de victoires sur le roi de Syrie, l’actuel, pas celui qu’Elie avait oint. Mais comme Elie n’avait pas mis à mort ce roi, comme cela aurai dû être fait, Dieu avait été très mécontent et l’avait fait savoir au roi non par mon maître, mais par un prophète, membre de la communauté des prophètes, et cela avait inquiété le roi, mais il n’avait pas changé sa conduite.

Or le travail d’un prophète, c’est de rappeler à temps et à contre temps ce que Dieu attend de son peuple, et de son roi. Un prophète Michée, dira un jour que pour être agréable à Dieu, il ne s’agit pas d’offrir des holocaustes, mais « pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec notre Dieu ».

Et puis, j’ai vu mon maître à l’œuvre. Le roi avait obtenu d’une manière plus que déloyale une vigne qui jouxtait ses champs, vigne qui appartenait à Naboth. Celui ci ayant refusé de la céder, la reine s’était arrangée pour le faire mourir et la terre était revenu au roi. Alors Elie est allé trouver le roi, et lui a annoncé sa mort en représailles et la ruine de toute sa famille. Ces paroles ont provoqué une grande peur chez Achab qui a reconnu sa faute et Dieu (et cela était important pour moi, parce que ce Dieu d’Elie me faisait peur), a renoncé à le faire mourir lui. De fait, Achab est mort au combat. Mais sa mort a réalisé la parole annoncée par Elie : des chiens sont venus lécher son sang..

Petit à petit Elie m’a raconté..

Il m’a raconté comment son Dieu lui avait enjoint de quitter le torrent qui s’était asséché et d’aller à Sarepta.. Or aller à Sarepta, c’était aller dans la contrée de la reine Jézabel, dans cette contrée remplie de faux dieux. Et Elie n’avait pas vraiment envie d’y aller. Et pourtant son Dieu avait prévu qu’une femme, une veuve s’occuperait de lui, durant toute cette famine et pour cela, il y a eu de l’huile et de la farine durant des années. Il m’a raconté comment le fils de cette femme était mort et comment en priant sur lui, le souffle était revenu en lui. Il m’a raconté ce qui s’était passé à l’Horeb. Il m’a raconté, mais j’avais l’impression qu’il ne me considérait pas comme son successeur.

Puis le temps a encore passé. Et Elie a eu maille à partir avec le successeur d’Achab. Ce dernier au lieu de se tourner vers notre Dieu pour savoir s’il guérirait de la mauvaise chute qu’il venait de faire, s’était tourné vers Baam Zeboub le Dieu d’Ecron. Elie a alors dit aux messagers du roi que ce dernier allait mourir parce qu’il ne s’était pas tourné vers le vrai Dieu. Le roi, a alors essayé de faire périr Elie et là j’ai vu ce qu’il pouvait faire et comment son Dieu l’aidait. Par deux fois, il a fait périr par le feu les cinquante hommes venus pour l’arrêter. Puis il est allé en toute tranquillité annoncer à Ahazia qu’il allait mourir. Ce fut son dernier exploit. Fidèle à lui-même et à notre Dieu, il avait rappelé que Dieu seul guérit et que seul le Dieu d’Israël est le tout puissant.

Et puis Elie a vieilli.. Il me semblait que quelque chose se passait en lui, mais moi, je n’avais aucune puissance, aucun pouvoir. Je n’avais pas de vision, je n’avais pas de relations avec son Dieu. Nous étions à Guilgal et un matin il m’a dit que le Seigneur l’envoyait à Bethel et que je devais rester. Bethel c’est le lieu où son Dieu était apparu à Jacob lorsqu’il avait pris la fuite pour échapper la fureur de son frère. Là nous avons rencontré des fils des prophètes qui m’ont dit que mon maître allait être enlevé, et j’ai dit que le savais. Puis il m’a dit que le Seigneur l’envoyait à Jéricho et que je devais rester à Bethel, mais j’ai refusé. Jéricho c’est la ville conquise par Josué, il y a longtemps. La aussi les prophètes qui y résidaient m’ont dit que mon maître allait être enlevé. J’ai dit que je le savais, mais est ce que je le savais vraiment. Il a alors dit qu’il devait franchir le Jourdain. Cela ça m’a étonné, parce que cela revenait à quitter notre terre, à se retrouver là où Moïse était mort, avant d’avoir pu traverser le Jourdain. Il ne voulait pas de moi, mais moi je n’ai pas lâché, je voulais voir, je voulais savoir. En arrivant au bord du fleuve, il n’a pas cherché s’il y avait un gué, non il a roulé son manteau et il a frappé les eaux du Jourdain qui se sont écartées, comme autre fois Josué l’avait fait, et nous sommes passés.

Elie m’a alors adressé la parole ; il m’a demandé ce que je voulais qu’il fasse pour moi avant qu’il ne soit enlevé. J’ai répondu sans vraiment réfléchir que je voulais recevoir en héritage une double part de son esprit prophétique. Il m’a répondu que c’était difficile, mais que si je le voyais au moment où il serait enlevé, alors la demande serait réalisée. Il avait à peine fini de parler, que j’ai vu comme un char de feu qui se posait et Elie qui qui prenait place et disparaissait dans un tourbillon de feu. Oui j’avais vu.. Oui le don des prophètes, ce don de voir je l’avais. Et j’étais heureux. Puis j’ai vu le manteau, ce manteau qu’il avait jadis jeté sur mes épaules qui gisait sur le sol. Pour moi, ce manteau était un peu un manteau magique, qui réalisait les désirs de son propriétaire. En même temps, j’étais triste, je me sentais abandonné. J’ai déchiré mes vêtements en signe de deuil, et j’ai pris le chemin du retour.

Il me fallait franchir le Jourdain dans l’autre sens. Je me suis arrêté au bord du fleuve, et comme Elie j’ai frappé les eaux avec le manteau, mais comme il ne se passait rien, j’ai crié, j’ai appelé le Seigneur, le Dieu d’Elie et le fleuve s’est ouvert. C’est là que j’ai compris ce qu’était la puissance de ce Dieu qu’Elie avait servi toute sa vie. La puissance ne résidait pas dans le manteau, mais dans ce Dieu, qui est le Dieu de nos pères et que je connais si mal.

J’ai retrouvé les frères de Jéricho, qui ont vu que je n’étais plus le même. Ils ont voulu quand même chercher Elie, parce que parfois Dieu enlève puis repose, et cela il l’avait déjà fait une fois pour Elie qui après le massacre des prêtres était allé au devant d’Achab, porté par l’Esprit de son Dieu, pour lui annoncer que la pluie allait tomber. Mais Elie n’est pas revenu et je suis devenu à mon tout prophète du peuple d’Israël.

Je pense avoir eu une vie différente de celle de mon maître, car j’ai utilisé la puissance de mon Dieu pour faire le plus de bien possible autour de moi. J’ai permis à une femme d’échapper à la prison, j’ai nourri des hommes qui avaient faim, j’ai purifié une source, j’ai guéri un général ennemi de la peste et évité une guerre, j’ai même donné la berlue à des soldats qui voulaient nous envahir, j’ai été condamné à mort par le roi qui me jugeait responsable de la famine, mais mon Dieu a fait fuir l’armée qui nous affamait et nous avons mangé tous à notre faim. Puis Jéhu a pris le pouvoir comme Elie l’avait prédit. Je suis devenu très âgé, je suis tombé malade, je suis mort et même après ma mort, j’ai pu donner la vie à un homme que l’on avait jeté dans mon tombeau. Oui j’ai été un prophète qui a veillé sur le peuple que Dieu m’avait confié, mais jamais je n’ai eu le panache d’Elie.


Bien des années après ma mort, au retour de cette épreuve que fut l’exil, un homme a raconté l’histoire des hommes qui ont fait la grandeur d’Israël. Il a consacré 12 lignes pour décrire son œuvre et seulement 2 ou 3 pour moi, mais l’un comme l‘autre, nous avons œuvré pour que le peuple se convertisse et renonce à ses péchés, pour qu’il comprenne que seul le Dieu d’Abraham, de Jacob et de Moise pouvait lui donner la Joie de connaître la paix dans ses murs et dans son cœur.

mercredi, juin 29, 2016

La poutre et la paille dans l'oeil Mt 7,1-5.

Quand j'étais beaucoup plus jeune, je n'arrivais pas à me représenter l'image d'un oeil d'où émergeait une poutre dont on voyait la base carrée sortir, et celle d'un oeil avec une paille plantée un peu comme dans un verre de soda. Peut -être faut il voir cette poutre à l'extérieur de l'oeil comme un obstacle au "bien voir",  ou comme une sorte de brouillard épais, qui permet certes de voir un peu, mais qui déforme.

Aujourd'hui, je ne peux toujours pas me représenter les choses, mais pour avoir été opérée d'une cataracte, qui fait que même si l'on ne voit pas bien, on ne s'en rend pas vraiment compte,  et ce n'est u'après l'intervention que l'on découvre brusquement que chez soi, ce n'est pas si propre que ça, je sais que l'on ne peut se fier à ce que l'on voit.

Mais, de même qu'il est impossible de se guérir tout seul, il est à mon avis impossible d'enlever la poutre qui est dans son oeil, cette poutre qui obscurcit la vision et fait que l'on déforme ce que l'on perçant de l'autre.

En d'autre termes, avant de juger l'autre, il me faut me demander si mon jugement n'es pas faussé, et donc demander à l'Esprit Saint de faire son travail: m'éclairer et enlever ce qui altère la vision. Le désir de Paul dans la deuxième épitre aux Corinthiens, reste le mien; "je connaitra comme je suis connu", mais cela ne peut se faire que dans un futur et avec le passage de la mort à la vie.

"Dans toute maison dans laquelle vous entrez, dites Paix à cette maison" Luc 10,


Ces versets figurent dans l'évangile qui sera lu dimanche prochain, c'est ce que doit faire tout envoyé de Jésus quand il pénètre dans une maison, la première des choses à faire. Il s'agit de donner une parole. 

La parole, c'est comme un souffle. Elle va vers l'autre, et c'est ce qui se passe quand le disciple appelle la Paix à entrer dans cette maison. Elle est comme un oiseau. Soit elle va se poser, se reposer sur celui qui veut la recevoir et elle agit en lui, soit elle revient doucement, comme un oiseau dans son nid, si elle n'a pas se nider ailleurs.

Mais la parole ne se perd pas.

C'est cette image de la parole oiseau (Esprit Saint) qui m'a effleurée pendant la lecture de ce verset.

Blessure et blessure

On nous a toujours dit que nos péchés blessaient le coeur de jésus, mais on oublie de nous dire que son coeur est blessé d'amour pour nous, qu'il nous aime d'amour et que c'est ce coeur là,ce coeur blessé, ce coeur qui se meurt d'amour qui est notre guérison. Simplement se laisser aimer.

mardi, mai 17, 2016

Loth, un homme qui semble poursuivi par la poisse. Gn 12-19

Ceci est la plainte de Loth, le neveu d'Abraham.

On parle toujours de ma femme transformée en statue de sel quand des personnages bizarres nous ont obligés à quitter la ville de Sodome, où ma foi nous n'étions pas mal. On dit que ces hommes sont des anges, mais moi sur le coup je les ai vraiment pris pour des humains. A dire vrai, nous y étions bien, dans cette ville et j'avais même pu trouver deux hommes  à qui donner mes deux filles en mariage.

Deux filles! Quand je pense à mon oncle, qui s'est débrouillé pour avoir 2 fils, ce qui a mis à mal tous mes  projets d'héritage, ce n'est vraiment pas de chance! Et  quand vous saurez ce qu'elles ont été capables de faire, de me faire, vous comprendrez encore mieux pourquoi j'ai l'impression d'être poursuivi par la poisse, alors que l'autre, mon oncle, lui il a tout.

Mais revenons au début. Nous étions enfin bien installés à Hâran toute la famille, Abram, son père,  Térah, ses frères et demi frères, bref, ça allait bien. Et voilà qu'après la mort mon grand-père qui nous avait déjà fait aller de Ur à Hâran,  mon oncle  entend comme une voix qui lui dit de partir, et qu'il aurait une terre en héritage. Pourtant il n'était pas tout jeune quand il a eu cette "révélation": 75 ans et en plus, pas d'enfants. L'idée de la terre, ça me plaisait bien, et on s'est mis en route. Jusque là, pas de problèmes.

Quand nous sommes arrivés au pays de Canaan tout se passait relativement bien. Puis il y a eu une famine, et une fois de plus nous avons dû nous déplacer; et des nomades qui se déplacent, ce n'est pas rien. Nous sommes mis en route pour l'Egypte, parce que là, il y avait de quoi manger; ce Nil qui déborde, c'est une vraie bénédiction. Le seul problème c'est qu'il y eu un gros problème. Ma tante, était une belle femme malgré sa stérilité et mon oncle s'est dit que s'il disait qu'elle était sa femme, le roi du pays la lui prendrait et le tuerait. Alors comme il est un peu trouillard, il a raconté que ma tante était sa soeur (ce qui n'est pas faux, mais quand même) et du coup, Saraï est allée chez pharaon. Seulement le Dieu qui avait parlé à mon oncle n'a pas aimé du tout ce que mon Oncle avait fait, et il a fait venir du malheur sur ce pays qui allait si bien. Du coup, Pharaon qui s'est rendu compte que le malheur avait commencé avec notre arrivée, a convoqué Abram qui a bien du lui dire la vérité, et nous voilà de retour chez nous, avec curieusement plein de richesses en plus, données par ce roi d'Egypte..

Là, les choses se sont un peu gâtées pour moi. Mes bergers se sont disputés avec ceux d'Abram, des histoires de puits bouchés avec des pierres, alors pour éviter la bagarre, mon oncle m'a proposé d'avoir un territoire à moi. Vous savez, à cette époque, il y a avait de l'eau et j'ai vu des belles prairies du côté d'une belle ville Sodome et j'ai choisi d'aller vivre dans cette contrée. J'avais bien entendu dire que les hommes de Sodome, n'étaient pas trop recommandables, mais moi, j'étais sûr qu'avec mes richesses tout irait bien. Et puis je pensais bien hériter un jour de mon oncle et e pouvoir récupérer sa terre à lui.

Pour en revenir à la poisse, une fois installé à Sodome, des rois voisins n'ont rien trouvé de mieux que de faire la guerre et ils m'ont fait prisonnier, moi ma petite famille ils ont pris tous mes biens. Et là, une fois de plus c'est mon oncle, pourtant pas tout jeune, qui est venu à mon secours et m'a libéré. Peut-être que j'aurais alors dû chercher un autre endroit, mais les environs de Sodome étaient si beaux, et je m'y trouvais si bien.

Le temps a passé et avec lui mes rêves d'héritage, car mon oncle a eu un fils,  un certain Ismaël. Bien sûr ce n'était le fils de ma tante, mais il était l'héritier.

Et puis, longtemps après, deux hommes sont arrivés près de chez moi. Si j'avais su ce qu'ils allaient faire, je me demande si je les aurais accueillis, mais l'hospitalité c'est sacré! Ils ont d'abord refusé de venir chez moi, disant qu'ils comptaient dormir sur la place de la ville, mais j'ai refusé. Et comme ils venaient du pays de mon oncle, je pensais qu'ils pourraient me donner des nouvelles.

Je ne sais pas ce qui s'est passé dans la tête des hommes de Sodome, mais ils se sont tous réunis devant ma porte,  des plus jeunes aux plus vieux et ils voulaient que je leur donne mes deux invités pour qu'ils en fassent des objets de plaisir (je dirai plutôt de honte). J'ai proposé de donner mes deux filles, pourtant fiancées à leur place, mais ils n'ont rien voulu entendre. Ils m'ont même menacé de me faire pire qu'à eux. Et puis il s'est passé quelque chose de curieux: les deux hommes ont comme jeté un sort à ma maison, parce qu'on aurait dit que mes assaillants étaient devenus aveugles.. Ils étaient comme perdus dans leur propre ville. Les deux hommes m'ont alors dit qu'ils allaient détruire ce lieu et que je devais prendre la fuite avec ma famille.

J'ai alors compris qu'ils devaient être des envoyés de ce Dieu qui parlait à mon oncle, car ils ont dit qu'un grand cri s'était élevé contre cette ville, et qu'elle allait être détruite. Je n'en croyais pas mes oreilles. Et comment avaient-ils pu savoir que cette ville était aussi mauvaise, Je ne savais pas qu'ils étaient passés voir mon oncle, que celui-ci avait intercédé pour que la ville ne soit détruite que s'il s'y trouvait moins de 10 justes (mais moi et ma famille nous ne faisions pas le poids), et surtout qu'ils lui avaient prédit qu'il aurait un fils, vraiment à lui, et là, adieu à toutes mes chances d'héritage. Mais c'est comme on dit, c'est une autre histoire, mais vraiment quand on n'a pas de chance, on n'a pas de chance.

Mes gendres, il faut dire qu'ils m'en voulaient d'avoir voulu donner mes filles à cette meute, n'ont pas voulu quitter Sodome. Au petit jour, les hommes m'ont littéralement mis à la porte de chez moi en me disant de me sauver; Seulement, je ne suis pas en très bonne santé, et je leur ai demandé de pouvoir me réfugier dans une petite ville, pas trop trop éloignée. Ils nous ont donc fait prendre nos jambes à notre cou pour courir et ils nous ont interdit de nous retourner;  ça je n'ai pas trop compris pourquoi, sauf que la poisse me poursuivant, c'est ma femme qui s'est retournée et elle a été statufiée. Je me demande ce qui s'est passé, ce qu'elle a vu, pour mourir comme ça d'un coup. Ce devait horrible. Nous on a continué malgré le bruit, et les odeurs d'incendie. On dit que ma femme (moi je ne me suis pas retourné donc je n'ai rien vu) a été transformé en colonne de sel.

Tout perdre d'un coup, cela peut donner envie de pleurer. Je ne sais pas si c'est sur son passé qu'elle a pleuré, mais je suis sure que voir une ville en feu, une ville détruite, ça lui a fait un choc terrible et son coeur n'a pas tenu. Loi, j'ai perdu ma femme, et j'ai aussi envie de pleurer alors oui, la poisse elle est pour moi.

Et après le pire est arrivé. Comme mes gendres, étaient morts et que mes filles voulaient avoir une descendance pour prendre possession du pays que nous considérons comme le notre, elles n'ont rien trouvé de mieux à faire que de me faire boire jusqu'à plus soif, et comme j'étais comme on dit dans les vignes du Seigneur, elles m'ont violé, moi leur père. Est- ce que parce que moi, j'avais voulu qu'elles le soient parce que la loi d l'hospitalité prime sur tout soit respectée,  ou parce qu'elles voulaient des héritiers? Ça je ne sais pas, mais la honte, elle est en moi et ces enfants là, jamais je ne pourrais les considérer comme miens. Ils sont ma honte, ma douleur, ma souffrance.

Vous qui connaissez mon histoire et celle du peuple de Dieu s'est choisi à partir de mon oncle, vous savez que ces enfants qui n'auraient pas dû voir le jour, sont venus au monde en même temps que le fils de mon oncle, cet Isaac qui engendrera Jacob, qui sera le Père d'Israël. Mes enfants à moi, seront les pères des Moabites et des Ammonites qui s'opposeront aux passage des descendants de mon oncle  quand ils quitteront le pays d'Egypte. Ils iront même jusqu'à vouloir faire maudire ce peuple élu, par un certain Balaam (Nombres 22), mais sans succès. Seulement du coup mes descendants sont devenus vraiment maudits pour ceux d'Isaac, avec interdiction de se marier avec nous.

Et pourtant, c'est une femme que l'on peut considérée comme descendante de mes coquines de filles qui deviendra la grand-mère du roi David, lui-même ancêtre de celui qui vous appelez votre Sauveur et Seigneur.

Alors oui, de la poisse j'en ai eue, jusqu'à plus soif, mais finalement le Dieu de mon Oncle Abraham, a permis que je ne reste pas dans cette malédiction puisque de ma descendance est née votre Jésus.



samedi, mai 14, 2016

"Tous furent remplis d'Esprit Saint" Luc 2,2

Quand j'ai lu cette traduction proposée pour ce verset des Actes de Apôtres, je l'ai trouvée magnifique, je dirai un vrai coup de coeur.

Être rempli d'Esprit Saint.

Quand je travaillais en Chirurgie pédiatrique, les réanimateurs  avaient une phrase que je n'aimais pas, qui était: "je l'ai rempli" ce qui voulait dire que l'on apportait sous forme de perfusion, donc du dehors vers le dedans, tout ce dont l'enfant avait besoin pour vivre.

Être rempli d'Esprit Saint, c'est recevoir ce don qui vient du dehors, parce qu'il ne nous appartient pas.

C'est recevoir ce don  qui rentre en nous, qui nous remplit, qui nous donne tout ce dont nous avons besoin pour être des vivants. Qui pallie aussi à ce qui ne fonctionne peut-être pas trop bien en nous, comme ce remplissage des réanimateurs permettait aux enfants de combler les manques liés aux atteintes somatiques, donc à ce qui était abimé, tant qu'ils ne pouvaient fabriquer par eux-même ce dont ils avaient besoin pour vivre.

Si je reviens à ce texte, c'est aussi pour dire que curieusement c'est un texte sans paroles. Il y a le bruit du vent (un peu comme la tempête qui se lève avant que n'éclate l'orage) il y a une vision: ils voient ces langues de feu, qui se partagent et qui se posent, mais il n'y a pas de paroles comme lors du baptême de Jésus ou comme à la transfiguration.

La parole, est du côté des hommes, puisque "remplis d'Esprit Saint", ils se mettent à parler en d'autres langues, ce qui leur permet d'être compris et entendus par ceux qui sont dehors et de toucher leur coeur (car la langue maternelle, c'est aussi cela).

Ce "être rempli d'Esprit Saint" renvoie pour moi à l'abondance du don, à la Vie qui se déploie et qui irrigue tout ce qui est sur son passage.

"Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? Jn 21,15

Quand on entend ce texte, on se polarise trop souvent sur le chiffre 3 pour faire le parallèle entre le triple reniement de Pierre et le triple pardon de Jésus, mais l'idée curieuse qui m'est venue, c'est que peut-être Jésus demande pardon à Pierre, et ce par trois fois..

Quand quelqu'un me demande si je l'aime, c'est évident que cette personne-là m'aime aussi. Sinon il ne me poserait pas la question.

Alors, on peut penser que ce qui est dit ce jour là, après cette pêche et après ce repas -partage (très eucharistique si l'on peut dire), c'est " Simon, fils de Jean, Moi je t'aime, et toi est ce que tu m'aimes aussi, autant que moi je t'aime " ? Et même si Pierre sait très bien qu'il n'aime pas comme il devrait aimer (et nous en sommes tous là) il peut entendre dans ce "Moi je t'aime" qui n'est pas dit, quelque chose comme, "Je suis vraiment désolé de ce que je t'ai- Je vous ai- fait vivre." Je comprends que vous ayez eu peur, je comprends que vous ayez été déçus, mais aujourd'hui Je suis là avec vous, pour de bon. Moi aussi J'ai envie d'entendre que tu m'aimes malgré tout ce que tu viens de vivre, malgré la désillusion, malgré les reproches que je vous ai fait après mon retour."

Alors pourquoi ne pas entendre dans ce texte quelque chose d'autre, la reconnaissance par Jésus que parfois il nous fait vivre des choses bien difficiles et que si nous ne sommes pas à la hauteur, il ne nous en veut pas.



dimanche, mai 08, 2016

Pêcheur/Pasteur

Quand Jésus appelle Pierre à le suivre, nous savons que laissant là sa barque, il le suit. Il abandonne son métier de pécheur pour devenir disciple avec la promesse de devenir pécheur d'hommes ce qui n'a peut-être pas voulu dire grand chose pour lui.

Un pécheur, surtout avec un filet, ne se soucie des poissons qui viennent se prendre dans les mailles; ce qui compte, c'est le nombre de poissons, voir leur espèce pour les vendre ensuite, mais il n'y a aucune relation entre le pécheur et le produit de sa pêche.

Peut-être que si Jésus dit qu'il en fera un pécheur d'homme peut signifier (cela m'avait expliqué lors d'une homélie) que Pierre aura à sortir les poissons de l'eau, les trier, les mettre dans un bassin d'eau fraîche. Là au moins il ne s'agit plus de consommation mais d'autre chose: les mettre dans un bon milieu.

Par ailleurs dans les évangiles et dans le premier testament, le milieu aqueux n'as pas très bonne réputation: il est le lieu des forces du mal. Alors ce qui est signifié à Simon lors de son appel au bord du lac, c'est : tu vas aider des hommes à sortir du péché, du malheur. Pour cela, il lui est proposé aussi un changement de nom: de Simon il va passer à Pierre.

Être pasteur est une image beaucoup gratifiante, et Jésus nous dit que "ses brebis écoutent sa voix, que ses brebis le connaissent" Jn 10, bref qu'il y a une véritable relation entre les brebis et leur pasteur. Et c'est cela qui va être proposé par trois fois à Simon fils de Jean sur les bords du lac, au petit matin.

Si Jésus donne à Pierre ce rôle d'être celui qui fait paitre (qui donne le lieu où la nourriture est bonne et qui est protecteur), s'il le fait passer de pécheur de poisson (sortir un filet de l'eau) à celui de berger, c'est que Simon Pierre, par ce qu'il a vécu pendant le procès, la mort, la résurrection est devenu autre. Ce changement lui permettant de devenir la pierre, sur laquelle Jésus peut s'appuyer.

Brèves: humilité, ascension, Barrabas


HUMILITÉ

Un ami prêtre disait que l'humilité c'est considérer que tous les autres sont supérieurs à vous, y compris les arrières petits enfants  pour le grands parents! Pour moi l'humilité ce n'est pas du tout cela. Je sais que que comme tout être humain, je viens d l'humus et que ce n'est pas glorieux, donc pas question pour moi d'oublier cette composante.

Pour moi, être humble, ce n'est pas reconnaître que l'autre vous est automatiquement supérieur ou meilleur que vous, ce n'est pas systématiquement me positionner en attitude "basse" par rapport à lui, en le considérant comme un maître, non ce n'est pas cela.

L'humilité c'est savoir que l'autre a toujours quelque chose à vous apporter, quelque chose que vous vous n'avez pas. Ce n'est pas une notion d'inférieur ou de supérieur, c'est d'abord une notion de respect: ne pas juger, ne pas se fier aux apparences et faire confiance à l'autre. Il y aura toujours quelque chose à découvrir en lui ou il vous fera découvrir quelque chose et cela entraine la reconnaissance.

Dans son épitre aux Philippiens 2, 3 Paul recommande  "que chacun par l'humilité estime l'autre supérieur à soi". Je trouve cela très encourageant, ça si moi j'estime que les autres me sont supérieurs, les autres eux, pensent pareil de moi.

Bref l'humilité c'est se reconnaître dépendant de l'autre, quelle que soit cette manière.

Dans les synoptiques, Jésus prend les petits enfants pour les opposer en modèle d'humilité à ses apôtres. Les petits enfants du temps de Jésus sont considérés comme des moins que rien, et ces moins que rien ont des anges qui sont sans arrêt devant la face de Dieu, donc qui sont très bien placés dans la société divine. Que cela renvoie à un discours rabbinique ou midrashique, c'est très possible, mais ne pas se fier aux apparences est peut être nécessaire pour ne pas se sentir ou se croire supérieur aux autres.


ASCENSION.

Si on regarde les deux textes de Luc, on peut noter des différences.

Dans les Actes, dans les actes, Jésus est "enlevé au ciel", c'est quelque chose de passif, qui peut évoquer le départ d'Elie, sauf que là, il n'y a pas de char de feu. Jésus a passé 40 jours à "enseigner" un peu en vain  ses disciples, puisqu'ils lui demandent quand il va rétablir la royauté en Israël. On a vraiment l'impression que Jésus avait de quoi s'arracher les cheveux...Mais Jésus leur parle de la force qui va venir sur eux, et cette même force le fait s'élever et disparaître à leurs yeux. Un peu comme si le Père l'appelait à lui, le faisait disparaitre définitivement.

Dans l'évangile Jésus lève les mains (et non pas les yeux comme dans le repas pascal), il les bénit c'est à dire que d'une certaine manière, il rend Dieu présent. Durant cette bénédiction il se sépare d'eux. Ce terme "se sépare d'eux", est pour moi très important. Il est comme une naissance, comme si Jésus quittait le ventre de l'église qu'il a fondée pour que celle-ci puisse exister. Jésus qui se sépare, qui disparait aux yeux des disciples, c'est un peu comme son Père, qui une fois le travail de la création achevée se repose (et disparait aussi).Bref, j'aime la la représentation ce verbe "il se sépara d'eux" car c'est un verbe actif. Le temps de l'Esprit Saint est arrivé.


samedi, mai 07, 2016

Et si Dieu était un écrivain?

J'ai assisté aujourd'hui au salon du livre de ma commune. Il y avait différents romanciers qui ont tous parlé de ces personnages qui prennent une vie qu'ils n'avaient pas prévu, qui vivent leur vie.

 Eux les romanciers suivent ce héros (ou ce non héros) qui leur échappe. Parfois ils sont amenés à se séparer d'un personnage, ce qui n'était pas prévu au départ.

Alors je me suis dit que Dieu avait dû être un écrivain. Il a donné la vie à l'homme, avec des projets bien précis, mais cela a dérapé.

L'homme s'est mis à vivre sa propre vie, ce qui n'était pas dans le script. Alors  Dieu a essayé de le tuer, (le déluge), mais ça n'a pas marché. Puis, il s'est tellement bien adapté à son personnage qu'il a fini par le rendre semblable à lui, en lui donnant la vie éternelle.

Et voilà, le livre de Dieu, s'appelle la Bible.

lundi, mai 02, 2016

"Silence ça pousse".

J'ai été bien silencieuse ces derniers temps ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas des billets en perspective.

Le silence a permis une élaboration et l'élaboration a donné ce premier livre, qui rassemble un certains nombres de billets versus psychologies.




Mon désir est de transmettre et le livre reste le mode privilégié. Un blog a sa vie propre, mais quand il prend de l'âge, il n'est pas facile d'en refaire l'histoire. Le blog est une mémoire et c'est cette mémoire que je souhaite transmettre.

Pour que les eaux vives ne se transforment pas en eaux dormantes.

Merci à ceux et celles qui me liront.