Une manière d'être en fin de carrière! Un désir de communiquer, de partager... un désir de changer encore et toujours
jeudi, septembre 18, 2008
"De la charité à la foi."
Si on travaille l'épître aux Romains(qui est très postérieure 57), il semble bien qu'il y ait quelque chose de très différent dans le discours de Paul. C'est la foi, c'est à dire la confiance absolue en la Parole (ou la Promesse) qui donne le salut. La démonstration à partir d'Abraham qui est justifié parce qu'il a cru (peut-être contre toute espérance) dans la Parole, est si l'on veut exemplaire, quoique pour ma part, je la trouve très rabbinique (mais cela c'est mon point de vue).
Du coup, il y a chez Paul, une sorte de glissement, voir de clivage qui s'introduit, avec la question des oeuvres et de la foi. Suffit-il de croire pour être sauvé?
Paul lui a fait l'expérience que c'est la rencontre avec Jésus, ressuscité par la volonté du Père, qui a provoqué en lui une changement radical, qui a fait de lui un homme nouveau, possédé par l'amour de ce Jésus qu'il avait voulu persécuté en persécutant la communauté naissante.
Le Juste est-il celui qui a cru en Jésus mort et ressuscité pour le salut du monde ou celui qui agit dans l'amour. Il semble bien que ce soit celui qui mette sa foi dans le Seigneur qui soit le nouveau Juste. Mais si on regarde la trajectoire de Paul, il semble évident que cette foi est passée dans les actes, puisqu'il s'est mis immédiatement à annoncer l'évangile et à vivre plus que dangereusement pour son Seigneur.
Pourtant il oppose la foi et les oeuvres. Sauf que les oeuvres (me semble-t-il), ce sont pour lui les signes d'appartenance à la religion originaire de Jésus, à savoir essentiellement la circoncision, la pratique de la loi, et la séparation d'avec les "impies".Or Jésus s'est Lui-même souvent mis en porte à faux vis à vis d'une observance de la loi qui tue, qui en fait une lettre morte. Paul continue donc bien le message évangélique.
Il me semble quand même que beaucoup de juifs qui observent et accomplissent la loi, sont de très "saints" hommes(et femmes) et que pour eux il n'y a pas de confusion entre l'observance et l'actualisation de la Parole (Thora).
Il y a cependant une phrase, dans l'épître aux Galates- qui est une épître antérieure à l'épître aux Romains, mais postérieurs à la première aux Corinthiens- une phrase pour moi très importante et qui aurait peut-être évité la querelle autour de la justification par la foi.
Voici cette phrase: " En effet, dans le Christ Jésus ni circoncision ni incirconcision ne comptent, mais seulement la foi opérant par la charité".
La foi si elle ne s'exprime pas par la charité, n'est pas suffisante pour justifier et donner le Salut.
Pensées vagabondes à propos de la pécheresse pardonnée.
Alors voilà cette femme qui entre, alors qu'elle n'est pas invitée, qui s'installe directement aux pieds de celui qui lui a été invité et qui est peut-être à la place d'honneur, donc bien en vue. Cela me fait alors un peu penser à Marie, la soeur de Marthe qui elle aussi est tout contre Jésus, puisqu'elle assise à ses pieds.
Et cette femme, dont on ne nous dit rien si ce n'est qu'elle est une pécheresse, et que nous considérons comme une madame qui vend ses charmes, fait en fait pour Jésus ce qu'elle sait si bien faire, donner du plaisir. EN général nous scotomisons les faits pour rester sur l'affect: elle arrosait ses pieds de larmes. Mais si on reprends les gestes qui sont décrits et d'ailleurs énumérés par Jésus, les larmes mais surtout les baisers et l'onction (massage) pour faire pénétrer le parfum, sont des gestes à connotation érotique. Ces gestes donnent du plaisir à celui qui les reçoit. D'une certaine manière, elle fait pour Jésus ce qu'elle sait faire, mais elle le fait gratuitement et avec tout l'amour dont elle capable.
Ceci montre bien la transformation qui s'est faite en elle.
Et j'aime à penser que c'est cet amour là qui lui a valu le pardon de ses nombreux péchés, et non pas seulement ses larmes.
mercredi, septembre 17, 2008
"Le fils de la veuve de Nazareth".
Ce jeune homme, fils d'une veuve, n'a pas de descendance, comme le fils de la veuve de Nazareth. Comme lui, il est fils unique (même si on ne sait pas bien ce qu'il en est des "frères de Jésus").
Mais lui, il a un "bel ensevelissement" tout le monde est là, autour de sa mère et autour de corps. Pour Jésus, cela sera fait à la sauvette, à la tombée de la nuit, avec bien peu de monde et sûrement pas des pleureuses professionnelles.
Il est dit au début de ce texte que Jésus était suivi de ses disciples et d'une foule nombreuse. Le soir de ce vendredi, on peut compter les personnes sur le bout des doigts.
C'est la compassion de Jésus pour cette femme dont on dit que la condition de veuve était une des pires qui soit en Israël à cette époque, qui semble être à l'origine du miracle.
La phrase:"ne pleure pas" peut avoir son écho dans la phrase adressée à Marie-Madeleine: "femme pourquoi pleures-tu?". Peut-être que Marie qui gardait toutes ces choses dans son coeur, si elle a entendu parler de ce miracle, elle qui était veuve, a pu savoir dès ce moment que son fils ne l'abandonnerait pas.
Quant à la phrase "Jeune homme lève-toi", nous ne savons pas comment s'est passée la résurrection de Jésus, mais lui aussi s'est levé et est redevenu vivant, pas cependant comme le jeune-homme: Il est devenu "Le Vivant".
Marie, la veuve de Nazareth, qui avait perdu son fils unique, qui n'avait pas pu l'enterrer correctement, a pu être elle aussi consolée.
mercredi, septembre 03, 2008
"L'endurcissement".
Il me semble que Jésus aurait pu dire exactement la même chose aux grands prêtres: vous n'avez pas reconnu que c'est le Seigneur qui m'a envoyé prononcer toutes ces paroles.
Et il est alors possible de penser que comme jadis pour Pharaon , il y a eu un endurcissement du coeur et des oreilles des prêtres. Malgré toutes les oeuvres que Jésus a faites (qui sont l'inverse de celles de Moïse) ils ont refusé de voir.
Leur refus (comme jadis celui de pharaon), a permis que Jésus puisse devenir l'Agneau Pascal.
S'ils avaient reconnu en Jésus le Messie, quelle aurait été notre histoire?
Qui a endurci le coeur des prêtres? Les dessins de Dieu demeurent bien curieux...
mardi, septembre 02, 2008
"Brèves suite"
Mais mon questionnement est par rapport au mot sacrifice, qui revient comme un leit-motiv. Or curieusement ce mot ne figure pas dans les évangiles sauf quand Jésus cite Isaïe. Jamais Jésus ne dit qu'il s'offre en sacrifice. Alors?
Si sacrifice est "faire du sacré" alors cela c'est une des rôles spécifiques des prêtres qui dans toutes les religions offrent des sacrifices.
Et de fait les prières qui sont dites ne sont pas celles de l'assemblée, mais celles d'un homme qui a choisi ou qui a été choisi comme prêtre et qui parle à un Dieu Père d'une manière assez étonnante, comme s'il oubliait (un peu) que le Dieu de Jésus est un Dieu d'Amour.
Quand on admet cela, on peut passer à autre chose...
petite note: je sais bien que les évangélistes parlent du "sang versé pour les multitudes" ou du "sang versé pour vous", mais Jésus n'emploie pas ce mot de sacrifice. L'important étant peut-être de "faire mémoire", c'est à dire d'actualiser la présence de Jésus ressuscité.
lundi, septembre 01, 2008
"Brèves".
Je sais aussi que toute transformation se fait dans la violence, donc quand il s'agit d'humain dans la souffrance.
Quand Jésus dit à ses disciples: "prenez et manger, ceci est mon corps livré pour vous", le simple fait que ce pain soit "mangé" par les disciples est en soi une destruction totale, figure de ce qui va arriver au corps de Jésus par la mort. Pour que le corps renaisse (c'est vrai de l'alimentation qui devient source de vie, parce qu'il y a destruction et transformation), il doit d'une certaine manière disparaître.
lundi, août 25, 2008
"Tu es Pierre..."
En l'écoutant je pensais à Jonathan, le fils de Saül qui compte sur un signe pour savoir s'ils doivent attaquer ou non un poste de garde Philistin. Voici le texte: "S'ils nous disent: montez vers nous, nous monterons car Yahvé les aura livrés en nos mains: cela servira de signe" (1Sam, 14, 10).
Et je me disais que quand Jésus pose à ses disciples la question "et vous qui dites vous que je suis", peut-être ne savait-Il pas que Pierre répondrait le premier. Peut-être avait Il pensé: le premier qui répond, ce sera celui là qui sera le rocher sur lequel mon église sera construite. Peut-être a-t-Il été le premier surpris. Mais il faut bien faire avec ce que Dieu choisit et même si ce Simon a la tête dure comme comme de la pierre, sa réponse est le signe que c'est celui là qui permettra à la communauté de vivre après le Départ.
vendredi, août 01, 2008
"Délivre nous du mal"
dimanche, juillet 27, 2008
"Le chant du monde".

Quand je faisais partie des guides de France, il y a avait un chant qui se terminait par "le chant du monde va s'élever" ou "va commencer". Je ne me souviens plus des autres paroles (1).
mercredi, juillet 09, 2008
"Préoccupations de femmes".

Je viens de lire un livre pour moi passionnant de I. Fisher(1) consacré aux femmes des débuts de l'histoire d'Israël. J'attends le tome 2 avec une certaine impatience.
vendredi, juin 20, 2008
"L'olivier sauvage"
Un Olivier sauvageCeux qui connaissent les écrits de Paul savent qu'il compare (épître aux Romains chapitre 11) les nouveaux convertis d'origine non juive, à des rameaux d'olivier sauvage, qui seraient greffés sur le tronc de l'olivier franc qui représente Israël. Outre le fait que la technique de greffe m'a toujours parue très curieuse (mais je veux bien admettre que cela soit voulu par l'auteur), il m'a souvent semblé que le sang neuf pouvait avoir du bon...
On peut dire aussi que Paul met en garde contre un certain orgueil, voir un certain mépris à l'encontre du peuple qui a donné naissance au Messie.
En lisant tout à fait par hasard dans le premier livre des Rois les chapitres consacrés à la construction du Temple, j'ai trouvé quelque chose qui m'a profondément réjouie, quant au choix du bois choisi pour façonner les chérubins entre les ailes desquels la gloire de Dieu résidera.
Si dans l'Exode on parle beaucoup du bois d'acacia (qui est un bois dur et résistant, dont on dit qu'il serait aussi le bois de la Croix), Salomon a choisi pour l'aménagement du Saint des Saints (le Débir), de façonner les chérubins entre les ailes desquels réside la Gloire de Dieu en bois d'olivier sauvage recouvert d'or. La porte du Débir est elle aussi en olivier sauvage.
Alors pourquoi de l'olivier sauvage? Bien sûr il s'agit peut-être d'une problème de traduction et je ne suis pas experte en la matière, mais dans ce bois sauvage, j'entends un bois fort, qui n'a pas été domestiqué, qui est là dans toute sa vitalité, qui n'a jamais non plus subi des coups de serpes, qui n'a pas été taillé ni entaillé.


mercredi, juin 18, 2008
"L'arbre de la vie".

"Il bannit l'homme et il posta devant le jardin de l'Eden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de la vie".Gn3,24
lundi, juin 16, 2008
"Comme quoi"

La position d'Adam, est assez ambigüe assez étonnante. Le héros de la Genèse, celui autour duquel tout tourne, c'est Adam. Eve est certes issue de son côté, mais j'ai l'impression qu'elle fonctionne plus en "faire valoir" que comme personne. Et peut-être que son rôle dans cette séquence était de permettre à Adam d'exister, de parler, de s'interposer, de dire non, de faire respecter le Nom de son créateur, de Le faire exister au travers de sa parole. Cela c'est peut-être le travail de l'humain (et cela aujourd'hui me plaît assez comme idée du rôle de l'humain).
Adam, s'il est présent, écoute, regarde, mais n'agit pas, ne parle pas, se tait. Il attend...
Eve mange et il ne se passe rien. Elle teste d'une certaine manière, elle est le goûteur. Et parce qu'il ne se passe rien, parce que à ce moment là, le ciel ne lui tombe pas sur la tête, alors Adam mange et c'est quand lui mange, (se remplit la bouche) leurs yeux à tous les deux s'ouvrirent.
Gn3,7. Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus; il cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.
L'épreuve n'a pas été réussie et les autres épreuves vont commencer, à commencer par l'exclusion de ce jardin, qui restera toujours dans le coeur de l'homme comme un lieu à reconquérir.
Ce qui me semble aussi important c'est que à partir de cet échec (désobéissance) deux sentiments apparaissent: la peur et la honte et ces deux affects signent bien souvent l'échec d'un système éducatif où l'enfant est porteur de tout le mauvais. Mais ceci est une autre histoire et j'y reviendrais peut-être.
dimanche, juin 01, 2008
"Bâtir une maison sur le roc ou sur le sable" Mt 7,21-27

Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là sans le mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.
samedi, mai 24, 2008
Une histoire de petit chaperon rouge: 2Sam 13.

Il était un fois un fils de roi, qui se nommait Amnon (Fidèle). Il était l'aîné des fils du roi David. Sa mère était Ahinoam de Yisréel. Un de ses demi-frères, Absalon avait pour mère une princesse, ce qui n'était pas son cas et il espérait bien, maintenant que la royauté de son père semblait affermie et qu'il avait son propre palais à Jérusalem, faire un beau mariage, un mariage princier.
Encore Marc.:Mc 9,43-48
Si ton pied t'entraîne au péché, coupe-le. Il vaut mieux entrer estropié dans la vie éternelle que d'être jeté avec tes deux pieds dans la géhenne.
Si ton oeil t'entraîne au péché, arrache-le. Il vaut mieux entrer borgne dans le royaume de Dieu que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne."Mt 9,43-48.
Le judaisme condamne fermement toute auto-mutilation, problème abordé à diverses reprises dans le talmud et la Michna. Les conséquences légales de la mutilation sexuelles sont abordés dans le traité Yebamoth 8, 1-2.
mardi, mai 20, 2008
Marc 9....

mardi, mai 13, 2008
Petite histoire (vue par un bout de la lorgnette) de Saül.
L’histoire de Saül, premier roi des 12 tribus d’Israël, est rapportée dans le premier livre de Samuel. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce brillant jeune homme n’a pas de chance. Il fait tout faux, car en n’obéissant pas, il se disqualifie comme roi. Car et c’est certainement là un des enseignements donné par le ou les rédacteurs, pour perdurer en Israël, il faut d’abord accepter d’obéir (c’est bien ce qui sera valorisé par la suite dans les chants du serviteur). On peut presque se demander ce que Dieu avait en tête pour choisir, certes un bel homme (qui dépassait tout le monde d’une tête), mais qui très rapidement sera amené, alors que l’Esprit avait pourtant fondu sur lui, à prendre des décisions qui provoqueront sa mise à l’écart.
Nous sommes habitués dans nos livres d’histoires à avoir des représentations un peu merveilleuses de nos rois. Là il n’en est rien. D’ailleurs, même en ce qui concerne David, le rédacteur n’est pas tendre, car David chef d’une bande de petits malfrats (Robin de bois avant l’heure) est menteur comme un arracheur de dents ( voir mon billet : plus menteur que moi).
Alors voici une histoire de Saül .
Moi Saül je suis de la tribu de Benjamin, le dernier fils de Jacob. Le nom de ma tribu veut dire fils de la main droite, et si vous vous souvenez de l’histoire de notre installation dans ce pays, vous devez vous souvenir que même les gauchers (ceux qui ont la main –droite-liée) sont chez nous des combattants d’élite. N’est ce pas Ehud, le gaucher, qui assassina le roi de Moab et nous fit sortir de l’asservissement au roi de Moab ?
Le peuple, après les défaites infligées par les Philistins qui nous réduisaient en esclavage, a demandé un roi, pour avoir un chef comme tous les autres peuples. Le juge (en titre) Samuel n’était pas chaud du tout, car pour lui avoir un roi cela voulait dire que notre Dieu des armées ne serait plus le roi de notre peuple. Mais j’ai été choisi. Je me demande encore pourquoi, car le jour où les tribus se sont réunies pour répondre à la convocation de Samuel, moi je me suis caché dans les bagages, tellement j’avais peur d’être l’élu. Certes j’avais reçu l’onction grâce à mon serviteur qui connaissait l’existence de Samuel et voulait le consulter pour savoir où nos génisses avaient disparu. Les génisses ont été retrouvées et moi j’ai été choisi. J’avais même été rempli par l’Esprit qui a fondu sur moi et m’a rendu un peu fou. Etre choisi, cela veut dire représenter notre peuple et être obligé de me battre contre ces Philistins de malheur. Certes il y a des avantages à la royauté mais Samuel ne semble pas du tout décidé à abandonner sa charge de « juge et de prêtre » et moi, là dedans comment vais-je être le Roi de ces 12 tribus qui bien souvent ne s’entendent pas du tout?
Même si j’ai été vainqueur, très vite j’ai fait ce qui déplait à notre Dieu et voilà la liste de tout ce que j’ai mal fait. En fait je crois qu’il s’agissait d’épreuves, comme jadis pour notre père Abraham. Je n’ai pas eu sa sagesse (d’ailleurs je suis un homme jeune) et j’ai fait ce qui me semblait « politiquement correct ».
Samuel m’avait fixé un rendez vous à Gilgal (1SM 11) pour offrir un holocauste à l’Eternel, et de mon point de vue (je l’ai attendu me semble t il le temps fixé), il fallait agir et offrir cet holocauste. Et surtout je voyais que les hommes convoqués pour aller se battre retournaient tous chez eux. Alors un roi doit être capable de prendre des initiatives, et là je ne sais pas trop si c’est Samuel ou si réellement Dieu s’est adressé à lui, mais d’après lui, j’aurais désobéi et de ce fait il m’a dit que ma royauté ne tiendrait pas. Et pourtant j’ai des fils, qui doivent me succéder, alors cela m’a fortement déplu, et j’ai fait la sourde oreille.
Et puis par la suite, il m’a semblé que le Seigneur était avec moi, car il a permis des victoires inespérées en semant une confusion totale chez nos adversaires qui se sont entre tués eux-mêmes sans que nous ayons rien à faire.
Ensuite J’ai failli tuer mon fils de ma propre main car il avait transgressé un ordre dont il n’avait pas eu connaissance. Je ne sais pas si cela est aussi une faute, mais le peuple m’en a voulu, car c’est grâce à l’initiative de Jonathan que nous avions remporté une grande victoire sur les Philistins. Heureusement le peuple ne m’a pas suivi et m’a permis d’éviter la mort de mon fils. Mais parfois je me suis demandé si cela n’aurait pas simplifié la suite de ma vie, car mon fils, mon héritier est devenu un traître à son propre père en faisant alliance avec ce David, cet petit berger de la maison de Juda que Dieu a décidé de choisir pour prendre ma place. Pourtant autrefois les juges avaient droit de vue ou de mort sur leur descendance (Jephté), pourquoi ai-je du plier ?
Yahvé nous a demandé d’exercer contre le roi des Amalécites une sorte de vengeance car ils ne nous avaient pas aidés lors de notre passage sur son territoire au temps de Moïse. (1Sam 15). Mais je n’ai pas mis à mort cet homme et tous leurs biens n’ont pas été donnés à Yahvé. Il fallait quand même que mes hommes y trouvent leur compte. A nouveau c’est ma désobéissance qui a été mise en avant et là il m’a été dit, que parce que j’avais rejeté la parole de YHWH, je n’étais plus roi. Et pourtant j’avais reçu l’onction et tout le peuple croyait en moi.
C’est à partir de ce moment que je suis devenu soupçonneux envers tous ceux qui me servaient et qui auraient pu prendre ma place. Ce David, qui a tué le philistin Goliath avec une fronde (comme si nous n’étions pas capables de faire la même chose, puisque même des gauchers sont des frondeurs d’élite), celui-là il m’inquiète et si la main de Yahvé n’avait pas été sur lui, il aurait du mourir. J’ai même du lui donner ma deuxième fille, mais cela ne suffit pas pour en faire mon successeur.
Comme David, s’est caché pour que jen e puisse le mettre à mort (ma propre fille a même aidé à son évasion) diverses personnes pour se faire bien voir de moi me disent où il se cache; c’est ainsi que j’ai appris que le prêtre de Nob l’avait aidé dans sa fuite et surtout lui avait fourni l’épée de Goliath (1Sam 22). Alors lui et sa famille et tous les prêtres de son sanctuaire, je les ai fait mettre à mort. Yahvé m’en voudra-t-il ? Mais moi je dois protéger ma descendance et David ne doit pas régner à ma place ou à celle de Jonathan.
J’avais voulu et j’espère que cela me sera retenu comme quelque chose de bien par Yahvé, ôter de mon peuple toutes ces pratiques de divinations et de nécromancie. Mais quand j’ai vu que les Philistins se préparaient à nous envahir et que les prêtres qui consultaient notre Dieu pour moi, n’avaient pas de réponses, alors j’ai cherché une femme qui me mettrait en relation avec Samuel (1Sam 28 ). Moi le roi, je me suis déguisé et je me suis fait passer pour un autre. J’aurais mieux fait de ne rien faire, car certes Samuel m’est apparu, mais il m’a redit que Yahvé s’était détourné de moi, que la royauté serait donnée à David et à sa descendance et que moi et mon armée serions livrés aux Philistins.
Personne ne sait vraiment comment je suis mort au combat. Ce qui est certain c’est que je ne voulais pas tomber vivant dans les mains des Philistins (et donner ensuite une occasion de victoire à David, ce qui m’aurait humilié comme il l’a fait par deux fois en me laissant la vie sauve). Alors j’ai demandé à mon écuyer de me donner la mort. Il a refusé et je me suis jeté sur mon épée, ce qui en soi est un suicide (1Sam31), donc encore une faute, mais qui est une belle mort. Mais le suicide n’est pas permis.
Finalement je ne suis peut-être plus à une faute près. J’espère que David aura bien du mal à trouver sa place et que les tribus n’accepteront pas de servir ce petit berger, ce petit brigand, cet intriguant. J’espère aussi qu’Abner mon chef de guerre restera de mon côté et permettra à ma descendance de régner sur Israël.
samedi, mai 10, 2008
"Langues de feu".

