Dans l'évangile de Marc, la guérison de l'enfant possédé est l'avant dernier miracle de Jésus (le dernier étant celui de l'aveugle de Jéricho, Jésus montant à Jérusalem pour y mourir. Peut être que ces deux miracles peuvent avoir un sens plus large: ouvrir les yeux de Bartimé c'est ouvrir les yeux d'Israël à ce qui est en train de se produite. Guérir cet enfant, c'est sortir Israël de la possession et sa mort apparente et sa resurection annoncent ce qui va se passer pour Jésus dans les jours à venir.
Quant au manque de foi, il est du du côté des disciples qui ont certainement peur devant cet enfant et son père, il est du côté du père qui n'y croit pas non plus.
Or cet enfant les disciples n'arrivent pas à le guérir. Israël est comme cet enfant, malade, possédé et le seul qui puisse faire sortir le mal c'est Jésus.
Le dialogue avec le père peut être pris comme le dialogue avec Israël? ce n'est que si Israël croit en la puissance de l'homme Jésus et le reconnaît comme envoyé et fils, qu'il pourra être sauvé.
Quand les démons sont expulsés (être sourd c'est ne pas entendre la parole de Dieu, être muet, c'est ne pas pouvoir le louer, le bénir, le reconnaître) l'enfant tombe comme mort. Là on a peut être une figure de Jésus qui lui aussi sera comme mort.
Quand l'enfant est rendu à son père, debout, il y a bien là une résurrection. Le mal n'est pas vainqueur, la malade est vaincue. La mort ne sera pas gagnante, Jésus sera vainqueur.
Une manière d'être en fin de carrière! Un désir de communiquer, de partager... un désir de changer encore et toujours
jeudi, mai 23, 2013
jeudi, mai 16, 2013
"La fin du Mal".
Dans les derniers chapitres de l'apocalypse, il est dit que le diable est jeté pour l'éternité dans un étang de soufre (Ap 20, 10). Or cela me dérange, car même lié et enfermé, le diable est tout à fait capable de sortir et tout serait à recommencer.
Moi, j'aurais aimé une fin ou le diable reconnaisse parce qu'il a quand même été (si on admet l'hypothèse ange déchu) crée avec du bon en lui, qu'il s'est trompé et qu'il veut que le mal qui est en lui parte, qu'il ne soit plus lié par cela, qu'il soit délié... Que l'Amour qui est en Dieu passe aussi en lui pour le purifier. Alors là, la Jérusalem céleste pourra venir.
Moi, j'aurais aimé une fin ou le diable reconnaisse parce qu'il a quand même été (si on admet l'hypothèse ange déchu) crée avec du bon en lui, qu'il s'est trompé et qu'il veut que le mal qui est en lui parte, qu'il ne soit plus lié par cela, qu'il soit délié... Que l'Amour qui est en Dieu passe aussi en lui pour le purifier. Alors là, la Jérusalem céleste pourra venir.
mercredi, mai 15, 2013
Epreuve ou tentation
"Ne nous soumets pas à la tentation" Prière de Jésus.
En travaillant l’épitre de Jacques, où il est
écrit (Jc 1,13) : « Que nul, s’il est tenté, ne dise : ma
tentation vient de Dieu, car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et ne
tente personne. Chacun est tenté par sa propre convoitise », nous nous sommes posés la
question de la phrase de la prière de Jésus « ne nous soumet pas à la
tentation, mais délivre nous du mal », prière qui est adressée au Père et
qui pose quand même question, question qui demeure même si on revient à
l’ancienne traduction : ne nous induis pas en tentation (comme on pourrait
dire ne nous induis pas en erreur ou encore donne nous de discerner entre le
bien et le mal).
La phase telle qu’elle est écrite pourrait
renvoyer à un Dieu pervers, qui passerait son temps à vouloir nous tester pour
savoir ni nous continuons à lui obéir, à le préférer à nous même.
La tentation
est une sorte de fil rouge dans toute l’écriture. On la trouve dès la genèse,
on la retrouve avec Jésus.
Traditionnellement la tentation est l’œuvre du
démon (du diable, du satan, du serpent) qui veut détourner l’homme de dieu et
qui pour cela emploie un certains nombres de moyens (je vais y revenir). La
base de la tentation comme le dit Jacques est la convoitise et si on reprend
les commandements donnés à Moïse, ceux de la deuxième tablette (ne pas tuer, ne
pas convoiter la femme de voisin etc) montrent bien la place de la convoitise.
Seulement dans la bible, il est aussi question d’épreuves, et les épreuves bien
souvent sont envoyées par Dieu. C’est le cas de la ligature d’Abraham Gn
22 car même si on imagine que Abraham a « cru » entendre cette
demande, il l’a mise dans la bouche de Dieu. Il aurait pu choisir de ne pas donner son fils, ce choix il ne l'a pas fait: il a été jusqu'au bout de son acte, de son choix. Et du père d'Isaac il est réellement devenu le Père du peuple que Dieu s'est choisi.
Les épreuves subies par Job (Dieu
acceptant le pari avec le satan) ont pour but de tester sa foi et d’une manière
générale on peut dire que les épreuves vont dans ce sens là.
Quand dans le
nouveau testament on parle des épreuves subies par les communautés ou par les
apôtres, il s’agit bien
d’événements qui ont pour but de les détourner de leur foi, de les
obliger à rentrer dans le droit chemin.
Quand nous rencontrons les épreuves de
la vie, la question qui se pose est bien de savoir comment nous allons les
affronter, car nous ne pouvons pas les rejeter, alors que normalement la
tentation, elle peut être rejetée. Il me semble que la tentation s’adresse
directement à nos « sens » et que c’est bien le travail du serpent (le
plus rusé des animaux dit la Genèse) d’utiliser insidieusement nos sens, pour
nous faire voir autre chose que ce qu’il y a à voir, et à le désirer tellement
que plus rien d’autre ne compte. A ce moment là, il est évident que nous
faisons de nous notre propre dieu et que satan à gagné, puisque son but est
bien de nous détourner de ce qui nous tourne vers le Tout Autre.
Pour éclairer cela, j’ai eu envie de comparer deux
récits, celui de la tentation du couple Eve/Adam et le récit de la tentation tel qu’il est
raconté par Luc. Peut être faut il ne pas oublier que dans le récit de
l’évangile, personne n’est là pour voir ce qui se passe il s’agit peut être de
montrer la différence entre Jésus le nouvel Adam et le premier Adam (après tout si
Luc a été disciple de Paul, il a bien dû entendre cette comparaison).
A noter quand même que dans la Genèse l’homme
(que ce soit dans le premier ou le deuxième récit de la création) n’a la
stature d’un héros. Il est là soit pour dominer la terre et la remplir, soit
pour cultiver (soigner le jardin) et servir ce qui n’a rien d’héroïque. Il n’a
pas l’étoffe du héros ce qui n’est pas et de loin le cas de Jésus qui par son
simple nom est le sauveur.
Dans la Genèse, Dieu crée l’homme et met en
lui son haleine de vie. Le divin est donc en lui ou pour le dire autrement il y
a du dieu en lui (contrairement aux animaux); Jésus reçoit la plénitude de
l’Esprit (sous la forme d’une colombe). Adam recevra une parole : celle de
l’interdit fondateur (qui doit lui permettre de ne pas mourir); Jésus, lui, est
reconnu et intronisé comme fils aimé du père.
Adam
est mis dans un jardin (pas dans le désert), ce qui ne fait pas de lui un
héros, mais un homme ordinaire. Jésus lui est conduit dans le désert, qui est
un lieu sec, où réside le mal.
Passons ensuite sur la création des animaux et
de Eve pour arriver au cœur de la tentation. Mais peut être que si l’homme
n’avait pas vu en la femme la chair de sa chair et l’os de des ses os, mais un
être différent, complémentaire, peut être que les choses auraient pu être
différentes, mais cela est une autre histoire.
Le serpent pose certes une question
tendancieuse mais surtout il titille les sens d’Eve : « elle vit que
l’arbre était bon à manger, séduisant à regarder, précieux pour agir avec
clairvoyance ». Tous les ingrédients sont là puisque tous les sens sont
d’une certaine manière stimulés, et particulier la vision et le gout, le
toucher. Elle ne voit plus ce qui spécifique de cet arbre (connaissance du bien
et du mal) elle ne voit plus que son apparence, elle ne sent plus que son
parfum, toute sa pensée est capturée par ce qu’elle imagine de lui. Or
l’interdit elle le connaissait et elle ne le respecte pas. Elle suit son
instinct, ses sens, et elle ne résiste pas à la tentation qui est bien la
convoitise :attraper, cueillir, manger, encore et encore. Que cette
tentation renvoie à l’oralité n’a
rien d’étonnant puisqu’il s’agit d’un récit mythique. Mais on voit bien là que
la tentation (et le serpent est et sera toujours très fort pour trouver le
point faible au niveau du sensoriel) sera toujours au niveau du désir de
l’avoir, alors que l’épreuve touchera au niveau de l’être.
Mais revenons à Jésus. Là aussi le diable
s’adresse aux sens. A noter qu’elles commencent toutes par « si tu es le
fils de Dieu » ce qui peut montrer que durant ces 40 jours c’est bien là
que s’est joué le combat spirituel de Jésus, son épreuve.
-
Changer les pierres en pain, c’est
à la fois faire voir du pain dans des pierres (le visuel) faire saliver (le
goût) et donner la sensation de tenir. Jésus ne tombe pas dans le panneau, et
sa réponse montre bien que pour lui il s’agit d’une mise à l’épreuve de sa foi/
se nourrir de la parole qui sort de la bouche de Dieu.
-
La deuxième tentation touche le
regard : voir tous les royaumes de la terre, avoir leurs richesses. Il y a aussi une parole donc l’ouie
est sollicitée et la phrase est là pour créer l’envie (ce qui est très
semblable à ce qui se dit dans la genèse): « ce pouvoir m’a été remis et
je le donne à qui je veux », c’est faire croire quelque chose de faux,
c’est induire l’autre en tentation au sens fort du terme. Là encore Jésus en ne
tombant pas dans le panneau, transforme la tentation en épreuve, puisqu’il fait
comprendre au démon qu’il ne possède rien mais que seul Dieu doit être adoré.
-
Quant à la troisième tentation
c’est faire miroiter quelque chose qui est plus ou moins le désir de tout
humain : être plus fort que la pesanteur, se moquer des règles. C’est tous
les sens qui sont comme pris par cette vision. Là encore Jésus quitte le
registre de la tentation pour le renvoyer à celui de l’épreuve : ne pas
mettre Dieu à l’épreuve, avoir suffisamment foi en lui pour savoir qu’il n’est pas
bon de l’obliger à montrer da puissance pour croire en lui.
Il me semble pour dire les choses autrement
que la tentation intervient quand on doute de tout avoir : la convoitise
est un moteur bien puissant. Ce que montre le récit de la genèse, c’est que l’homme
succombe, et qu’il n’est pas le « héros » auquel on aurait pu
s’attendre (si on se réfère au chapitre 2, l’homme est destiné à soumettre le
monde et non pas à être soumis par lui, ce qui se passe dans la réalité). Son
échec fait qu’il perd ce à quoi il pouvait prétendre. Lui qui devait être le
maître du monde, il se retrouve tout nu…
Jésus (qui est dans le manque) aura à faire
face à la même tentation (même si elle est multiforme) à savoir être
« comme » Dieu, prendre sa place, ne plus être dans le lien de
soumission ou de dépendance. Car les tentations de Jésus peuvent s’entendre
comme étant un appel à se servir d’une toute puissance qui fait de l’homme un
Dieu. Alors, là où le premier Adam a échoué, le deuxième lui a réussi, mais il
n’en demeure pas moins que la tentation/épreuve semble être une nécessité pour
que l’homme puisse advenir.
La tentation a donc de multiples facettes. Si
on admet que le serpent est le plus rusé de tous les animaux, on peut
comprendre que pour chacun la convoitise sera différente et adaptée à ce qu’il
est. Elle s’adresse toujours aux sens, elle passe par eux. Elle déforme la réalité, elle fait voir
le monde autrement. Il s’agit toujours de faire un choix. Se choisir ?
Choisir ce qui procure du plaisir de la puissance ? Choisir de rester dans
une parole ?
Peut être est il possible de dire que quand il
y a convoitise sous quelle que forme que ce soit, il y a du
« serpent » du « malin » dans l’air, mais il y a
d’autres épreuves, qui peuvent ressembler à des tentations et qui permettent
d’éprouver l’homme comme le feu du creuset et ces tentations/ épreuves, elles
peuvent venir de Dieu. C’est le cas pour Abraham (Gn22). Nous savons par le
texte qu’il s’agit d’une épreuve : va t il ou non obéir, sacrifier son unique,
ou refuser purement et simplement. Sortir vainqueur de cela, va faire de lui
non pas le père d’un seul, mais le père d’un peuple et en cela il est bien un
héros. Jésus qui vient de recevoir le baptême des mains de Jean le Baptiste va
changer durant ce temps passé dans le désert, où il est « soumis » à
la tentation qui, elle, émane directement du Satan. Celui qui était le fils du
charpentier devient le Fils de Dieu.
Et nous là dedans ?
Quand on veut transformer le minerai de fer en
métal, le moins que l’on puisse dire c’est qu’on le soumet à beaucoup d’épreuves… Le passage dans les hauts
fourneaux n’est pas rien (quelle
purification) et si on veut transformer le métal en lame ou en fil quel
travail…
Pour devenir ce que nous sommes, les épreuves
sont je crois indispensables, mais si Dieu désire que nous devenions de plus en
plus lumineux à l’image de son fils, peut être faut il comprendre qu’il y a un
enfantement permanent, mais que compte tenu de notre fragilité, le risque est
toujours grand de baisser les bras.
Dire que la tentation vient du diable,
rappelle qu’il y a un combat entre le bon et le mauvais et que ce combat se
joue encore et toujours ; Jésus donne par son Esprit Saint, qui nous revêt
de sa puissance, la force de résister à ce qui peut nous souffler de faire notre
bon plaisir, de nous croire tout puissants et il est plus facile de
penser que ces pensées qui peuvent se traduire en acte viennent de celui qui ne
veut pas que la lumière luise dans les ténèbres, car si la lumière luit, alors
on verra qui il est, le tentateur, le jaloux. Quand Jésus dit à Pierre que tout
ce qu’il liera sur terre sera lié dans le ciel, peut-être peut on comprendre
que comme Jésus, nous pouvons lier les forces du mal pour délier ceux qui en
sont prisonniers, que cela c’est la force du « nom de Jésus » et que cela c’est
notre travail, car il y a un lien entre le ici de la terre et le là-bas du
ciel, et que cela c’est la manifestation de la présence de Jésus jusqu’à la fin
des temps .
Eprouvés nous le sommes tous. Que cela puisse se transformer en tentation certainement. Tentés nous le sommes tous, car nos sens sont là et souvent ils nous font voir les choses autrement, avec de l'envie, donc de la convoitise.
Pouvons nous réussir à faire des tentations et des épreuves un chemin qui nous permette de choisir Dieu?
Il me semble que
le don de l’Esprit Saint c’est justement cela: de donner un autre sens à ce qui
nous arrive et peut être de passer, comme dit le psalmiste, du cri à la
louange.
samedi, mai 11, 2013
Blessure ou manque?
Blessure ou manque ?
Ce matin lors d’un témoignage pour les retraitants de la session Siloé (session de guérison), une jeune femme
disait que sa mère l’avait beaucoup utilisée pour s’occuper de ses frères, et
que d’une certaine manière elle était devenue très dépendante de sa mère, mais
que parallèlement à ceci, elle était quelqu’un d’indépendant, capable de gérer
beaucoup de choses et donc dans un grand désir de maîtrise et de refus de
dépendance, ce qui aujourd’hui semblait lui poser question. La question qu’elle
se posait était : qui a autorité sur moi. Bizarrement j’ai pensé au titre
que Mao se donnait « le grand timonier » en me disant que celui a
autorité sur moi, c’est bien celui qui tient la barre et qui a un projet pour
moi. Mais ceci est une parenthèse.
A un moment donné, elle a dit que cette
relation à sa mère était une blessure, sa blessure je dirais. Or là la
psychologue que je suis n’est pas d’accord, du moins je ne le dirais pas comme cela, car la blessure renvoie à un handicap, et est elle handicapée?
Ce que je pense c’est que comme
tout être humain cette personne a été confrontée au manque. Sa mère (et il
faudrait certainement connaître aussi son histoire) a reproduit des schémas qui
existaient déjà, mais je doute fort qu’elle l’ait fait dans le désir de faire
de sa fille son prolongement dans un désir de destruction.
La mère parfaite ça n'existe pas et ça n'existera jamais, la mère est juste "suffisamment bonne" pour dans un premier temps répondre aux besoins de son enfant puis petit à petit lui permettre d'exister en personne distincte.
Il est évidemment que pour la plus part
d’entre nous, nos parents n’ont pas été ce qui nous aurions aimé qu’ils soient.
Ils ne nous ont pas" tout" donné, parfois ils nous ont " mal donné",
mais c’est à partir de ce manque que justement nous nous sommes construits. Que
nous ayons fait des erreurs en nous construisant ainsi, peut être, même surement.
L’important étant d’essayer de ne pas les reproduire avec ceux que nous aimons,
mais je refuse d’appeler cela une blessure.
Car qui dit blessure dit d’une certaine
manière je suis blessée, je suis malade, je suis infirme et je veux être guéri
parce que j’ai mal, parce que je souffre.
Que la perception du manque se traduise comme
cela, parce qu’il y a souffrance, pourquoi pas, mais de grâce ne confondons pas
tout.
Si reconnaître que l’on porteur d’une blessure
est équivalent à se reconnaître pécheur, là c’est un autre registre. Suis-je pécheur parce que mon cœur est blessé
ou suis-je blessé parce que mon cœur est pécheur ?
Si l’on se rend compte
que ce manque ne vous permet pas de vivre une certaine forme du christianisme
alors oui, on peut se tourner vers l’Esprit Saint, lui dire que l’on sait que
compte tenu de ce que l’on est, il y a des choses que l’on n’arrive pas à
faire. De là à s'en sentir coupable... Je ne le pense pas. On a fait ce que l'on a pu avec ce que l'on a reçu.
L'Esprit Saint Lui qui est le consolateur, peut certes
consoler et guérir, si c’est comme cela que nous exprimons notre vécu, mais je
crois surtout qu’il nous permet avec nos manques, nos illusions, nos
désillusions d’apprendre à nous laisser être dirigés par lui et cela n’est pas
simple du tout.
Que donc on se tourne vers l’esprit saint quand
on se rend compte que sa manière d’être au monde n’est pas
« évangélique » du moins quand on est dans ce milieu là, OK. Mais
pitié ne confondons pas tous les manques avec des blessures qui renvoient elles
à un non respect de la personne qui est en nous.
Pour les psychanalystes le manque est
justement la source du désir. Je pense que ce manque que nous ressentons est
justement le moteur qui nous permet de désirer Dieu au plus profond de nous.
Alors dans ce cas la guérison ce n’est pas la fin de la blessure, car il y en
aura toujours, même si nous apprenons petit à petit la miséricorde et le
pardon, mais l’approfondissement de la présence de Dieu en nous, aussi bien en
dedans de nous que en dehors de nous.
Maintenant, il est évident que ce que je viens
d’écrire ne s’applique pas aux personnes qui ont été des victimes d’une
véritable destruction. Elles ont été cassées, morcelées, elles ont perdu leur
identité, et là je suis persuadée que le seul qui puisse guérir en comblant ce
vide, ce trou, ce blanc c’est bien celui que donne la vie en donnant la sienne.
Le thérapeute ou l’accompagnant même s’il est pour un temps parfois long, celui
qui remplit, doit toujours céder la place, ne pas trop l’occuper pour justement
le désir puisse advenir.
Additif ou rectificatif.
Nous avons tous l'expérience de phrases qui nous été dites et qui nous ont brûlé comme un fer rouge, ces phrases demeurent en nous, et elles continuent souvent à faire mal, à faire du mal. Là ce n'est pas un manque (même si cela a révélé justement nos incapacités, nos manques, nos limites) et il y a bien offense et blessure. La guérison quand de telles phrases ont provoqué de la haine, passe par les étapes du pardon, mais cela n'est pas toujours possible...
Additif ou rectificatif.
Nous avons tous l'expérience de phrases qui nous été dites et qui nous ont brûlé comme un fer rouge, ces phrases demeurent en nous, et elles continuent souvent à faire mal, à faire du mal. Là ce n'est pas un manque (même si cela a révélé justement nos incapacités, nos manques, nos limites) et il y a bien offense et blessure. La guérison quand de telles phrases ont provoqué de la haine, passe par les étapes du pardon, mais cela n'est pas toujours possible...
mercredi, mai 08, 2013
Les portes
En chantant le "Sanctus" hier (ou avant hier, mais peu importe) je me disais que ce chant adressé au Dieu Sabbaot (vainqueur des armées) était d'une certaine manière ce qu'Isaïe avait entendu et perçu quand il a eu sa vision de Dieu dans son Temple. Et je suis dit que ce chant devrait être comme une porte, celle que l'on pousse avant d'entrer là où se manifeste la Présence (la Gloire) de Dieu.
Si la prière qui précède ce chant s'appelle la "préface" ce n'est peut-être pas pour rien. C'est comme une prière (que honnêtement je n'apprécie pas toujours à cause d'un vocabulaire qui donne de Dieu une représentation que je n'aime pas trop) qui introduit (qui explique copmme le fait parfois une préface) ce qui va suivre et ce qui va suivre c'est la présence de Dieu.
J'ai lu que le but du sacrifice chez le peuple juif est de faire descendre Dieu du lieu supposé où il réside là où demeure celui qui offre le sacrifice, pour le bénir. On peut donc aussi parler de porte..
Car ce qui se passe ensuite, certes c'est le mémorial mais ce mémorial permet de rendre la présence de Jésus et donc par conte coup la présence de Dieu qui est au monde par son fils. Et comme la présence du Fils donne l'Esprit, qui est celui par qui tout est possible, ce chant introduit bien à la présence du "Divin".
Ce chant est donc une porte, mais je pense que dans le "rituel" de la liturgie de la célébration eucharistique, il y en a d'autres, que je vais devoir pousser petit à petit. Mais celle là, me plait bien.
Si la prière qui précède ce chant s'appelle la "préface" ce n'est peut-être pas pour rien. C'est comme une prière (que honnêtement je n'apprécie pas toujours à cause d'un vocabulaire qui donne de Dieu une représentation que je n'aime pas trop) qui introduit (qui explique copmme le fait parfois une préface) ce qui va suivre et ce qui va suivre c'est la présence de Dieu.
J'ai lu que le but du sacrifice chez le peuple juif est de faire descendre Dieu du lieu supposé où il réside là où demeure celui qui offre le sacrifice, pour le bénir. On peut donc aussi parler de porte..
Car ce qui se passe ensuite, certes c'est le mémorial mais ce mémorial permet de rendre la présence de Jésus et donc par conte coup la présence de Dieu qui est au monde par son fils. Et comme la présence du Fils donne l'Esprit, qui est celui par qui tout est possible, ce chant introduit bien à la présence du "Divin".
Ce chant est donc une porte, mais je pense que dans le "rituel" de la liturgie de la célébration eucharistique, il y en a d'autres, que je vais devoir pousser petit à petit. Mais celle là, me plait bien.
jeudi, avril 25, 2013
Petit délire...
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| Corneille |
Toujours dans les actes des apôtres, nous avons entendu comment Pierre s'est trouvé obligé de reconnaître que les païens étaient comme les juifs appelés au salut.
Il s'agit de Actes 11, 1-18. Pierre a faim, et comme ça tarde (mais peut être sent il les bonne odeurs) il a une vision: il voit une espèce de nappe sur laquelle sont étalés tous les animaux, poissons, oiseaux de la création. Et il entend une voix qui selon les traductions lui dit "tue et mange" ou "immole et mange". Et Pierre de rétorquer en bon juif pratiquant, que jamais il mangera d'animaux impurs. A quoi la voix lui répond de ne pas appeler impur ce que dieu appelle pur et ce par trois fois.
Tout ceci est un peu curieux, parce que dans le lévitique il y a toute une liste, d'animaux, d'oiseaux et de poissons qui doivent être considérés comme impurs. (levitique 11,1-47).
En particulier (et c'est là que je délire un peu, parce qu'il y a des problèmes de langue que je ne connais pas) mais Pierre va être appelé chez Corneille (Kornelios) qui est un centurion romain donc par définition un païen, un être "impur". Mais en plus la corneille est un oiseau qui fait partie de la famille de corbeaux qui parce qu'ils se nourrissent de cadavres d'animaux sont impurs.
Alors chez un païen passe encore puisque Jésus l'a fait, mais aller chez une corneille, alors là, ça dépasse un peu les choses...
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| Colombe/Esprit Saint |
![]() |
| L'envol de la corneille |
Humilité et pardon.
les deux mots n'ont rien à voir, c'est juste pour donner un titre.
Humilité:" revêtez l'humilité comme un manteau de travail" dit Pierre dans sa première lettre: 1P 5, 5. Ma première réflexion a été que si ma mère mettait toujours un tablier (vêtement de travail) quand elle faisait la cuisine, moi je ne le fais jamais. J'ai peut-être trop mis de blouse quand je travaillais dans la recherche en chimie: je préfère me salir et me changer ensuite plutôt que mettre un vêtement spécifique.
Du coup, cette phrase m'a interpellée et je l'ai bien aimée. Revêtir l'humilité ce n'est pas si facile, mais c'est important. C'est aussi accepter de ne pas porter un jugement sur l'autre (sur l'acte peut-être mais pas sur la personne). C'est accepter se sortir d'une certaine image de soi que l'on a, ce qui ne veut pas dire quelle est mauvaise. Les dons que l'on a reçu on les a reçus, mais on en n'est pas propriétaire.
Alors l'idée de mettre l'humilité comme un vêtement de travail c'est l'idée que suivant ce que l'on fait, on peut le mettre ou l'enlever (ce qui me plait assez: l'humilité comme un bleu de travail que l'on enlève quand on quitte son lieu de travail, quand on rentre à la maison).
Seulement voilà, le chrétien, celui qui se dit disciple de celui qui se décrit comme "doux et humble de coeur", peut-il avoir comme deux vies? Une vie avec l'humilité et une vie sans? Je ne le crois pas. Quand on choisit ce vêtement là et bien il faut apprendre à le porter en tout temps, quitte à en changer quand même quand il est trop sale..
Pardon: je pensais à ces confessions d'autrefois: "mon Père je m'accuse de... "On se charge d'un tas de péchés que parfois j'aurais tendance à appeler des pécadilles, mais finalement on ne s'occupe que de soi, de sa petite âme qu'il faut laver ou faire laver, mais on ne s'occupe pas de sa relation à l'autre, car si on a commis telle ou telle faute, c'est bien parce que derrière il y a la relation avec quelqu'un.
Peut être que si on a menti, c'est que l'on a peur de la réaction de son père ou de sa mère, et que si l'on a peur c'est qu'il peut y avoir de la violence dans la relation.
Alors faut il pardonner cette violence systématiquement parce que Jésus a dit: "pardonne leur parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font" (sauf que en général un adulte sait très bien ce qu'il fait à son enfant et dans quel but), la comprendre (ce qui est impossible pour un enfant qui s'en sent responsable et coupable) ou apprendre à prier pour changer soi-même (et là le sacrement peut avoir son sens), prier pour l'autre (qui est victime de ce comportement), et finalement ne pas trop s'en vouloir, c'est à dire de se pardonner, de se regarder avec amour envers et contre tout et se savoir aimable.
Mais apprend-on cela aux enfants qui viennent demander ce sacrement pour la première fois? Pourquoi insiste-t-on sur le coeur pur plus que sur le coeur capable d'aimer?
Humilité:" revêtez l'humilité comme un manteau de travail" dit Pierre dans sa première lettre: 1P 5, 5. Ma première réflexion a été que si ma mère mettait toujours un tablier (vêtement de travail) quand elle faisait la cuisine, moi je ne le fais jamais. J'ai peut-être trop mis de blouse quand je travaillais dans la recherche en chimie: je préfère me salir et me changer ensuite plutôt que mettre un vêtement spécifique.
Du coup, cette phrase m'a interpellée et je l'ai bien aimée. Revêtir l'humilité ce n'est pas si facile, mais c'est important. C'est aussi accepter de ne pas porter un jugement sur l'autre (sur l'acte peut-être mais pas sur la personne). C'est accepter se sortir d'une certaine image de soi que l'on a, ce qui ne veut pas dire quelle est mauvaise. Les dons que l'on a reçu on les a reçus, mais on en n'est pas propriétaire.
Alors l'idée de mettre l'humilité comme un vêtement de travail c'est l'idée que suivant ce que l'on fait, on peut le mettre ou l'enlever (ce qui me plait assez: l'humilité comme un bleu de travail que l'on enlève quand on quitte son lieu de travail, quand on rentre à la maison).
Seulement voilà, le chrétien, celui qui se dit disciple de celui qui se décrit comme "doux et humble de coeur", peut-il avoir comme deux vies? Une vie avec l'humilité et une vie sans? Je ne le crois pas. Quand on choisit ce vêtement là et bien il faut apprendre à le porter en tout temps, quitte à en changer quand même quand il est trop sale..
Pardon: je pensais à ces confessions d'autrefois: "mon Père je m'accuse de... "On se charge d'un tas de péchés que parfois j'aurais tendance à appeler des pécadilles, mais finalement on ne s'occupe que de soi, de sa petite âme qu'il faut laver ou faire laver, mais on ne s'occupe pas de sa relation à l'autre, car si on a commis telle ou telle faute, c'est bien parce que derrière il y a la relation avec quelqu'un.
Peut être que si on a menti, c'est que l'on a peur de la réaction de son père ou de sa mère, et que si l'on a peur c'est qu'il peut y avoir de la violence dans la relation.
Alors faut il pardonner cette violence systématiquement parce que Jésus a dit: "pardonne leur parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font" (sauf que en général un adulte sait très bien ce qu'il fait à son enfant et dans quel but), la comprendre (ce qui est impossible pour un enfant qui s'en sent responsable et coupable) ou apprendre à prier pour changer soi-même (et là le sacrement peut avoir son sens), prier pour l'autre (qui est victime de ce comportement), et finalement ne pas trop s'en vouloir, c'est à dire de se pardonner, de se regarder avec amour envers et contre tout et se savoir aimable.
Mais apprend-on cela aux enfants qui viennent demander ce sacrement pour la première fois? Pourquoi insiste-t-on sur le coeur pur plus que sur le coeur capable d'aimer?
lundi, avril 22, 2013
Chemin de conversion: Damas Actes 9, 1-19
Ce texte a été lu la semaine dernière, et en y
réfléchissant (enfin ce n’est pas le bon mot, on pourrait dire en le laissant
agir) un certain nombre de pensées me sont venues. Et il m’a semblé que ce
qui est arrivé à Paul nous pouvons le demander pour nous : être enveloppé
de lumière, reconnaître son aveuglement, se laisser guider, se laisser remplir
par l’esprit, et se rendre compte que ses yeux s’ouvrent (un peu, car les
écailles, elles sont douées pour revenir!).
Mais en reprenant les autres passages où cette
conversion est rapportée (Actes 22, Actes 26), je me suis rendue compte que certains détails sont
différents. Par exemple en Actes 22.9, ceux qui accompagnent Paul voient la lumière mais
n’entendent pas la voix; et ce que dit et fait Ananie est un
peu différent (il n’impose pas les mains, mais parle: "Retrouve
la vue", puis propose le baptême); et au chapitre 26 tous tombent à
terre, et la mission de Paul est d'ouvrir les yeux des juifs et des
païens pour les ramener de l’obscurité à la lumière (ce que Paul est en train de vivre) et de
les délivrer du pouvoir de Satan.
Voici le texte de Actes 9, 1-19 (juste pour l’avoir en
mémoire, un peu allégé); je mets en gras les mots qui ont compté pour
moi.
"Comme il était en route et approchait
de Damas, une lumière venant du ciel
l'enveloppa soudain de sa clarté.
Il tomba par terre,
et il entendit une voix qui lui disait : « Saul, Saul,
pourquoi me persécuter ? »
Il répondit : « Qui
es-tu, Seigneur ? - Je suis
Jésus, celui que tu persécutes.
Relève-toi et entre dans
la ville : on te dira ce que tu
dois faire. »
Ses compagnons de route s'étaient arrêtés, muets de stupeur : ils
entendaient la voix, mais ils ne
voyaient personne.
Saul se releva et, bien qu'il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. Ils le prirent par la main pour le faire entrer à Damas.
Pendant trois jours, il fut
privé de la vue et il resta sans manger ni boire.
Or, il y avait à Damas un disciple nommé Ananie. ….
Mais le Seigneur lui dit : « Va ! cet homme est
l'instrument que j'ai choisi pour faire parvenir mon Nom auprès des nations païennes, auprès des rois et des fils
d'Israël.
Et moi, je lui ferai découvrir tout ce qu'il lui faudra souffrir pour mon Nom. »
Ananie partit donc et entra dans la maison.
Il imposa les mains à Saul,
en disant : « Saul, mon frère, celui qui m'a envoyé, c'est le
Seigneur, c'est Jésus, celui qui s'est montré à toi sur le chemin que tu
suivais pour venir ici. Ainsi, tu vas retrouver
la vue, et tu seras rempli d'Esprit
Saint. »
Aussitôt tombèrent de ses yeux comme des écailles, et il retrouva la
vue.
Il se leva et il reçut le
baptême.
Puis il prit de la nourriture et les forces lui revinrent".
Les réflexions au fil du texte:
Saul tout d’abord est près de Damas. Il
est presque arrivé au but de son voyage; pour lui tout va bien. Et tout se gâte
si on peut dire. Il est enveloppé d’une lumière venant du ciel. Etre enveloppé
dans cette lumière, c’est quelque chose de rare dans la Bible. Cela arrive à
Moïse quand il contemple Dieu durant les 40 jours sur le Sinaï : la
lumière est signe de la présence de divin. Est ce une théophanie ? La
lumière, la voix… Serait ce les prémisses de la Pentecôte de Saul ?
Il se passe donc quelque chose d’étrange. Saul
est comme pris dans un filet de lumière (le filet de l’oiseleur qui ne se
rompra pas, car si Saul veut faire des prisonniers à Damas, là c’est lui qui va
devenir prisonnier). Saul est un peu comme un poisson et c’est peut être pour
cela que quelque chose comme des écailles tomberont de ses yeux. Jésus est
parti pêcher cet homme qui croit tout savoir et qui se prend pour un juste.
Cette lumière est-elle celle que voient les personnes qui
quittent ce monde ? En tous les cas, Saul tombe par terre (et j’aurais
envie de dire « comme mort, » un peu comme le prophète Daniel lors
des apocalypses ou même Jean. Un peu comme si une sorte de voyage allait
commencer pour lui).
Si je suis réaliste, je dirai que Saul fait
comme une crise, qui lui ôte ses moyens. Il est
dans la lumière et il est mort. Dans ce texte là, la lumière n'est pas vue par les compagnons de Saul, qui entendent la voix sans comprendre les mots. C’est donc une expérience « particulière,
intime ». La voix entendue, elle, est assez fréquente dans la Bible, que ce soit sur l'Horeb ou au moment de la transfiguration ou du baptême de Jésus.
Ce renversement de Saul (cette chute), fait un peu penser au
renversement des gardes qui viennent arrêter Jésus dans l’évangile de Jean, ou de ceux qui assistent à la résurrection dans l'évangile de Matthieu. Et
c’est bien cela qui se passe: Saul vient arrêter les disciples et il va
comprendre que les disciples et Jésus cela fait un. Si on touche à un seul de
« ces petits qui sont à lui » c’est à Lui que l’on touche. D’emblée,
Saul est confronté au « Corps du Christ ». L’expérience qu’il fait
là est peut-être à l’origine de ce qu’il dira plus tard aux différentes
communautés.
Imaginons donc Saul qui vient de tomber (comme
mort) et qui dans ce monde « nouveau », entend une voix, qui
l’appelle deux fois par son nom et qui pose une question : « Saul,
Saul pourquoi me persécutes-tu? » Or ce qui me frappe, c’est que Saul ne
répond pas à la question… Il reste curieux, il veut savoir; et comme un bon
juif, il répond à la question par une autre question. « Qui es-tu
Seigneur? », mais là quelque chose s’est joué, car qui appelle-t-on
Seigneur ? Le lien Jésus/Seigneur est fait, même si Saul n’en n’est pas
pleinement conscient.
La réponse qui lui a été faite est
certainement un coup de tonnerre dans le ciel bleu de ses certitudes. Il ne
peut douter de l’affirmation qui lui est révélée: que Jésus qu’il persécute est
le Fils de Dieu, qu’Il est bien mort et ressuscité. Cela va faire de lui un
autre homme, un homme qui va obéir. Car le Saul qui va à Damas était certes mandaté par les grands prêtres, mais il s'agissait de son initiative.
Là on lui
dit: « relève-toi » (mets toi-debout, ressuscite avec moi), mais
aussi entre dans la ville et « on » te dira ce que tu dois faire.
Saul apprend l’attente et l’obéissance. Pour l’homme impétueux qu’il est cela
doit être difficile.
Devoir prendre la main de ceux qu’il commandait n’a pas dû être simple non plus. Apprendre la dépendance mais aussi peut être la fraternité.
Devoir prendre la main de ceux qu’il commandait n’a pas dû être simple non plus. Apprendre la dépendance mais aussi peut être la fraternité.
Je pense que le symbolisme des trois jours
n’est pas neutre ; Saul reste trois jours dans une certaine obscurité,
malgré la lumière qui l’a enveloppé (pris sous son ombre pourrait on dire). Il a
les yeux ouverts, mais il ne voit pas… Il est dans un « ailleurs ». Il
est couché, il est comme mort finalement. Peut être ne sait il pas où et chez
qui il est. Il n’a plus aucun repère, sauf ce qui se passe en lui, mais cela
nous n’en savons rien. La résurrection se fera aussi au bout de trois jours.
Les trois jours sans boire ni manger, sont
évocateurs de la mort. Bien sûr on peut penser à Moïse qui reste sans boire ni manger pendant 40 jours, ou à Elie dans sa fuite à l'Horeb, mais c'est aussi une sorte de manière de dire qu'il se passe quelque chose où le corps ne compte pas. Dans une de ses épitres Paul parle des visions qu'il a eues (2 Cor 12, 3: "et je connais un tel homme (si ce fut dans le corps, si ce fut hors du corps, je ne sais, Dieu le sait)", peut être fait il allusion à ce moment de sa vie?
La phrase dite par le Seigneur à Ananie est
curieuse, du moins la finale. Certes il y a l’élection : « cet homme est
l’instrument que j’ai choisi » mais il y a aussi « je lui ferai
découvrir tout ce qu’il devra souffrir pour mon nom ». Saul, qui n’a pas
voulu entendre le nom de Jésus alors que l’on lapidait Etienne, qui a été
comme sourd à ce nom (et sourd aussi à l’enseignement de son maître Gamaliel
qui était très tolérant) va savoir dès le début que sa mission sera difficile
et que lui qui a persécuté sera persécuté, et en cela sera image de son
Seigneur. Les Actes et les épîtres montrent bien que cela s'est réalisé..
L’imposition des mains d’Ananie est aussi très
étonnante. Il appelle Saul son frère, ce qui montre aussi le travail qui s'est fait en lui, car cela ne lui disait rien d'aller voir ce Saul qui venait pour faire du mal à la communauté. Nous sommes habitués à ce geste, mais en soi "imposer" n'est pas un geste doux. On impose sa volonté, on s'impose aussi parfois. Là il s'agit d'une transmission que a priori Saul n'a pas demandé, mais qui est un geste ecclésial et qui l'intègre dans une communauté. C'est aussi un geste de guérison qui implique que celui qui impose a le pouvoir (transmis par Dieu) de guérir.
Ce geste permet
que quelque chose qui fait penser à des écailles, ou à la taie qui était sur les
yeux de Tobie, tombe des yeux de Saul. La vue est rendue, Saul est guéri. Il
expérimente dans son corps ce qu’est une guérison, à deux niveaux :
guérison des yeux, organes de la vision, mais guérison aussi d’une vision
erronée des événements qui s’étaient passés à Jérusalem, qui ne lui avait pas
permis de reconnaître Jésus comme Seigneur. Je pense que cela c’est le travail
de l’Esprit Saint et je ne suis pas sûre que Saul ait eu besoin d’être baptisé
dans l’eau (pardon des péchés) pour recevoir l’Esprit Saint. Je veux dire, que la guérison est présence de l'Esprit Saint en lui.
Si on prend la suite, il est dit que Saul se
leva et reçu le baptême. On peut donc imaginer que Saul a passé ces trois jours
dans un état second, une sorte de prostration: mais s’il est dit à Ananie que
Saul prie, c’est qu’il est peut être dans un état (dont il parlera plus ou
moins en Actes19), où son corps est là, mais où lui n’est pas là. La voix du
disciple envoyé par Jésus le rappelle à la vie si l’on peut dire. Il y a eu la
voix de Jésus sur le chemin, il y a maintenant une autre voix, la voix d’un
envoyé.
Ce que je pense, c’est que la parole et le
geste du disciple donnent en quelque sorte la vie à Saul, qui se lève. De fait
dans ce texte il se lève ou se relève par deux fois : une fois sur la
route, une fois dans la maison. "Il se leva, reçut le baptême, prit de la
nourriture et les forces lui revinrent". Saul est revenu dans le monde des
vivants, et sa mission commence.
Ce vécu presque initiatique de Saul, je pense qu’il est le
nôtre, d’une manière ou d’une autre. J’aime bien m’identifier aux personnages,
tant du premier que du deuxième testament. Et là, en essayant de ressentir (à
ma manière) ce que Saul a pu vivre là, il m’a été possible de sentir cet
envahissement par l’Esprit Saint, je veux dire qu’il suffit parfois d’oser
demander pour obtenir. Demander que les écailles tombent pour que la vison soit
changée et que la présence du Souffle devienne pour un temps un peu plus
perceptible.
jeudi, avril 18, 2013
"Pierre m'aimes tu plus que ceux-ci?" Jn 21
Ne trouvez vous pas que cet épisode est extrêmement violent?
Certes nous sommes pris par la magie de la scène, la magie du lieu: petit matin, le feu de braise, le pain qui finit de cuire, la pêche miraculeuse, tout cela est idyllique. Et puis la question de Jésus:" Simon Fils de Jean m'aimes tu plus que ceux-ci" qui tombe là, qui rompt le charme, qui fait violence.
Auriez vous supporté de vous faire interpeler devant 6 autres personnes (vos amis certes, mais quand même) alors que vous venez de faire un repas amical et où vous avez enfin l'impression que les choses rentrent un peu dans l'ordre? Car la question de Jésus claque un peu comme un coup de fouet, d'autant qu'il nomme Pierre par son identité première: Simon fils de Jean, comme si l'intimité , le nom nouveau donné lors de la première pêche miraculeuse n'existait plus. On dirait que Pierre doit "regagner" ce prénom.
Si Jésus avait posé cette question en prenant Pierre à part, oui, cela aurait pu se comprendre, mais là devant tout le monde... Cela fait un peu tribunal. C'est un peu comme avec Thomas Jn 20 (qui est d'ailleurs présent) et à qui Jésus s'adresse en reproduisant texto les paroles qu'il avait dites la semaine précédente. Il y a de quoi se sentir mal dans ses baskets..
Et puis, surtout à cette époque là était ce si facile de parler de ses sentiments, de dire à quelqu'un qu'on l'aime? Je ne suis pas sure que dire "Seigneur tu sais bien que je t'aime" ait été facile à dire pour Pierre, parce que là encore ce n'est pas dans un face à face , mais devant tout le monde; Car la question est quand même: m'aimes tu plus que ceux ci (que tu vois et qui sont tes compagnons)?
Aujourd'hui nous nous passons notre vie à dire aux autres: je t'aime, tu me manques, mais cela ne se faisait pas de mon temps (pourtant pas si ancien) et je doute qu'à l'époque de Jésus on puisse afficher ses sentiments pour un autre et surtout pour un homme. Je pense que la pudeur des sentiments cela existe surtout entre des hommes.
Alors afficher ses sentiments, les affirmer devant tout le monde, cela n'a pas dû être facile pour Pierre et cette scène est violente.
Je pense d'ailleurs que tout l'évangile de Jean avec ses quiproquos: Jésus se situant toujours sur un plan radicalement différent et ce dès le tout début avec le malheureux Nicodème et sa question sur " renaître du sein de sa mère", ses provocations car il faut quand même reconnaître que outre les guérisons le jour du Sabbat, les discours où il s'affirme (lui qui dans cet évangile ne vient pas de Bethléem mais de Galilée, donc ne peut être reconnu comme descendant de David) comme Fils de Dieu, comme Celui qui donne la Vie éternelle, suscite une violence que l'on rencontre très vite, car Jésus est bien perçu comme un perturbateur, un empêcheur de tourner en rond, celui qu'il faut éliminer.
Alors peut être nous faut il ouvrir les yeux du coeur pour revoir ces scènes que nous connaissons par coeur et nous laisser nous aussi interpeller par cette violence qui nous oblige à changer.
Certes nous sommes pris par la magie de la scène, la magie du lieu: petit matin, le feu de braise, le pain qui finit de cuire, la pêche miraculeuse, tout cela est idyllique. Et puis la question de Jésus:" Simon Fils de Jean m'aimes tu plus que ceux-ci" qui tombe là, qui rompt le charme, qui fait violence.
Auriez vous supporté de vous faire interpeler devant 6 autres personnes (vos amis certes, mais quand même) alors que vous venez de faire un repas amical et où vous avez enfin l'impression que les choses rentrent un peu dans l'ordre? Car la question de Jésus claque un peu comme un coup de fouet, d'autant qu'il nomme Pierre par son identité première: Simon fils de Jean, comme si l'intimité , le nom nouveau donné lors de la première pêche miraculeuse n'existait plus. On dirait que Pierre doit "regagner" ce prénom.
Si Jésus avait posé cette question en prenant Pierre à part, oui, cela aurait pu se comprendre, mais là devant tout le monde... Cela fait un peu tribunal. C'est un peu comme avec Thomas Jn 20 (qui est d'ailleurs présent) et à qui Jésus s'adresse en reproduisant texto les paroles qu'il avait dites la semaine précédente. Il y a de quoi se sentir mal dans ses baskets..
Et puis, surtout à cette époque là était ce si facile de parler de ses sentiments, de dire à quelqu'un qu'on l'aime? Je ne suis pas sure que dire "Seigneur tu sais bien que je t'aime" ait été facile à dire pour Pierre, parce que là encore ce n'est pas dans un face à face , mais devant tout le monde; Car la question est quand même: m'aimes tu plus que ceux ci (que tu vois et qui sont tes compagnons)?
Aujourd'hui nous nous passons notre vie à dire aux autres: je t'aime, tu me manques, mais cela ne se faisait pas de mon temps (pourtant pas si ancien) et je doute qu'à l'époque de Jésus on puisse afficher ses sentiments pour un autre et surtout pour un homme. Je pense que la pudeur des sentiments cela existe surtout entre des hommes.
Alors afficher ses sentiments, les affirmer devant tout le monde, cela n'a pas dû être facile pour Pierre et cette scène est violente.
Je pense d'ailleurs que tout l'évangile de Jean avec ses quiproquos: Jésus se situant toujours sur un plan radicalement différent et ce dès le tout début avec le malheureux Nicodème et sa question sur " renaître du sein de sa mère", ses provocations car il faut quand même reconnaître que outre les guérisons le jour du Sabbat, les discours où il s'affirme (lui qui dans cet évangile ne vient pas de Bethléem mais de Galilée, donc ne peut être reconnu comme descendant de David) comme Fils de Dieu, comme Celui qui donne la Vie éternelle, suscite une violence que l'on rencontre très vite, car Jésus est bien perçu comme un perturbateur, un empêcheur de tourner en rond, celui qu'il faut éliminer.
Alors peut être nous faut il ouvrir les yeux du coeur pour revoir ces scènes que nous connaissons par coeur et nous laisser nous aussi interpeller par cette violence qui nous oblige à changer.
mercredi, avril 17, 2013
Eucharistie nourriture?
"Mais
si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un pas, le
tien. « Les autres pas me
font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une
musique.
Et puis regarde!
Tu
vois, là-bas, les champs de blé? Je ne mange pas de pain.
Le
blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est
triste!
Mais
tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras
apprivoisé!
Le
blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans
le blé... " Antoine de Saint Exupéry.
Ceci
c’est le dialogue entre le Petit Prince et le Renard. Le renard se crée un souvenir, il utilise un objet,
des objets pour faire vivre la présence de celui qui va partir, car il sait
bien que le Petit Prince qui n’est pas de cette planète ne va pas y demeurer. Il fait des liens: le blé, le doré, les cheveux,le Petit Prince.
Alors
moi pendant la messe, j’ai inventé un autre dialogue. Cela se passe bien sur le
jeudi que l’on appelle « saint » il y a Jésus, il y a les disciples.
D’une
certaine manière Jésus n’appartient pas à cette planète, il va la quitter. A la
fois cela le rend heureux parce qu’il a fait ce qu’il devait faire, à la fois
cela le rend triste, car il sait que ses disciples vont souffrir de son
absence, même si cette absence leur donnera une autre perception de qui il est
vraiment. Il faut qu'il trouve quelque chose pour que l'absence se transforme en présence, qu'il trouve quelque chose qui leur permette de penser à lui sans être tristes.
Sur
la table, il y a les coupes avec du vin, il y a du pain. Et c’est un repas de
fête, c’est du bon vin, du très bon vin, c’est du bon pain, du très bon pain,
même si c’est du pain sans levain. je veux dire que ce pain il a une épaisseur, un poids, une odeur, une couleur, une texture. Le vin qui normalement est du vin rouge, est aussi un vin de fête, un vin que l'on goute, que l'on déguste.
Alors Jésus peut se dire (inspiré par l'Esprit qui est en Lui et qu'Il donnera à ses disciples" je vais utiliser ce pain et ce vin, pour qu’en regardant ce pain, regardant ce
vin, pour que en sentant ce vin, en sentant l’odeur du pain, ils me voient, ils
se souviennent de ce repas, qu’ils revivent ce temps de partage.
Je vais leur donner cela en souvenir de moi, et je dirais les mots que mon Père m'inspirera pour que ce pain et ce vin qui célèbrent aussi le "passage" de mon Père qui a libéré de l'esclavage de l'Egypte, soient aussi signe de la libération que je vais leur apporter en leur donnant ma vie.
Je
vais leur dire que ce pain c’est mon corps, alors chaque fois qu’ils mangeront
ensemble de ce pain, ils seront heureux, ce sera comme si j’étais là. Et puis
le vin cela réjouit le cœur de l’homme, alors je vais leur dire que quand ils
boiront de ce vin, de ce bon vin, ce sera comme si j’étais là, comme s’ils
trinquaient avec moi, comme s’ils faisaient passer cette coupe de moi à eux.
Si
j’écris cela, c’est qu’il y a peu, je me suis rendu compte que si dans la
journée j’ai mangé quelque chose qui a du gout, du bon gout, je m’en souviens
parfois dans la journée et je me souviens de gout et cela me rend heureuse.
Et
je me dis que cela devrait être pareil pour ce pain et ce vin qui sont signes
de la présence et signe de partage. Et de fait, ce pain et ce vin sont
tellement « édulcorés » qu’ils ne laissent pas de trace en moi, que
je n’y pense plus dans la journée et cela finalement me gêne.
Ce
que je veux dire, c’est que cette hostie ce petit morceau rond, soit blanc soit brun,
n’a pratiquement aucune saveur. Bien sûr les hosties au blé complet surtout quand elles sont
croustillantes, ont une petite saveur, mais les anciennes, celles qui se
collent au palais, qu’il ne fallait pas toucher des dents sous peine de
sacrilège, que nous disent elle de Jésus, de sa présence, de son amour ?
D’accord on dit que c'est le pain des anges, mais théoriquement les anges ne mangent pas (voir
Raphaël, dans le livre de Tobie) et si on pense à la manne, elle était donnée
en quantité suffisante et elle avait du gout.
J’ai
l’impression que l’église s’est tellement méfiée du sensible, du sensoriel pour
tout miser sur le spirituel, que du coup elle nous « prive » de
quelque chose. Que le corps de Jésus soit maintenant un corps de gloire, oui,
que nous ne puissions pas le toucher oui, mais il nous a laissé une gestualité
(pardonnez moi si ce mot n’existe pas) pour que manger ce pain et boire ce vin
soit pour nous signe de sa présence, de son amour, et que cela nous réjouisse.
J’ajouterai
que au Prieuré Bénédictin où je vais en général le dimanche, le pain partagé, c'est l’hostie (les hosties car il y en a souvent plusieurs) qui est fractionnée en morceaux que les
participants se donnent les uns aux autres (comme Jésus l’a demandé) et qu’il
en est du même pour le vin qui est souvent un " bon vin" pas de la
piquette. Et on peut prendre son temps.. Cela aussi a de l'importance. Prendre le temps de déguster cette bouchée de pain, prendre le temps de déguster cette gorgée de vin.
Alors le poids de ce réel, permet de comprendre aussi le poids du
réel de l’amour de Jésus pour nous, de ce Jésus qui veut rester présent et de son désir que cela soit pour nous source de joie.
Il y a cette phrase que j'aime tellement: "quand nous serons nourris de son corps et de son sang et remplis de l'esprit saint accorde-nous d'être un seul corps et un seul esprit dans le CHRIST " et qui insiste bien sur "être nourris" et être remplis, pas avoir reçu une "goutte" parcimonieuse. Si le chrisitianisme n'est pas abondance alors il y a peut être quelque chose à revoir..
lundi, avril 15, 2013
Les deux arbres.
Dans la genèse il y a deux arbres au milieu du jardin.
Un interdit, un commandement nouveau.
Un arbre qui peut conduite à la mort, un arbre qui conduit à la vie.
Le premier, l'arbre de la connaissance du bon et du mauvais est l'objet d'un interdit. Outre l'interdit de ne pas "tout manger" de ne pas dévorer de l'autre, il y a une réalité qui est que l'homme fonctionne avec une courte vue et que la connaissance n'est pas vraiment de son côté. Alors il lui faut faire confiance à Celui qui voit au delà. Ne pas consommer de ce fruit, qui comme il est écrit conduit à la mort (si tu en manges, tu mourras, tu mourras) rappelle que l'homme est à courte vue et qu'il peut se tromper dans ses choix. C'est là dessus que le serpentt jouera... Vous serez comme des Dieux...
Le deuxième arbre, celui de la Vie, c'est celui du commandement de Jésus: Prenez et manger... Qu'il vienne a moi celui qui a faim, celui qui a soif. Et je lui donnerai mon corps en nourriture (je me laisserai consommer dans limites). Le commandement nouveau, celui qui vient en quelque sorte couronner tous les autres, les sublimer, c'est" Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimé.. Et le "comme" veut bien dire: se laisser consommer (ou consummer). Lui, il se donne en nourriture, et ce sans limites, et c'est cette vie (la vie éternelle) qui nous redonne notre stature d'engendré par Dieu.
Alors un arbre qui conduit à une certaine mort et un arbre qui donne la vie. A nous de choisir.
Un interdit, un commandement nouveau.
Un arbre qui peut conduite à la mort, un arbre qui conduit à la vie.
Le premier, l'arbre de la connaissance du bon et du mauvais est l'objet d'un interdit. Outre l'interdit de ne pas "tout manger" de ne pas dévorer de l'autre, il y a une réalité qui est que l'homme fonctionne avec une courte vue et que la connaissance n'est pas vraiment de son côté. Alors il lui faut faire confiance à Celui qui voit au delà. Ne pas consommer de ce fruit, qui comme il est écrit conduit à la mort (si tu en manges, tu mourras, tu mourras) rappelle que l'homme est à courte vue et qu'il peut se tromper dans ses choix. C'est là dessus que le serpentt jouera... Vous serez comme des Dieux...
Le deuxième arbre, celui de la Vie, c'est celui du commandement de Jésus: Prenez et manger... Qu'il vienne a moi celui qui a faim, celui qui a soif. Et je lui donnerai mon corps en nourriture (je me laisserai consommer dans limites). Le commandement nouveau, celui qui vient en quelque sorte couronner tous les autres, les sublimer, c'est" Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimé.. Et le "comme" veut bien dire: se laisser consommer (ou consummer). Lui, il se donne en nourriture, et ce sans limites, et c'est cette vie (la vie éternelle) qui nous redonne notre stature d'engendré par Dieu.
Alors un arbre qui conduit à une certaine mort et un arbre qui donne la vie. A nous de choisir.
dimanche, avril 14, 2013
Pierre m'aimes tu plus que ceux ci Jn 21, 15
Encore un texte au quel nous sommes habitués...
Triple reniement de Pierre la nuit de l'arrestation de Jésus, triple proclamation de son Amour.. Bon d'accord, mais n'y a t il pas quelque chose au delà?
Si on essaye de se représenter ce qui se passe, si peu de temps après le drame de Jérusalem, on peut regarder un peu autrement. Car Pierre même s'il est témoin de la résurrection se retrouve en Galilée, et reprend son métier de pêcheur. Est ce le moyen de se faire oublier des autorités de Jérusalem? Ceux qui vont à la pêche avec lui, il sait qu'il peut compter sur eux. Il les connaît avec leurs qualités et leurs défauts, ce sont des amis.
Car certes Jésus est ressuscité, comme il l'avait dit, seulement il apparaît, puis il disparaît. Et toujours la même question "où demeures tu"? Peut-être est il auprès de son Père, mais ses amis eux sont dans la solitude ils se sent abandonnés, et quand ils sont seuls quand Jésus les laisse, souvent les ennuis ne sont pas loin., c'est la tempête. Alors être ensemble cela permet de se sentir moins seuls.
Quand Jésus avait multiplié les pains, que s'était il passé? Ceux qui étaient venus voulaient le faire roi, lui ne voulait pas, il avait disparu dans la montagne et les renvoyant sur le lac. Eux ils auraient surement bien voulu que les choses se passent bien, que Jésus soit reconnu comme le Messie et que tout le monde soit content. Et tous seuls dans leur barque, ils avaient été pris dans une tempête énorme. Si seulement Jésus était resté avec eux, mais non, il avait fallu qu'il s'en aille, qu'il les laisse (comme là, il les laissait depuis qu'il était mort). Et puis alors que le désespoir était presque total, voilà qu'il était arrivé comme un fantôme et juste après ils avaient touché la terre, retrouvé la solidité, la sécurité. Oui quand il est là, ça va, quand il ne l'est pas, c'est autre chose.
Alors depuis sa mort, non les choses ne sont pas simples. Pouvoir s'appuyer sur des amis de chair et d'os c'est peut-être plus facile.
Ce que je veux dire, c'est que à ce moment là, il est plus facile pour Pierre d'aimer ses amis que d'aimer Jésus qui est comme un inconnu.D'ailleurs Pierre ne le reconnaît pas, c'est sur la parole du disciple que Pierre se jette à l'eau, et peut être qu'il le fait au propre comme au figuré, il va vers l'autre rive, vers la terre ferme, là où le Seigneur l'attend.
Et que ce qui va se passer là, au bord du lac, c'est une transformation une conversion qui prend un certain temps et qui nous concerne tous.
Alors là que se passe t il?
C'est la troisième fois que Jésus de manifeste nous dit le rédacteur, peut être que ce sera "la bonne" comme dans une pièce de théâtre (les deux autres c'était le premier jour de la semaine, puis 8 jours après avec Thomas).
Nous savons qu'il y a un feu de braises, comme le feu dans la cour du grand prêtre, il n'y a pas si longtemps.
Nous savons aussi que c'est dans le feu d'un buisson qui ne se consume pas que Dieu s'est manifesté à Moïse. Alors peut être que ce feu révèle aussi la divinité de Jésus.
Nous savons qu'il y a eu le signe d'une pêche extraordinaire, et qu'il y a eu partage d'un repas, l'agneau étant remplacé par du poisson comme lors de ce repas où le pain et les poissons avaient été multipliés.
Et voilà que jésus, par trois fois pose la même question à Pierre. Bien sûr il y a le parallèle avec ce triple reniement, mais n'y a t il pas autre chose? Un travail qui va se faire en Pierre, une sorte de conversion qui va lui donner son assise, sa carrure pour devenir celui qui sera le Berger.
Car, certes Jésus est redevenu vivant, il a vaincu la mort, mais il n'est plus là, il est absent. Certes il a donné son Esprit, mais... Alors au fond de lui, Pierre peut être très heureux que Jésus ait vaincu la mort, mais très malheureux que cela se passe comme cela, mais lui il est très seul, et c'est sur ses amis qu'il va s'appuyer pour se sentir exister après cette perte.
Et ce que Jésus lui demande, c'est de l'aimer Lui le Berger, d'un amour autre, de l'aimer non pas comme Pierre est capable d'aimer les brebis ou les agneaux (les autres), mais d'un amour infiniment différent, d'un amour dont Pierre n'a peut être pas idée, d'un amour qui transcende tout, d'un amour tel que lui donnera sa vie pour Lui d'un amour amoureux, pas d'un amour amical.
Et ce changement là, il ne se fait pas d'un coup, et cela est d'ailleurs important pour nous. Nous aussi nous avons certainement considéré Jésus d"abord comme un ami, puis il a fallu le considérer comme le tout Autre, celui qui ne nous appartient pas, mais qui peut cependant combler le désir de notre coeur.
Alors les trois fois,comme cette troisième apparition elles ont un sens. C'est peut-êtrela troisième fois que Pierre a compris ce que Jésus attendait de Lui, dans ce temps de l'après. Cela peut rendre triste de se rendre compte que l'on n'a pas compris, que l'on a été aveugle. Oui, il a pu se sentir triste de ne pas avoir compris que celui qui aime ses amis plus Jésus d'une certaine manière ne demeure pas en Lui. Oui il lui a fallu du temps pour admettre que un jour il donnerait sa vie pour le Ressuscité parce qu'il l'aimait plus que sa propre vie.
Il a fallu du temps à Pierre pour se rendre compte que oui, il était capable d'aimer le Ressuscité plus qu'il n'aimait ses amis qui étaient là.. Et cela est vrai pour nous.
Triple reniement de Pierre la nuit de l'arrestation de Jésus, triple proclamation de son Amour.. Bon d'accord, mais n'y a t il pas quelque chose au delà?
Si on essaye de se représenter ce qui se passe, si peu de temps après le drame de Jérusalem, on peut regarder un peu autrement. Car Pierre même s'il est témoin de la résurrection se retrouve en Galilée, et reprend son métier de pêcheur. Est ce le moyen de se faire oublier des autorités de Jérusalem? Ceux qui vont à la pêche avec lui, il sait qu'il peut compter sur eux. Il les connaît avec leurs qualités et leurs défauts, ce sont des amis.
Car certes Jésus est ressuscité, comme il l'avait dit, seulement il apparaît, puis il disparaît. Et toujours la même question "où demeures tu"? Peut-être est il auprès de son Père, mais ses amis eux sont dans la solitude ils se sent abandonnés, et quand ils sont seuls quand Jésus les laisse, souvent les ennuis ne sont pas loin., c'est la tempête. Alors être ensemble cela permet de se sentir moins seuls.
Quand Jésus avait multiplié les pains, que s'était il passé? Ceux qui étaient venus voulaient le faire roi, lui ne voulait pas, il avait disparu dans la montagne et les renvoyant sur le lac. Eux ils auraient surement bien voulu que les choses se passent bien, que Jésus soit reconnu comme le Messie et que tout le monde soit content. Et tous seuls dans leur barque, ils avaient été pris dans une tempête énorme. Si seulement Jésus était resté avec eux, mais non, il avait fallu qu'il s'en aille, qu'il les laisse (comme là, il les laissait depuis qu'il était mort). Et puis alors que le désespoir était presque total, voilà qu'il était arrivé comme un fantôme et juste après ils avaient touché la terre, retrouvé la solidité, la sécurité. Oui quand il est là, ça va, quand il ne l'est pas, c'est autre chose.
Alors depuis sa mort, non les choses ne sont pas simples. Pouvoir s'appuyer sur des amis de chair et d'os c'est peut-être plus facile.
Ce que je veux dire, c'est que à ce moment là, il est plus facile pour Pierre d'aimer ses amis que d'aimer Jésus qui est comme un inconnu.D'ailleurs Pierre ne le reconnaît pas, c'est sur la parole du disciple que Pierre se jette à l'eau, et peut être qu'il le fait au propre comme au figuré, il va vers l'autre rive, vers la terre ferme, là où le Seigneur l'attend.
Et que ce qui va se passer là, au bord du lac, c'est une transformation une conversion qui prend un certain temps et qui nous concerne tous.
Alors là que se passe t il?
C'est la troisième fois que Jésus de manifeste nous dit le rédacteur, peut être que ce sera "la bonne" comme dans une pièce de théâtre (les deux autres c'était le premier jour de la semaine, puis 8 jours après avec Thomas).
Nous savons qu'il y a un feu de braises, comme le feu dans la cour du grand prêtre, il n'y a pas si longtemps.
Nous savons aussi que c'est dans le feu d'un buisson qui ne se consume pas que Dieu s'est manifesté à Moïse. Alors peut être que ce feu révèle aussi la divinité de Jésus.
Nous savons qu'il y a eu le signe d'une pêche extraordinaire, et qu'il y a eu partage d'un repas, l'agneau étant remplacé par du poisson comme lors de ce repas où le pain et les poissons avaient été multipliés.
Et voilà que jésus, par trois fois pose la même question à Pierre. Bien sûr il y a le parallèle avec ce triple reniement, mais n'y a t il pas autre chose? Un travail qui va se faire en Pierre, une sorte de conversion qui va lui donner son assise, sa carrure pour devenir celui qui sera le Berger.
Car, certes Jésus est redevenu vivant, il a vaincu la mort, mais il n'est plus là, il est absent. Certes il a donné son Esprit, mais... Alors au fond de lui, Pierre peut être très heureux que Jésus ait vaincu la mort, mais très malheureux que cela se passe comme cela, mais lui il est très seul, et c'est sur ses amis qu'il va s'appuyer pour se sentir exister après cette perte.
Et ce que Jésus lui demande, c'est de l'aimer Lui le Berger, d'un amour autre, de l'aimer non pas comme Pierre est capable d'aimer les brebis ou les agneaux (les autres), mais d'un amour infiniment différent, d'un amour dont Pierre n'a peut être pas idée, d'un amour qui transcende tout, d'un amour tel que lui donnera sa vie pour Lui d'un amour amoureux, pas d'un amour amical.
Et ce changement là, il ne se fait pas d'un coup, et cela est d'ailleurs important pour nous. Nous aussi nous avons certainement considéré Jésus d"abord comme un ami, puis il a fallu le considérer comme le tout Autre, celui qui ne nous appartient pas, mais qui peut cependant combler le désir de notre coeur.
Alors les trois fois,comme cette troisième apparition elles ont un sens. C'est peut-êtrela troisième fois que Pierre a compris ce que Jésus attendait de Lui, dans ce temps de l'après. Cela peut rendre triste de se rendre compte que l'on n'a pas compris, que l'on a été aveugle. Oui, il a pu se sentir triste de ne pas avoir compris que celui qui aime ses amis plus Jésus d'une certaine manière ne demeure pas en Lui. Oui il lui a fallu du temps pour admettre que un jour il donnerait sa vie pour le Ressuscité parce qu'il l'aimait plus que sa propre vie.
Il a fallu du temps à Pierre pour se rendre compte que oui, il était capable d'aimer le Ressuscité plus qu'il n'aimait ses amis qui étaient là.. Et cela est vrai pour nous.
mercredi, avril 10, 2013
"Il est ressuscité des morts"
Résurrection
« Il est ressuscité des morts ».
Col 2, 12 « Ensevelis avec lui dans le baptême, avec lui encore vous avez été ressuscités puisque vous avez cru en la force de Dieu qui l'a ressuscité des morts ».
Depuis plus de 10 ans maintenant je chemine lentement à travers le dédale des mots de la foi. Quand je me suis (ou quand j’ai été) sur un chemin de retour dans la pratique ma demande a été que les choses (mot vague, je le sais) se fassent dans la douceur, je veux dire que les changements, les compréhensions, se fassent non pas dans la violence, parce que cela j’avais connu et comme on dit j’avais donné, mais qu’elles se fassent progressivement, à mon rythme, un peu comme un petit ruisseau qui chante dans la prairie et non pas comme un torrent qui emporte tout sur son passage. Il arrive que dans le temps que je me donne pour lire la parole, certains versets d’un coup posent question, ou plus exactement se dressent devant moi. Quand cela se produit, je sais que j’ai quelque chose à faire, quelque chose à chercher, et que ce travail qui est le mien pourra peut être aussi servir à d’autres qui comme moi ne sont pas arrivés, qui ne savent pas trop si oui ou non ils ont la foi, mais qui un jour après l’autre se laissent déplacer. C’est ce qui s’est passé avec ce verset de l’épitre aux Colossiens. Curieusement la résurrection de Jésus ne m’a jamais posé question, car j’ai vécu avec Lui pendant tant d’années que le fait qu’Il soit vivant a toujours été une certitude. Par contre, le comment de la résurrection ne m’avait jamais posé question, car de fait pour moi Jésus s’était ressuscité d’entre les morts. Je dirais que j’imaginais que cela s’était passé un peu comme dans Narnia, les livres de C.E. Lewis Narnia, où le lion mis à mort par la reine de glace redevient vivant sans que personne ne lui redonne la vie. Or ce verset dit explicitement que la résurrection ne s’est pas passée comme cela, qu’elle est dûe à la force de Dieu et qu’elle révèle aussi quelque chose de l’amour de Dieu pour les hommes. Et si on reprend les épitres de Paul et les actes des Apôtres, il est toujours dit que « ce Jésus que vous avez mis à mort, il a été ressuscité par Dieu… ». Donc ce qui suit est un cheminement sur ce point.
En Jean au chapitre 3, il est écrit que Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son fils. Et que celui qui croit en Jésus aura la vie éternelle. Avoir la vie éternelle, c’est vivre sans connaître la mort (attribut divin : l’éternité) et c’est autre chose que ce qui avait été promis à Abraham s’il faisait alliance avec Dieu. Abraham avait comme promesse une descendance (ne pas s’éteindre, ne pas mourir) et une terre (un lieu pour durer), mais pas la vie éternelle, ce qui est autre chose, puisque que l’on peut dire que Dieu fait alors partager sa propre vie. On peut penser que l’envoi du fils permettra de dépasser les frontières du peuple choisi pour que le Salut concerne non pas un peuple mais tous les peuples de la terre.
Etre sauvé, c’est être vivant de la vie même de Dieu, donc de la vie de l’Esprit. Ce petit verset de l’épître aux Colossiens est pour moi comme un condensé de la vie trinitaire.
Il m’a en tous les cas fait renoncer à l’idée que j’avais que Jésus était revenu à la vie de par l’énergie divine qui était en lui. Je crois que la résurrection est à l’œuvre dès la mort sur la croix, dès que souffle est « remis », mais que dès ce moment c’est la force de Dieu (l’Esprit Saint ?) qui prend le relais, qui vivifie, qui fait toute chose nouvelle.
Quand je travaillais en milieu hospitalier, il y avait au mur une boîte contenant du matériel de réanimation et qui s’appelait « Ressuscitator ». Ce mot m’a toujours posé question. Faire des réanimateurs des super héros ce n’est pas rien !
Il est certain que faire revenir quelqu’un à la vie, cela peut s’appeler une résurrection et cela c’est parfois le travail des médecins réanimateurs. Pour revenir à la vie, il faut donc qu’il y ait quelqu’un qui vous rappelle, qui vous fasse repasser de la mort à la vie. En d’autres termes on ne se ressuscite pas. Les récits des personnes qui ont vécu une NDE, disent bien qu’il s’agit de leur choix de revenir dans ce corps là, que c’est parfois fort douloureux, et que la mort sera de nouveau au bout. Certes il y a parfois des changements pour les personnes qui ont vécu cette expérience (NDE), en particulier des guérisons et une autre perception du monde, mais leur corps reste leur corps et la mort sera leur lot.
Or pour les chrétiens, ce qui se célèbre à Pâques, c’est la résurrection définitive d’un homme qui a connu la mort. Si la Pâque pour les juifs c’est la libération de l’esclavage, pour les chrétiens il s’agit de la libération d’un autre esclavage, de celui de cette force en nous qui nous enchaîne et nous pousse vers le mal, vers la mort.
Dans les évangiles Jésus annonce plusieurs fois qu’il va ressusciter d’entre les morts, mais on nous dit que les disciples ne comprennent pas ce que cela veut dire et n’osent pas lui poser de questions. Cela se comprend, car si Jésus a rendu à la vie quelques personnes, qui sera capable de lui rendre la vie sinon Dieu ?
Si la résurrection est pour certains un fait, une certitude, le comment de cette résurrection reste un mystère. Nous sommes tellement habitués à avoir des représentations iconographiques du Ressuscité parfois avec des plaies (mains pieds, cœur), parfois sans aucune atteinte, mais toujours avec un visage intact, (contrairement à ce qui montre le suaire de Turin) que le passage d’un cadavre (puisqu’il faut appeler ainsi le corps qui pendait sur la croix), à la présence d’un être qui a les caractéristiques de l’être humain, mais avec infiniment plus de possibilités ne nous pose plus de questions.
Et pourtant même si les évangiles rapportent des potentialités étonnantes : marcher sur les eaux, transfiguration, ce qui se passe là est différent. Il s’agit d’un être qui peut sortir ou se déplacer dans des lieux fermés (tombeau, pièce close où sont enfermés les apôtres), qui peut apparaître (aux femmes, à Marie-Madeleine, aux les disciples d’Emmaüs) et disparaître (disciples d’Emmaüs) , qui peut montrer ou ne pas montrer ses plaies, qui peut manger, préparer un repas, donner son Esprit, mais qui est le Tout Autre, car là où il demeure, personne ne peut venir avec lui, par contre c'est Lui qui demeure dans le coeur de ses disciples.
Il est ressuscité des mort. Suite
Bien sûr Jésus
l’avait annoncé, mais…
Mais peut être que
le doute des disciples (ce que Jésus nomme leur incrédulité) peut se
comprendre. Eux ils l’ont vu mort, eux ils ont vu ce corps meurtri, et sans
vie. Eux ils savent que le cœur ne bat plus, que le corps va décomposer, qu’il
est mort et bien mort. Alors comment peut il redevenir vivant, puisque personne
sur terre (maintenant que Jésus est mort) n’est capable de faire cela. Qui peut
rappeler un homme à la vie ? Jésus lui l’a bien fait pour les autres
(Lazare, la fils de la veuve de Naïm) mais qui maintenant pourrait faire cela.
Certes il y a des hommes qui ont été enlevés de leur vivant (Elie ou Hénok),
mais on ne les a jamais revus par la suite. Certes Dieu a donné une sépulture à
Moïse, mais personne ne sait où.
Or Jésus a bien annoncé que après un peu
de temps il se manifesterait (Jn
14,19), que ses disciples le verraient, mais serait ce avec les yeux de la
chair ou les yeux de l’esprit ? Le seul qui puisse donner ou redonner la
vie c’est Dieu, et les disciples plongés dans leur deuil, même s’ils savent que
ce Dieu est le Père de Jésus (comme il est le Père de David et de tout le
peuple), ne sont certainement pas capables d’imaginer cela, car pour eux, Jésus
est peut être le messie, le fils du dieu vivant, seulement il est mort et bien
mort et c’est un échec total. Non
il n’est pas descendu de sa croix, non il ne s’est pas élevé dans le ciel, non
Dieu n’a pas envoyé ses légions pour le sauver.
Quand sur la croix,
il a rendu son souffle (tout est accompli) peut être, puisque l’on pense que le
souffle répandu à ce moment là est déjà l’Esprit du Père, a t il donne tout ce
qui faisait de lui un être pas comme les autres, un être rempli du souffle de
Dieu. Di Adam est devenu vivant quand il a reçu l’haleine de Dieu, Jésus lui,
en mourant se dépouille totalement de ce qui l’habitait pleinement (la présence
de Dieu) et ce qui reste c’est une dépouille vide, je dirais presque
« vidée ». Et c’est peut être aussi cela la Kénose (Ph2). Et il est
alors normal qu’il reçoive la résurrection du Père. On peut aussi penser que si
Jésus a été ressuscité par le Père, c’est qu’il reste dans ce lien de
dépendance, de filiation qui nous permet en devenant les frères de celui là de
devenir enfants du Père.
Et pourtant il m’a toujours
semblé que dès que le souffle (la vie) s’était retiré ou avait abandonné le
corps, la résurrection était à l’œuvre, mais de manière invisible pour nos
yeux. Le sang et l’eau qui sortent du côté transpercé sont peut être comme une
preuve que quelque chose se passe, car normalement trois heures après un décès,
le sang est figé et plus rien ne coule. Peut–on dire que Jésus « se »
ressuscite lui-même ?
Toujours est il que
le corps, la dépouille descendue de la croix et donnée à Joseph est une
dépouille morte, un corps sans vie, un cadavre si on appelle les choses par
leur nom.
Le cadavre est
déposé dans un lieu clos (voir même gardé) et voilà que ce cadavre subit une
transformation telle qu’il traverse l’épaisseur de la pierre pour aller dans un
ailleurs (à moins qu’il ne disparaisse dans les entrailles de la terre pour
redonner la vie à ceux qui étaient morts et qui attendaient de pouvoir passer
eux aussi des ténèbres à la lumière), mais ce n’est pas un esprit sans son
corps (comme nous sommes tellement habitués à le voir depuis que nous
connaissons les NDE, puisque dans ces expériences là, le corps reste en place
), mais c’est un esprit dans un corps transformé. Jésus ressuscité prend chair,
prend corps et prend aussi sa stature de Dieu, qui est maître du temps et de
l’Espace.
Mais ce qui s’est
passé là, dans l’obscurité de cette grotte, qui peut se le représenter ?
Il est noté dans
les synoptiques que plusieurs fois Jésus dit qu’il va ressusciter mais que les
disciples ne comprennent pas et ne posent pas de question. On ne «
se » ressuscite pas, on est ressuscité, et le seul qui a ce pouvoir c’est
Dieu, qui peut donner la vie.
Jésus sur la croix
n’a t il pas dit : mon Dieu pourquoi m’as tu abandonné ? Or c’est
bien cet abandon qui fait que les disciples se sont sentis eux aussi abandonnés.
La mort de leur maître est aussi la leur. Comment vont ils se lever? Comment
vont ils devenir vivants?
Peut être que les
40 jours dont parle Luc dans les Actes, ont une fonction précise comme dans le
premier testament : il s’agit du temps nécessaire pour accepter de ne plus
se révolter, pour accepter le plan de Dieu. La mort de Jésus sur la croix a
certainement fait voler miettes en
toutes les certitudes des disciples. Ce qui est mort en eux, va laisser si je puis dire un vide qui permettre à
l’Esprit Saint de vivifier ce vide pour le transformer en vie.
Après la Pentecôte
l’annonce faite par Pierre, est claire : Jésus qui a été mis à mort, a été
ressuscité par Dieu. Jésus était donc bien ce qu’il disait : Fils de Dieu,
et si l’on croit en sa parole on a la vie en soi.
Si je reviens au
verset qui est à l’origine de ce billet, Col 2,12 « Ensevelis avec lui dans le baptême, avec lui encore
vous avez été ressuscités puisque vous avez cru en la force de Dieu qui l'a
ressuscité des morts », je dirai que croire en la force de en la force
de Dieu qui l’a ressuscité c’est entrer dans le mystère trinitaire.
Si je transpose,
cela peut vouloir dire que notre résurrection par le baptême (passer par la
mort au péché comme Jésus, pour redevenir vivant comme Jésus dans sa gloire)
n’a été rendu possible que par la foi en la force de Dieu qui agit.
C’est à dire que
certes, comme le dit Paul dans l’épitre aux romains, ce qui nous sauve (nous
rend vivant en nous mettant dans la vision de la lumière), c’est de croire en
la mort et en la résurrection, mais sans la séparer de l’œuvre de Dieu, qui se
fait présent en chaque homme en donnant l’esprit de son fils.
En d’autres termes tout le témoignage de
Jésus est là pour rendre gloire au Père, pour montrer que ce Dieu là, qui est
capable de redonner la vie glorieuse à un être qui a vécu dans la chair est
bien le seul et l’unique Dieu et en cela Paul continue a annoncer ce que les
juifs ont a annoncé au monde, à savoir qu’il existe un Dieu unique, tout
puissant qui s’est révélé en un homme qui a aimé jusqu’au bout et qui par sa
mort donne son esprit à toute l’humanité.
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